All language subtitles for Mister.Roberts.1955.1080p.BluRay.H264.AAC

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Original subtitles

Nous remercions la Marine am�ricaine d'avoir mis � notre disposition

ses hommes, vaisseaux et �quipements pour la r�alisation de ce film.

Cette histoire se d�roule � la fin de la 2e guerre mondiale

� bord d'un cargo en mission dans une zone recul�e du Pacifique.

La Navy le baptise le "R�calcitrant" et l'�quipage "Le Rafiot".

Votre attention !

Votre attention !

R�veil !

Je r�p�te !

R�veil !

A tout l'�quipage !

On a trouv� une fois de plus

un m�got de cigarette dans le bac du palmier du capitaine.

La s�ance cin�ma de ce soir est donc � nouveau supprim�e.

Message termin� !

Allez, tous sur le pont !

Debout, l�-dedans ! C�l�brons le jour naissant !

On se passe � l'eau et on se fait beau !

R�veil ! R�veil !

O.K., chef ! T'as fait ton boulot.

Maintenant, vire-moi ta graisse de l� !

Votre attention !

Les sections C, E et S

et tous les aide-pharmaciens a�rent leur literie.

Affirmatif !

Doc, t'es tomb� du lit ?

J'ai appris qu'on allait charger alors je me suis pr�par�.

Quand il y a du travail, j'ai toujours une vague de malades.

Je d�couvre des affections tr�s rares ces jours-l�.

Quand il y a eu ces cinq navires � charger,

ils m'ont gratifi� de six nouveaux cas de b�rib�ri.

De double b�rib�ri, cette fois.

Je vais jeter l'exemplaire de Moby Dick par-dessus bord !

Tu leur prescris quoi, pour ce double b�rib�ri ?

De l'aspirine, quoi d'autre ?

Un probl�me, Doug ?

Tu nous as manqu�, hier soir.

J'ai donn� au jeune Pulver un autre verre d'alcool,

et du coup, il nous a cont� ses exploits amoureux !

Il vous a parl� d'une vieille fille de 45 ans qu'il a troubl�e

parce qu'il �tait le premier homme � lui poser la question directement.

Non, mais certaines de ses histoires rel�vent du surnaturel !

Ce gar�on me laisse perplexe.

Je devrais peut-�tre transmettre son dossier � la sant� publique.

Toi, tu me caches quelque chose...

Je n'ai pas dormi de la nuit.

Qu'y a-t-il ? Dis-moi.

Cette nuit, j'ai vu quelque chose qui m'a terrass�.

Que s'est-il pass� ?

J'�tais sur la dunette.

Je regardais la mer, la vue de l'�le m'exasp�rait.

Brusquement, j'ai vu des petites taches noires � l'horizon.

J'ai pris les jumelles. Des dizaines de navires � nous !

Porte-avions, cuirass�s... un vrai corps exp�ditionnaire !

Fallait me r�veiller, j'ai jamais vu un cuirass�.

Ils sont pass�s � 800 m de ce r�cif.

Des porte-avions si gros qu'ils bouchaient l'horizon...

Ces navires de guerre glissaient dans un silence de mort.

Je voyais les officiers sur la dunette.

C'est �a qui m'a terrass�, Doc.

Bizarrement,

je me voyais sur la dunette avec eux.

Je m'imaginais voguant vers l'ouest � travers le Pacifique.

Je les ai regard�s tout du long. Et j'�tais l� avec eux.

Je sais que �a doit faire mal.

Alors, j'ai regard� l�-haut

et j'ai vu le palmier de notre capitaine.

Le troph�e

pour nos glorieux faits d'armes !

La r�compense de l'amiral Finchley

pour avoir livr� plus de dentifrice et de papier toilette que les autres

dans les zones libres du Pacifique !

- Lis �a et donne-moi ton avis. - C'est quoi ?

Ma demande de mutation. J'ai pass� la nuit � la r��crire.

- �a te reprend ? - Cette fois,

je m'y prends autrement, plus directement. Lis bien.

"Le lieutenant J.G. Roberts au Bureau du personnel naval.

"Le 16 avril 1945.

"Motif : Changement d'affectation."

Un vrai po�me...

Continue, Doc.

"Depuis 2 ans et 4 mois, je suis officier sur ce navire.

"Je pense que cette affectation prolong�e dessert la Navy

"et accro�t le manque d'harmonie � bord."

Qu'en penses-tu ?

"Aussi accepterais-je un service command� � bord d'un destroyer."

Alors ? J'ai mes chances, non ?

Ecoute-moi, Doug.

Tu envoies une lettre comme celle-l� depuis des lustres

et � chaque fois, le capitaine hurle tant qu'il peut,

la d�sapprouve et la fait suivre.

Justement, il la fait suivre mais comme...

Un capitaine de bateau

- est un monarque absolu. - Je sais.

S'il avait approuv� tes lettres, �a se ferait en un clin d'oeil.

Si ce n'est pas le cas, tu n'as pas la moindre chance.

Tu es clou� sur ce vieux rafiot !

- R�signe-toi. - Tout n'est pas fichu,

tout n'est pas fichu !

Je regrette que tu aies vu ce corps exp�ditionnaire.

Je redescends voir mes hypocondriaques.

Bonjour, lieutenant Roberts.

Bonjour, Dowdy.

Il fait encore plus chaud ici qu'en bas au mess.

Regardez cette salet� d'�le, une vraie puanteur !

Il fait un tel cagnard qu'on se croit dans une porcherie.

- On sort, aujourd'hui ? - Je ne sais pas.

Trois L.C.M. Vont venir se r�approvisionner. Ils se l�vent ?

Oui. Ils commencent � se remuer, � moiti� groggy...

Quand demanderez-vous au capitaine une permission pour les gars ?

�a fait plus d'un an qu'ils sont sur ce bateau.

Je l'ai fait pas plus tard que hier soir.

Et alors ?

Il a dit "non" !

Il faut qu'on les d�barque, ils deviennent dingues !

Vous le reverrez ?

Tu sais tr�s bien que oui, Dowdy.

Dis � Dolan de me taper �a.

Votre lettre ? Oui, monsieur !

Votre attention !

Balayeurs, � vos balais ! Frottez et que �a brille !

Toutes les �chelles et tous les passages !

Et pas de d�tritus par-dessus le bastingage !

La visite des malades va commencer.

Vas-y.

Doc, d�s le r�veil...

Tu t'es souvenu qu'il y avait un d�chargement.

Continue.

Je vous jure, Doc, impossible de bouger !

C'est mon appendice.

Ton appendice se balade pas mal !

De l'autre c�t� !

Deux aspirines. Apte au travail. Suivant !

De l'aspirine ? Pour un d�but d'appendicite ?

Y a rien de mieux. Je vais en prendre une aussi.

T'as mal o� ?

A la t�te, Doc !

Vertiges ?

Oh l�, oui... quelque chose de terrible !

Bourdonnements ?

A longueur de journ�e, Doc !

Comme des cloches ?

Exactement ! Comme des cloches !

C'est un as !

Comment �a fait, dong dong, ding ding ou ding dong ? Alors ?

Une seule r�ponse autoris�e. Dommage ! Fallait dire dong dong.

Une aspirine. Apte.

Sont disponibles d�s maintenant � l'intendance

un petit stock de barres de cacahu�tes.

L'intendance sera ouverte de 13h00 � 13h15.

Insigna,

j'ai une mission � te confier. Nettoie �a pour la dunette.

Je vais faire �a l�-haut. Je reste pas pr�s de cette ordure !

Chef, prenez-le avec vous.

Va te faire foutre !

�a suffit !

Vous commencez � me courir ! Continue de frotter !

Par o� on regarde ?

C'est comme on veut, Insigna.

�a d�pend de la taille des yeux.

Quelle heure il est � San Francisco ?

Minuit de la nuit derni�re.

Les Japs ont d� prendre l'�le, je vois un drapeau rouge et blanc.

Les Japs ? On les a pas approch�s � plus de 8600 milles !

Des Japs... t'entends �a ?

Quelle fl�che, celui-ci !

C'est le fanion d'un h�pital.

Ils ont de dr�les de b�timents, dis donc !

C'est des grandes fen�tres et...

Nom de Dieu !

Nom d'un tonnerre de Dieu ! Des infirmi�res !

L'infirmi�re, l� ! Elle prend une douche !

Je te jure, regarde ! Tu vois ? Au 2e �tage !

- Mais l�che-moi ! - �a va !

J'en ai jamais vu une aussi belle !

Elle prend tout son temps, quand elle se lave...

Oui, ma cocotte...

Viens, approche de la fen�tre.

Comment �a marche, ce truc ?

Y en a une autre pr�s du lavabo qui se lave les cheveux !

Elle a un peignoir sur le dos !

C'est idiot de se laver les cheveux en peignoir !

Et pourquoi ? Tu crois que...

Du calme, les mecs !

Elle est belle, pas vrai ?

Je vois m�me pas l'�le !

Salut, blondinette.

Voil� l'autre qui s'y met !

Cette cochonne a int�r�t � se laver !

Allez, les filles... Qui est la suivante ?

�a y est !

Mais il y a personne !

Tiens, essaie les miennes.

Elles doivent se dire qu'on a vraiment rien � faire !

Tu vois ?

T'as halet� sur les lentilles !

- Les bras fatiguent. - C'est vrai.

A tour de r�le, alors ?

C'est moi qui commence.

Regardez,

c'est une mouette !

- H�, fais-moi voir. - Alerte !

Tu vois quelque chose ?

Evapor�es !

Esp�ce de salopard !

Dommage, elles �taient trois...

- Esp�ce de voyeur ! - R�p�te voir !

Je comprends que t'aies pas d'amis !

Du calme, les gars ! Insigna, arr�te !

Wiley, arr�te !

L�che �a !

Je vais le tuer ! Vous entendez ? Salaud !

Descendez ! Passez-vous la t�te sous l'eau.

Une petite minute, monsieur !

Pourquoi cet homme

est-il torse nu ?

J'�tais en train de lui demander.

Au rapport ! Et que personne ne tra�ne torse nu sur le pont !

Est-ce bien clair ?

Gardez tous votre chemise.

Tous !

Vous avez vu ?

Hier soir encore, ils se battaient ! Il leur faut une permission.

Oui, je crois bien.

Trouve-moi un bateau, je vais � terre.

- Pour faire quoi ? - J'ai ma petite id�e.

- Vous allez lui d�sob�ir ? - Je vais m'arranger.

Bouge tes fesses de l�.

Quoi de neuf, Doug ?

Je vais sur l'�le.

Sur l'�le ?

Je peux t'accompagner ? J'irai chercher de l'aspirine � l�h�pital

en construction.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Frank Thurlowe Pulver...

Tu t'extirperais de ta couchette pour rendre service � quelqu'un ?

J'en ai plus que marre de ces pr�jug�s sur mon compte !

J'ai juste dit...

D'accord. D�p�che-toi.

On sait jamais, Pulver...

A plus tard, l'ami !

Bienvenue � bord.

Juste ciel ! Garde-�-vous !

�a s'annonce bien. Vous venez d'arriver ? Vous �tes d'o� ?

Mais combien vous �tes ?

Capitaine, vous nous rendez notre salut ?

Vous le rendre ?

Mais bien s�r ! Si �a vous fait plaisir !

On pensait qu'il �tait incorrect, on n'a pas beaucoup de pratique.

Il �tait merveilleux.

C'est votre cuirass� qui mouille dans le port ?

Pas exactement, non.

Vous voulez quelque chose ? Enfin, quelque chose de pr�cis ?

Rien... je ne vois pas. Rien de pr�cis.

De l'aspirine ! O� ai-je la t�te ? J'ai un papier...

Suivez-moi. Au travail, soldats.

Continuez, soldats.

Je ne suis pas le capitaine...

Sans blague ?

Je suis simple grad�.

Vous avez beaucoup de cas de N.C. ?

Qui moi ? De N quoi ?

Nervosit� due au Combat. Vu cette aspirine !

Beaucoup de corps � corps ?

Les corps � corps, je sais m�me plus ce que c'est.

Au combat, je veux dire. J'ai un �clat d'obus dans la jambe.

�a me lance de temps � autre.

- Le scotch gu�rit �a, para�t-il. - Vous aimez ?

Je commen�ais � y prendre go�t avant d'�tre envoy�e ici. Tenez.

Merci. Vous... vous pourriez venir sur le bateau cet apr�s-midi ?

Navr�e.

Il se trouve que j'ai du Red Label dans ma cabine.

Que la chaloupe soit � quai � 17h50.

Elle y sera. 17h50... d'accord.

�a fait 6 heures moins 10.

J'ai r�ussi � susciter votre int�r�t.

Je ne veux pas qu'elles entendent, mais si vous devez venir seule...

Voil� votre lettre, M. Roberts. Signez et je la porte au capitaine.

Ensuite, bouchez-vous les oreilles. M. Roberts ?

C'�tait toi, Pulver. Qu'est-ce que tu bricoles dans son casier ?

Il y avait une bo�te � chaussures. Elle a disparu !

Quelqu'un a d� la faucher. Ils ne reculent devant rien !

Oser violer l'inviolabilit� d'un casier...

M. Roberts n'est pas revenu ?

Si. Non. Je sais pas.

D�s qu'il revient, fais-lui signer �a.

C'est quoi ?

La meilleure lettre qu'il ait �crite jusqu'� pr�sent.

Je peux te dire que le vieux va en tomber sur le cul !

Il la tient peut-�tre, sa mutation.

Fais-moi voir.

Tiens, regarde cette phrase-l�.

"Et accro�t le manque d'harmonie � bord."

Bien envoy�, non ?

Je br�le de lui envoyer en pleine poire, au vieux !

Tu sais qu'il a des aigreurs, quand M. Roberts l'�nerve.

En plus de la lettre, je viendrai avec une poubelle.

Pr�viens-moi quand M. Roberts revient.

Ils se bagarraient comme des chiens.

Dowdy et moi, on les a arr�t�s

mais il fallait r�agir et vite.

Dolan a apport� ma lettre ?

J'en sais rien, Doug. Je viens juste d'arriver.

Tu connais quelqu'un, sur l'�le ?

La patron du port, celui qui d�cide de la destination de ce bateau.

Un port o� on fait la f�te, par exemple.

Dowdy m'a dit qu'il buvait 1/4 de litre de scotch par jour.

Tu lui as donn� la bo�te � chaussures ?

Oui. Avec les compliments du capitaine.

Tu planquais du scotch dans une bo�te � chaussures ?

Je l'aurais ouverte le jour de mon d�part.

Le jour de la r�surrection.

Tu l'as g�ch�e en la donnant � un homme ?

Y a-t-il quelqu'un d'un autre sexe � 1000 km � la ronde ?

Qu'est-ce qui te chiffonne, Frank ?

Sacr�ment fantaisistes, ces coussins !

- Qui attend de la visite ? - Seigneur !

"Ma poup�e...

"Ce soir ou jamais.

"Avec les compliments des Moissonneurs Am�ricains.

"Nous semons des graines pendant que d'autres dorment."

Il n'y a pas de femmes, dans cet h�pital ?

- Jusqu'� hier, non. - Aujourd'hui, si.

Et comment tu l'as su ?

�a m'est venu comme �a, d'un coup.

J'�tais sur ma couchette, ce matin. Je r�fl�chissais.

Il n'y avait pas un pet d'air.

Et brusquement, une petite brise s'est lev�e.

Un bon bol d'air et je me suis dit : "Pulver, il y a des femmes l�-bas !"

Doc, un truc pareil ferait rougir un bon chien de chasse !

Elles sont arriv�es hier. Des bombes ! Surtout une blonde.

Bien s�r, elle me fond dessus. D'embl�e, je lui sors le grand jeu.

"Y a-t-il une chose qui t'inciterait � m'accompagner sur le bateau ?"

Elle me dit : "Oui, une chose et une seule m'y inciterait :

"Un bon scotch bien tass�."

Je suis d�sol�, Frank.

Je t'assure. Ta premi�re mission de l'ann�e...

Je comptais la faire venir ici. J'avais sorti mes coussins.

Deux ou trois lamp�es de scotch. Ensuite...

Sans scotch, ceinture ! C'est s�r !

On va fabriquer du scotch.

On a de la ressource, dans la Navy. Frank est coinc� par ma faute.

Sortons-le de l�.

Entendu.

Frank, o� est le reste de ta bouteille d'hier ?

- C'est pas la bonne couleur. - Silence.

Couleur...

Du coca ! On en a ?

J'en ai pas vu un depuis 4 mois. Non, 5 mois !

J'avais oubli� !

Quel ton tu voudrais ?

P�le, fum� ?

Je lui ai parl� de Red Label.

Red Label ?

Il en a peut-�tre l'apparence, mais pas le go�t.

�a a quel go�t, le scotch ?

�a a le go�t de...

Tu sais � quoi �a m'a toujours fait penser ? L'iode.

Mais bien s�r !

Une goutte d'iode pour le go�t.

Fais-moi go�ter.

Un avis m�dical s'impose.

Alors ?

On est sur la bonne voie !

Il faut un petit quelque chose en plus pour l'�ge. T'as quoi, l� ?

Seltzer, bismuth, sels purgatifs, lotion capillaire...

Lotion capillaire ! C'est � base de goudron.

Une goutte de lotion capillaire pour l'�ge.

�a va assombrir le tout.

C'est bon.

On dirait du scotch.

T'as raison, il y a de �a !

Formidable ! Cette petite sotte n'y verra que du feu !

Frank, Doug et moi on a fait le scotch.

Le reste te regarde.

Elle y verra que du feu !

Vous �tes des anges !

C'est rien, Frank. Tu l'as presque m�rit�.

T'es sinc�re ? Ou tu me charries encore ?

Qu'est-ce que tu penses de moi ? Franchement.

Je t'aime bien. On peut pas dire, tu es sympathique.

- Mais... - Mais quoi ?

Je pense aussi que tu es le plus malchanceux,

le plus fain�ant,

le plus d�sorganis� et le plus lubrique des hommes que je connais.

S�rement pas !

Pas quoi ?

D�sorganis�, d�j� !

As-tu d�j� fini une chose que tu avais commenc� ?

Tu dors 16h par jour.

Tu ne finis jamais les livres que je te conseille !

J'ai fini God's Little Acre !

Il ne vient pas de moi. �a fait plus d'un an qu'il le lit.

Il souligne les passages �rotiques et ajoute des points d'exclamation.

Quand l'�rotisme est � son comble, il marque "Bien �crit".

Tu es responsable du blanchissage. Tu t'en occupes ?

J'y �tais la semaine derni�re !

- Et tu crains le capitaine ! - Faux !

Alors, pourquoi tu te caches quand il arrive ?

Je le crains pas ! Je crains juste de r�agir violemment !

Tu lui ferais quoi ? Il passe ses journ�es au lit,

me so�le avec de sombres complots visant le capitaine,

et n'a jamais rien fait.

- Rien fait ? - Non, Frank, jamais !

Et ces billes que tu devais mettre au-dessus de sa couchette

pour qu'elle le tiennent �veill� en roulant ?

Tu pousses le bouchon un peu loin.

Tu vas voir ce que tu vas voir.

Et �a, c'est quoi ?

Cinq billes.

J'en ai une sixi�me dans ma poche.

Ce qui nous fait six billes.

Je passe mes journ�es � chercher des billes !

Tu voulais savoir ce que je pense de toi ?

Le jour o� tu finiras une chose que t'as commenc�e,

le jour o� tu mettras ce plan � ex�cution

et que t'auras le cran de lui dire : "C'�tait moi, les billes".

Ce jour-l�, je te respecterai.

Ce jour-l�, je te consid�rerai comme un homme.

O� est Dolan avec ma lettre ? Je vais...

Attends, �coute.

Je la jetterais, � ta place. Tu vas avoir des ennuis

� dire "manque d'harmonie � bord".

Enfin bon, que t'aies �crit harmonie ou pas...

- O� est la lettre ? - Je sais pas.

Ben voyons !

Je voulais te parler avant que tu la signes.

Ne le fais pas, Doug. Je t'assure !

Tu serais mut� et tu te ferais zigouill� !

Doc, r�p�te-lui ce que tu me disais, qu'il �tait stupide !

C'est vrai, Doc, tu peux me le dire en face ?

Compte sur moi.

Je vais te prouver que tu es stupide.

Pourquoi avoir arr�t� la m�decine, tu pourrais sauver des vies ?

Tu t'es jamais dit que les soldats pouvaient aussi sauver des vies ?

La tienne et la mienne, par exemple. Et j'ai envie de faire comme eux.

On ne fait rien d'autre.

Tu plaisantes ?

Que �a te plaise ou non,

notre pauvre rafiot est tr�s utile.

Et c'est gr�ce � toi qu'il continue de l'�tre.

Et il se peut bien que ce soit sur ce rafiot

que tu es le plus actif dans la guerre...

Doc, arr�te-toi, on dirait Ralph Waldo Emerson.

C'est salaud de dire �a.

On est sur ce bateau parce qu'on est pas assez bons pour le combat.

Parce que nos glandes ne s�cr�tent pas assez d'adr�naline

ou parce que nos a�eux avaient peur dans le noir.

Tu veux �tre un h�ros ?

Tu comprends pas ce que je te dis !

La guerre se passe au loin et moi, je suis coinc� ici !

J'en ai marre d'�tre simple spectateur.

J'y crois et je veux me prouver que je suis � la hauteur !

A la hauteur ? Mais tu l'es !

Mais t'as pas eu l'occasion de le prouver.

La plupart du temps, l'h�ro�sme ne na�t que d'une occasion.

C'est un r�flexe.

Je pense que 75% des hommes ont ce r�flexe.

Prends n'importe lequel, m�me Frank Thurlowe Pulver,

et mets-le dans un B-29. Tu sais ce que �a donnerait ?

Non, je t'�coute.

Pulver, le m�daill� d'honneur du Congr�s.

Pulver, qui descend 23 Z�ros � lui tout seul.

Pulver qui, � mains nues, tient les ailes de son avion endommag�

et � pieds nus r�ussit � faire atterrir

son avion mortellement touch� !

R�flexe !

Comme le r�flexe rotulien.

Cogne le tendon de la rotule et t'auras un r�flexe rotulien.

Un probl�me ?

Non, rien. Mais �vite de monter dans un B-29, fiston.

T'as �t� tr�s convaincant, Doc,

mais je veux toujours me battre.

Et j'enverrai mes lettres jusqu'� ce que j'y arrive.

Je le sais bien, Doug.

Le temps presse.

Le d�tachement que j'ai vu partait

pour la derni�re grande offensive dans le Pacifique.

Je compte en �tre.

Les L.C.M. Vont accoster. M. Roberts au rapport

sur le pont imm�diatement ! M. Roberts !

Doc, tu vas offrir quoi � Doug pour son anniversaire ?

J'avais rien pr�vu.

Je vais lui prouver qu'il s'est tromp� sur mon compte.

A quoi �a te fait penser ?

A ce que c'est. Un rouleau de papier toilette vide.

�a ne ressemble pas � un p�tard, donc !

Pas du tout.

Et �a, �a ressemble pas � une amorce !

C'est un bout de ficelle.

Attends que Pulver l'ait termin�.

Mon pote mitrailleur va me trouver de la poudre et je vais...

Non, monsieur, ce sera pas un petit p�tard !

Je vais le remplir de l'explosif qui sert � faire sauter les ponts !

Le fulminate de mercure !

Et le jour de l'anniversaire de Doug, je le jetterai

sous la couchette du vieux et boum !

Capitaine, c'est moi. Enseigne Pulver !

Je viens de jeter un p�tard sous votre couchette puante !

Doug, le capitaine veut des fruits frais pour son repas.

Pr�parez-vous � subir ses foudres, Dolan lui a apport� votre lettre.

Attention, pr�t � larguer les amarres.

Vous avez mang� ?

Oui, merci, lieutenant. Vous �changez des films ?

Vous avez quoi ?

Hoot Gibson dans The Sheriff's Daughter.

D�bordez.

L.C.M. Num�ro 2 va aborder.

Chef, Corcoran s'est �vanoui.

Amenez-le ici.

Laissez-moi faire.

Doucement, mon gars.

On cr�ve de chaud, en bas. On peut enlever nos chemises ?

D'accord, enlevez-les.

Kennedy, aide Mannion et emmenez-le � l'infirmerie.

Allez, enlevez-les.

Merci, M. Roberts.

Attention ! Dowdy, installe une d�fense.

Le capitaine veut vous voir.

Dis-lui que je suis occup�.

Donne-leur un coup de main.

Attention !

Leur commande, M. Roberts.

1 tonne de conserves, 20 bleus de travail, 20 cartons de dentifrice,

250 kg de surgel�s. Fruits frais, si disponibles. On raye �a.

Ils sont en mer depuis 2 mois.

Et pas de fruits en 2 mois ?

Deux cageots d'oranges avec les f�licitations du capitaine.

Les cordages sont mis.

Montez.

Alors, monsieur...

On va r�gler �a sur-le-champ.

Vous �tes occup�, para�t-il ?

On a des soucis. Vous m'avez ordonn� de rester sur le pont.

Si je demande � vous voir, c'est sur-le-champ !

Monsieur ! Au pas de gymnastique ! Compris ?

Oui, je m'en souviendrai.

Vous avez int�r�t !

Vous essayez de me brouiller avec l'amiral, avec votre lettre ?

Non, mon capitaine.

Pourquoi parlez-vous de "manque d'harmonie � bord" ?

Parce que c'est vrai.

Tout d�saccord � bord de ce navire est de mon fait.

C'est vrai aussi.

Aucune lettre

ne quittera ce navire. Toute critique reste � bord !

Ma r�putation ne sera pas entach�e � cause d'une bafouille

�crite par un monsieur je-sais-tout !

Cela dit,

retapez-la en biffant ce "manque d'harmonie" vachard

et je l'enverrai.

Mais c'est la derni�re.

Vu ?

Tout marin peut demander sa mutation sans qu'on modifie sa requ�te.

C'est dans le code de la Navy.

Votre avis, Dolan ?

C'est bien le r�glement.

Il est cr�tin ! Jamais la marine marchande n'en tol�rerait un pareil.

La cause est entendue, j'envoie cette lettre.

Telle quelle.

Mais avec mon d�saccord,

comme toujours.

Mais une chose ne sera pas envoy�e,

c'est une lettre qui n'a pas �t� �crite.

Monsieur, je vous le dis de suite, vous n'�crirez plus rien !

Une lettre encore et vous le regretterez toute votre vie.

Vous avez une mission � remplir.

Monsieur, vous ne quitterez jamais ce navire !

Maintenant, retournez � vos fonctions !

Continuez.

Et vos chemises ?

- Capitaine... - La ferme !

R�pondez, o� sont-elles ?

Remettez-les et fissa !

D�sol�. Remettez-les.

Une petite minute !

Qui commande ce navire ?

Jamais je n'ai vu une telle insubordination !

Vous avez �t� tr�s malins, ces temps-ci,

en passant de la pommade � M. Roberts,

mais l�, vous avez �t� trop loin. Je vais vous dire une chose.

Je ne suis pas pr�s de l'oublier.

Et pour commencer, je vous colle au rapport !

Tous ceux qui ont enlev� leur chemise sont au rapport !

Vous ne pouvez pas faire �a.

Pardon ?

C'est ma faute, ils ont eu ma permission.

Vous avez d�sob�i � mes ordres ?

Merci pour les fruits frais, mon lieutenant.

Vous lui avez donn� des oranges ?

- Oui, je le crains. - 10 jours !

Je vous consigne 10 jours ! 10 jours !

Vous me relevez de mes fonctions ?

Allez dans votre cabine avant que ce soit 20 jours.

Un bateau arrive, on le prend � b�bord ou � tribord ?

Je suis relev� de mes fonctions.

Vous allez o� comme �a ?

Dans ma cabine. C'�tait 10 jours ou 20, d�j� ?

Attendez mon ordre pour y aller. Reprenez votre poste !

Peu importe ce que j'ai dit ! Ob�issez !

Qui c'est ? Qui est cet officier ?

Oui, vous. Approchez.

Vous �tes un de mes hommes ?

Rappelez-moi votre nom.

Enseigne Pulver, monsieur.

Enfin, quelqu'un sur ce bateau qui sait saluer !

Pourquoi ne se croise-t-on jamais ?

Je me pose souvent la question.

Quel poste occupez-vous ?

Responsable de la blanchisserie et du moral.

Vous �tes � bord depuis quand ?

14 mois, capitaine.

14 mois !

Et vous �tes rest� au blanchissage ?

Oui, la plupart du temps.

Vous faites du bon travail.

A une exception pr�s.

Je n'aime gu�re qu'on amidonne mon pyjama. Vous y veillerez ?

Parfait. Vous faites du bon travail.

Venez dans ma cabine un jour, nous d�nerons ensemble.

Arr�te, Doug. Arr�te ! Laisse tomber.

Quel culot il a ! Attends la semaine prochaine.

Attends un peu, je vais m'occuper de son linge !

Je vais trouver un amidon sp�cial !

Un amidon tr�s �pais, comme celui pour les blouses d'infirmi�res.

Quand Roberts a dit �a, j'ai cru que le capitaine allait tourner ch�vre !

Rien n'arr�te le vieux Roberts...

Bien jou�, M. Roberts.

Vous avez men� le capitaine par le bout du nez.

Vous r��crirez la semaine prochaine ?

Tu penses. Et ce sera moi qui l'apporterai au capitaine.

D'accord, mais vous deviez monter en grade ?

Il peut s'y opposer ?

Il s'agit de M. Roberts ! Il s'en contrefiche, d'un galon !

Vous allez en �crire une gratin�e ? On prendra du papier � l'amiante.

Il va remettre le vieux � sa place. Tu vas voir...

Tous les hommes qui n'ont pas �t� au rapport

ces trois derni�res semaines peuvent aller nager 10 mn.

Termin�.

Je suis comment ?

Je peux t'emprunter tes jumelles ?

Oui. Elles vont pas te g�ner ?

Attention !

Attention ! Une vedette va aborder.

C'est elle ! Vous approchez pas de la cabine, compris ?

Autorisation d'embarquement ? Et votre capitaine ?

- Autorisation... - Je vais le trouver.

Demande l'autorisation d'embarquer.

Autorisation accord�e. Montez.

Demande l'autorisation d'embarquer.

C'est tout, Cobinna devait se laver les cheveux. Une prochaine fois.

Visitez donc le bateau, pendant que le lieutenant et moi discutons.

Allons les saluer !

Ne les laissons pas sans protection. Par ici.

Excusez. Montez l�-dessus.

Tr�s bien. Maintenant, je vous pr�sente Doc. Et voici M. Roberts !

Pulver est officier, mais vous, quelle est votre fonction ?

Blanchissage et moral. Bienvenue � bord !

Blanchissage et moral ? Comme moi.

Doug, faites-leur la visite et racontez-leur tout �a.

J'aimerais tant, Frank, mais j'ai tellement de lessives...

Bien s�r.

Doc pourrait leur montrer l'infirmerie...

Les filles, notre m�decin !

Vous irez avec lui.

Ses cheveux gris et ses cernes ne doivent pas impressionner.

Il est tr�s aimable, et a beaucoup d'humour.

Je serais enchant� de montrer l'infirmerie � ces demoiselles.

H�las, nous n'avons pu la nettoyer depuis notre dernier combat.

Allons visiter le navire.

Retournez � l'arri�re, Dowdy.

Pardon ?

Il est nouveau.

Plus de sel, cuistot. Plus de sel !

Alors, l�-haut, on trouve...

Suivez-moi, on monte, les filles.

Alerte.

Messieurs, repos.

Voici le... et �a, c'est une mitrailleuse.

- Incroyable. - On est sur la vigie ?

Vous devez �tre les vigies. Je peux voir ?

D�sol�, c'est top-secret !

On ne peut pas vous pr�ter nos jumelles...

Je vais faire une exception pour vous.

Merci.

Stef, y a un poisson qui saute !

Une baleine !

- Quels beaux nuages ! - O� �a ?

On voit votre h�pital d'ici.

Enseigne Pulver...

C'est vrai ! On peut presque voir...

Jumelles.

On voit Cobinna, c'est s�r.

Lieutenant, nous devons rentrer

pour mettre des rideaux sur-le-champ.

Garde-�-vous !

Demi-tour, droite !

En avant, marche !

A plus tard, petit candide.

Moi qui commen�ais � savoir la manier !

Maintenant, on a plus que cette �le immonde � regarder !

N'insiste pas ! La ferme !

- Tu r�p�tes ? - La ferme ! Comment avez-vous su ?

On les a vues se laver.

Dans la lunette, M. Roberts. On les voyait toutes.

Vous l'avez entendue, elles vont mettre des rideaux.

Elles �taient jolies � regarder...

Elles ont 10 mn de trajet, il vous reste 10 mn.

C'est pas dr�le quand on sait qu'il faut se presser.

C'�tait la premi�re belle journ�e sur le rafiot !

Et c'est fini, maintenant.

Alors, vous avez peut-�tre le temps de m'�couter.

Quand il sera pr�t � naviguer, � 16h00 environ,

le A.K. Se dirigera � 10 noeuds via les points X�r�s, Yucca et Zebra

sur l'�le Elys�e qu'il atteindra en 7 jours,

o� il attendra les ordres du capitaine de port.

Pendant son escale � Elys�e,

le navire fera un usage intensif

des installations r�cr�atives de ce port.

Une permission ?

C'est vrai ?

C'est pr�cis�ment �a.

Ils devaient �tre so�ls quand ils ont d�cid� �a.

Le vieux le sait ?

- Il a lu l'ordre de mission. - C'est o�, Elys�e ?

- O� c'est, M. Roberts ? - Elys�e

est la plus grande �le des Limbes.

On dit qu'elle est le paradis de la Polyn�sie.

Vanille, sucre, cacao, caf�, copra, perles,

phosphates et rhum sont ses produits phare.

- Du rhum ! Vous entendez ? - La ferme !

Les boulevards de sa belle capitale, Elys�eville, sont orn�s de palmiers,

de beaux �difices publics et de stucs bigarr�s.

Depuis 1900, sa population se maintient � 30000 �mes.

�a changera quand on y sera !

M. Roberts, continuez.

"On y trouve moult �quipement nautique

"et le port d'Elys�e,

"qui offre un bon mouillage et des docks modernes,

"est entour� par de belles collines vertes et aur�ol�es de nuages.

"Les gens du cr� ont la r�putation d'�tre gentils et hospitaliers."

Quel beau port, pas vrai ?

On a fini par r�ussir, M. Roberts !

Vous ! Sur le pont ! D�gagez !

Boutez-moi ces cannibales hors de ce vaisseau !

Vous me la mettez ? Depuis le temps, je sais plus.

Pas de probl�me. Quel est le programme ?

Il va entrer dans le premier bar venu. Pour prendre une glace.

Je sais pas encore. J'ai un appareil photo, je vais fl�ner avec.

Lindstrom !

J'ai de bonnes nouvelles pour toi, tu peux enlever ta tenue de Perm.

Je suis de service ce soir ?

Eh oui ! M. Roberts et toi �tes de service !

Votre attention !

Et c'est reparti !

Ici, votre capitaine.

Certains hommes � bord pensent b�n�ficier d'une permission.

J'ignore d'o� vient cette rumeur

mais que les choses soient claires.

En raison du d�chargement

et des conditions de s�curit� qui m'ont �t� rapport�s,

aucune permission ne sera accord�e pendant l'escale !

Message termin� !

Entrez.

28 secondes, c'est pas mal.

Je vous attendais.

L'�quipage aura une permission quand ?

Commencez par baisser d'un ton.

Je suis le capitaine.

Quand pourront-ils d�barquer ?

Jamais.

�a n'�tait pas dans mes intentions.

Un de mes officiers a d� arranger �a avec le capitaine du port

en lui donnant une bouteille de scotch...

Le capitaine du port m'a renvoy� votre mot en me remerciant.

Asseyez-vous, M. Roberts.

J'admets �tre froiss� de ne pas avoir �t� consult�,

mais j'ai r�fl�chi et cette escale est n�cessaire.

Alors bavardons-en.

Ne vous en prenez pas aux hommes.

Vous entendez cette musique ? Ils sont d�confits !

Ils sont fragiles, croyez-moi.

Ecoutez-moi bien.

J'ai deux choses � vous montrer.

Voici une casquette de commandant.

J'entends la porter un jour et vous m'y aiderez.

C'est en partie � vous que je dois mon palmier, certes.

Ne vous montez pas la t�te,

mais quand l'amiral Finchley m'a offert ce palmier,

il m'a dit : "Vous avez un bon officier de cargo.

"Vous irez loin."

Et je me suis achet� cette casquette

et personne ne se mettra entre elle et moi.

Et surtout pas vous.

La semaine pass�e, on s'�tait entendus

pour qu'il n'y ait plus de lettres.

Je n'ai pas dit �a.

Et voil� que j'en retrouve une sur mon bureau !

Il y est question de "frictions avec l'officier en chef".

Elle ne partira pas.

Comment l'arr�terez-vous ?

Je n'en ferai rien.

C'est vous.

Vous tenez vraiment � leur permission ?

Assez pour oublier ces "frictions" ?

Assez pour ne plus jamais �crire ?

Ils ne d�barqueront qu'� cette condition.

Aujourd'hui ou n'importe quand.

Voil�, nous avons bavard�.

Qu'en pensez-vous ?

Comment avez-vous int�gr� la Navy ?

Comment pouvez-vous �tre de notre c�t� ?

Vous �tes un ignorant arrogant et ambitieux qui emprisonne 62 hommes !

Alors que vous leur devez ce palmier !

Lequel des deux je d�teste le plus ? Vous ou votre plante diabolique ?

Vous, un commandant ?

A la guerre, on en est parfois r�duit aux raclures,

mais quand m�me !

Vous �tes bon pour la cour martiale !

- �a me va tr�s bien ! - Tant mieux !

Je veux bien �tre traduit en cour martiale, j'en ai assez !

Trouvez-vous un t�moin.

Appelez votre messager, que je r�p�te tout devant lui.

Allez, appelez-le.

Je dois le faire ?

Vous �tes un malin, Roberts.

Mais les malins, c'est mon rayon !

Vous me d�bectez, vous les universitaires !

J'en vois des comme vous depuis l'�ge de 10 ans,

quand j'�tais ordonnance.

"Ordonnance, on dirait que mon ami a vomi sur la table !

"Nettoie-moi �a, tu veux ?"

Ensuite, j'�tais steward. On se prend des coups de parapluie !

"Fiston ! Dis, fiston ! Tu vas t'occuper des bagages ?"

Et j'ai support�... Pendant des ann�es !

Mais c'est bel et bien termin� !

On est en guerre, je suis capitaine. A vous d'endurer �a, pour changer !

Le pire que je puisse vous faire est de vous faire rester ici !

Et c'est ce qui se passera !

Maintenant, sortez !

La permission contre quoi ?

Vous n'�crirez plus jamais de lettres !

Et ce n'est pas tout !

Vous ne me r�pondrez plus devant l'�quipage !

Quand je vous donne un ordre, ex�cution !

C'est tout ?

Qui sait que vous �tes ici ?

Personne.

Bien.

N'en parlez jamais � qui que ce soit !

Il vaut mieux. Vous pourriez vous attribuer les honneurs...

Vous croyez que je le fais pour �a ? Que j'en parlerais ?

- Je dois en �tre s�r. - Vous avez ma parole !

Votre parole ! A l'universit�, c'est un point d'honneur !

Soit.

Votre attention ! Ici, le capitaine !

Directives au sujet de la permission !

Je vous annonce avec plaisir une permission pour les officiers...

Pour tout l'�quipage, sinon je ne marche pas. Je suis s�rieux.

Rectificatif.

Permission pour tout l'�quipage sur-le-champ !

- Je r�p�te. - Ils vous ont entendu.

Regardez-moi �a.

Ecoutez-les donc.

J'en ai des gratin�s, pour vous.

Ils marchent ?

Marcher ? Ils peuvent � peine ramper.

Ils feront de mal � personne.

Allez les gars, un coup de main.

Officier de service ?

C'est moi.

Le colonel Middleton fait ses compliments au capitaine

et l'informe que ces hommes

ont sem� la pagaille au d�ner donn� en son honneur.

Vous avez mis votre bazar chez le colonel ?

Oui, et ils nous ont mal accueillis.

C'est eux qui ont commenc� ?

Non, c'est nous qui avons commenc�.

Et qui avons fini.

Dites � M. Roberts combien de vos rigolos sont � l�h�pital !

38 soldats de l'Arm�e de terre sont hospitalis�s.

Le colonel en personne a un gros bleu sur son tibia gauche !

Ce n'est pas tout.

Il y avait des jeunes femmes.

Issues des meilleures familles d'Elys�e. Eh bien ?

Eh bien ?

Deux d'entre elles ont �t�...

malmen�es !

Une d'elles a un �il au beurre noir.

Six autres se sont fait d�shabiller et ont disparu en criant.

On est sans nouvelles d'elles. Que comptez-vous faire ?

Je suis relev� dans 15 mn. Je veux bien aller � leur recherche.

Nous nous en occuperons.

Le colonel Middleton souhaite conna�tre votre sanction.

Dites-lui que notre capitaine trouvera s�rement quelque chose.

A plus, les gars.

Qu'avez-vous � dire pour votre d�fense ?

On peut y retourner ?

Votre avis, Doc ?

Doc, votre avis ? Vous en pensez quoi ?

Un de vous a une fracture ?

Non. Rien � signaler, Doc.

Physiquement, ils sont aptes.

Allez vous laver et vous rhabiller.

On arrivera � temps pour danser !

M. Roberts, je suis rond comme une boule !

Dis-lui, toi, que je suis so�l !

M. Roberts, quand je l'ai vue, elle �tait en train de manger.

Et vous savez quoi ? J'�tais sous le charme.

Elle mangeait un petit palmier.

Allez viens, bouffe !

Une petite minute !

Comment elle s'appelle ?

Je sais pas.

Elle a une plaque.

Son nom, c'est...

"Propri�t� de".

Et son nom de famille.

Son nom de famille ?

"Vice-amiral Wentworth".

Dolan, allez vous coucher. Je m'en occupe.

D'accord, M. Roberts. Veillez � ce qu'elle mange comme il faut.

Viens, cocotte.

Kennedy, t'�tais pass� o� ?

Je prends la rel�ve.

Demande permission de d�barquer.

Lieutenant, un de vos hommes a-t-il...

Bon, la voil�.

Merci. Allez, viens. Ton papa se fait un sang d'encre.

M. Roberts,

on vous rel�ve ?

Il va arriver sous peu.

Sous peu...

T'as un air assur�.

Un air assur�, moi ?

Peut-�tre parce que c'est la 1 re fois que je vois un vrai �quipage.

Avant, tu croyais que c'�tait quoi ?

C'�tait 62 hommes d�pareill�s.

Ce qui n'a rien � voir. En une nuit, ils se retrouvent unis.

Maintenant, ils sont assez costauds pour supporter

les journ�es interminables qu'on va avoir.

J'esp�re que je le serai aussi.

Doug, pourquoi on irait pas l�-bas

profiter du travail pr�paratoire d�j� fait ?

Accordons-nous une petite permission.

Regarde-moi ce Pulver.

Alors, Frank, ta permission ?

Vous savez ce que vous avez � faire.

Officier de service ?

Ne m'en voulez pas mais j'ai dispos� mes hommes le long de votre navire.

D�sol�, mais ce navire est bloqu� jusqu'� son d�part d'Elys�e.

Le commandant de l'�le veut voir votre capitaine � 7h00 demain.

Je ne saurai lui conseiller d'�tre � l'heure.

Le commandant n'est pas tendre quand il est en col�re.

Et je ne l'ai jamais vu dans cet �tat.

Y a-t-il une raison pr�cise � cela ?

Tout � l'heure, six de vos hommes

sont entr�s en force dans la demeure du gouverneur fran�ais

et ont bombard� sa baie vitr�e d'objets divers.

On en a retrouv� quelques-uns sur la pelouse.

Un globe terrestre en bois,

une petite causeuse,

un certain nombre de livres, un buste de Balzac.

L'�crivain fran�ais.

On a aussi trouv� un soldat premi�re classe,

inconscient sur le moment.

Il pr�tend qu'ils l'ont jet�.

A travers la vitre ?

Exactement.

Il les aurait emmen�s l�-bas pour rire.

Sans leur dire de quelle maison il s'agissait.

Il leur a dit que c'�tait...

En Alabama, on appelle �a...

�a porte le m�me nom au Nebraska.

Voil�, tout y est, lieutenant.

Si �a peut vous rassurer,

l'amiral Wentworth dit que c'est le pire des navires

qu'il a vu dans toute sa carri�re dans la Navy.

Rien de cass� ?

Remonte de l�, idiot !

A quoi tu joues ?

Remonte !

J'ai oubli� ma motocyclette !

Reviens ici, Schlemmer !

On est vir�s !

Vir�s d'un port ! Du jamais vu !

Vous allez me le payer ! La passerelle. On l�ve l'ancre !

Chef, ramenez la passerelle, on est vir�s du port.

Bookser est � terre, il est pas revenu.

Ramenez la passerelle ! Et sur-le-champ ! On d�campe !

Viens, Booksie ! Cours ! Tu peux y arriver !

Je suis surpris, Bookser.

Oui, monsieur, moi aussi.

Vous l'avez connue o� ?

A une f�te de l'�glise.

Toute la nuit ?

On a march� le long de la mer. On a compt� les �toiles...

Je vous jure, monsieur, c'est tout.

Rejoignez votre poste.

Les hommes sont au rapport.

Restez l� !

J'imagine que vous �tes

tous fiers de vous.

Me faire chasser comme �a !

Mais vous allez laver mon honneur !

Dussiez-vous vous tuer � la t�che !

N'est-ce pas, M. Roberts ?

Jamais vous n'aurez transport� autant de marchandises.

N'est-ce pas, M. Roberts ?

M. Roberts veillera

� ce que vous vous teniez tous � carreau.

C'est bien �a,

n'est-ce pas ?

C'est exact.

Vous savez aussi bien que moi

que M. Roberts est un homme de parole.

Et si vous faites bien votre travail,

vous pourriez bien monter en grade.

Une petite barrette de plus au col.

�a vous plairait,

n'est-ce pas ?

�a ne vous plairait pas, Roberts ?

Oui, si vous le dites.

Je viens de vous le dire.

A vous.

Faites-les suer.

J'ai donn� un ordre !

R�pondez.

J'attends.

A vos ordres.

C'est mieux. Je pr�f�re �a.

Sortez les raclettes et grattez-moi cette rouille.

Equipe technique, a�rez la literie. Ex�cution !

Pourquoi il se laisse faire ?

"Oui, capitaine. Non, capitaine".

"A vos ordres".

Tu crois vraiment qu'il court apr�s la promotion ?

M. Roberts ? Il est fatigu�, c'est tout. Promotion...

C'est �a. Il est fatigu�.

Ecoutez-moi �a. Un billet doux de l'Etat-major.

C'est arriv� ce matin. Ouvrez bien vos oreilles.

"Avis � tous les navires. Les r�centes offensives ont cr��

"d'importants besoins en officiers exp�riment�s.

"Les officiers sup�rieurs sont invit�s � nous faire parvenir

"les demandes de leurs subalternes ayant servi 24 mois en mer."

Vous en avez fait 29. �a lui fera les pieds, au vieux.

Voil� votre lettre, tout pr�te. Y a plus qu'� signer.

Allez-y. J'attends que �a, de le voir craquer.

Il va craquer !

Allez, signez !

Je voudrais la lire, d'abord.

Pourquoi ? C'est un formulaire standard.

Assez discut� ! Je vous dis que je veux la lire.

Retournez � votre machine ou gare � vous.

Ne restez pas l� comme �a.

Du Commandement des forces alli�es en Europe.

Je r�p�te, cette annonce n'est pas officielle.

La fin de la guerre en Europe n'est pas confirm�e.

Nous attendons confirmation du commandement supr�me mais...

par ailleurs, on peut s'�tonner

que la nouvelle n'ait pas �t� d�mentie.

Tu peux �teindre ?

Doug t'a dit s'il voulait prendre du galon ?

Non ! Il ne sait m�me pas quel est son grade.

Tout ce qui l'int�resse, c'est les nouvelles du front.

Celui qui dit qu'il veut �tre promu est un sale menteur.

Qui dit �a ?

Insigna, Mannion et les autres. Je les ai entendus parler.

Par le hublot. Ils parlaient fort pour que j'entende.

Ils se doutaient que j'�tais l�. Mais lui, qu'est-ce qu'il a ?

Je sais pas. On a �chang� 10 mots en 10 jours.

Mais je finirai par savoir.

Il refuse de parler.

Je l'ai harcel� ce matin pendant qu'il se rasait.

Je lui ai dit : "Tu as besoin d'un ami. Je suis l�.

"Qu'est-ce qui se passe ? Dis-le-moi, j'arrangerai �a."

Je l'ai bien conseill�. "Garde la t�te haute".

Tout �a. Devine ce qu'il a fait.

Il est sorti, comme si j'�tais pas l�. Mais j'�tais l� !

Il fait comme tous les officiers.

On croyait que tu �coutais les nouvelles l�-haut.

Tu veux pas aller boire un caf� ?

Allons-y.

Pas moi. Vas-y, toi.

Tu veux bien sortir ? Je veux parler � Doc.

Bon, je vais prendre un caf�.

Non, je vais �couter les nouvelles du front.

Moi aussi, �a m'int�resse. A plus tard.

Fais-moi transf�rer.

A l�h�pital de l'�le. Tu peux le faire.

Sans l'accord du capitaine. Pour me faire examiner.

Dis que c'est mes yeux, mes pieds ou ma t�te. Invente.

A quoi bon ?

J'y resterais 15 jours, le navire repartirait sans moi,

et j'en aurais fini. Tu veux bien ?

Que se passe-t-il ?

Je viens de sanctionner Dolan.

Pourquoi ?

Il n'a pas ob�i assez vite � mon go�t.

Non, c'est pas vrai.

C'est la guerre. J'ai �cout� les nouvelles.

La guerre se termine et je l'ai rat�e.

Dolan m'a agac�, et soudain, je l'ai d�test�.

Lui et les autres.

S'ils me croient ambitieux, s'ils pensent que je m'abaisserais

pour plaire au capitaine, c'est une bande d'ingrats.

Ils te doivent quelque chose ?

Comment �a ?

On le croirait, � t'entendre.

Tu as raison.

Tu vois, je suis tomb� bien bas.

Je leur reproche quelque chose qui...

Qui quoi ?

Tu as fait un pacte avec le capitaine ?

Un pacte ? De quoi tu parles ?

Allume la radio !

Bulletin d'information sp�cial.

La guerre est finie en Europe.

L'Allemagne s'est rendue sans conditions aux Alli�s.

La capitulation a �t� sign�e dans une �cole de Reims.

Il y a encore quelques "accrochages" dans le Pacifique.

Je les raterai aussi.

Mais c'est un grand jour. Il faut f�ter �a. Qu'en dis-tu ?

Oui, il faut f�ter �a.

Comment ? Alcool et jus d'orange ou jus d'orange et alcool ?

Non, �a ne suffit pas !

�a ne suffit pas.

Il faut au moins de quoi faire chavirer ce rafiot.

J'ai une id�e renversante.

Quelle id�e ! Tu dis que j'ai pas de suite dans les id�es.

Tu as tort. Ce soir, je vais jusqu'au bout.

Explique-nous.

Un p�tard !

On va mettre un p�tard dans le plumard du vieux !

Debout, fumier antipatriote ! La victoire est � nous !

Est-ce que tu as d�j� vu un p�tard aussi artisanal ?

J'en ai jamais vu d'aussi beau, mais est-ce qu'il va marcher ?

Bien s�r. Enfin, je crois.

Tu ne l'as pas test� ? Il faut que �a marche !

Je vais � la blanchisserie. C'est mon labo.

Je pourrai en faire d'autres.

Fonce, on t'attend. Faut que �a p�te !

C'est de la poudre ?

De la poudre ? C'est pas un p�tard pour rire.

C'est du fulminate de mercure. Je reviens.

Du fulminate de mercure ? C'est dangereux ! C'est vrai ?

Mais non ! O� il aurait pu en trouver ?

Je ne sais pas. Il a de la ressource.

Un petit verre ?

Volontiers.

Ce type est un g�nie.

�a en valait la peine, 1 an et demi dans cette cabine.

Y a pas mieux pour f�ter la victoire.

Un p�tard dans le lit du vieux !

Tiens.

A des jours meilleurs !

Et � ce grand homme, Frank Thurlowe Pulver.

Soldat, homme d'�tat, scientifique...

Et petit ami d'une ouvri�re.

Qu'est-ce que c'est ?

Je ne sais pas, mais je vais me renseigner.

Dites, l�-haut, sur la dunette,

il y a eu un probl�me ?

C'est peut-�tre grave.

C'est sensass, ce truc-l� !

�a va aller ?

Tr�s bien. Vous auriez d� voir �a !

Tu n'es pas br�l� ?

La blanchisserie a souffert. Tu te souviens des machines ?

Elles ont travers� la pi�ce. Y a un nouveau hublot � tribord.

Perc� par le fer � repasser !

Un conduit de vapeur a d� sauter. J'avais de la mousse jusque-l�.

Des bulles de savon partout !

C'�tait absolument magnifique.

Alors ? On sait ce qui s'est pass� ?

C'est la blanchisserie. Un conduit de vapeur a d� sauter.

Des d�g�ts ?

On ne peut pas y acc�der. C'est plein de mousse partout.

Dites-leur de faire attention.

A vos ordres.

Notre petite f�te ne fait que commencer.

Il est encore t�t, on a fini nos corv�es.

Et maintenant ?

On va chercher ton mat�riel et on va choisir la bonne cible.

On va faire un autre p�tard et le mettre o� il faut.

Tout �tait � la blanchisserie. Il ne reste plus rien.

Je suis d�sol�, Doug.

C'est rien.

- Tu m'en veux ? - De quoi ?

- D'avoir g�ch� la f�te. - Mais non !

L'id�e �tait bonne, non ?

Excellente. Je suis fier de toi. �a n'a pas march�, c'est tout.

- O� tu vas ? - Sur le pont.

Attends, je t'accompagne.

Je me coucherai t�t. Ne t'en fais pas.

�a lui a fait du bien. Tu l'as entendu rire ?

Il t'a dit ce qu'il avait ?

Il n'a rien dit.

Mais je sais ce qu'il ressent. Il panique.

Ce soir, il sent que la guerre lui a �chapp�.

Je l'ai laiss� tomber.

Il voulait f�ter �a et je l'ai laiss� tomber.

Le roi et la reine doivent faire une apparition.

La foule pousse des cris de joie. Ecoutez-les.

Ses Majest�s devraient para�tre d'un instant � l'autre.

Il y a de la couleur partout. Partout, des cocardes,

des chapeaux rouges, blancs, et bleus...

C'est quoi, ces boniments � la radio ?

Je sais pas. Une histoire de majest�s.

Un conduit a saut�. Les gars sont en train de nettoyer.

Allez, te laisse pas abattre.

Allez, Dolan.

C'est quoi, ces croquettes qu'on a eues � d�ner ?

Alerte.

Bonsoir.

Vous avez vu ? La guerre est finie en Europe.

Oui, on a entendu.

Peut-�tre qu'on va s'occuper un peu plus de nous.

Dolan...

Je me suis un peu emport�.

Je m'excuse. Je retire ma sanction.

Comme vous voulez.

Bon, je vais me pieuter.

Moi aussi.

Bonne nuit.

C'est vrai qu'il est tard.

On s'entasse dans les voitures. On en a vu jusqu'�

25 dans une berline, et 10 dans une d�capotable.

Ici, les pneus roulent � plat

dans les rues de San Francisco...

L'ambiance a sacr�ment chang� � Times Square...

Nos petits gars ont remport� une victoire.

Mais � vous de faire le reste.

Vous et vous seuls devez reconna�tre nos ennemis.

Les forces de l'ambition, de la cruaut�,

de l'arrogance et de la b�tise.

Vous devez les identifier pour mieux les d�truire.

Vous devez les �radiquer comme un germe malfaisant

et les supprimer de la surface de la terre.

Alerte g�n�rale !

Officiers sur le pont !

Qu'est-ce que c'est ?

S�rement un sous-marin !

Ou une attaque a�rienne.

Laissez ce canot.

On a pas dit "quittez le navire".

Attendez-moi ! Blanchisserie au poste de canon !

Au rapport ! J'arrive. O� est le canon ?

Insigna !

Qu'est-ce que tu fais l�-haut ?

J'�tais l� l'an dernier.

O� est mon poste ?

J'en sais rien, moi. Cherche bien.

Demandez poliment o� se trouve votre poste

et voil� ce qu'on vous r�pond.

Salle des machines pr�te.

Postes de combat pr�ts.

Pas le mien.

Postes de combat pr�ts.

Bien. Qui a fait �a ?

Qui a fait �a ?

Je vais vous laisser mariner en grande tenue

jusqu'� ce que quelqu'un avoue.

C'est une insulte � l'honneur de ce navire.

L'embl�me de notre cargo vient d��tre d�truit.

Je veux savoir qui a fait �a, m�me si j'y passe la nuit !

L'embl�me de notre cargo ? C'est quoi ?

Je sais pas.

Stefanowski, trouve-toi un poste.

Le palmier a disparu. Regardez !

Le palmier n'est plus l� !

Lisez-moi la liste d'appel.

Abernathy.

Non, pas Abernathy.

Baker.

Pulver n'oserait jamais.

Continuez.

Roberts ! C'est lui.

Amenez-le-moi tout de suite !

M. Roberts au rapport

chez le capitaine, imm�diatement.

M. Roberts au rapport dans la cabine du capitaine.

Donnez-moi �a !

Montez ici tout de suite !

Magnez-vous ! C'est un ordre. Vous m'entendez, Roberts ?

�a suffit ! Magnez-vous de monter parce que cette fois,

c'est la bonne.

On va r�gler �a tout de suite. Vous m'entendez ?

Montez tout de suite !

Vous vouliez me voir ?

C'est vous qui avez fait �a. Ne mentez pas. Avouez !

Avouer quoi ? De quoi parlez-vous ?

Vous le savez tr�s bien. C'est vous !

Vous m'avez trahi. Vous n'avez pas tenu parole.

- Non, mon capitaine. - Si !

Si ! Moi, j'ai tenu parole. Je leur ai laiss� quartier libre.

Je les ai laiss�s partir,

mais vous, vous avez menti. J'avais votre parole.

J'ai tenu parole. Je n'ai plus �crit de lettres.

Qui parle de ces torchons ? Je vous parle de ce soir !

Je ne comprends pas. Qu'est-ce que j'aurais fait ?

Vous le savez bien !

Vous m'avez tir� dans le dos !

On demande le m�decin � la cabine du capitaine. Au pas de course.

O� est le vieux ?

Assis, pench� en avant.

Et le Doc ?

Il lui tient la poubelle.

La poubelle ?

Celle o� le vieux a mis la t�te.

C'est reparti !

Ils le mettent sur la couchette.

Voil�.

Il ne faut pas s'emporter comme �a, capitaine.

Vous le savez bien.

Les voil� !

On n'aura pas besoin du brancard, merci.

Dites aux hommes de retourner � leur cabine.

A plus tard.

Attention !

Retournez � vos cabines.

Bonne nuit, M. Roberts.

Bonne nuit, Reber.

J'emporte tout �a � la passerelle.

Votre bateau va arriver. Je vous pr�viendrai.

Vous n'y croyiez plus ?

J'ai l'impression de r�ver.

Tu prends l'avion ?

Je ne sais pas. On m'a dit "transfert par air, si possible".

Sans doute jusqu'� Okinawa, o� se trouve mon destroyer.

Okinawa ? Il faudra �tre prudent.

J'ai m�me obtenu un destroyer. Le Livingston.

Je connais un type qui y est. Il est pas emball�.

Tenez. J'ai tap� 3 exemplaires de la d�p�che radio.

J'en garde une, celles-ci sont pour vous.

Vous �tes officiellement relev� de ce rafiot.

Si vous permettez.

Merci. Comment �a s'est pass� ? Je n'ai pas envoy� de lettre.

Je vais vous expliquer.

A Washington, ils manquaient sacr�ment de combattants.

Ils ont repris toutes les vieilles lettres.

Je sais mais...

On va pas rester ici � jacasser. Le vieux a dit :

"S'il est pas parti dans une heure, je le jette".

- C'est tout ? - C'est tout.

Apr�s 2 ann�es de lutte, je m'attendais � mieux.

Ne laissez approcher personne � moins de 3 m�tres !

C'est quoi ?

Un nouveau jardin botanique. Vous saviez pas ?

Quand on a jet� l'ancre, il a demand� � Olsen de trouver

un nouveau palmier.

Il fait monter la garde autour de son b�b�,

avec ordre de tirer � vue.

Au fait, Pulver, le capitaine veut vous voir.

- Pourquoi ? - Je ne sais pas.

Je reviendrai vous saluer. Suivez-moi.

A tous les coups, c'est encore une histoire d'amidon.

Tu es content, non ?

Toi aussi, tu es content ?

C'est ce qu'il te fallait.

Que dis-tu de l'�quipage ?

Beaucoup de bien. C'est de braves types.

Tu crois qu'ils t'aiment bien ?

Oui, comme ils aimeront mon rempla�ant.

Et si tu comptais pour eux ?

Un officier n'est jamais indispensable.

Tu le crois vraiment ?

Je ne leur en veux pas, chacun s'occupe de ses affaires.

Alors tiens-toi bien, mon vieux.

Comment tu l'as eue, cette mutation ?

Par la pri�re et le je�ne ? Dans une pochette surprise ?

Gr�ce � une de mes lettres.

C'est l'�quipage qui l'a obtenue.

Ils s'occupent tellement d'eux-m�mes

qu'ils ont pris le risque de prendre 5 ans de prison.

Tu ne pouvais pas l'envoyer, alors ils l'ont fait pour toi.

Sachant que le capitaine ne signerait pas,

ils l'ont sign�e � sa place.

Ils ont imit� sa signature ?

Exactement.

Tu aurais d� voir �a.

Le concours de signature. Tous les hommes de l'�quipage

ont essay� d'imiter le gribouillis du capitaine.

Un jury a d�sign� le gagnant.

Sa d�cision a �t� quelque peu contest�e,

sous pr�texte que le jury �tait so�l.

Mais vu le r�sultat, le choix devait �tre le bon.

Comment tu l'as su ?

C'est un grand honneur.

Je suis le seul officier � savoir.

J'ai particip� au concours, et j'ai m�me �t� jur�.

Cet honneur m'a �t� accord� compte tenu de ma personnalit�,

de mon charme, de ma beaut�,

et aussi parce que l'infirmerie

a fourni 15 litres d'alcool de grain au concours.

Qui a gagn� ? Qui a sign� ?

Je ne peux pas le r�v�ler. Tout le monde a sign�.

Avec une seule id�e en t�te.

Faire quelque chose pour M. Roberts.

Il ne fallait pas me le dire.

J'ai l'air b�te, apr�s ce que je viens de dire.

Mais c'�tait faux.

J'avais peur de livrer mes sentiments.

Je les aime, ces gars.

Je les trouve fantastiques.

Soudain, je me dis que je fais une terrible erreur.

Que leur dire ?

Rien. Tu ne sais rien.

Une fois que tu auras rejoint ton navire,

je suis cens� t'�crire pour te le dire.

Au bas de lettre, je dois �crire :

"Merci pour la permission, M. Roberts.

"Merci pour tout."

C'est moi qui te remplace.

C'est pas tout. Je d�ne avec lui ce soir.

Il m'aime bien !

Entrez !

Qu'y a-t-il ?

Equipe de sauvetage ! Para�t qu'il y a le feu.

Non, mais entrez.

Fausse alerte. Dans ce cas, buvons un coup.

C'est quoi ? Une nouvelle gn�le ?

Dans son nouveau tonneau portatif.

Tous servis ?

Vous pouvez entrer, les gars !

Qu'est-ce que c'est ?

Ouvrez-le.

Alors ?

C'est un palmier.

C'est Dowdy qui a eu l'id�e.

Mannion l'a fabriqu�, avec de la feuille de cuivre.

Il a grav� le texte.

Il est de Stefanovski.

Booksie a fourni le ruban d'une bo�te de bonbons.

Lisez le texte.

"Ordre du..."

"Ordre du palmier.

"Au lieutenant J.G. Douglas Roberts,

"pour sa r�sistance � l'ennemi,

"envers et contre tout."

C'est gentil, mais c'est pas pour moi.

On sait, mais prenez-le quand m�me.

Bon, je le garde.

Le texte est de Stefanovski.

C'est un beau texte.

Votre bateau est l�. Ils sont press�s de repartir.

On n'a pas encore bu.

Pas encore.

Ils ont pas de gn�le comme �a, sur votre destroyer.

C'est vrai.

Au revoir, Doc.

Merci.

Au revoir, Frank.

Je compte sur toi.

Poussez-vous, les gars.

Distribution de courrier sur le pont avant.

Des journaux. Vieux de 2 mois.

Enseigne Pulver, on est priv�s de cin�ma.

Et pourquoi �a ?

Il dit qu'on fait trop de bruit, mais c'est pas vrai.

Vous irez lui parler ?

Moi ? Parler au capitaine ?

Ma m�re. Elle me dit toujours d'�viter le Japon.

Et toi, Doc ?

Ma femme a chang� le papier peint du salon.

Joli.

Alabama.

Je la lirai plus tard.

Une lettre de Doug.

Faites voir ? Vous voulez des nouvelles de M. Roberts ?

Bien s�r !

"Cher Frank,

"ce sera bref mais bon,

"car nous prenons le large dans 2 mn."

C'�tait il y a 3 semaines.

O� est-il ?

"J'avais raison sur la position de ce navire."

Il est donc pr�s d'Okinawa.

"Fornell dit..."

Ce vieux Fornell.

Mon pote Fornell avec qui je suis all� � la fac.

Regardez.

"Fornell dit que vous remplissiez sa voiture d'alcool,

"que vous vendiez � prix d'or aux �tudiants d'Iowa City."

C'est vrai.

Voyons. "La suite est pour Doc."

Lis-la. C'est pour nous deux.

"Je suis � bord depuis 2 semaines,

"et on a d�j� eu 4 attaques a�riennes.

"Me voil� enfin sur le front.

"J'ai d�j� bien rattrap� mon retard.

"Je suis content d'�tre ici. C'est ce qu'il me fallait.

"Mais je pense � toi, Doc, et � toi, Frank,

"� Dolan, � Dowdy, � Insigna et � tous les gars du rafiot.

"A tous les gars du monde qui vont

"d'ennui en apathie et vice-versa,

"en faisant un crochet par la monotonie.

"Ici, les hommes sont des durs, ils se sont bien battus.

"Mais j'ai compris que l'ennemi cach�, dans cette guerre,

"c'est l'ennui qui finit par se transformer en foi,

"une foi qui conduit droit au suicide.

"Je sais d�sormais que ceux qui refusent d'y c�der

"sont vraiment les plus forts.

"Je regarde cet objet pendu au-dessus de mon bureau,

"un ridicule morceau de cuivre

"attach� � un ruban grotesque.

"Je le pr�f�re � toutes les m�dailles de guerre.

"Il me rappelle ce dont je serai toujours le plus fier,

"qu'� une �poque o� le courage �tait la vertu premi�re,

"j'ai v�cu avec 62 hommes courageux.

"Toi, Doc, et surtout toi, Frank, ne les laissez pas tomber.

"Je pense qu'ils doivent d�j� se r�jouir

"des insomnies du capitaine � cause des billes...

"Je dois mettre cette lettre au courrier. A plus tard.

"Rien ne vous emp�che de m'�crire aussi, non ?"

Je peux la voir ?

Tiens, une de Fornell.

"Je la pr�f�re � toutes les m�dailles de guerre."

Content qu'il ait compris �a.

Qu'y a-t-il ?

Alors ?

M. Roberts est mort.

C'est Fornell.

Ils ont pris un avion kamikaze qui a tout travers�

et qui a tu� Doug

et un autre officier, dans le vestiaire.

Ils �taient en train de boire un caf�.

Du caf�...

Je peux la garder ?

Je l'afficherai pour l'�quipage.

Affichez plut�t celle-ci.

C'est � eux.

Qui est l� ?

C'est moi, enseigne Pulver !

Je viens de balancer votre sale palmier � la mer.

Qui a dit "pas de cin�ma ce soir" ?

Adaptation : Guillaume TRICOT.

Sous-titrage vid�o : C.M.C.

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