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1 Dans le système judiciaire,
les crimes sexuels sont considérés comme particulièrement monstrueux.
À New York,
les inspecteurs qui enquêtent sur ces crimes
sont membres d'une unité d'élite appelée Unité Spéciale pour les Victimes.
Voici leurs histoires.
2 OCTOBRE
Obéis-moi, ou meurs.
MERCREDI 12 OCTOBRE
Obéis-moi, ou meurs.
Il a mis ses mains sur ma bouche. Il était sur moi à mon réveil.
- Vous avez vu son visage ? - Non, il avait une cagoule.
- Il était petit, grand ? - Grand, et fort.
Et son odeur ? De l'après-rasage, un parfum ?
- J'ai senti une odeur de talc. - Il vous a parlé, Janice ?
"Obéis-moi, ou meurs."
- Troisième attaque du mois. - Pour l'instant.
LIGNE DE POLICE
POLICE DE NEW YORK
LE VIOLEUR DE L'EST CAPTURÉ
NEW YORK, UNITÉ SPÉCIALE
Je suis prudente, je ferme à clé.
Il a crocheté la serrure. Il savait que vous seriez seule.
- Vous dites qu'il me traquait ? - On le pense.
Il a attaqué deux autres femmes de la même manière.
On doit découvrir ce que vous avez en commun.
Vous pouvez me parler de votre routine ?
J'en ai pas. Je suis promotrice d'hôtels. Je suis toujours sur la route.
Et quand vous êtes en ville, vous allez à la salle ?
À Sports Mania, dans le centre.
Je vais pas la salle. J'ai un coach personnel.
Je suis la seule à maîtriser les faillites,
- pas le temps pour du sport. - Une paroisse ?
Non.
- Du bénévolat ? - J'aimerais avoir le temps.
Une nouvelle carte de crédit, un prêt immobilier, récemment ?
Non.
Vous avez rempli un questionnaire avec vos infos personnelles ?
Chez un docteur, par exemple ?
Non.
Mais j'ai rempli des papiers.
Pour quoi ?
Du speed dating.
Du speed dating.
Du speed dating.
Inventé par un rabbin pour caser ses étudiantes avec des Juifs.
Une des contributions de mon peuple au monde.
Juste après les bagels.
- Ça marche comment ? - Dix femmes,
trois minutes chacune, que des prénoms. Tu notes le nom de tes préférées.
Si l'alchimie est mutuelle, vous recevez un mail.
T'en connais un rayon.
J'ai pas eu de relation pendant un moment.
- C'est l'âge adulte. - Y'a des femmes qui en valent le coup ?
Tu serais surpris. Il y a plein d'évènements.
Moins de 30 ans, plus de 50.
Hétéros, gays, professionnels…
Ce qui permet à notre homme de trouver des femmes carriéristes.
Comme nos victimes.
Les trois ont participé à du speed dating
organisé par Rencontres Rapides.
Mais elles n'ont pas choisi le même type. On a leurs noms.
- Ted Kaye, David Clark, Peter Lowe. - Je crois pas qu'il était candidat.
Pourquoi ?
L'organisateur de Rencontres Rapides était psy, avant.
- Interdiction d'exercer il y a deux ans. - Pourquoi ?
Il couchait avec ses patientes.
RENCONTRES RAPIDES - 141 BROADWAY MERCREDI 19 OCTOBRE
Vous vous trompez.
Vous avez couché avec vos patientes.
Vous appelez ça comment ?
- Un traitement expérimental ? - Votre boussole pointait au nord.
J'ai pigé la leçon, d'accord ? J'ai perdu mon cabinet.
Vous avez trouvé une source intarissable de femmes riches, célibataires.
J'ai violé personne.
Le seul lien entre ces femmes, c'est vous, Jack.
Ce serait pas un des candidats ?
Elles ont pas choisi le même.
Peut-être que si. Nombreux sont ceux qui utilisent un faux nom.
Vous avez un moyen de savoir si un type
a utilisé trois noms différents pour sortir avec elles ?
Je peux, s'il a utilisé la même adresse.
Ted Kaye, David Clark, et Peter Lowe.
Voilà ce qu'il en est. J'ai romeo@forumail.com.
Un hébergeur gratuit. Intraçable.
- Je ne suis plus suspect ? - Si.
Dites-nous si Roméo vient à un autre évènement.
Ted, David et Peter, c'est notre Roméo.
Vous vous rappelez de quoi d'autre ?
- Il a tout payé. - Il m'a tenu la porte.
- Il m'a écoutée. - Un type bien, en somme.
Mais vous avez refusé de le revoir. Pourquoi ?
Il a voulu commander pour moi.
Il était contrôlant.
Moi aussi, alors que j'avais dit que je détestais les sushis.
Comment il l'a pris ?
Il a dit que si je goûtais, c'était sûr que j'aimerais.
- Le même type, pas le même nom. - Et le même genre de femme.
Malines, puissantes, accomplies.
Mais il enrage quand elles refusent de le revoir.
- Ce sont des viols par vengeance. - Il est narcissique.
Il veut guérir ses blessures d'ego.
Quel est le profil ?
Il aime les détails, la précision. Son travail le rend fier.
- Chaque attaque est planifiée. - Un ancien militaire ?
C'est possible, il est discipliné, et organisé.
Et méticuleux. Pas d'ADN, d'empreintes, ni même de fibre.
Juste cette odeur de talc.
Il a perfectionné sa technique.
Je doute qu'elles aient été ses premières victimes.
C'est le contrôle total qui l'excite. Pas le meurtre.
Le type de Rencontres Rapides a appelé.
"Roméo" s'est inscrit à l'évènement de ce soir.
Il cherche sa nouvelle Juliette.
253 BOWERY AVENUE MERCREDI 19 OCTOBRE
- J'aime les chats. - Je suis plutôt chiens.
C'est comme si j'étais sorti de mon corps.
- Tu vois ? - Oui.
Ça m'a fait pareil quand j'ai été enlevée.
Plus que dix secondes. Finissez vite.
C'est intéressant, de collectionner les boîtes de bonbons.
Et c'est fini, tout le monde.
Messieurs, décalez-vous sur votre gauche.
- Enchantée. - Merci.
- Salut. - Salut.
- Je suis Jim. - Rachel.
Rachel.
Vous êtes la plus belle femme de la pièce.
Merci. Vous perdez pas de temps, hein ?
Je suis juste honnête.
Impensable qu'il vous faille de l'aide pour avoir des rencards.
Je suis dans la pub. Les seuls hommes autour de moi sont mes collègues,
ou mes clients, et je mélange pas affaires et plaisir.
Je bosse à Wall Street.
Mes affaires n'interfèreront pas avec notre plaisir.
- Des nouvelles ? - Pas encore.
T'es peut-être pas son type.
Non, il était intéressé.
Je pouvais le sentir, tu sais ?
Oui.
C'est lui, tu penses ?
J'ai pas réussi à le cerner. D'habitude, il me faut deux minutes
avec un type pour savoir s'il est coupable, mais…
Un mail ?
Rachel, Roméo aimerait vous rencontrer.
J'ai un match.
Roméo ?
Il veut payer un verre à Rachel.
Je me rappelle pas avoir déjà rencontré une femme
ayant l'intelligence, la beauté, et la carrière.
C'est agréable de rencontrer un homme qui apprécie les trois.
- J'apprécie, oui. - Merci.
C'est mieux.
Tu veux un autre verre ?
Oui, un autre verre de cabernet.
Non, elle veut autre chose.
Elle prendra un dirty martini, avec de la vodka et des olives.
Je bois pas de vodka. Je vais m'en tenir au vin. Merci.
Crois-moi, tu vas adorer.
Vous lui apportez sa vodka, s'il vous plaît ?
Merci.
Tu as déjà essayé le speed dating ?
Tu es mon premier.
- Waouh. - Et toi ?
Je viens de revenir sur le marché.
- Une relation longue ? - Un an.
Au bout de deux mois, je savais qu'elle était pas pour moi.
Trop collante. Manque de confiance en elle.
Tu as continué à la voir. Elle devait bien te plaire.
Elle cuisinait bien. L'appartement était propre.
Mais on avait rien en commun.
- Tu cherches ton égal. - Exactement.
Je veux un femme qui sait ce qu'elle veut, et comment l'avoir.
Tu penses à quoi, là ?
Je me dis qu'il se fait tard.
Une grosse journée m'attend, demain.
- Rachel, reste, s'il te plaît. - Merci pour le verre. Bonne nuit.
- Quoi ? - On vous arrête pour viol.
- Trois chefs d'accusation. - Quoi ?
J'ai violé personne. Je suis chirurgien. Je sauve des vies toute la journée.
Vous êtes fort, au bloc.
- Mes talents sont respectés. - Pas comme au lit, hein ?
Vous vous faites souvent rembarrer.
Vous me confondez avec quelqu'un d'autre.
Oui, avec Ted, David, Peter-
Et Jim.
Rachel ?
- C'est Inspecteur Benson. - Voici Mike Jergens.
- Il est chirurgien. - Pourquoi mentir ?
Les femmes pensent à l'argent, quand elles entendent "chirurgien".
- C'était pour me protéger. - Pourquoi me suivre ?
Je voulais vous présenter des excuses.
Vous vouliez savoir où elle vivait, pour retourner la violer.
Je suis pas votre homme.
Vous rencontrez une fille, vous sortez, vous faites votre numéro.
Elle vous repousse, vous la traquez,
et vous revenez plus tard pour la violer.
Les types comme vous sont compulsifs. À chaque fois, c'est pareil.
Comme pour le viol de Janice Clay, mardi soir.
- Vous êtes fou. - Je suis fou ?
Ne dites plus rien.
Minerva Grahame-Bishop. Je représente le Dr Jergens.
Venez. Ils mordent pas.
- C'est qui ? - Bonjour.
- Ma copine, Cora Kennison. - Votre copine ?
Vous êtes pas célibataire ?
Mike et moi, on vit ensemble depuis un an.
Dites-leur ce que vous m'avez dit.
C'est bon, ma puce. Dis-leur.
- Dis-leur où j'étais, mardi soir. - À la maison.
- Toute la nuit ? Mike n'est pas sorti ? - Non, il était au lit, avec moi.
Mike a pas arrêté de rabaisser Cora, pendant notre rencard.
Il ne l'aime pas, il a besoin d'un alibi.
Oui. Qui sera retenu, sans preuve matérielle contre lui.
Pas de preuve ? Les trois victimes le reconnaissent.
Comme étant leur rencard. Pas comme étant leur violeur masqué.
Mike est sorti avec trois femmes. Les trois ont été attaquées.
C'est un schéma recevable au tribunal.
Mais c'est circonstanciel. Il n'y a pas assez pour le condamner.
Vous auriez dû attendre qu'il attaque Olivia.
Il les a violées des semaines après leur rendez-vous. Impossible.
Je ne peux pas l'inculper. Libérez-le.
- Il va recommencer. - Alors faites sauter son alibi.
Je vais tenter ma chance avec Cora. Je suis sortie avec son petit-ami.
- Mike est à l'hôpital. - C'est vous que je veux voir.
- Il a dit de pas vous laisser entrer. - On peut discuter ailleurs.
- Non, vaut mieux pas. - Cora, attendez-
- Vous devez savoir une chose. - Mike a dit que vous me piégeriez.
Il vous a aussi parlé de notre rencard ?
Vous mentez.
Un autre inspecteur a pris des photos.
Il doit y avoir une explication.
Il y a un café, au coin de la rue.
Comment vous l'avez rencontré ?
Mon dernier copain m'a battue.
Mike s'est occupé de moi aux urgences.
- Vous vous êtes mis ensemble quand ? - L'an dernier.
Un type comme ça…
Je pouvais pas croire qu'il s'intéresse à moi.
Est-ce qu'il vous demande parfois de faire au lit
des choses que vous avez pas envie de faire ?
Je ferais tout pour Mike.
Je l'aime. Il m'aime.
Alors pourquoi il voit d'autres femmes ?
Je suis pas aussi maline que Mike.
Je suis pas allée à la fac.
Parfois, il a besoin de parler à d'autres gens.
Mais il finit toujours par revenir.
- C'est ce qui compte. - Cora, Mike m'a dit des choses sur vous.
Comme quoi ?
Au bout de deux mois, je savais qu'elle était pas pour moi.
Trop collante. Manque de confiance en elle.
Tu as continué à la voir. Elle devait bien te plaire.
Elle cuisinait bien. L'appartement était propre.
Mais on avait rien en commun.
Vous prenez bien soin de lui.
Et il vous demande de le couvrir.
Cora, il vous a demandé de mentir ?
Oui.
Il était à la maison, mardi soir ?
Je vais vomir.
Make a emporté quelque chose quand il est sorti, cette nuit-là ?
Son sac de sport.
Je pensais qu'il allait s'entraîner.
On va trouver ce sac, Cora.
Il me faut votre permission pour perquisitioner.
- Mike est un type bien. - Cora…
il a violé trois femmes.
Je vous crois pas.
Si Mike est innocent, alors il n'a rien à cacher.
Donnez-nous l'autorisation de perquisitionner l'appartement.
Tiens, tiens. Des gants en latex. Des instruments chirurgicaux.
Des loupes.
- Je peux tout crocheter, avec ça. - Et voilà le talc.
Mike est médecin, il sait que ça empêche de transpirer.
Il est malin. Pourquoi violer ? Il a l'argent, la plastique,
une femme qui l'attend quand il rentre.
C'est sa façon d'évacuer sa colère.
Qu'est-ce que vous faites ici ?
On vous arrête, encore. Vous avez le droit de garder le silence.
Tout ce que vous direz pourra et sera utilisé contre vous dans un tribunal.
Vous voulez vraiment pas qu'on vous raccompagne ?
- Non, ça ira. - Cora, voici mon numéro.
Appelez-moi, en cas de besoin.
Mike-
Ma puce, je t'avais dit de pas parler.
- Je suis désolée. - Cora.
C'est pas ta faute, ma belle.
T'en fais pas. On sera vite ensemble.
Comptez pas trop là-dessus.
On a trouvé son sac à malice. Des crochets de serrurier et du talc.
- Je comprends pas. - Cora.
Ma chérie, je t'aime, d'accord ? Je peux tout t'expliquer.
Cora, ne l'écoutez pas.
BUREAU DE LA JUGE ELIZABETH DONELLY LUNDI 24 OCTOBRE
Votre motion se base sur quoi, Minerva ?
Cora n'avait pas le droit d'autoriser la fouille, ce n'est pas chez elle.
La jurisprudence est claire. Une petite-amie,
un colocataire peut autoriser la fouille des lieux communs,
là où le sac a été trouvé.
Sauf qu'elle ne vit pas là. Voici le bail de son appartement.
C'est sa résidence légale.
Là où elle reçoit son courrier, sa carte d'électeur,
et qu'elle paye ses impôts.
Elle reste à peine dormir chez mon client,
elle ne pouvait pas autoriser cette fouille.
Vos inspecteurs le savaient-ils, Casey ?
Pas du tout. Je prends pas ça à la légère.
Indépendamment de la motion de Mme Bishop, acceptez la preuve.
- En vertu de quelle théorie ? - Découverte inévitable.
C'est notre suspect numéro un.
On aurait pu avoir un mandat. On l'aurait trouvé quand même.
Trouvé quoi ? Mon client est médecin.
Des instruments chirurgicaux, oui, pas des crochets de serrurier.
Il est trop malin pour se faire prendre avec une panoplie de cambrioleur,
d'où l'alternative légale.
Les victimes ont décrit une cagoule. Où est-elle ?
On l'a pas trouvée, mais on a le talc.
Il est chirurgien. Il se lave tout le temps les mains.
- Ça apaise la peau. - C'est pas sérieux, enfin.
Je prends la constitution au sérieux. La fouille est exclue.
Votre honneur, ce sac de sport est la seule preuve qu'il y ait
contre mon client.
Abandon des poursuites pour viol.
Laissons ça au Grand Jury.
Vous avez 72 heures pour l'inculper, ou le Dr Jergens sera libre.
- Et maintenant ? - Il faut de nouvelles preuves.
J'ai de nouveaux mandats pour le domicile de Jergens,
son casier à l'hôpital, sa voiture. Trouvez-moi cette cagoule.
Il est pas bête, ce type. Il s'en est déjà débarrassé.
Prouvez qu'il en a acheté une. Vérifiez ses relevés de compte.
Olivia, il me faut un coup de main pour Cora.
Elle doit témoigner.
Je crois qu'elle ne le supportera pas.
Elle se sent déjà coupable d'avoir balancé Mike.
Il nous faut Cora. Tu dois la convaincre.
Quand ?
Demain. Ma première témoin devant le Grand Jury.
Je vais lui annoncer.
Cora ?
Cora ? C'est l'Inspecteur Benson.
Cora ?
Cora ? Cora !
Cora, réveillez-vous. Réveillez-vous.
Unité Spéciale à central, j'ai une femme inconsciente.
Il me faut une ambulance. 390 West, 23e Rue. Cora, réveillez-vous.
Son taux d'alcoolémie était à 0,35. Elle a de la chance d'être en vie.
- Elle va s'en sortir ? - Pour l'instant.
Son hématocrite montre une microcytose, une altération de la fonction hépatique.
Les signes de l'alcoolisme.
Comment elle a pu se faire autant de mal ?
Les beuveries. Ça gagne en popularité auprès des jeunes.
Ils boivent pas tous les jours, mais descendent
cinq ou six cocktails en une heure.
- C'est une intoxication alcoolique ? - Oui, mais c'est pas son seul problème.
Il y a des cicatrices sur ses phalanges, et il lui manque de l'émail.
- Elle est boulimique. - Depuis longtemps, je dirais.
- Elle devrait être en désintox. - Vous pouvez la faire entrer ?
Seulement cette nuit, en observation.
Mais il lui faut un traitement suivi, qu'on n'aura pas ici.
Vous vous sentez comment ?
Ça va, je crois.
Le docteur dit que vous êtes très malade.
Je bois pas souvent.
J'ai jamais perdu connaissance.
- J'étais énervée contre Mike. - Je comprends.
Mais…
si vous n'arrêtez pas de boire,
et de vous faire vomir, vous pourriez en mourir.
Vous ne pouvez plus le cacher, Cora.
Mike connaissait mes problèmes.
Il essayait de m'aider.
J'ai plus personne, maintenant.
Si je vous trouve une cure,
vous irez ?
Oui.
Cora.
Dieu merci, tu vas bien.
Maman, qu'est-ce que tu fais là ?
L'hôpital m'a appelée, je te ramène à la maison.
Cora vient d'accepter une cure de désintoxication.
Désolée, vous êtes ?
Inspecteur Benson, Unité Spéciale pour les victimes.
- Mike t'a fait quoi ? - Rien.
- Alors pourquoi la police est là ? - Mme Kennison,
Mike Jergens a violé trois femmes.
- Cora doit témoigner contre lui. - C'est un poison, cet homme.
Cora, c'est à cause de lui que tu bois.
Je ne veux plus que tu le voies.
- On rentre à Wilmington dès ce soir. - Cora ne peut pas partir.
Elle va témoigner devant le Grand Jury, demain.
Bonjour. Novak a déjà appelé ?
Il y a dix minutes. Le Grand Jury accuse Mike des trois viols.
Bien.
Calme ta joie.
Je suis inquiète pour Cora.
Ça a été difficile, devant le Grand Jury.
Et elle devra témoigner contre Mike lors du procès.
Elle est très fragile.
- D'où la cure que tu lui as trouvée. - Non, sa mère refuse.
Virginia dit qu'elle peut s'occuper de sa fille elle-même.
L'amour, ça guérit pas les alcooliques.
Mme Kennison ?
- Elle est partie. - Cora ?
On attendait le train à Penn Station, et elle s'est volatilisée.
Tout est de ma faute. J'aurais pas dû la quitter des yeux.
Calmez-vous. Racontez-moi.
Elle est allée aux toilettes. Elle y est restée longtemps.
J'ai cru qu'elle se faisait vomir, je suis entrée. Disparue.
Une idée d'où elle pourrait être ?
- Partie voir Mike. - À la prison de Rikers, sûrement.
- On y va. - Elle répétait
qu'elle voulait lui dire au revoir.
- Mike Jergens est au parloir. - Avec Cora Kennison ?
Sais pas.
- Il voit un prêtre, ou quoi ? - On dirait bien.
Cora.
- On est mariés. - Quel fils de pute.
Allons, c'est la maison de Dieu.
Vous avez fait votre demande en voyant qu'elle allait témoigner.
Ça ne l'empêchera pas de témoigner contre vous.
En fait, si. Vous pouvez pas m'obliger, je suis sa femme.
Pas de privilège du conjoint.
Les viols datent d'avant le mariage.
Je l'ai pas épousée pour ça.
Officier, il retourne dans sa cellule.
- Je viens demain. - D'accord.
Je t'aime, Cora, d'accord ? Rien ne peut changer ça.
Cora, votre mère est morte d'inquiétude pour vous.
- Mike a besoin de moi. - La cure ?
- Mon mari va m'aider. - Ça n'est jamais arrivé.
Il vous laisse boire pour pouvoir vous contrôler.
- Il m'aime, donc on s'est mariés. - Il vous a épousée pour vous faire taire.
- Il vous utilise, vous ne le voyez pas ? - C'est vous qui m'utilisez.
Vous faites semblant d'être mon amie pour pouvoir le coffrer.
Mike me l'a juré. Il n'a violé personne.
- On a retrouvé ses empreintes. - Vous avez trafiqué les preuves.
C'était dans son sac de sport. Vous nous avez dit où chercher.
- Arrêtez. - Il a violé trois femmes.
Fermez-la !
Cora, écoutez-moi.
Je sais que dans votre cœur, vous savez qu'il est coupable.
Je refuse de le croire.
Je sais, c'est dur de faire face.
Vous devez témoigner.
Vous me demandez d'envoyer mon mari en prison ?
Je veux que vous disiez la vérité.
SALLE D'AUDIENCE 29 LUNDI 7 NOVEMBRE
Dans votre première déclaration à la police,
vous indiquez que Mike était avec vous les soirs des trois viols.
Oui.
- Est-ce vrai ? - Non.
Pourquoi mentir ?
Mike me l'a demandé.
- Vous savez où il est allé ? - Non. Il m'a rien dit. J'ai pas demandé.
Merci.
Cora, vous avez épousé Mike Jergens après les accusations de viols.
Oui. Je l'aime.
Vous croyez que votre mari est un violeur ?
Je ne sais pas.
Il a déjà été violent envers vous ?
Non.
Il vous a même sauvée d'une relation violente.
Oui.
- Vous a-t-il déjà violée ? - Non, Mike ne me ferait jamais de mal.
Cora, pourquoi êtes-vous là ?
Ils m'ont dit que je devais témoigner.
Vous voulez parler de l'Inspecteur Benson et de l'assistante du procureur ?
Oui, ils ont dit que j'avais pas le choix.
Ils ont aussi dit que Mike avait violé ces femmes.
Mais vous n'y croyez pas. Vous l'aimez. Vous l'avez épousé.
- Vous le croyez innocent. - Oui.
- Objection. - Pourquoi faire ça à l'homme
- que vous aimez ? - Objection,
- elle incite le témoin. - Retenue.
Une pause, Mme Kennison ?
- S'il vous plaît. - Audience suspendue jusqu'à demain.
Je suis désolée.
Ça va aller, ma puce.
Je t'aime, d'accord ?
Allô ?
Cora ?
Attendez. Quand Mike vous a-t-il appelée ?
Qu'est-ce qu'il a dit ?
Cora, Cora, vous avez beaucoup bu ?
Calmez-vous, Cora. J'arrive.
Elliot, c'est moi. Envoie les secours chez Cora.
Et appelle la prison, Mike Jergens pourrait essayer de se suicider. Merci.
Hé ! À quel point est-elle ivre ?
- J'ai fait le massage cardiaque. - Le massage ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Hé, qu'est-ce qui se passe ?
Ses constantes chutent. Arrêt respiratoire.
- Je viens de lui parler. - Il faut intuber.
Elle bradycardise. On va la perdre.
J'ai intubé.
- On a un pouls. - Les constantes remontent.
On y va !
Le cœur de Cora bat toujours,
mais son cerveau a été privé d'oxygène pendant trop longtemps.
Elle va s'en remettre ?
Non. Son EEG montre des signes de lésions cérébrales irréversibles.
Mais elle est consciente, ses yeux bougent encore.
Un réflexe du tronc cérébral. Elle ne nous voit pas.
Elle ne suit pas les ordres, ne réagit pas à la douleur.
Comment est-ce arrivé ?
Elle a dû boire quatre, cinq verres.
Mais Cora était déjà affaiblie par sa boulimie.
Ça a intensifié l'effet de l'alcool.
Mais quand est-ce qu'elle ira mieux ?
Mme Kennison, Cora n'ira jamais mieux.
Vous pouvez l'aider ?
On lui apportera des soins palliatifs, pour qu'elle vive dans le confort.
- Rien, en d'autres termes ! - Désolée, Mme Kennison.
Elle a bu à cause de son témoignage.
Non, elle a bu car Mike l'a appelée depuis la prison,
et lui a dit qu'il allait se suicider.
Il n'est pas mort, si ? Vous pouvez pas la protéger.
Je ramène ma fille à la maison.
- Ce n'est pas recommandé. - Je me fous de ce que vous pensez !
C'est ma décision.
Cora rentre à la maison.
Virginia Kennison n'accepte pas le diagnostic.
Elle veut garder le corps de Cora en vie, même si son esprit est déjà mort.
Elles se sont perdues de vue depuis longtemps.
- Virginie doit se sentir coupable. - C'est pas la seule.
Je l'ai poussée à témoigner.
Et je l'ai citée à comparaître.
Ça change quoi, pour le procès ?
Rien, en fait. Cora avait fini de témoigner,
la défense peut pas demander l'annulation du procès.
Dommage que les gardes soient intervenus avant que Mike se suicide,
t'aurais pas eu à aller au procès.
- J'inculperai ce bâtard. - Casey !
- Le bureau te cherche. - J'avais éteint mon téléphone.
La juge Donnelly te veut dans son bureau.
C'est pas bon signe.
BUREAU DE LA JUGE ELIZABETH DONNELLY MARDI 8 NOVEMBRE
Que voulez-vous, madame ?
Mon client demande une décision de justice pour retirer la sonde d'alimentation.
Il n'a pas le droit de lui retirer.
Il a tous les droits.
Il a épousé Cora Jergens.
Il était bidon, ce mariage. Il l'a épousée
- pour l'empêcher de témoigner. - Elle a choisi de l'épouser.
Là où vous l'avez obligée à témoigner.
Vous avez choisi de la faire taire à tout jamais ?
Des représailles, Votre Honneur.
- C'est par amour. - Attendez.
Dr Jergens, j'aimerais savoir ce qui a motivé votre décision.
J'ai parlé au neurochirurgien de ma femme.
Cora est dans un état végétatif chronique. Aucune activité du cortex cérébral,
ou sur l'EEG. Elle s'en remettra jamais.
Impossible de la laisser souffrir.
Ne le laissez pas faire ça.
La loi est claire. Je n'ai pas le choix, Casey.
Et pour la mère de Cora ?
Elle veut la laisser sous respirateur.
Ce sera sans aucun doute très dur à accepter pour Mme Kennison
mais elle n'a pas son mot à dire.
Michael Jergens est décisionnaire, puisqu'il est son époux.
Un violeur a plus de droits que sa propre mère.
Dans ce cas-là, oui.
Cette juge donne à Mike ce qu'il recherche.
Le contrôle ultime.
C'est la mauvaise personne, qui prend la mauvaise décision.
Tu crois que Cora devrait être débranchée ?
Elle n'ira jamais mieux.
Elle mérite de mourir dans la dignité.
Mme Kennison veut la garder en vie.
C'est sa mère depuis 30 ans.
Ça compte plus qu'un mariage précipité.
Peu importe.
C'est pas à nous de choisir quand une vie s'arrête.
- Donc Cora devrait souffrir. - Bon, on la débranche. À qui le tour ?
On va décréter que la vie d'un tétraplégique
ne vaut rien ?
Et pour les déficients ? On les tue aussi ?
Hé, personne n'a suggéré d'assassiner les handicapés.
Les Nazis ne parlaient pas de meurtre non plus.
Je dois obéir à la loi.
Mais je me sentirais mieux si je savais ce qu'aurait voulu Cora.
Et qui mieux que sa mère pour le savoir ?
Non, elle essaye de communiquer. Elle se bat pour survivre.
Elle vous a parlé de ses dernières volontés ?
Non, on en a jamais parlé.
Mais je connais ma fille. Elle n'abandonne pas.
Son père est tombé malade, quand elle avait huit ans.
Ils lui ont donné six mois à vivre.
Elle est allée à l'hôpital tous les jours.
Elle s'asseyait sur son lit, elle disait, "Papa, abandonne pas."
Il a vécu deux ans.
Il disait que Cora lui avait donné la force de survivre.
Vous êtes sûre qu'elle aurait voulu vivre ainsi?
Je sais qu'elle aurait voulu se battre.
Mais comment arrêter Mike ?
Vous pourriez faire appel de la décision de la juge Donnelly.
Ça changerait rien.
La loi n'est pas de mon côté.
Et la juge, elle ne m'écoutera pas.
Il y a plusieurs façons de se faire entendre.
VIOLEUR, NE TUE PAS MON BÉBÉ
À quoi pensiez-vous ?
Sa mère a parlé aux médias. C'est ma faute ?
Vous avez apporté de l'eau à son moulin.
En page trois.
Vous lui avez dit de raconter son histoire.
Elle est frustrée, personne ne l'écoute. La loi n'est pas de son côté.
C'est bien pour ça que vous n'auriez pas dû vous mêler de ça.
On donne une voix aux victimes. Je le tiens de vous.
Des victimes de crimes. Il n'y a pas de crime, là.
Mike Jergens est un criminel.
Un violeur qui a été son mari pendant une semaine
devrait avoir ce droit sur Cora ?
- Elle l'a épousé. - Il l'a manipulée,
- il sait pas ce que Cora veut. - Vous oui ?
- Sa mère sait. - En se basant sur quoi ?
Des lettres, des journaux intimes, des directives anticipées ?
- Elle connaît sa fille. - C'est insuffisant.
Loi et justice sont différentes.
Casey, je suis d'accord. Mais ce n'est pas votre combat.
Casey, mettez New York One.
"Protégez les handicapés".
On arrêtera pas sa mère.
Ce violeur essaye de tuer Cora.
Ne le laissez pas faire.
Je connais ma fille. Je sais qu'elle veut vivre.
Aidez-moi à me battre.
C'est la légalisation d'un meurtre. S'il vous plaît.
Aidez-moi à dire au juge qu'il faut protéger les handicapés.
Cette tragédie ne doit pas devenir un cirque.
Vous devez convaincre Mme Kennison que l'affaire doit être jugée
devant un vrai tribunal, et pas un tribunal populaire.
Des avocats de tout le pays appellent pour prendre l'affaire.
Merci de m'avoir dit de me battre.
Je pensais pas que vous iriez voir la télé.
Ça doit être une décision de famille, pas une foire d'empoigne.
Ça n'a rien à voir avec moi, ou avec Cora.
Les gens sont en colère.
Ils ne veulent pas que le gouvernement décide qui vit et qui meurt.
- Qu'est-ce qu'il fait là ? - La juge a autorisé cette visite.
Je m'en fiche, je ne veux pas qu'il approche ma fille.
Mme Kennison,
vous ne croyez pas en mon amour pour Cora, mais c'est pourtant vrai.
Je sais qu'elle n'aurait pas voulu vivre de cette manière.
- Vous ne savez rien. - J'ai vécu chaque jour avec elle
pendant un an, et vous ne l'avez jamais appelée.
Parce que vous vouliez nous séparer.
J'ai toujours aimé ma fille.
Vous saviez qu'il serait là ?
Mon client n'a pas besoin de votre permission pour voir sa femme.
- C'est un formulaire de consentement ? - Une injonction.
La cour a accordé à Mme Kennison
une audience d'urgence pour déterminer les volontés de Cora.
SALLE D'AUDIENCE 29 JEUDI 10 NOVEMBRE
J'ai promis à Cora de ne pas la laisser vivre comme ça.
Aviez-vous parlé de la fin de vie ?
Oui.
Pouvez-vous rapporter à la cour la teneur de cette discussion ?
Une nuit, l'été dernier, on rentrait de la plage en voiture.
Il y avait un grave accident juste devant nous.
Un chauffard qui a grillé un stop,
et qui a percuté un couple dans une décapotable.
Cora a appelé les secours, et je suis allé aider.
C'était grave ?
L'homme était mort. Et sa copine avait un trauma crânien.
Elle ne répondait pas.
J'ai dégagé ses voies respiratoires pour qu'elle puisse respirer.
J'étais couvert de sang, et j'ai entendu Cora pleurer.
Cora a dit quelque chose ?
Elle m'a demandé si la fille allait s'en sortir.
J'ai dit que si c'était le cas, elle finirait sa vie comme un légume.
Et comment Cora l'a-t-elle pris ?
Elle a dit, "Mike, promets-moi de pas me laisser vivre comme ça."
Mensonge ! Cora n'a jamais dit ça.
Mme Kennison-
Sale bâtard !
- Silence. - Ne l'écoutez pas !
- Asseyez-vous, Mme Kennison. - Non !
- Il tuera pas mon bébé ! - Qu'on fasse sortir le public.
- L'audience reprendra. - Que faites-vous ?
Après examen de ses antécédents médicaux,
je suis convaincue que l'état de Cora est tout à fait irréversible.
Son esprit est parti. La médecine ne peut pas la soigner.
Seul un acte de Dieu, un véritable miracle,
pourrait lui rendre son cerveau.
Mme Kennison et le Dr Jergens pensent savoir ce que Cora aurait voulu.
Mais si les croyances de Mme Kennison se basent sur son instinct maternel,
le Dr Jergens, lui, a pu témoigner et apporter des preuves irréfutables
que Cora n'aurait pas voulu vivre dans un état végétatif permanent.
Je lève donc l'injonction.
Le Dr Jergens peut retirer la sonde d'alimentation de Cora.
Elle est partie en paix. Comme elle l'aurait voulu.
Merci d'avoir laissé Virginia tenir la main de sa fille.
- C'était important pour elle. - Avec plaisir.
Faites quelque chose pour moi.
Quoi donc ?
Expédiez-moi son acte de décès.
J'en aurai besoin pour l'assurance-vie,
pour qu'on traite ma demande.
J'aurais dû le savoir.
- Vous aurez combien ? - 1,5 million.
J'ai ajouté Cora à mon contrat juste après le mariage.
Vous ne vous seriez jamais suicidé.
Mais vous saviez que Cora n'aurait pas pu vivre sans vous.
C'est méchant, de dire ça à un mari endeuillé.
Sortez-le-moi d'ici !
Venez me voir demain. On doit travailler sur ma demande d'appel.
Je dois signer autre chose ?
Non, mais j'ai les résultats de l'autopsie.
Dites-moi.
J'ai trouvé quantité de cellules mortes dans le cortex cérébral de Cora.
Ses lésions étaient irréversibles.
Il n'y a jamais eu d'espoir.
Non.
Vous devez savoir autre chose.
On a trouvé un article sur l'accident de voiture
dont Cora a été témoin.
Mike a dit la vérité ?
Cora a dit à un journaliste que c'était une tragédie.
Et qu'elle n'aurait jamais voulu vivre comme ça.
Merci.
CETTE HISTOIRE EST FICTIVE. PERSONNE, NI AUCUN ÉVÉNEMENT RÉELS N'Y SONT DÉPEINTS.
Sous-titres : Eve Dubouchet
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