All language subtitles for The Kingdom (2024)

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Original subtitles

-Venez ici !

-Allez… Vas-y doucement.

Doucement.…

Allez.

Voilà…

OK... Doucement. Voilà.

Impeccable.

Musique troublante

Musique douce au piano

-Bénissez-nous, Seigneur.

Amen.

-Allez ! -On y va ! Encore !

-Encore, encore, encore !

Allez…

Allez, là !

Allez, vas-y !

-Basta…

-Mais, hier tu m'as dit oui.

-J'ai chaud.

Putain, tu fais chier !

-Pousse-toi ! -Oh, vas-y, t'abuses.

-Tiens, regarde.

Je te défonce. Alors ? -Pourquoi t'appuies ?

-Les garçons, basta, les jeux.

-Je t'ai vue hier soir avec un type.

-N'importe quoi. -Quel type ?

-J'ai pas bien vu.

Il faisait noir. Allez, dis !

-N'importe quoi.

-Dans tous les cas, on va savoir.

Oh, celui-là !

-Arrête un peu !

-Regarde ! Oh !

-Je vais chercher des gâteaux, tata.

Tu bosses cet aprèm ?

-Ouais, jusqu'à 15h. On se rejoint à la plage ?

-C'est tout ?

-Allez, viens ! -Attends, attends…

-Allez, viens, on va vers le fond.

-Romain !

Lesia, tu m'accompagnes déposer les tomates chez Jo ?

-Pas maintenant. Il fait chaud. On y va après.

-Non, justement, elles vont souffrir dans la voiture.

Allez, on en a pour 2 minutes.

-Attendez-moi !

-À la plage !

*Musique à la radio

-Pourquoi on me dit rien ?

-Ma chérie, je peux pas…

-Pourquoi on me demande pas mon avis ?

-On demande pas l'avis d'une gamine.

C'est déjà assez compliqué comme ça.

Ta grand-mère va bien ? -Ça va aussi.

T'as encore grandi, toi.

-T'as mis quoi dedans ?

-Tout ce qu'il faut.

T'inquiète pas. Viens là.

On se revoit

dans quelques jours, OK ?

Hein ?

-Tu te rappelles comment on se tient ?

-Toi, va doucement.

Musique troublante

-Alors…

-Combien de temps je vais rester ici ?

-Je sais pas. Quelques jours.

-Depuis quand vous êtes dans cette maison ?

-Quelques jours.

Ça te dit qu'on aille pêcher en tête à tête

demain matin ?

-Si tu veux.

-Je te réveille à 6h.

Ça va, 6h ?

-Je peux appeler quelqu'un du téléphone ?

-Non, ma chérie.

Tu le sais.

Qui tu voulais appeler à cette heure ?

Hein ?

-Mais qui voilà ?

-Parrain !

-Ah… Ça va ?

Mmh…

Ça va ma chérie ? Je savais pas que tu étais là.

-Regarde-moi. Ouah…

Comme tu es belle. Incroyable. Tu me fais penser à ta pauvre mère.

Quand je dirai à Jean que je t'ai vue, il va être jaloux.

-Comment il va ?

-Ça va. Il est au village avec Celia, ils arrivent en fin de semaine.

Tu sais quoi ? On va se faire une journée en mer.

Tous ensemble…

Comme l'année dernière. Ça te dit ?

Ouais, allô ?

-Il est où, papa ?

On devait aller à la pêche.

-Sorti. !! va pas tarder.

-Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Tu veux aller au tabac me prendre des cigarettes ?

Lä, quand tu sors, à droite.

Dans 10 minutes, tu vas le voir.

Tiens.

Tu me prends

3 cartouches de Philip Morris. Prends ce que tu veux avec le reste.

*-Allô ?

-Bonjour, j'aimerais parler à Fabien, s'il vous plaît.

*-Ah, il est au travail. Je lui laisse un message ?

-Non, je rappellerai, merci.

*-Sous le choc suite

à l'explosion d'une voiture piégée qui a failli coûter la vie

à l'élu socialiste Philippe Padovani,

de nombreux témoignages de soutien de la classe politique insulaire

s'expriment depuis ce matin.

Une condamnation à l'unanimité de cet acte violent et barbare.

Les images de Diane Paoli et Jérôme Matei.

-Merci.

*-L'explosion de la voiture piégée qui a fait 4 blessés

dont un grave s'est produite peu avant 22h

dans le centre d'Ajaccio.

La cible de cet attentat était Philippe Padovani.

Le Président socialiste de la région Corse

et son conseiller s'en sortent miraculeusement indemnes.

Ils se dirigeaient

vers leur véhicule de fonction…

-Deux pas de plus, tu y passais.

*-La voiture a explosé…

*-Une enquête a été ouverte ce matin par le parquet

pour tentative d'assassinat.

*-Plus d'informations…

(-Debout, ma chérie…)

(Allez, lève la tête, le corps suivra.)

De quoi tu as peur ?

C'est pas la petite bête qui va manger la grosse.

-Je préfère les grosses bêtes.

Il est à qui ce bateau ?

-C'est bon, tu peux jeter.

Laisse pas traîner ton plomb, y a des rochers.

Alors, dis-moi un peu,

comment s'est passée l'école sur la fin de l'année ?

-Ça va.

-Tata m'a dit que tu as eu de bonnes notes.

-J'ai été 3e.

-Ah, c'est bien.

C'est quoi tes matières préférées ?

-Toujours pareil.

Histoire-géo, français, sport.

-Mmh.

Et les sciences ?

-J'aime pas trop.

-Moi non plus, j'aimais pas ça.

Lève un peu ton plomb. -Il est levé.

Et toi, t'étais où ces derniers mois ?

-J'ai pas mal bougé.

-Où ça ?

Tu dis jamais où.

-Oh, Lesia, surveille ton plomb.

-Les autres,

ils vont rester toute la semaine ?

-Sûrement, oui.

-À cause de l'explosion de la voiture de ton ami ?

-Ah ! Ah...

-Ça a mordu ?

L'autre jour, j'ai pensé à toi.

Un touriste a pris des poissons avec un saladier.

-Un saladier ?

-Il a mis un chiffon sur un saladier,

une chambre à air autour pour le tenir,

il a fait un trou au milieu pour que les poissons

puissent rentrer,

il a mis de la farine par-dessus.

2 minutes après, y avait un sar et deux mulets.

-Avec un saladier et de la farine en bord de plage ?

Aio, aio…

-Quoi, tu me crois pas ?

Papa, je l'ai vu !

-Je dis pas que tu mens.

Tu t'es fait prendre en main par des touristes, c'est tout.

Un de ses amis sous l'eau a rempli le saladier,

tu l'as pas vu.

C'est pas grave.

-10 fois, ils l'ont refait.

Il a remis les poissons 10 fois, le type ?

-Il a remis les mêmes.

Ça fait 3 fois que je te dis de remonter ta ligne.

Ton plomb est arrivé dans les rochers.

Je te l'ai dit ou pas ?

Allez, donne.

-Qu'est-ce que tu fais ?

-Je casse.

On s'en fout, c'est qu'un plomb.

3 fois que je te dis de remonter ta ligne,

au lieu de me raconter des conneries de saladier, là.

Écoute-moi, quand je te parle.

Prends-en un autre.

-Tu vas où ?

-Voir quelqu'un.

-Tout le monde y va ? -Ouais.

-Et moi ?

-Tu nous gardes la maison.

On en a pas pour longtemps. Dans 2, 3 heures, on est là. Mmh ?

*-Allô ?

-Bonjour, je voudrais parler à Fabien.

*-Je vous le passe. Fabien !

Fabien ?

Ah, désolée, je croyais qu'il était là.

Il a dû partir. Vous voulez…

*-Allô ? -Tata ?

*-Lesia ? Qu'est-ce qu'il y a ?

-Rien, j'appelais pour savoir comment ça allait.

*-D'où tu appelles ?

-D'une cabine.

Tout va bien ?

-Ça va.

*-Thomas, basta avec ça ! Sors de là et va t'habiller !

-Qu'est-ce qu'il fait ?

*-Il est à poil dans le salon et Marie-Michelle arrive

dans 5 minutes.

Faut que je te laisse. Il va me rendre folle.

Rien de spécial ?

Allô ?

-Tata, tu voudrais pas

venir me chercher ? *-Lesia…

-J'ai envie de rentrer… *-Arrête !

Arrête de suite. Je peux pas venir te chercher.

Même si je pouvais, je le ferais pas.

C'est important que tu sois là-bas.

T'y restes pas longtemps, alors profite

avant de revenir au village.

-Mais j'en profite pas ! *-Lesia…

Tu sais ce que ça demande de rendre ça possible ?

Et tu fais des caprices ?

Fais des efforts. Ça va bien se passer.

(-"Une cible peut en cacher une autre.)

("C'est ce que laissent entendre certaines sources de l'enquête)

("quand ils évoquent la proximité entre)

("le président socialiste Philippe Padovani)

("et son ami de toujours, l'énigmatique chef de clan)

("Pierre-Paul Savelli.)

("Recherché par les autorités depuis mars 1991,)

("ce dernier pourrait selon eux)

("être la réelle cible de cet attentat,)

("visant à affaiblir son influence sur le milieu insulaire.)

("À l'heure où certains territoires font encore l'objet de convoitises,)

("un tel évènement pourrait être le début d'un nouveau)

("chapitre sanglant sur l'île.")

(-Qu'est-ce que tu fais là, ma chérie ?)

Retourne dans ton lit.

Musique douce

-Votre fille a 20 ans

Que le temps passe vite

-MADAME HIER ENCORE

ÉTAIT SI PETITE

-Et ses premiers tourments

-Sont vos premières rides

-MADAME

-Et vos premiers soucis

-On la trouvait jolie

-MAIS VOICI QU'ELLE EST BELLE

POUR UN INDIVIDU PRESQUE AUSSI JEUNE QU'ELLE

UN GARÇON QUI RESSEMBLE

À CELUI POUR LEQUEL

-Madame

-Vous aviez embelli

Musique douce

-Truc de fou, à peine 9h,

il fait une chaleur.

-Tu veux un café, parrain ?

-Allez.

Mmh…

J'ai eu Jean et Celia.

Ils arrivent demain au village.

-Ils vont venir ici ?

-Non, pas ici.

Mais fin de semaine, on se fait une journée en bateau.

-Allez. -Hein ?

Je prépare le pique-nique, je prends les skis, la bouée tractée,

on part tous à fond et le dernier qui tombe a gagné.

-C'est sûr que tu vas tomber le 1er !

-C'est ça ! On verra.

C'est le mien ? -Je te l'emmène.

-Merci, ma chérie.

-Merci beaucoup.

-Tu veux que j'appelle ?

-C'est bon, je le fais. -Et ça ?

-Le CV de son neveu.

Vois avec Michel pour lui trouver une place.

Rien ?

Personne ne bouge, c'est très calme.

- Tu lui fais confiance ? - Je fais confiance à personne.

-Chez Marchini et les Buresi ?

-Les Buresi font leurs affaires, ça marche bien.

Personne les emmerde.

Marchini, pareil.

Il a récupéré le port de commerce, les traversées,

il s'est jamais autant gavé.

Trop occupé à compter ses sous pour lancer une guerre.

-Mmh.

-Et les nationalistes ?

-Non.

-Mmh.

C'est pas normal.

-Quoi ?

-Cette histoire de voiture piégée.

Faut le vouloir de s'emmerder avec une organisation pareille.

C'est une cible facile, Pado.

Si tu veux le tuer, tu lui mets une balle dans la tête.

-Qui a les moyens de faire ça ?

D'un point de vue logistique.

-Marchini et Buresi pourraient.

-Pierre-Paul a raison alors,

pourquoi une voiture piégée ?

-Qu'est-ce que j'en sais ? Pour brouiller les pistes.

-Ça voudrait dire qu'ils ont changé, qu'ils sont devenus intelligents.

-Non…

On change pas.

Cette voiture…

c'est le début de quelque chose, c'est une rupture.

Vous allez passer au bar.

Prenez la température en ville. Traînez un peu.

Prenez des infos et montrez-vous.

Allez.

-Où t'étais, ma fille ?

-Je suis restée un peu

à la plage.

L'eau était bonne, t'aurais dû y aller.

-Tu as raison.

Qu'est-ce qu'on mange ce soir ?

On se prend des pizzas ? -Si tu veux.

Y a les poissons d'hier.

-Ah, c'est vrai.

On peut se faire une soupe, si ça te dit.

Tu sais la faire ?

Musique douce

Alors ?

(Elle est bonne.) -AH !

-Alors ?

1,42.

Attends, je regarde

tout à l'heure. -Au moins 20 secondes de plus.

-Eh, calme-toi, Jacques Mayol.

12 secondes de plus. C'est beau, déjà.

-Allez, à toi, maintenant. -Non.

-Allez, vas-y !

-Non, j'aime pas. -Allez !

Santu !

-Je suis nul, tu m'as battu. Je tiens pas 30 secondes.

-N'importe quoi. Prête-moi la montre.

Je fais le chrono.

-Eh ! T'as voulu me jeter à l'eau ?

-N'importe quoi ! -T'as voulu !

-Allez, vas-y ! -Arrête !

Tu veux pas la montre ? -Vas-y ! Je veux la montre.

-Santu !

*-… modus operandi inédit d'une rare violence

qui s'est déroulé ce matin à Appietto.

Pris dans une embuscade sur la route de Listincone,

un véhicule aurait été percuté par une voiture bélier de type 4x4

avant d'être criblé à bout portant par de multiples tirs de chevrotine.

La victime est le restaurateur Joseph Benetti,

proche de Pierre-Paul Savelli.

En début de semaine, une autre relation du chef de clan

était visée par un attentat à la voiture piégée,

le président de région socialiste Philippe Padovani.

Il s'agit du troisième meurtre…

-Mais comment c'est possible ?

-Il venait ici. Quelqu'un connaissait son parcours.

(-Punaise…)

-Il faut savoir.

Il faut qu'on sache.

-C'est moi qu'ai téléphoné.

Je suis désolée, papa.

-T'aurais jamais dû téléphoner.

Mais t'as rien à voir avec la mort de parrain.

OK ?

Tu aurais appelé toute la Corse, ça aurait rien changé.

C'est clair ?

Viens.

-Pourquoi ils l'ont tué ?

-Je sais pas, ma chérie.

Écoute-moi.

C'est le destin qui nous frappe. On doit rester forts.

C'est ce qu'il aurait voulu. Mmh ?

Je vais repartir pour comprendre ce qu'il s'est passé.

Tu vas retourner chez tata, reprendre ta vie de…

-Non ! -Écoute !

-Je veux pas !

-Écoute-moi. -Je veux rester avec toi !

-Tu peux pas, ma chérie.

Je dois te savoir en sécurité avec tata au village.

C'est pas possible autrement.

Tu comprends ?

On va se revoir vite.

Je te promets.

-On va pas au village ?

-On passe à la morgue d'abord.

-Toutes mes condoléances, Jean.

-Tu l'as vu ?

(-Ouais.)

(Je rentre.…)

Je vais m'occuper de tout ça.

Et ramener ma belle-mère.

-Courage.

Tu nous attends 2 minutes ? -Vous allez où ?

-On arrive.

Musique troublante

Musique douce

-Ça fait longtemps

que le van blanc nous suit ?

-Vous vous foutez

de la gueule de qui ?

-Pierre-Paul… -Je parle !

C'est moi qui parle !

Tu joues au caïd et tu te fais prendre en main par une gamine ?

Tu dois la déposer chez ma sœur et tu me la ramènes ici.

On a que ça à foutre de faire un aller-retour pour tes conneries ?

À prendre des risques à se montrer sur les routes ?

Elles sont pas assez dangereuses ?

-Comme tu voulais… -Toi, ferme-la !

Je veux pas t'entendre, basta !

Des putains de bons à rien, vous êtes.

Demain, tu repars avec Santu.

-Je reste avec toi. Je te dérangerai pas.

Je te promets. -Qu'est-ce que tu crois ?

Tu sers à quelque chose ? Tu peux m'aider ?

-Je sais tirer ! -Arrête !

Là, t'es un problème.

Si tu veux faire quelque chose, écoute-moi.

Fais ce que je te dis et rentre au village.

Musique pesante

Musique inquiétante

-Lesia ?

Oh, excuse-moi.

-J'arrive !

-Désolé. Je pensais que tu dormais.

-C'est pas grave.

-Faut qu'on y aille. T'es prête ?

-Il est où, papa ?

-Il est déjà parti.

Bon, on va pas te ramener aujourd'hui.

Y a des descentes de flics partout. IIs vont être chez tata.

-Ils vont faire quoi chez tata ?

-Ils vont fouiller.

Mais y a rien à trouver.

Allez, prépare tes affaires.

-On va où ?

-Faire des courses.

Musique troublante

-Sté !

Je l'ai !

-Toi, mets ça là !

-Va te prendre un bain, va.

On s'occupe du reste.

-T'es bien comme ça.

Tu fais plus jeune.

-Ça te plaît ?

-Oui.

-Allez, viens.

-Où ça ?

-Qui l'a vue, cette voiture ?

-Des types de la DST qui buvaient le café au bar

-Quelques minutes avant.

Le type a dû attendre de voir passer Joseph,

a donné le signal et est parti.

Le flic a fait remonter l'immat' sur le fichier.

Il est tombé sur une 306 de loc'.

Au nom de Charles Serra.

-Charles Serra ?

Le gendre de Marchini ?

-Qu'est-ce qu'il fait ?

-Il file la main de temps en temps.

C'est pas les méthodes de Marchini.

-Non.

C'est pour ça que si c'est lui…

il est pas seul.

-Et si je le sens pas ?

-Tu fais rien.

Tu joues au con.

Tu le laisses parler, tu bois ton café et tu te casses.

Si c'était lui dans la voiture, il va le sentir passer.

Lui…

Marchini…

Tous les autres.

Lesia ?

Viens voir un peu.

Ce qui se dit et ce que tu vois ici,

t'en parles à personne.

Jamais.

Ni à tata, ni à tes copines,

ni à ton amoureux, ni demain, ni dans 10 ans.

Jamais.

À personne.

Je te fais confiance ?

Quand je te dis d'aller faire un tour,

tu vas te faire un tour.

Tu as compris ?

-Je vais me faire un tour ?

-Assieds-toi.

Musique douce

Musique troublante

Musique douce

Quelle heure ? -11h17.

C'est tôt, non ?

-Ça arrive, les sangliers aussi

doivent être déboussolés avec cette chaleur.

-Tu sais qui a tué parrain ?

-Oui.

-Toi, pourquoi ils veulent te tuer ?

-Pour l'argent.

Pour le pouvoir.

-Tu peux pas discuter avec eux ? Trouver un arrangement ?

-Y a pas de discussion avec ces gens-là.

-Les armes dans les caisses, c'est pour vous venger ?

-Lesia, basta, les questions. -Hier soir,

tu m'as dit que vous me faisiez confiance.

Vous allez faire ça quand ?

-Demain.

-Qui y va ?

-Sté et Santu.

Oh, Lesia, c'est compliqué, tout ça.

Quand on m'a menacé, j'ai dû me défendre.

On dit des choses sur moi, mais la majorité sont fausses.

Tu as compris ?

-Tu as peur ?

-On a tous peur.

Quand on a nos vies,

on la respire, la peur.

On la mange.

C'est ça qui nous garde en vie.

Musique pesante

-Il était un peu loin.

-Un peu de vent aussi.

La prochaine fois.

*-Les restaurateurs ont fait part de leur mécontentement

suite à la baisse

des touristes estimée à plus de 20%.

Le ministre s'est voulu rassurant et s'est engagé

à entamer un dialogue avec les compagnies de transport

et donner une réponse claire aux professionnels du tourisme

d'ici la fin de la semaine.

On vous rappelle l'information principale,

une fusillade mortelle

qui a eu lieu dans le centre d'Ajaccio.

2 individus à moto ont ouvert le feu, tuant 2 personnes avant de prendre

la fuite.

Les victimes seraient connues de la police.

Nous y reviendrons dans notre édition de 19h.

Une courte pause musicale, un voyage dans le passé avec Tino

et on se retrouve sur Alta Frequenza.

*Complainte corse (Tino Rossi)

Musique pesante

-Y a les flics !

Y a les flics !

Y a les flics !

Y a les flics ! -Où ?

-Lä-haut sur le chemin !

-Oh !

-Couche-toi !

-Lesia, reste ici !

Lesia !

-Baisse-toi.

-Reviens !

-Arrêtez-vous ! Arrêtez !

Arrêtez !

-Oh!

-On te dérange ?

-Qu'est-ce que tu fais là ?

Entrez, entrez.

Chérie, tu peux venir ?

-J'ai tout posé sur le lit. -Merci, Pauline.

*"Africa" (Toto)

Musique douce au piano

-Bonjour.

Je m'appelle Marianne.

Ça va ? T'as pu te reposer ?

-Ça va.

-T'as faim ?

Tu veux un chocolat ? Du lait ?

-Un café.

-Un café.

Avec du sucre ?

OK.

Je t'amène ça.

-Depuis quand vous connaissez mon père ?

-30 ans, à peu près.

-Pourquoi je vous ai jamais vue ?

-Parce que…

J'ai voyagé.

-Vous avez connu ma mère ?

-Très bien.

C'était une sacrée femme, ta maman.

On doit te le dire, que tu lui ressembles.

À lui aussi, tu lui ressembles.

T'es une sacrée chasseuse, il paraît.

Ça te plaît ?

Comment ça ?

-J'ai jamais aimé chasser.

-Pourquoi tu y vas ?

-Pour passer du temps avec lui.

-Qui le remplace ? -Un flic de Marseille.

On le connaît pas.

-Ghjasè et Petru ?

-Port d'arme, entrave à la police.

Ils sont pas près de sortir. -Ils vont sortir.

Tu leur dis qu'on va les sortir, tu as compris ?

Marchini ?

-À quelle régularité ?

Si on veut se le faire, c'est compliqué.

-C'est chaud.

Et pas beaucoup d'endroits où stationner.

-Fais voir.

-Le Must a fermé à cause de la drogue.

On voit moins l'équipe d'Ocana.

Tu le sais déjà.

Les jeunes de la plaine ont disparu.

-C'est-à-dire ?

-L'équipe a disparu. lls sont plus en ville.

Personne les a vus depuis 3 semaines.

Musique troublante

-Voici ! -Merci.

Musique entraînante

-Depuis quand tu fumes ?

-Je fume pas. J'ai arrêté y a 20 ans.

Tu as faim ?

Monsieur ?

-Monsieur.

-On va prendre…

2 croque-monsieur.

-Mmh ? -Avec des frites.

Et… Pizza ?

Une reine.

Avec… Un Tropico ?

-Parfait, merci.

-On fait quoi, là ?

-On passe un moment ensemble.

-Arrête. On fait quoi vraiment ?

-On attend.

Et on passe un moment ensemble.

Musique entraînante

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Cette musique…

Joäo Gilberto,

Jobim…

Ça me rappelle ta mère…

On dansait la bossa des nuits entières.

À Maracaibo, à Caracas…

-J'étais pas née ?

-Pas encore, non.

T'étais pas au programme, toi.

T'as été notre accident.

(Le plus beau des accidents.)

Tu te rappelles du Venezuela ?

-J'ai des images.

Je me rappelle…

de la maison en bois, des bananiers,

avec les perroquets dessus.

-Les aras.

Et les singes qui te volaient ta tétine, tu te rappelles ?

-Non.

-Ils venaient comme ça….

Toc !

Ça te faisait rire à chaque fois.

J'en avais fait un zoo de cette maison.

On avait des panthères, des crocodiles…

-Des crocodiles ?

Deux petits. lls étaient blessés.

Je les ai soignés quelques mois et je les ai relâchés.

Ta mère avait peur.

-Maman, elle était bien, là-bas ?

-C'était les plus belles années de nos vies.

-Pourquoi on est partis ?

-On a été balancés. On était plus en sécurité, et puis…

Tu étais là.

On a décidé de rentrer.

-Vous êtes restés combien de temps ?

-13 ans.

Dont trois avec toi.

-Tu voudrais pas qu'on y retourne ?

-Oui, ma chérie…

J'adorerais.

-Et alors ? T'as des faux papiers.

Tu m'en fais faire et…

on retourne vivre là-bas, personne viendra nous chercher.

Quoi ?

-Ce serait bien que ça soit si simple.

-C'est simple. Pas obligés de retourner là-bas.

On ira dans un autre pays.

On aurait notre restaurant. On pêcherait nos poissons.

Je ferai la cuisine et même des cocktails.

Pourquoi pas ?

-Parce que…

Je peux pas partir, c'est comme ça.

Je peux pas partir au bout du monde quand mes amis sont en danger.

Ma vie est ici.

Ma famille.

Mes affaires.

Tout est ici.

-Ta famille, tu la vois même pas.

-Tu sais…

J'avais 16 ans

quand on a tué mon père devant moi.

Quand je l'ai enterré, je me suis promis

de pas revenir sur sa tombe tant que je l'aurais pas vengé.

Les premiers mois, c'était…

C'était irrespirable.

J'avais un goût de fer dans la bouche.

Je parlais plus à mes sœurs.

Ma propre mère…

Quel que soit l'endroit où je vivais,

j'enlevais les miroirs pour plus me regarder.

Je supportais plus les gosses qui riaient dans la rue,

les types qui rälaient pour une contravention,

les vieilles qui parlaient à leur chien comme à leur fils.

J'avais tous envie de leur couper la langue.

Chaque heure qui passait, je pensais à ça.

À ma vengeance.

Y avait que ça dans ma vie.

Ils étaient deux à avoir tiré sur mon père.

Plus d'une vingtaine étaient impliqués dans sa mort.

Ça m'a pris des années à me façonner.

À apprendre.

À concevoir mon plan.

Quand j'ai emprunté cette voie,

je pensais pas être père un jour.

J'étais sûr de mourir jeune.

Je m'attaquais à des types de 30 ans mes aînés.

Des caïds qui faisaient régner la terreur sur la Corse,

sur Marseille.

Tout le monde les craignait.

Moi, j'étais qu'un gosse.

J'avais la colère des dieux avec moi.

J'étais indestructible, j'avais peur de rien.

Ils m'avaient pris mon père, c'était impossible que l'un d'eux

puisse respirer le même air que moi.

La colère d'un gosse…

On se rend pas compte.

On se méfie pas.

Toute l'histoire de l'humanité, elle part de là.

Puis au même moment,

j'ai rencontré ta mère.

Elle m'a percuté, elle m'a bouleversé.

Elle était incroyable.

Je pensais pas pouvoir tomber amoureux à ce moment.

Elle m'a jamais rien demandé, mais elle avait tout compris.

Elle m'a pris comme j'étais.

Et moi aussi.

Ça m'a pris 24 ans pour retourner sur la tombe de mon père.

24 ans…

pour raccrocher un miroir à la maison.

24 ans pour avoir du sang sur les mains.

J'en suis ni fier ni honteux.

J'ai fait ce que j'avais à faire.

Et aujourd'hui…

j'en paie les conséquences.

Tu en paies les conséquences.

Et ça me fait du mal…

Ça me fait du mal de te dire non tout le temps.

Non pour appeler au téléphone.

Non pour dire oÙ tu étais en vacances.

Non pour venir te chercher à la sortie de l'école.

Non pour rester avec toi au chevet de ta mère

malade et mourante.

Et non…

pour aller au bout du monde avec ton père

pour refaire notre vie.

Non…

Toi, tu as rien fait de mal, ma fille.

Tu as rien demandé.

Mais c'est non.

J'espère qu'un jour, tu me pardonneras.

-C'est pas grave, papa.

Musique jazz

- -

(Ma chérie, dis-toi un truc.)

Tous les matins que Dieu fait, c'est un cadeau de la vie.

Je devais pas survivre après 20 ans, j'en ai 59.

C'était impossible que je puisse te connaître un jour

et tu es le soleil de ma vie depuis 15 ans.

Tu comprends ce que je veux dire ?

Chaque jour, c'est le jackpot.

Chaque jour, je suis gagnant. Tu es gagnante.

On aura déjà vécu tout ça.

Toute ta vie,

tu te rappelleras que c'était inestimable,

ces moments partagés dans notre royaume.

-Je sais, papa.

(-Allez, viens.)

Musique jazz

-Bonjour. -Bonjour.

Musique douce

Musique pesante

Musique troublante

-Oh !

Avec qui ?

Jeannot, dis à Santu de venir nous prendre demain à midi.

Tu rentres au village,

tu te terres et tu bouges plus, tu as compris ?

-Oh ! Là, là !

Ouais !

-Non.…

-Joli. Joli point.

-Bien placé.

-Oh, les Bretons sont mal !

-Quais, il a pas le choix.

-Ca va pas être simple.

-OH !

-Aux boules, faut pas être émotif,

autrement, le bras, il tremble

et c'est pas bon !

-Tu l'as dit.

-Oh, le Breton !

On va pas y passer la nuit !

-Oh, là, là…

-OH !

-Voilà !

Musique pesante

-Santu est toujours pas arrivé ?

Musique troublante

-Je peux vous encaisser ?

-Gardez la monnaie. -Merci.

-Va derrière.

-On devrait pas l'attendre ?

-Il viendra plus.

Hein ?

Voilà, tu peux t'installer ici.

-Très joli, chez vous, Mimi.

-Ton père jouait souvent

avec cette croix.

Je la trouvais souvent par terre…

Puis chaque objet ici avait une importance

pour lui. -Mmh.

Il dormait où ?

-Il dormait là.

Cette maison,

c'est mon arrière-grand-père qui l'a construite.

Voilà, je pense que tu vas être bien ici.

-Merci, Mimi.

*-C'est reparti pour l'inévitable corvée de la rentrée.

L'achat de fournitures scolaires en grande surface…

Parents et enfants arpentent les rayons

à la recherche de classeurs, crayons,

trousses, cartables, indispensables pour démarrer

du bon pied une nouvelle année scolaire.

Pour aider les familles à revenus modestes

dans cette tâche, l'allocation de rentrée scolaire…

Allez, à table !

*-… aux familles n'ayant qu'un enfant.

Il ne faut pas dépasser un plafond annuel de revenus

de 102049 francs.

-Regarde, tu rentres jeudi,

ça te laisse trois jours pour préparer ta rentrée avec tata.

-Ça sert à rien !

Tu vas rentrer chez tata, rejoindre tes amis

et reprendre ta vie.

N'insiste pas cette fois-ci.

Nous, on va se revoir vite, je te promets.

Mimi t'a parlé de la rivière un peu plus bas ?

On pourrait aller faire un tour demain.

Et en fin de journée,

on pourrait se faire un petit sanglier au poste ?

Là.

Trop de gens sont derrière toi.

Il est toujours autour.

Mais il s'accroche.

Et puis…

c'est compliqué d'y voir clair.

qui…

-Voilà… C'est bien.

C'est juste un coup à prendre, les vitesses.

Maintenant, tu reviens en seconde.

Tu t'éloignes du bord et tu braques à droite.

Braque à droite.

-Je braque !

-Braque mieux. Les arbres, tu les vois ?

-Oh, t'as qu'à conduire !

-Eh, la Bretonne !

Pour conduire en Corse, faut pas être émotive !

Faut pas céder à la pression,

sinon, le bras, il tremble, et c'est pas bon !

Tu veux pas me dire ce que tu as dans ton sac ?

-Non !

Tu verras bien.

-Oh, oh, oh…

Ounh !

Oh, po, po.…

C'est pas possible.

Encore cette histoire de pêche au saladier ?

C'est bidon,

je te dis, tu t'es fait avoir.

Musique douce

-Je la trouve bonne. Presque un peu chaude.

Qui avait raison ?

-Jamais j'ai vu ça ! -Qui avait raison ?

-Le temps qu'on va gagner pour faire des vifs !

-La classe ! -Au lieu de perdre des heures,

on jette 3 saladiers, c'est réglé !

-Évidemment !

-J'ai jamais douté de toi. -C'est ça !

-T'es la plus forte, ma fille.

-OK, fonce ! Fonce !

-Non, laisse !

-Allez !

Fonce !

Fonce !

-Allez. Allez !

Musique douce au piano

Musique pesante

-Tu as fait ce que tu as voulu.

Je veux plus jamais te voir toucher ni un calibre ni un fusil.

Les autres, on va s'en occuper.

On est d'accord ?

Musique douce

-Tu m'as manqué.

-Je te fais autre chose si ça te plaît pas.

Il reste du poisson au frigo.

-Non merci, j'ai pas faim.

-Ça t'a pas ouvert l'appétit, la montagne ?

-Oui, mais j'ai déjeuné tard.

*-Les plus grands ont retrouvé collèges et lycées.

Les établissements accueillent cette année plus de 20000 élèves.

Ce matin à Ajaccio, les collégiens ont visité leurs classes.

IIs se sont familiarisés avec les locaux.

Des murs où s'écriront bientôt

les pages de leur nouvelle vie.

Musique douce à la guitare

Musique douce à la guitare

"Irene" (Rodrigo Amarante)

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