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Original subtitles

Je m'appelle Allison MacKenzie.

A ma naissance, ni calendrier ni pendule ne mesuraient le temps.

C'�taient les saisons.

L'�t� contentait les gens.

L'automne �tait la saison douce-am�re.

Regrets du pass� et de ce qui n'a pas eu lieu.

Puis venait l'hiver,

et son cort�ge de frissons.

Il nous ratatinait le nez et l'orgueil.

On se r�chauffait � la chaleur des souvenirs et des d�sirs.

Le printemps �tait une promesse.

La cinqui�me saison �tait celle des amours.

Seules les plus chanceuses savaient la d�nicher.

La di rection de Peyton Place?

Tout droit pendant 3 km, et vous y arriverez.

Merci.

Lucas m'a vol�

pour aller picoler. Toutes mes �conomies pour mes cours.

Ne pars pas, Paul, toi, mon fils a�n�!

M�me toi, il te brutalise.

Quand il a bu.

Comme tous les jours.

Pourquoi l'avoir �pous�?

Quand ton papa est mort, il vous a fallu un autre p�re.

Il fait ce qu'il peut pour �tre bon.

- Au revoir, M'man. - Paul!

Ne me demande pas de rester.

Toutes mes �conomies. �a ne fait pas lourd.

Paul, je ferai des heures.

Je trouverai un emploi. Je te rembourserai. Ne pars pas.

Je regrette qu'on se soit disput�s.

�a ne se reproduira plus, parole!

Il reviendra. Un peu de patience. Tu le reverras.

Je te promets d'essayer de ne plus boire.

Selena,

je te promets de lutter, de faire un effort sur moi-m�me.

NEUTRALITE MENACEE ROOSEVEL TMETHITLER EN GARDE

Bonjour.

Deux oeufs au plat et un caf�.

Puis-je me raser quelque part?

A c�t�.

Vous vendez quoi?

Rien.

Je vous ai pris pour un VRP.

Non, je viens chercher du travail.

J'aurais d� m'en douter.

Les Tissages ont re�u des commandes du gouvernement.

�a va attirer du monde.

O� sont les ateliers?

Direction la rivi�re, puis � droite.

�a vous plaira pas.

- Bonjour, Mme Mackenzie. - Bonjour, Nellie.

Paul est parti, ce matin.

Parti o�?

Il veut quitter cette ville et faire son chemin.

Il refuse de travailler aux ateliers. Il veut voir du pays.

- Qui veut voir du pays? - Paul.

Pourquoi mets-tu de la musique de si bonne heure?

C'est de la bonne.

Il faut se cultiver en mangeant.

Comment Selena a-t-elle pris le d�part de Paul?

Plut�t bien. Mais ce n'est pas une m�re.

Voir du pays, �a me plairait. Une aventure � Venise ou Hong Kong.

Ne mange pas si vite!

Il faut bien. On offre un cadeau � Mlle Thornton.

J'ai �crit un la�us que Rodney Harrington doit lire.

En quel honneur?

On va avoir un nouveau principal.

Mlle Thornton?

Elle le m�rite bien. Je passerai au magasin, ce soir.

Salut, papa.

Je te trouve ridicule

de faire �a.

Quoi? De saluer mon p�re?

C'est une photo!

C'est peut-�tre b�te,

mais il est avec nous.

Tu l'as � peine connu.

J'y peux rien. Il est mort, j'avais 2 ans.

Je t'assure qu'il me manque.

En tant que p�re?

Oui, maman. Ce serait bien si tu avais des amis

ou si tu te remariais.

Assez parl� de p�res, d'�poux et de mariage.

Il te manque plus que je ne pensais.

Pardon, maman.

Je vais �tre en retard.

J'ai oubli� le la�us.

A la niche!

Merci, Norman.

Tout va de travers.

Si tu te pressais pas tant...

Ted apporte le cadeau!

Voil� le discours.

- Tout �a � apprendre? - Lis-le.

Elle arrive!

Mlle Thornton arrive!

Les �l�ves de la classe m'ont charg� de vous lire ceci

et de vous remettre ce cadeau.

On a tous inscrit nos noms sur ce dictionnaire.

Nos mots ne suffisant pas � exprimer nos sentiments pour vous

et pour votre enseignement, nous avons d�cid�

de vous les offrir tous.

Si nous vous perdons, vous y gagnez :

vous serez nomm�e principal.

Pour ne pas oublier,

reportez-vous aux mots " amour", " amiti� ", " souvenir",

qui expriment nos sentiments.

C'est le plus beau jour de ma vie.

Un autre mot figure l�-dedans :

le mot "gratitude".

Remise de vos dipl�mes.

J'aimerais entendre le d�l�gu� de classe, Ted Carter.

Tous les comit�s ont �t� form�s

et s'ils font leur boulot, tout devrait bien se passer.

La parole � Selena Cross.

Les programmes sont imprim�s.

On a lou� les bonnets et les toges.

Une r�ception est pr�vue dehors.

L'album de classe, Allison MacKenzie.

Les exemplaires sont pr�ts, mais l'imprimeur attend les photos.

Dernier d�lai mercredi. Sinon, vous n'y figurerez pas.

A vous, Betty Anderson.

Tous doivent participer aux d�corations.

Les billets seront vendus une semaine � l'avance.

Tout flirt est interdit dans le parking.

Ou ailleurs, que ce soit clair.

Mais Elsie Thornton m�rite d'�tre principal.

Elle nous a consacr� sa vie. Reconnaissons-le.

Moi, j'estime qu'elle devrait �tre � la retraite.

Je ne vous suis pas. J'approuve le docteur Swain.

Mlle Thornton est quasiment s�nile.

Elle se bourre de somnif�res. Vous voulez une principale drogu�e?

Je vous en prescris aussi, des m�dicaments, chaque ann�e.

Quant � son grand �ge,

- elle est du n�tre. - J'ai 36 ans!

Vous en avez 45.

Vous �tes n�e en 1896.

Il nous faut quelqu'un de jeune. Ce candidat nous est recommand�.

Il ne sera pas trop gourmand.

M. Harrington, il attend.

�a nous fait une belle jambe.

Faites-le entrer.

Entrez donc, M. Rossi.

- Harrington. - Enchant�.

Le conseil : M. et Mme Partridge.

Il est avocat.

Le Dr Swain et Seth Boswell,

directeur du journal local.

M. Rossi, voil� la situation.

Nous offrons ce poste � un homme qualifi�

pour cinq ans minimum.

M. Rossi est dipl�m� de l'universit� de Pennsylvanie.

Il a une ma�trise de lettres.

C'est un sportif. Il est c�libataire.

Il fait l'affaire. Je n'ai rien oubli�?

J'ai travaill� sur un chantier.

Un professeur, comment se fait-il?

J'�tais trop mal pay�.

Ici, ce sera 3.000 $ par an.

Nous perdons notre temps.

C'est 5 $ de plus que mon salaire de prof.

Mais vous avez la s�curit�. Un contrat � long terme.

La mis�re garantie n'est pas la s�curit�.

Je veux 5000$ et 10% de mieux la 2e ann�e.

Impossible.

Vous payez vos contrema�tres 200$ par semaine.

Ils fabriquent des biens qui rapportent de l'argent.

Soyez r�aliste.

Pour vous, comme l'�ducation ne se voit pas, elle est sans valeur.

Les choses qu'on ne voit pas

sont les plus importantes : �a s'appelle les id�es.

Merci de m'avoir re�u.

Pour 5.000, vous occuperiez-vous du basket et du football?

Pas question.

Si vous sous-payez votre principal,

de quel droit envoyer vos enfants � l'�cole?

M. Rossi!

La bataille est perdue d'avance.

M. Rossi, parlons franc...

En d'autres mots, l'histoire de la race

se r�p�te chez l'individu.

- Une note du conseil. - Merci.

Le conseil d'administration du lyc�e de Peyton place

vient de nommer un nouveau principal...

M. Michael Rossi.

Qui?

T�chez de lui manifester

le m�me respect et le m�me attachement qu'� son pr�d�cesseur.

Fin du cours.

D�sol�e, Mademoiselle.

Vous auriez d� �tre nomm�e. Vous le m�ritiez.

On n'a pas toujours ce qu'on m�rite.

Souvenez-vous-en.

Ce que vous ambitionnez, obtenez-le. N'attendez pas qu'on vous le donne.

A pr�sent, j'ai du travail...

A plus tard, Al.

- Nous y voici. - Beau b�timent.

�a doit �tre le nouveau principal.

Ils vous ont g�t�e, pas vrai?

Comme tous les autres, ma foi.

Vous avez bu?

Tuez-vous � la t�che, c'est un autre qui en profitera.

Vous �tes ivre!

Vous cachiez votre bouteille � la cave.

Je vous interdis de l'amener en classe!

Vous devriez leur apprendre la bouteille

plut�t que l'alg�bre.

Vous divaguez!

Sans blague?

J'ai pass� 4 ans dans cette classe.

J'�tais assis l�!

L'important, je l'ai pas appris ici.

Vous n'avez pas travaill�. Sinon, vous auriez appris.

Dites �a � ma femme qui fait des m�nages.

A moi qui nettoie les gogues pour vivre!

Aux ouvriers endett�s!

�a suffit.

Si vous aviez �tudi�, vous auriez une vie intelligente!

Personne ne vit intelligemment, ici. Personne!

C'est faux!

Tr�s bien.

Qui est sorti d'ici avec des dipl�mes? Qui?

Personne.

Ce que je vais vous dire, vous pourrez l'enseigner.

Sit�t sorti d'ici, c'est la loi de la jungle!

Faut ramper devant les riches pour avoir du boulot!

Moi, je refuse. Pas question!

C'est pour �a que je lave les vitres et que je vide les cendres.

J'avais pas d'ambition.

Shakespeare m'a pas �mu plus que Washington.

Vous n'avez fait aucun effort.

Elsie, je vous pr�sente M. Rossi. Mlle Thornton.

Bienvenue � Peyton Place.

Notre agent de service, Lucas Cross.

J'ai les mains sales.

Je vais faire l'autre classe.

Il boit?

Il est d��u pour moi. Sa loyaut� passe avant la raison.

C'est pourquoi je suis venu. Vous deviez �tre le principal.

Ne vous en faites pas, M. Rossi. C'�tait trop tard pour moi.

Nous collaborerons.

Bien s�r. Vous devez avoir

un tas d'id�es nouvelles?

Non, je suis plut�t de la vieille �cole, en fait.

J'ai deux r�gles :

enseigner la v�rit� dans la mesure o� on la conna�t.

On ne doit pas pr�senter la vie comme un conte de f�es.

Il faut �tre arm� pour affronter la vie.

Bon principe.

Asseyons-nous.

R�gle num�ro 2 :

enseigner un minimum de faits et un maximum d'id�es.

Qu'on apprenne � r�fl�chir, pas seulement � m�moriser.

Si la guerre survient,

on ne se battra pas pour des dates, mais pour des id�aux.

Vos principes me plaisent.

Peyton Place a de la chance.

Merci, Mlle Thornton.

Je ne sais pas ce que Betty fabrique. Dis-lui de se presser.

Maman, Mlle Thornton n'a pas �t� nomm�e.

Je sais. Betty et Margie me l'ont dit.

Apr�s le cadeau et le discours, c'�tait tragique pour elle.

Elle s'en remettra.

Fini, le lyc�e. Je n'aurais pas affaire au nouveau.

- A ce propos, Mme MacKenzie. - Oui, Selena?

Maman aurait besoin d'une robe.

Pouvez-vous m'avancer la somme? L'an prochain, je vous rembourserai.

Il t'en faut une aussi.

Je peux m'arranger.

P�ques arrive. J'aurai besoin d'un coup de main,

les apr�s-midi et le samedi.

Tr�s volontiers.

Parfait.

- Je peux en acheter deux? - Oui.

Allison et vous, �tes de vraies amies!

Trime avec maman, tu changeras d'avis!

Rodney est l�.

Tant mieux. Qu'il attende!

On va t'arr�ter, dans cette tenue.

On va me draguer.

La femme doit �tre un myst�re.

- Elle fait vieux? - C'est toi qui es trop jeune.

On va te juger bien audacieuse.

Ce n'est pas l'avis des autres qui avancera mes affaires.

On me juge audacieuse? Je le serai. A moi le gros lot!

Pour les hommes, les formes comptent plus que la t�te.

Un d�collet� plongeant, c'est plus efficace

que l'encyclop�die universelle.

Allison, tu peux venir m'aider?

Bien s�r. Je reviens.

Rodney aimera?

Pour ta f�te d'anniversaire,

je ne veux pas que tu invites Betty.

Autant tout annuler.

Sans Betty, pas de Rodney.

Peu importe.

Sans Rodney, personne ne voudra venir.

Pourquoi t'enticher de Betty?

Sa mentalit� me d�pla�t...

Tu es la seule parfaite � Peyton Place.

17 anniversaires entre nous. Le 18e pourrait-il �tre le mien?

Allison! Et Betty, alors?

Salut, Norman.

Qu'est-ce que tu as?

Toujours la m�me chose.

Les adultes se comportent comme des enfants.

Je t'accompagne chez toi?

Tu vas te mettre en retard.

Ta m�re n'appr�cierait pas?

Allez, viens, quoi!

Pass� l'apr�s-midi � la biblioth�que?

C'est pas lassant, tous les jours?

Pourquoi y vas-tu, alors?

J'aime les livres. Et on y est bien pour travailler.

O� voudrais-tu que j'aille, � part chez moi?

Au bord de la rivi�re, dans le jardin public,

ou encore dans les bois.

Impossible.

Il �tait bien, ton discours pour Mlle Thornton.

Je le regrette � pr�sent.

Pourquoi ne l'as-tu pas lu plut�t que Rodney?

J'avais peur de pleurer.

Quand je pense qu'elle n'a pas eu ce poste!

Tu deviendras peut-�tre un grand �crivain.

J'aimerais tant!

Chaque fois que je touche un livre, que je lis une histoire,

ou que j'ouvre un dictionnaire,

en moi, quelque chose s'�meut.

Mon coeur bat plus fort, mon estomac se serre.

Je ressens ce qu'on �prouve quand on est amoureux.

Je ne l'ai jamais �t�, bien s�r.

J'aimerais tant savoir ce que je voudrais faire!

Tu as bien une id�e?

J'ai tout envisag�, mais rien ne me dit.

Je prendrai ma retraite � 18 ans!

Norman, tu en as mis du temps!

Bonjour, Mme Page.

- Au revoir, Norman. - Attends.

J'ai pas envie de rentrer.

Comment? Rentrer chez toi te fait horreur?

Arrive un peu.

Merci d'�tre venue.

�a m'a fait plaisir.

Je peux marcher?

Oui, c'est sec. Ta m�re veut que tu l'appelles.

�a me dit trop rien.

Encore une dispute?

M�me combat. On entame un nouveau round.

Toi qui as �t� fille et m�re,

quel est le pire?

- Etre m�re. - Pourquoi?

On fait pr�cis�ment ce qu'on d�testait que nos parents fassent.

Tr�s int�ressant...

Personne ne comprend qu'on doit laisser les jeunes en paix?

Les sentiments priment la raison.

Quand les enfants naissent, on se fait du souci,

on fonde des espoirs...

Faut que j'y aille.

Au revoir, Nellie.

Maman!

J'ai r�fl�chi. Tu peux inviter qui tu veux � ton anniversaire.

Je te remercie, Maman!

Je vais rentrer bient�t.

Le 2676 J, s'il vous pla�t.

Fais attention o� tu vas.

Merci.

Moi, je suis preneur. H�, j'en veux!

- Un sandwich? - Non, merci.

Joyeux anniversaire!

�a va?

- O� est Ted Carter? - Ici.

Musique de plouc. Faut que �a swingue!

C'est des bons disques.

- J'ai apport� du gui. - Du gui?

Accroche-moi �a.

- Si j'embrasse Betty. - Attention les filles!

Du gui? No�l est dans 8 mois!

Pour embrasser, j'attends pas.

- Il y a � boire? - Ici, Rodney.

�a manque d'alcool.

Tu l'as dit.

Ma m�re va r�ler.

Elle est l�?

Non, elle est au cin�ma.

Vas-y, verse.

Je lui ai promis que non.

On est l� pour rigoler.

Je vais pas me battre.

Je regrette.

Tant pis. Y a d'autres fa�ons de s'amuser.

Premi�re chose,

une ambiance plus intime.

Y a que toi pour y penser!

Bonsoir.

Bonsoir, docteur.

Un caf�.

Qui est-ce?

Mme MacKenzie. Boutique de mode.

Elle a une fille en terminale, Allison.

- Belle femme. - Elle est veuve.

N�e ici. Mais elle avait des ambitions.

Elle a �pous� un g�nie de la pub. A sa mort, elle est revenue.

- Pr�sentez-moi. - Gare � vous!

Votre caf�.

Je vous pr�sente M. Rossi, le nouveau principal.

Bonsoir.

Ma fille me parle de vous tous les jours.

Vous finissez bien tard.

J'�tais au cin�ma. Allison f�te son anniversaire.

Votre fille a des projets?

Elle veut �tre �crivain.

Dommage qu'elle n'ait ni fr�re ni soeur.

Pourquoi?

Je suis contre les enfants uniques.

Trop choy�s par leurs parents, en bien comme en mal.

Allison s'en sort bien.

Pour elle, la vie ne fait que commencer.

Un peu tard pour avoir d'autres enfants.

Je crois que vous auriez pu.

Heureusement que je vous aime bien...

Vous me proposez le mariage?

Pour vous, docteur.

J'�coute.

Entendu, j'arrive.

Quand on parle d'enfants... Mme Runkle est en travail.

A plus tard.

Le docteur ne parle que de b�b�s.

C'est son fonds de commerce.

Il y a pire.

A l'�cole, on apprend l'anglais et les maths.

Mais pas la mati�re essentielle.

Leur apprendre � faire des b�b�s?

En th�orie, du moins. Je vais cr�er un cours d'�ducation sexuelle.

Et les parents?

Pas un sur dix ne s'en charge, figurez-vous.

Le sexe est tabou.

Il devrait l'�tre � l'�cole.

Reste la banquette arri�re?

Le mariage leur apprendra.

Bonsoir.

Le docteur casse les prix pour les refroidissements.

Laisse-toi faire.

En voil� un anniversaire!

On a �teint pour voir ce que �a donnait.

Quel toupet! Sortez imm�diatement.

Tous!

Je l'ai surprise sous le gui...

Veuillez sortir!

Joyeux anniversaire, Allison.

Sors de l�!

Sors de l�, je te dis!

Avec Betty, c'�tait forc�!

Tu faisais l'amour avec Rodney!

On s'embrassait, c'est tout.

Vous aviez tout �teint...

�a se pelotait!

Tout le monde a voulu danser dans le noir.

Et pas moyen de...

Tout le monde fait �a,

d'�teindre.

Pourquoi singer les autres?

Tu devrais te distinguer!

Je suis n�e ici. Pourquoi me distinguer?

Ici, la vulgarit� domine.

Chacun veut tirer l'autre vers le bas.

A toi la perfection.

Moi, je veux de l'air.

Je veux �tre moi-m�me, m'amuser, avoir des amis.

S�duire, pas en imposer.

S�duire? Te laisser tripoter par un m�le qui n'a que �a en t�te!

Pourquoi tu salis tout? M�me embrasser, �a s'apprend.

Et les rapports sexuels, �a s'apprend aussi?

Comme si j'y avais jamais song�!

Je ne veux pas que tu aies mauvaise r�putation.

C'est d�j� fait.

Tu tomberas amoureuse, tu �pouseras un homme qui te respectera.

Je veux que tu sois digne...

Tu veux! Tu veux!

Tu ne sais dire que �a?

Si un homme le voulait, je deviendrais

sa ma�tresse!

Ne redis jamais �a!

Je ne sais pas ce qui m'a pris.

Je ne sais pas.

Qui aime Dieu aime aussi ceux qu'll aime

Bonjour, Ellen. Comment va ma Judy?

Bonjour, Joey.

Selena ne va pas tarder.

Viens voir mon nouvel agneau.

Avec grand plaisir.

Qu'ils sont mignons!

Je t'ai pas montr� mon l�zard.

Je le garde dans une bo�te.

J'ai fait des trous pour qu'il puisse respirer.

Il s'appelle Pocahontas.

Jadis, c'�tait pas l'homme qui faisait la cuisine.

Maman travaille et je suis en retard.

Tu te baguenaudes! Je me d�shabille et je me rhabille.

- Je me baguenaude pas. - Si!

T'aimes �a, te montrer.

Pas du tout!

On vit dans une masure, mais on n'est pas des porcs.

Il y a une poubelle.

�a va, �a va.

Si tu ne le fais pas, ce sera une autre.

Tu pourrais sortir les ordures aussi.

Tu pr�f�res faire le porc?

Tu te prends pour le gouvernement?

Bas les pattes!

L�che-la! Ne la touche plus jamais!

Une petite dispute familiale.

Je peux plus lui donner la fess�e.

C'est ma faute. Je l'ai rendu enrag�.

Toutes les familles se disputent. Mais c'est vite oubli�.

Norman, viens voir.

Il y a un endroit que je voudrais te montrer.

Personne ne le conna�t.

Pas m�me toi. C'est mon lieu secret.

Je connais les alentours comme ma poche.

Pas cet endroit-l�. Viens.

Tu as raison. Je ne connaissais pas ce coin.

Personne ne le conna�t, sauf moi.

Dieu et toi, maintenant.

C'est superbe!

J'ai d�cid� que c'�tait la derni�re fois que j'y venais.

Pourquoi?

A quelqu'un d'autre de le d�couvrir.

Tes enfants, peut-�tre?

Je ne me marierai pas. J'aurai des amants.

O� est le mal?

Pas d'enfants malheureux. Nul ne souffre, sauf moi peut-�tre.

C'est la pire des pseudo-solutions.

O� tu as pris �a?

Dans un livre.

Lequel?

Un livre que j'ai command�.

1 $ 98, livr� sous enveloppe ordinaire.

Oui, sous enveloppe.

C'est un livre sur le mariage et sur le sexe.

Je l'ai retir� poste restante.

Il m'a fallu 15 jours pour me d�cider.

Pour moi, c'�tait le seul moyen de savoir.

Tu sais quoi? J'ai command� le m�me genre,

sous enveloppe ordinaire.

- Poste restante. - Le m�me?

Je l'ai lu de A � Z.

C'est un tissu d'absurdit�s r�trogrades.

Le tien est peut-�tre mieux. On �change?

�a me g�nerait trop.

C'est bien l� ton probl�me.

Tout te g�ne et tout t'effraie.

Je sais.

On n'aurait pas d� parler de �a.

Ecoute.

Sache que les filles veulent faire les m�mes choses que les gar�ons.

Encore faut-il savoir comment. On pourrait s'entraider.

Tu veux dire...

Non, ne te m�prends pas.

Ce que je veux, c'est une discussion intelligente,

une affection entre gar�on et fille.

Rien de plus.

Ici, tout le monde se cache sous une enveloppe ordinaire.

Toi, tu as peur.

Tu ne m'as m�me pas invit�e � danser.

J'aurais bien voulu... mais je n'ai invit� personne.

�a m'est impossible.

Pourquoi?

Ma m�re...

Ta m�re!

Elle ne me l'a pas d�fendu,

mais elle est jalouse de tous ceux avec qui je passe mon temps.

Tu ne la connais pas!

C'est pas toi qui vis avec.

Mais c'est ma m�re.

Qu'est-ce que je peux y faire?

Tu peux t'arr�ter l�, tu sais.

Je dois me confier � quelqu'un.

Elle refuse que j'aie des amis.

Elle m'oblige � lui r�p�ter que je l'aime.

Elle a peur de mourir seule, � l'hospice.

Quant au mariage...

c'est le malheur assur�. Une femme, c'est des ennuis.

Je peux pas y croire!

Personne ne le croirait.

Tu vois pourquoi je d�teste rentrer,

je vis � la biblioth�que,

je ne danse pas, je n'embrasse pas et je ne regarde personne en face.

Je suis une poule mouill�e et un l�che.

Non, c'est faux, Norman.

Personne ici n'a song� � te donner ta chance.

N'aie pas peur des filles.

Je ne sais pas ce que je peux y faire.

- Moi, je sais. - Quoi?

Commence par moi.

Je te prouverai que ta m�re a tort.

Veux-tu m'embrasser?

Impossible.

Mais si, tu peux.

Embrasse-moi.

Pas de quoi pavoiser. Ce n'est que mon second baiser.

Je ne vaux pas Rodney, hein?

Non.

J'aurais d� t�l�phoner, mais je passais...

Aucune importance.

J'ai un message pour Allison.

Elle et Selena sont chez Kathy Ellsworth.

Bon pr�texte pour causer un peu.

Puis-je entrer?

Bien s�r.

Charmant, chez vous.

Entrez donc.

Tout le confort... de bons livres,

des tableaux.

A l'h�tel, c'est sommaire.

Un miroir pour me raser, un lavabo,

une penderie et c'est tout.

- Trouvez-vous une maison. - J'essaie.

J'ai ma chambre

que je fuis apr�s le d�ner.

Que vouliez-vous me dire?

Je vous l'ai dit, mais vous n'�coutiez pas.

Votre mari?

A sa mort, Allison avait 2 ans.

Et voil� Allison.

Il y a quelques ann�es.

Elle a chang� depuis.

Allison a �t� choisie

comme oratrice.

Formidable. Elle sera ravie. Je le suis aussi.

Une fille intelligente et sensible. Vous devriez �tre fi�re.

Je le suis.

Voil� pourquoi je suis venu.

Bonsoir, Mme MacKenzie.

Vous �tes bien seul, ici.

Ce n'est pas la pire des choses.

Vraiment?

On apprend � vivre seul. On finit par s'y faire.

Il y a peut-�tre mieux quand m�me.

Mieux?

C'est-�-dire?

Se rencontrer, se voir, se parler.

A Peyton Place,

deux personnes, c'est une conspiration.

Se voir, c'est se compromettre. Lier connaissance,

c'est un scandale.

Vous �tes dure pour eux et vous.

Je me sens tr�s bien comme je suis.

Que ferez-vous ce soir?

- Shampooing? Lecture? Cin�ma? - �a fait passer le temps.

Le temps est fait pour qu'on l'emploie.

Par o� commencer?

Par le commencement. Par sortir.

On a besoin de dames pour le bal de fin d'ann�e.

Vous viendrez?

Avec plaisir.

Parfait.

Bonne nuit... et merci.

Le p�re de Betty m'a harponn�.

Pourquoi?

Il veut savoir quand tu �pouseras Betty.

Ce n'est pas pr�vu.

Hors de question de toute fa�on!

Lui est bon contrema�tre, sa fille, bonsoir!

Je t'approuve.

Cesse de la voir.

Impossible. Je l'ai invit�e au bal de fin d'ann�e.

Annule.

Je ne peux pas, voyons.

Tu le feras. Tu t'imagines �pouser cette tra�n�e?

Tu �pouseras quelqu'un du m�me milieu que toi.

Vas-y, annule.

- Tu veux ma mort? - Appelle!

- Je t'en prie! - Appelle-la!

Passez-moi le 1042 W.

Que tu veuilles la voir, soit. Mais pas en public.

Tu m'as compris?

Personne te contredit.

J'�pouserai une Bostonienne frigide et j'aurai des ma�tresses.

Tel p�re, tel fils.

Mais ce bal, c'est important.

Tu veux une nouvelle voiture, non?

All�, Betty? C'est moi, Rodney.

Ecoute, Betty, c'est affreux... Je ne sais par o� commencer.

Dis-lui.

Pour le bal, on annule tout.

Elle a raccroch�. J'ai l'air fin, moi.

- Prends-en une autre. - Qui?

Allison Mackenzie.

Sa m�re m'a chass� pour un petit baiser.

Je lui parlerai. Allison a des qualit�s.

La qualit�, �a va pour la laine. Pour sortir, c'est la barbe.

Tu danses tr�s bien, dis-moi.

Tu cherches quelqu'un?

Apr�s le bal, on sort quelque part? D'accord.

Pas possible!

- Un autre. - Non, merci.

Puis-je vous inviter, Madame?

�a fait si longtemps. Je vous d�cevrais.

Danser ne s'oublie pas.

J'ai promis cette danse � Betty. �a ne t'ennuie pas?

Si tu lui as promis.

A tout de suite.

Tu as vu ta m�re avec M. Rossi?

Non, je ne l'ai pas vue danser.

L�-bas.

Ils font un beau couple.

Tu trouves?

Danse avec moi.

Comment faire?

Fais un effort.

- O� va-t-on? - Tu verras.

Tu as une nouvelle voiture?

Ouais. Vas-y, grimpe.

Elle est magnifique!

On peut pas �tre plus proches l'un de l'autre.

- On va o�? - Nulle part.

Toi, je t'en veux.

Voyons, ch�rie.

- Tu veux m'embrasser? - Si je veux?

Fort comment?

Dis-le!

Plus que n'importe qui au monde!

Mille fois sans m'arr�ter.

Parfait. Je t'accorde un baiser.

Que va dire Allison?

Pourquoi me parler d'elle maintenant?

Un seul baiser, j'ai dit.

C'est mon p�re qui m'a forc� � t'appeler.

Tu es mieux avec moi?

Mieux comment?

Mieux qu'avec n'importe qui. Tu es celle que je pr�f�re, Betty.

Encore un baiser.

Tu veux me faire l'amour?

Va faire l'amour � Allison!

Essaie donc avec ta cavali�re!

Moi, je sors avec des hommes.

Pas des fils � papa.

Mesdames, Messieurs, les �l�ves et les enseignants

du lyc�e de Peyton Place...

ont coutume

de terminer le bal en chantant Ce n'est qu'un au revoir.

Dans la mesure o� je suis nouveau ici,

mieux vaut que ce chant soit dirig�

par Mlle Thornton.

Merci, M. Rossi.

Nous sommes une ville modeste, perdue sur une carte immense.

Le lyc�e de Peyton Place n'est pas une c�l�brit� mondiale.

Mais il vous aura marqu� pour toujours.

Servez-le en lui rendant hommage.

Revenez le voir chaque fois que vous pourrez.

A pr�sent, formons un cercle. Donnons-nous tous la main.

C'est curieux, une �cole si calme.

Oui, comme si elle dormait apr�s son intense activit� diurne.

Vous y travaillez?

Le soir, souvent. Enseigner exige beaucoup de pr�parations.

Un peu comme si...

Comme si tous ces enfants �taient les miens.

C'est plus qu'un m�tier, pour vous?

Je vais passer pour un id�aliste!

Il n'y pas de mal � �a.

Connie...

Merci d'�tre venue, ce soir.

Ne me remerciez pas. C'�tait un plaisir.

Y compris la... danse?

Y compris.

Vous perdez votre temps.

J'ai aim� mon mari, il y a longtemps.

Apr�s sa mort, je suis revenue ici.

Mon temps, je l'ai partag� entre Allison et le magasin.

Vous en avez, � pr�sent.

C'est trop tard.

Trop tard, je vous dis.

J'ai fait mon choix,

il y a longtemps.

Raccompagnez-moi.

Certainement.

Selena, si on se mariait?

Tout de suite?

Je peux travailler � plein temps.

Mais l'universit�? Tes �tudes de droit?

Un r�ve impossible. Mon p�re ne gagne pas assez.

Il n'est pas le seul!

Tout le monde n'est pas fils de milliardaire!

Ne t'emballe pas.

Tu as toujours voulu �tre avocat. Alors, fonce.

Ne te d�robe pas au premier obstacle.

C'est le plus gros : l'argent.

Surmonte-le.

Le reste deviendra facile.

Tu sais le temps qu'il faut pour �tre avocat?

Qu'est-ce que �a change? C'est ce que tu veux faire.

Ce que je veux, c'est t'�pouser. C'est maintenant ou jamais.

La seule famille que j'aurai sera aussi la tienne.

J'attendrai. Peu importe le temps que �a prendra.

Une cr�ature de r�ve.

O� sont maman et Joey?

Si on buvait un coup pour f�ter ton passage?

O� sont-ils?

Partis servir chez Harrington.

Buvons un coup.

Tu pr�f�res te faire b�coter dans le noir par Ted Carter?

Je vais me coucher.

Je vais t'apprendre, moi!

Lucas, l�che-moi!

Toujours frustr�!

Jamais une belle femme.

Laisse-moi tranquille!

L�che-moi!

Permettez-moi d'adresser � la promotion 1941

des adieux �mus.

Le monde vous attend. Un monde plein d'amour,

de chances � saisir... De dangers aussi, peut-�tre.

Mais fid�les � vos ambitions et votre id�al,

vous briserez les remparts du succ�s et vous vaincrez.

Demain, vous m�rirez. L'�ge du vrai bonheur commence.

Tous mes voeux.

Selena Cross.

Nos dipl�mes nous semblaient r�compenser le pass�.

Une fois obtenus, ils devinrent une obligation pour l'avenir.

Cette ind�pendance si lointaine et soudain acquise

nous a fait exploser.

Certains pass�rent l'�t� dans l'eau.

S'�battant et naviguant joyeusement,

vidant leur tirelire pour enterrer l'enfance.

Mais d'autres, press�s de devenir adultes

ou contraints par la n�cessit�, se mirent au travail.

- Le flacon au-dessus. - Ici?

Mais la fin du joyeux chahut estival,

sonna l'heure des responsabilit�s professionnelles.

Vous avez lu mes histoires?

Oui, je les ai lues.

Et alors?

- Quand les as-tu �crites? - Tout l'�t�.

Quelqu'un les a lues?

Uniquement Selena.

Elle me trouve g�niale.

A votre avis?

Je peux les envoyer � un magazine?

Si tu veux finir en prison.

Tous tes propos diffamatoires

nous vaudraient la corde!

C'est ta vision de Peyton Place?

C'est de la fiction. Je ne nomme personne.

Inutile. J'ai reconnu tous les habitants.

Passons � ce qui est important.

Tu as du talent.

C'est un bon d�but. Que vas-tu faire?

Je comptais sur vous pour me le dire.

Va � l'universit�. Avec ton talent...

Je ne veux pas de l'universit�.

Je n'ai jamais voulu.

Pourquoi?

Je ne veux pas �tudier, je veux �crire.

Je sais, Shakespeare m'a pr�c�d�e et des millions de chefs-d'oeuvre.

Justement, toutes ces oeuvres t'apprendraient le m�tier.

Je pr�f�re apprendre par moi-m�me.

Il me faut trouver un point de d�part.

D'accord.

Si telle est ta conviction, il faut agir.

Commen�ons par le Peyton Place Times.

Je me croyais cynique et sans coeur?

Comme tous les journalistes.

C'est un mythe. Nous sommes de grands sentimentaux.

Des hypersensibles.

Prouvez-le.

Volontiers.

Je veux vous montrer de quoi je suis capable.

Ecris, je te publierai vendredi.

Vous aurez un truc inoubliable.

Je n'en doute pas.

Mais rien n'est pire qu'un mauvais proc�s.

On n'a pas parl� argent.

L'exp�rience me suffit.

L'exp�rience enseigne qu'on doit �tre pay�.

5 $ la colonne. Plus apr�s.

C'est plus...

�a peut tomber dans de mauvaises mains.

Merci.

Aucun doute. Les tests prouvent que tu es enceinte.

De trois mois environ.

Qui est le p�re?

Motus.

En voil� une sottise!

D'autres ont d� se marier.

Ici m�me, si tu veux savoir.

Ted Carter?

Ne mens pas.

Je ne vous mens pas.

Secourez-moi.

Aidez-moi.

Comment �a?

Je ne veux pas de ce b�b�. Aidez-moi.

Je ne peux rien y faire.

Dis-moi qui est responsable. Je l'obligerai � t'�pouser.

Il est d�j� mari�.

Il s'occupera de toi et du b�b�. Dis-moi

- qui c'est. - Je vous en prie!

Selena,

jamais je n'ai enfreint la loi.

Tu me demandes d'enfreindre la plus sacr�e.

Dis-moi qui c'est.

Dis-le-moi!

- Qui est-ce? - Mon beau-p�re.

C'est mon beau-p�re! C'est Lucas!

Docteur, venez boire un coup.

Je viens de voir Selena.

Selena? Pourquoi?

Elle est enceinte.

Normal, elle est toujours fourr�e avec ce Carter.

Elle �coute rien.

Esp�ce d'ignoble sc�l�rat!

Me bousculez pas.

Enceinte de toi!

- C'est faux. - J'ai des preuves.

De quoi t'envoyer en prison

le reste de tes jours!

- Je l'ai pas touch�e. - Signe.

Admets les faits.

Vous �tes fou?

Je l'ai pas touch�e.

Dois-je pr�venir la police?

Je l'ai pas touch�e. Je signerai pas �a.

Si tu refuses, c'est toi que �a regarde.

Ecoutez, docteur.

J'aurais pas fait un truc aussi affreux.

Je rentre � mon cabinet.

Je vais t�l�phoner � tous les p�res.

Vous feriez pas �a.

Je ne sais pas ce qu'ils feront,

mais � l'�cole, il y a leurs filles.

Je voudrais pas �tre � ta place.

Faites pas �a.

Je leur ai jamais rien fait, � ces filles.

Y a qu'avec Selena.

Elle m'a donn� des id�es. Mais y a que Selena.

Faites pas �a, docteur.

Tu veux m'en emp�cher?

Alors, signe.

Si je signe �a, vous en ferez quoi?

Je le mettrai au coffre.

Votre stylo.

Sortez que je travaille.

Non, c'est toi qui vas sortir. Quitte Peyton Place avant la nuit.

J'ai sign�, docteur.

Si tu pars, je garde �a dans mon coffre.

Sinon, je le montre.

J'ai sign�!

N'essaie pas de revenir ici, ni dans un an ni jamais!

Sinon je te tuerai.

Sale petite...

Mary,

il s'agit d'un avortement.

Officiellement, une appendicectomie.

- Un mensonge! - Je lui ai enlev� l'appendice.

Tu veux lui g�cher la vie?

Mais faire un faux...

J'assume. Et si tu pr�viens qui que ce soit que c'est faux,

je ferai savoir que tu as trafiqu� de la drogue.

C'est du chantage!

Absolument.

Nellie, tout va bien pour elle.

Dieu merci.

Quelle honte!

Une honte!

Personne ne le saura, en dehors de nous trois.

�a se saura.

En fin de compte.

Personne ne le saura si tu ne dis rien. Tu comprends?

Je ne dirai rien.

Rentre vite chez toi.

- Merci, docteur. - Va, ma fille.

Ne t'en fais pas. Je t'ai gard� ta place.

Merci pour le beau gilet.

- On part. - Je vous fais fuir?

On s'en allait.

A bient�t, Selena.

Ca fleurira un mois. Tu peux le replanter, en souvenir.

Un livre d'humour.

Tu vas te r�tablir en moins de deux.

Je suis all� voir M. Rossi pour mes �tudes.

Il va peut-�tre me trouver une bourse.

En attendant, il a convaincu Partridge de me prendre � l'essai.

Qu'en dis-tu?

Que c'est parfait.

Le seul probl�me, c'est que si �a marche,

je mettrai 8 ans au lieu de 7 pour �tre avocat.

�a fait un peu long!

Je veux t'�pouser et devenir avocat.

Il n'y a pas de quoi pleurer, ma ch�rie.

Je t'en supplie, pars. Va-t'en.

Je suis mal tomb�. Je reviendrai demain, �a ira mieux.

Bonjour, Madame.

C'est cong�, aujourd'hui.

Le travail, �a me distrait.

Selena va mieux, non?

Elle sera au magasin demain.

J'arr�te pas de me faire du souci. Rien que du souci.

Ne travaillez pas. Reposez-vous un peu.

Joyeux 1 er mai! Que se passe-t-il?

Elle est boulevers�e.

Pas �tonnant. Son Lucas a disparu depuis 15 jours.

J'y vais!

- �a va? - Bien.

Viens!

Salut. D'o� sors-tu?

De l�.

Passe devant.

La�us de 1 er mai, quelle barbe!

Cela va sans dire, cadres et ouvriers doivent collaborer

et non s'affronter.

Notre prosp�rit� est l� pour le prouver.

Et ce n'est qu'un d�but!

Venez chez moi,

le ch�mage, vous conna�trez pas.

Si les gens s'habillent pas

de feuilles de vigne!

Auquel cas,

on se reconvertirait vite fait dans le vignoble!

Ceci dit, f�te du 1 er mai mise � part,

je n'ai jamais �t� aussi fier de ma vie.

Demain, mon fils Rodney va entrer � Harvard.

Amusez-vous et souhaitez-lui bonne chance! Fin du la�us!

C'en est trop pour moi.

Apr�s Paul, Lucas s'en va.

Comment on va faire, Selena et moi, pour veiller sur Joey?

Faites un effort.

J'ai pass� ma vie � �a.

Avec mon mari qui est fin so�l,

et ma grande fille qui se d�shabille devant lui...

Et lui qui la regarde faire...

et qui se donne des id�es.

On a tous nos probl�mes.

Et lui qui reluque...

Que faites-vous toute seule?

Les probl�mes de Nellie, j'ai du mal � supporter.

Et le 1 er mai, je connais.

T�chons de trouver plus int�ressant,

loin de Peyton Place.

Vous parlez comme un vrai autochtone.

D'accord.

Vous �tes pr�ts?

Et vous?

A vos marques, pr�ts, partez!

Alors seigneur d'Harvard, on m'invite?

Ma copine ch�rie! Comment va?

Admire et conclus par toi-m�me.

L'�ge ne te nuit pas.

T'as d� t'ennuyer ferme, ces temps-ci.

Et comment! Une vir�e?

Que dira ton papa?

Tu sais, �a m'est bien �gal.

Les vir�es, j'aime pas.

On prend des sandwiches, � boire. Et on va � l'�tang. Y aura personne.

Y en l�-dedans, quand tu veux.

Allons nous choper un hot dog.

�a te dirait d'aller nager?

- Tu as vu? - Quoi donc?

Allison et Norman qui vont nager seuls � l'�tang.

Et alors? Ils sont jeunes, amoureux, peut-�tre. Laisse donc.

Tu voudrais peut-�tre que je te fasse un dessin?

- Encore? - Pourquoi pas?

Ton p�re l'a dit, faut f�ter ton d�part.

Je ferai le poids,

face aux Bostoniennes?

Quels sont tes arguments?

- T'as pas devin�? - Je veux voir.

Toi, tu es 10 % masculin, 90 % baratin.

Toi, 100 % f�minine.

250 % f�minine! Peut-�tre m�me 500 %!

Ton fric y suffira pas.

Tu me donnes la fi�vre.

Suffit d'aller se rafra�chir.

On n'a pas nos maillots.

Tu es pr�t?

J'ai oubli� mon bonnet.

Que dis-tu?

Tu vas me faire rougir.

Pardon.

Si on allait nager?

Tu siffles?

J'ai vu un type et une fille nager nus.

O� �a?

Ils sont partis.

Ils sortaient de l'eau.

Nus?

Nus.

C'�taient Allison et Norman!

Je n'ai pas bien regard�.

Pas d'histoire, tu veux!

Partons d'ici, oublions qu'on les a vus.

Je t'aime beaucoup, tu sais.

J'en ai comme un vague souvenir.

Tu es libre en paroles et en actes, si ton p�re te laisse faire.

Tu vas passer ta vie � ob�ir � ton papa?

A n'avoir que des amis qu'il te choisit?

A t'habiller selon ses go�ts? A penser comme lui?

J'ai l'�ge d'�tre libre. Mais il est dur � cuire.

- Faut te d�cider. - Comment faire?

J'ai un projet bien �go�ste qui nous concerne tous les deux.

�a s'appelle le mariage.

Il va piquer sa crise.

Sans aucun doute.

Il sera pas le seul.

Mais c'est pas le but recherch�.

Tu es la seule que je d�sire.

Non, pas comme �a.

A quoi bon vivre si je ne vis pas comme je le veux?

Je t'aime vraiment et depuis si longtemps!

Que de patience pour arriver � la beaut�!

J'en sais quelque chose.

C'est parti.

Nus comme des vers. Sans rien sur eux.

Je les ai vus, de mes yeux.

Par pudeur, je ne donnerai pas leurs noms.

Merci.

On peut recommencer. Demain, si vous voulez.

Jamais je ne me suis autant amus�e.

J'avais oubli� tout ce qu'on peut faire � deux.

Et ce n'est pas fini.

Je t'en prie.

- Mieux vaut... - Ecoute!

Je t'assure!

D'accord, parlons-en.

Je ne veux pas.

Je veux que tu partes.

- Tout � coup? - Oui.

On n'est plus des enfants.

Conduisons-nous en adultes.

On s'est embrass�s par affection.

Ce n'est pas de la luxure. Tu saisis?

Comment qualifier quelqu'un qui...

C'est un homme!

Vous �tes bien tous pareils.

La manoeuvre diff�re, le r�sultat est le m�me.

Voil� o� �a m�ne!

Si je ne voulais qu'une femme,

je sais o� en trouver.

Et ici!

Tu veux tout souiller?

Tu appelles �a comment?

Je vais �tre un peu brutal :

ce n'est pas le sexe qui t'effraie. C'est l'amour!

Tu me tripotes par amour?

C'est une fa�on de l'exprimer.

J'ai rien demand�.

Comprends ce que tu refuses.

Quand je t'enlace, ce n'est pas uniquement physique.

�a veut dire que je tiens � toi, que je te d�fendrai,

et que j'en attends autant de toi, sans honte ni g�ne.

A toi de d�cider.

J'ai mes principes et ma fiert�.

Tu as aussi besoin de confiance et d'amour.

Non! Laisse-moi tranquille.

Je pourrais. Mais laisse-moi t'aider.

Tant pis si tu te d�robes. On a le temps.

Je ne peux pas!

Mon offre tient toujours.

Je ne sais si tu la saisiras.

Au moins, tu sauras qu'elle existe.

Oui, Marion?

Pas possible!

Vous �tes s�re?

Non, je vais appeler sa m�re.

Mademoiselle, je voudrais Mme Evelyn Page.

Norman n'a pas pu faire �a!

On les as vus. Et toute la ville le sait.

N'accusez pas Norman!

Si vous aviez mieux �lev� votre fils...

Les filles ne l'int�ressent pas.

Le mot "sexe" n'a jamais �t� prononc� chez moi.

- Viens voir! - O� est Norman?

Dehors. Il rentre chez lui.

Reste l�.

Pourquoi?

Entre!

O� �tais-tu?

Que se passe-t-il?

On vous a vus nager nus.

C'est faux!

Tu oses croire �a?

On vous a reconnus.

On s'est baign�s en maillots!

Maintenant, tout Peyton Place est au courant!

Si elle en paie le prix...

On n'a rien fait. N'est-ce pas, Allison?

Emmenez-le.

Quelle humiliation, quelle honte!

Reviens ici!

Je finirai par faire ce dont tu m'accuses.

Evidemment.

Pour le sexe, tu es comme ton p�re.

Ne le salis pas. C'�tait un �tre merveilleux.

C'est toi qui me l'as dit. Ne lui reproche rien.

Merveilleux? Je t'ai dit �a? Je t'ai menti.

Parce que j'avais honte de lui et de moi.

- Et tu l'as �pous�? - Non.

Il �tait d�j� mari�!

- C'est pas vrai? - Si!

Ne comprends-tu pas?

Il �tait mari�.

Chacun a sa fa�on de r�agir au suicide.

Pour Allison, le choc a �t� rude.

Mais elle a l'air si...

L'�tat de choc, c'est comme le sommeil. Une �chappatoire.

Son cerveau refuse ce qu'elle a vu. Mais elle se remettra.

Je dois pr�venir Selena.

Si �a s'est pass� chez vous, ce n'est pas votre faute.

Je culpabilise.

Ne songez plus qu'� soigner Allison.

Pas un mot de ce mariage?

Tu aurais refus�.

M'as-tu mis au courant?

Au moins, �a n'aurait pas �t� un mariage � la sauvette.

- Ne dis pas �a! - Qu'est-ce d'autre?

- Je veux te parler. - Parle-nous.

Il s'agit d'affaires, pas de ta femme.

Je t'attendrai.

Je peux... le faire annuler.

Pas de drame. J'aime Betty. Je l'ai �pous�e. Point final.

Tu ne l'aimes pas. Elle t'excite. Elle t'a coinc�, pi�g�!

Adieu, papa.

Pas d'elle chez moi.

Ni moi non plus.

Et l'universit�?

J'ai une femme � nourrir.

Tu peux travailler ici, comme ouvrier.

�a me va.

Merci, papa.

Comme tu ne descendais pas d�jeuner...

Il fait si beau, ma ch�rie!

Tu devrais sortir faire un tour.

Tu ne m'as pas parl� depuis une semaine...

Je comprends ce que tu ressens. Il faut que tu acceptes

ce qui s'est pass� et que tu le surmontes.

Maman!

D�s que je pourrai,

je ferai mes valises et je quitterai Peyton Place.

Je ne veux plus vous revoir ni cette ville ni toi.

- Tu n'es pas s�rieuse? - Si.

Je pars pour New York.

Je t'en prie, Allison!

J'ai voulu te prot�ger.

Je suis un accident que tu d�testes.

Je t'ai aim�e d�s que tu es n�e.

Crois-moi!

Comment vivras-tu? Avec quel argent?

J'ai assez pour le voyage. Je travaillerai.

Si tu ne trouves pas d'emploi?

Je me ferai entretenir, comme toi.

Mon Dieu, aidez-moi!

Je n'ai pas pu te dire adieu.

Je veux pas que tu partes!

Je partirai.

Reste. Tu es d'ici. On doit �tre ensemble.

- On est amies d'enfance! - Au revoir.

Ta m�re, tu la laisses seule?

Elle l'a toujours �t�.

J'ai pleur� jusqu'� New York.

Mes yeux �taient comme ces feuilles

que l'automne avait fait tomber chez moi.

J'ai d� lutter pour survivre.

J'ai frissonn� de solitude � mon 4e �tage anonyme.

J'ai failli regagner piteusement mes p�nates,

mais je me suis d�brouill�e pour rester.

J'ai appris � tout supporter.

Mais personne, � New York ni � Peyton Place

ne soup�onnera ce qu'on a exig� de nous, cet hiver-l�.

LES JAPONAIS ATTAQUENTPEARL HARBOR

Les familles se levaient dans l'aube glac�e

pour dire un adieu furtif � leur fils.

J'ai pri� pour eux.

CENTRE DE MOBILISATION

Venez boire votre dernier caf� civil, les gars.

Et comment!

- Et Norman? - Il s'est fait r�former?

Il est devenu para!

Sans blague? Norman?

- Volontaire. - C'est la meilleure de l'ann�e!

Et sa m�re?

Elle tuerait 1.000 Japonais avant qu'on touche � son fils.

Un beignet pour toi.

Rodney, je sens que je vais pleurer.

Mais non, raconte pas de b�tises.

Je suis content de t'avoir �pous�e.

J'esp�re bien que oui!

Ton p�re est ici.

Va lui dire au revoir.

Allez, va lui dire au revoir.

Il t'aime autant que moi.

Allez, va.

Prends soin de toi. Garde le sens de l'honneur.

Devise de famille. Rends-moi service, tu veux?

Evidemment.

Veille sur Betty. Elle ne demandera rien mais elle peut manquer.

Ce sera fait.

Tous les mobilis�s, rassemblement.

Approchez-vous.

Le conseil de r�vision

le regrette, vous �tes tous bons pour le casse-pipe.

Vous emportez notre amour et notre gratitude.

T�chez de nous revenir sains et saufs.

J'ai pr�par� quelques cadeaux.

Approchez-vous, que je les distribue.

Mobilis�s de Peyton Place!

Dans le bus, et que �a saute!

Magnez-vous, les gars.

Abr�gez les adieux. Et donnez vos noms!

Grimpez, les gars. L'arm�e, vous allez adorer.

Rien ne m'emp�chera de revenir. Je t'aime, Selena.

Moi aussi.

D�p�chons, les gars, d�p�chons. Magnez-vous.

C'est fini.

H�, toi!

Tu vas te d�p�cher?

Tu lui �criras sur du papier officiel.

Lors de ce 1er hiver loin de chez moi, je me suis affirm�e

et endurcie.

Avec le printemps, il y eut la promesse d'avoir peut-�tre trouv� ma place.

Mais une partie de moi s'�vadait,

je la trouvais courant, en m�moire, dans les champs de Peyton Place

ou errant par les rues d�sormais vides d'hommes jeunes.

J'en ai entendu de bonnes. Celle-ci est de Ted Carter. Pour lui :

"On sert ici la nourriture de la 1 e Guerre Mondiale r�chauff�e."

Tu te souviens de Fred Combes? Il est dans la Marine. Il dit : " Cher Hyde,

j'ai rejoint la Marine car j'aime leurs bateaux toujours propres et bien rang�s.

Mais jusqu'ici, j'ignorais qui entretenait �a : c'est moi."

Les gars sont par-l�.

J'ai eu un V-Mail l'autre jour de Norman Page.

Tu t'en souviens?

Son gourbi �tait si profond qu'il fr�lait la d�sertion.

Puis les saisons, passant si vite, semblaient ne faire qu'une.

Il y avait trop d'infos de guerre pour qu'on comprenne leur tristesse.

Selena me parlait de Peyton Place, et ces lettres �taient mes tr�sors.

Elle �voquait toujours ma m�re,

et racontait ce que les gens se disaient,

ou ne se disaient pas.

Finalement, revenant sur mes intentions,

je m'abonnait au Peyton Place Times.

J'avais soif de noms familiers.

Malheureusement, j'y trouvais aussi ceux qui �taient partis � tout jamais.

MORT AU COMBAT

Betty...

- Rodney a dit de prendre soin de vous. - Je n'ai pas besoin de votre aide.

J'ai besoin de la v�tre.

Rodney a bien fait de vous �pouser.

A 6 ans, j'�tais amoureuse de Rodney.

Pendant des ann�es, je n'ai pens� qu'� lui.

J'�tais du genre tape-�-l'oeil. C'est ce qu'il aimait,

donc je me devais d'�tre ainsi.

Le plus �trange, c'est qu'il m'aimait autant que je l'aimais.

Mais seules les apparences comptaient!

C'�tait ma faute.

Rodney l'avait d�couvert.

Essayons...

Essayons de pr�server ce qui reste de la famille.

Un peu plus brillant.

- Vous savez? - Quoi?

- M. Rossi part. - Non?

Pas s�r, mais on veut le nommer principal d'un lyc�e de Portland.

- C'est s�r? - S�r. On me l'a dit directement.

M. Rossi?

Mme Thornton l'a dit � Betty qui l'a dit � Kathy.

- C'est plut�t direct. - On ne pourra pas le retenir.

- C'est assez joli. Je peux l'essayer? - Bien s�r.

Joyeux No�l.

Entre.

Joyeux No�l.

�a fait longtemps. C'est No�l.

Un cadeau ne se justifie pas. Merci.

Entre. Donne-moi ton manteau.

Je ne reste qu'un instant. J'ai d'autres livraisons � faire.

- Je te sers un verre? - Non, merci.

Entre, assieds-toi.

Je suis l� car...

Est-ce vrai ce d�part pour Portland?

J'ai re�u l'offre.

Le lyc�e est plus grand, et la paie aussi.

Tu vas accepter.

J'ai une semaine pour me d�cider. Assieds-toi.

- Michael? - Oui?

Tu avais raison. Je ne pensais pas pouvoir l'admettre.

A quel sujet?

Ces derniers mois, je suis arriv�e � ces conclusions sur moi-m�me.

- Lesquelles? - Michael, j'ai menti si longtemps.

Ce que tu avais dit, cette nuit-l� dans la cuisine, �tait vrai.

Je te d�sirais plus que tout.

- Je n'avais pas le droit de dire �a. - Mais si.

- Je viens te dire la v�rit�. - Ne te justifie pas.

Allison n'est pas partie � cause du suicide,

elle me d�testait.

- Elle ne r�pond pas � mes lettres. - Pourquoi?

Le soir o� tu es parti, Marion Partridge a appel�.

Allison et Norman...

On m'a parl� des appels de cette femme.

J'ai toujours eu peur des scandales.

J'ai cru Marion. J'ai cru ce coup de t�l�phone.

Sans r�fl�chir, quand Allison est rentr�e, j'ai dit des horreurs.

Quelles horreurs?

Allons, Connie, quelles horreurs?

Je suis la m�re d'Allison, mais sans avoir �t� mari�e.

Ni � Angus MacKenzie, ni � personne.

Je suis partie � New York, vivre avec un homme mari�.

Apr�s sa mort, je suis revenue ici, et j'ai menti,

et je mens depuis ce jour.

Tu veux la v�rit�,

et quand tu l'auras, tu feras comme tout le monde.

- Ils veulent tout sauf la v�rit�. - Connie. Connie!

Je t'ai dit que mon offre �tait toujours valable.

Que je t'�tais totalement d�vou�,

que je m'occuperais de toi, et prendrais soin de toi. J'ai dit �a s�rieusement.

Oh, Michael.

- C'est comment? - Bien.

J'y vais.

- Joyeux No... - Tu ne me fais pas entrer?

J'esp�rais un accueil plus sympathique pour mon retour.

Salut Joey.

Il y a un de ces blizzards.

Je suis gel�.

Tu es loin d'�tre gel� vu tout ce que tu as bu.

La Marine ne t'emp�che pas de boire.

M'emp�cher! La Marine m'a appris des trucs incroyables.

Beaucoup de choses ont chang�, hein?

Tu peux le dire, Lucas. Par exemple, tu peux prendre tes affaires et partir.

Personne me dit ce que j'ai � faire chez moi.

- Ce n'est plus chez toi. - Je m'en fiche.

C'est ma maison, ne l'oublie pas.

Tu es revenu faire des ennuis?

- T'es au courant pour maman? - Oui.

Joey, voil� une pi�ce. Va faire un tour, vu? Allez, prends-la.

- Prends-la, Joey. - Lucas, laisse-le.

Oh, ch�rie...

Ne nous battons pas.

Toi et moi on se conna�t un peu trop pour �a.

Je pensais pas que tu pouvais t'am�liorer, mais tu l'as fait.

C'est pas comme si j'�tais ton vrai p�re.

- Sale animal grossier! - T'es toujours une tigresse!

R�unis par la d�votion en ce jour de P�ques,

et la pri�re pour Lui qui est mort et ressuscit�,

pour nous donner la vie, et l'abondance,

souvenons-nous de ceux qui ont quitt� cette ville et ce pays,

pour vivre et mourir loin d'ici, dans un but similaire.

Qu'ils connaissent Sa piti�, Son confort et Sa paix.

Soutenons-les par nos pri�res, encourageons-les par nos lettres,

honorons-les par notre amour. Et que nos vies, autant que les leurs,

soient d�di�es au Seigneur,

qui, seul, peut donner vie � la v�ritable libert�

et � la paix ultime.

Prions.

Notre P�re qui �tes aux cieux,

que Ton nom soit sanctifi�, que Ton r�gne vienne,

que T a volont� soit faite, sur la T erre comme au ciel.

Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour

pardonne-nous, comme nous pardonnons � ceux qui nous ont offens�s.

Ne nous soumet pas � la tentation, mais d�livre nous du mal,

car c'est � Toi qu'appartiennent le r�gne, la gloire et la puissance.

Amen.

Merci, � la prochaine.

- Oui? - Puis-je voir Mlle Cross?

Selena.

Mlle Cross, votre p�re est dans la Marine. Lucas Augustus Cross?

Mon beau-p�re.

Quand l'avez-vous vu?

Il y a un an et demi.

Que se passe-t-il?

Il n'est pas revenu de sa permission. Il a d�sert�.

Vous �tes s�re de ne pas l'avoir vu?

J'ignorais qu'il �tait engag�.

- Il ne vous a pas contact�e? - Non.

Il a quitt� la ville il y a un an, quittant sa famille.

C'est typique.

S'il vous contacte, pr�venez les garde-c�tes du 1 er District.

Je le ferai.

Du calme. C'est pas de votre faute s'ils ne le trouvent pas.

Qu'est-ce qui ne va pas, Selena?

Il faut que j'en parle. Je ne peux plus garder �a pour moi!

- D�s que je sors dans la cour... - Eh bien?

Lucas n'a pas d�sert�.

Comment savez-vous?

Parce que je l'ai tu�! Je l'ai tu� la veille de No�l dans la cabane!

- Je ne le crois pas. - Si. Je l'ai enterr� dans l'enclos.

Selena, il faut appeler la police.

Non. Non, je ne peux pas!

Il le faut. Vous avez trop tard�!

Non, s'il vous pla�t!

Ecoutez-moi, Selena. Ecoutez.

- Une de nous doit appeler. - Je ne peux pas!

- Non. - Vous devez le faire maintenant.

Je ne peux pas.

- Excusez-moi. - Allison!

Norman.

- Quelle surprise. - Ouais.

Viens l�. Les mecs, vous voyez...

- Tu es plus adulte. - L'uniforme aide.

- Et les m�dailles. - Oui.

- Quoi de neuf? - Je vis � New York.

Tu aimais �crire, non?

- J'ai �crit un peu. - Publi�?

Non, je travaille pour un �diteur.

Pas celui qui a publi� nos livres d'adolescents, j'esp�re?

Non.

- Tu te souviens? - Oui.

Tu avais toujours peur. Et tout te faisait peur.

J'en reviens pas comme tu es ravissante. Vraiment.

Merci.

Tu sais, tu ne m'as pas dit au revoir en quittant Peyton Place.

T'as pas dit au revoir.

Je n'oublierai jamais ce jour-l�.

Moi non plus.

- Tu as deux m�dailles de guerre? - Oui.

Tu es en vacances?

- Tu es au courant pour Selena Cross? - Non.

Elle a tu� son beau-p�re. Son proc�s est dans deux jours, pour meurtre.

Lucas �tait un sale type, mais elle semblait le tol�rer.

Qui sait ce qu'on peut tol�rer?

C'est vrai.

J'ai mis longtemps � me conna�tre et � comprendre Peyton Place.

- Cigarette? - Merci.

Je vais essayer d'arranger les choses avec ma m�re.

On sera peut-�tre plus heureux.

Sinon, j'aurai au moins fait l'effort, non?

J'ai jamais compris pourquoi tu t'es engag� dans les paras.

J'ai sans doute voulu me faire tuer.

Mais � peine �loign� de ma m�re,

j'ai r�alis� que la vie �tait belle. Et je me suis battu pour rester en vie.

Je fuyais mes probl�mes. Tu comprends.

Oui, je comprends.

Quelque chose te tracasse?

Oui.

Je peux t'aider?

Non.

Je pr�f�re ne pas en parler.

D'accord.

Tu as d�n�? �a te dit de d�ner avec moi?

- OK. - OK?

D'accord.

SELENA CROSS LIBEREE SOUS CAUTION

- Dr Swain. - Bonsoir Selena. Je reviens de suite.

Ma femme aimait ces jardins d'agr�ment. J'essaie de les garder pour elle.

Attention � vos pieds.

Vous allez leur dire, pour moi?

- Je le dois. - Personne ne doit jamais savoir.

- Sinon, vous risqueriez votre vie. - Je sais.

- Pourquoi alors? - Pour Ted.

Vous avez peur de ce qu'il pensera? Il vous aime.

Ca ruinerait sa vie d'�tre mari� � une fille...

Personne de respectable ne l'acceptera.

"Respectable." De quel genre de respectabilit� parlez-vous?

Des gens qui peuvent l'engager comme avocat.

Vous ne comprenez pas? Votre vie est en jeu.

La prison peut �tre comme une mort.

Perdre Ted serait encore pire.

- De plus, n'y soyez pas m�l�. - Pas d'inqui�tude pour �a.

Promettez-moi que vous ne leur direz pas. S'il vous pla�t!

D'accord, Selena. Je vous le promets.

Vous comprenez que vous pouvez �tre condamn�e � vie?

- Il me faut plus de d�tails. - Il n'y en a pas.

Il �tait ivre, brutal, a voulu me battre, je l'ai tu�.

Tuer pour se d�fendre est naturel. Mais cacher le corps est criminel.

- Je sais. - C'�tait lui ou elle.

L'�tat envoie un procureur avec un but : la condamner.

Je l'ai d�j� vu. Il est tr�s comp�tent et implacable comme la loi.

Vous avez s�rement omis de me dire quelque chose.

- C'�tait lui ou moi. - Pourquoi cacher le corps?

Entrez, Allison.

Allison.

Quel plaisir de te revoir!

�a va?

- Salut, Ted. - Salut.

Je peux t�moigner. J'ai vu Lucas la frapper.

�a aidera, croyez-moi.

- On appr�cie ce retour. - Vous allez l'en sortir?

On va faire de notre mieux.

Mais le jury veut des preuves, c'est tout.

Tout se r�sume � ca :

Un meurtre et une d�fense trop simple pour �tre bonne.

Elle est ouverte � toutes les attaques.

Selena, m'avez-vous dit toute l'histoire?

D�sol�e.

Il n'y a rien � ajouter.

Bonjour, Allison.

- Tu as l'air d'aller bien. - Avec un verre � la main?

Vous voulez quelque chose?

Je suis partie esp�rant �tre tranquille.

Tu n'as rien appris, si?

Si justement, maman.

A fumer, boire et me coucher quand je veux.

Et embrasser des gar�ons quand l'envie me prend.

Allison, on fait tous des erreurs, mais si on leur fait face sinc�rement,

on peut les surmonter.

Peut-on surmonter la fait que ma naissance soit ill�gitime?

Je pense. Avec de l'amour.

Merci, et au revoir maman.

D�s la fin de ce proc�s, je quitte la ville par le premier train.

Au revoir, maman.

Mesdames, messieurs, la cour. Levez-vous.

Asseyez-vous, s'il vous pla�t.

L'audience peut reprendre.

Messieurs, continuez.

L'accusation veut rappeler Joseph Cross � la barre.

- Joey... - Je l'ai dit, mon nom, c'est Joseph.

Joseph.

Ce matin, avant la suspension, on parlait de mentir et dire la v�rit�.

Joseph, as-tu d�j� dit des mensonges?

- Oui. - Des petits ou des gros?

Des petits et des moyens.

Pour �viter la prison � ta soeur?

- Oui. - Un gros mensonge?

Le plus gros jamais entendu.

- Objection! - Retenue.

Joseph, on a entendu ton t�moignage, ce matin. Etait-il vrai?

Tout �tait vrai.

Tu pr�tends que ta soeur a tu� votre beau-p�re car il l'a empoign�e?

Il �tait fort et on avait peur.

S'il �tait aussi fort que tous le disent,

comment ta soeur a-t-elle pu le dominer?

Elle �tait plus �nerv�e et effray�e que lui.

Lucas faisait 88 kg,

ta soeur, 50.

S'est-elle approch�e discr�tement de lui

pour le frapper sans qu'il la voie?

Non, monsieur.

- As-tu tout regard�? - Sauf peut-�tre quelques secondes.

As-tu vu Selena donner le 1 er coup?

- Je ne sais pas. - Y a-t-il

un doute sur ce 1 er coup?

Je ne sais pas. C'est all� si vite.

Joseph,

tu as d�clar� avoir dit � ta soeur d'enterrer votre beau-p�re.

- C'est exact. Elle ne voulait pas. - Je vois.

Quel �ge avais-tu quand tu l'as dit, quand elle t'a ob�i?

Environ 8 ans.

En d'autres termes,

une fille de 19 ans ne savait pas quoi faire du corps

jusqu'� ce qu'un gar�on de 8 ans le lui dise.

Oui, monsieur.

Je n'ai plus de questions.

- Pas de questions. - Tu peux disposer, Joseph.

Je souhaite rappeler Selena Cross � la barre.

Mlle Cross, hier, vous avez d�clar� au jury

que votre beau-p�re avait disparu

un an et demi avant que vous ne le tuiez.

Savez-vous pourquoi il est parti?

Je ne suis pas s�re. Je ne peux que supposer.

Pourquoi cette h�sitation?

Je ne sais pas.

Savez-vous ce qu'il a fait pendant ce temps?

Il a dit �tre dans la Marine.

Il serait rentr� de la guerre

uniquement pour vous frapper?

Objection, votre honneur. L'accus�e n'a pas dit �a.

Retenue.

Votre beau-p�re �tait propri�taire de la maison o� vous habitez?

- Je l'ai retap�e avec mon fr�re. - Veuillez r�pondre.

- C'�tait pas une maison quand il est... - R�pondez.

Oui, mais ce n'�tait rien qu'une cabane sale!

Mais vous �tiez libre d'aller et venir, d'inviter des gar�ons,

sans personne sur votre dos en son absence, non?

Non?

Oui, mais je ne l'ai jamais fait!

Et vous l'avez tu� car �a risquait de changer?

Non! Lucas �tait ivre et tentait de me frapper!

Selon le coroner, le 1 er coup l'a assomm�,

donc plus de risque qu'il vous frappe, mais vous avez continu�.

- Pourquoi? - Je l'ignore.

Pourquoi continuer � le frapper jusqu'� ce qu'il meure?

Je l'ignore. Je ne pouvais plus m'arr�ter!

Vous avez fini par le tuer, pourquoi ne pas avoir appel� la police?

Je voulais le faire. J'avais peur.

Mais vous n'aviez commis aucun crime. Vous vous d�fendiez.

Pourquoi avoir peur de la police?

Je ne sais pas. Mais j'avais peur.

Vous n'aviez rien � craindre avant de cacher le corps de Lucas, c'est �a?

Ensuite, vous aviez beaucoup � craindre, non?

- Oui. - Vous l'avez enterr�.

Vous aviez s�rement une tr�s bonne raison.

Et ne me dites pas que c'�tait la peur.

- Si! - S�re?

- C'est vrai! - La peur fait paniquer

et il faut du sang froid pour enterrer

- un homme. - Objection!

- Vous saviez ce que vous faisiez. - Non!

- L'accusation harc�le le t�moin. - Objection retenue.

Je retire ma question.

Je n'ai plus de questions.

Mlle Cross, pendant toute la dispute

pr�c�dant la mort de Lucas Cross,

vous aviez peur d'une blessure?

Oui, c'est exact.

Plus de question. Vous pouvez disposer.

Je souhaite appeler Mlle Allison MacKenzie � la barre.

Levez la main droite. Jurez-vous de dire toute la v�rit�?

- Oui. - Asseyez-vous.

- D�clinez votre nom. - Allison MacKenzie.

Mlle MacKenzie, depuis quand connaissez-vous Selena Cross?

Depuis mon enfance.

Nous �tions toujours dans la m�me classe. C'est ma meilleure amie.

Vous avez d�clar� qu'en voyant Lucas frapper Selena, vous avez pens�

que votre pr�sence y mettait un terme.

- Je le sais. - Vous ne savez pas, vous supposez.

Il �tait g�n� que je l'aie vu.

Combien de fois l'a-t-il frapp�e?

- Une fois. - Une fois?

Avec son poing ou avec une arme?

Comme une gifle.

Oh, une gifle.

Avez-vous d�j� �t� gifl�e, Mlle?

- Oui. - Par un inconnu?

- Non. - Un membre de la famille?

- Dois-je r�pondre � cela? - Oui, j'en suis d�sol�.

Par ma m�re.

Aussi fort que la gifle du beau-p�re de Selena Cross?

- Non. - C'est s�r?

- Je ne crois pas. - Vous ignorez

- ce qui s'est pass�. - C'est faux.

Vous avez parl� de correction,

et nous d�couvrons qu'il ne s'agit que d'un coup.

Diriez-vous que les disputes chez les Cross

�taient plus violentes qu'ailleurs?

- Objection. - Pourquoi cette question?

Le t�moin doit d�finir ses termes, pour que le jury la comprenne bien.

Une correction, un coup.

Un coup, une gifle. La gifle deviendra peut-�tre autre chose.

Objection rejet�e.

Plus de questions.

Pas de questions.

Vous pouvez disposer.

L'accusation appelle Mme Constance MacKenzie � la barre.

Levez la main droite. Jurez-vous de dire toute la v�rit�?

- Oui. - Asseyez-vous.

D�clinez votre nom.

Constance MacKenzie.

Mme MacKenzie, je crois que vous connaissez l'accus�e depuis longtemps.

Depuis qu'elle est b�b�.

Selena s'est-elle d�j� plainte que son beau-p�re la frappait?

Comment?

- Selena s'est-elle plainte... - Non.

Avez-vous vu des marques, des blessures?

Non.

Vous connaissiez bien la m�re de l'accus�e?

Nellie �tait ma bonne.

A-t-elle mentionn� la brutalit� de Lucas, ou parl� d'une correction?

Non, elle disait qu'il �tait ivre et fain�ant, et il l'a quitt�e,

elle s'est suicid�e � cause de la vie que Lucas leur avait fait mener.

Ce suicide ne nous concerne pas.

Et pourquoi pas?

Quelque chose n'allait pas dans la famille Cross.

Quelque chose ne va pas quand une femme doit presque �lever

sa fille seule, voulant l'aider...

- Mme MacKenzie. - sans pouvoir le faire,

et sans pouvoir donner.

Mme MacKenzie.

Je comprends votre int�r�t pour ce suicide, mais ce n'est pas le sujet.

Savez-vous si votre fille a vu Lucas frapper Selena?

Non.

Pensez-vous que si elle l'avait vu,

elle vous en aurait parl�?

- Je l'ignore. - Elle ne l'aurait pas fait?

Eh bien...

Mme MacKenzie, votre fille ne vous parle pas de ses probl�mes?

Combien de fois dois-je vous r�pondre?

Jusqu'� la v�rit�.

La v�rit�, c'est que...

elle parlait parfois de ses probl�mes,

et je ne comprenais pas.

- Mais si elle parlait de ses probl�mes... - Je ne comprenais pas!

L'audience est suspendue.

Entrez.

Qu'ai-je fait � Selena?

Vous n'aviez pas le choix.

Mais si.

J'ai peut-�tre eu tort, mais je ne me pardonnerai jamais si...

Vous vous en voulez trop, Connie. Vous avez fait ce qu'il fallait.

Tenez.

- Charlie, je peux vous parler? - Bien s�r.

Mesdames, messieurs, la cour. Veuillez rester assis.

L'accusation en a-t-elle fini avec Mme MacKenzie?

Oui. L'accusation a termin�.

Plus de questions. Vous pouvez disposer.

Nous appelons le Dr Matthew Swain � la barre en tant que t�moin � d�charge.

Jurez-vous de dire toute la v�rit�?

- Oui. - Asseyez-vous.

- D�clinez votre nom. - Dr Matthew Swain.

Etes-vous au courant d'une quelconque violence

de Lucas envers l'accus�e?

Certainement.

Nous avons perdu du temps � torturer une fille �motionnellement inapte.

C'�tait un ivrogne, frappant sa femme et abusant son enfant.

Objection.

"Abusant son enfant" est incendiaire.

Je l'entends au pire de ses sens!

Objection. On ne le juge pas, lui.

On juge le caract�re de Lucas Cross, en mati�re de violence.

Continuez, Dr Swain.

Le soir o� Lucas Cross a quitt� la ville,

j'ai pratiqu� une soi-disant appendicectomie sur Selena Cross.

Ce n'en �tait pas une.

J'ai falsifi� mes registres. Je l'ai aid�e � faire une fausse couche.

Du b�b� de Lucas Cross.

Selena portait le b�b� de Lucas Cross.

- Ne retenez pas ceci comme preuve. - Pour quelle raison?

C'est la conclusion du t�moin.

- C'est vrai. - Pouvez-vous en t�moigner?

Je le peux.

Objection rejet�e. Continuez.

J'ai ici les aveux complets sign�s par Lucas Cross.

Que les avocats viennent � la barre.

Acceptez sa confession comme preuve, Votre Honneur.

Objection, Votre Honneur.

La confession d'une personne externe au proc�s est irrecevable.

L'accusation a peut-�tre raison, mais je r�serve ma d�cision.

J'�couterai ce t�moignage. Si je le trouve irrecevable, je le ferai rayer.

Le t�moignage complet ray� du rapport?

Je d�ciderai apr�s l'avoir entendu.

Terminez votre d�claration, Dr Swain.

Je suis s�r que le procureur fera examiner mes registres,

et je risque de perdre le droit d'exercer la m�decine,

mais il faut que quelqu'un parle

et paie le prix du droit de parler.

Selena a tu� Lucas par peur.

Peur de devoir s'y soumettre � nouveau, et elle a cach� son crime

craignant nos r�actions � son agression par son beau-p�re.

Elle ne pouvait pas nous confier la v�rit�. Selena n'avait que moi.

Elle est venue pour des raisons m�dicales.

J'ai jur� le silence.

Et je trahis cette promesse.

Nous sommes tous prisonniers des ragots, des murmures,

et cela a trop dur�.

Nos meilleurs jeunes partent � la 1 e occasion.

Ils profitent � d'autres communaut�s

car ils �touffent � Peyton Place.

�a ne nous int�resse pas...

Dr Swain a pris le gros risque de parler, et je compte l'entendre

sans �tre interrompu.

Je statuerai l'objection quand il aura fini.

Continuez, Dr Swain.

Notre ville est petite mais prosp�re, bien qu'on accepte les pauvres cabanes.

On a 6 �glises que la plupart d'entre vous fr�quentent

sans appliquer ce que vous pr�chez une fois sortis.

On a une bonne �cole, vous trouvez �a normal.

On a un journal avec un �ditorial intelligent

que vous utilisez pour vos d�chets.

Il est temps de vous r�veiller.

Aujourd'hui peut-�tre, car c'est plus que

la trag�die de Selena qu'on juge, ici.

Notre indiff�rence, l'�chec de la communaut� � discerner

qui a besoin d'aide, et � en donner.

Selena a v�cu trop longtemps dans sa propre prison

qu'on a aid� � construire.

Je n'ai plus rien � dire.

L'objection de l'accusation n'est pas retenue.

Le jury peut prendre tout ceci en compte.

Mesdames et Messieurs les jur�s, avez-vous un verdict?

Oui, Votre Honneur.

Le pr�sident va lire le verdict.

Nous trouvons l'accus�e non coupable.

L'audience est lev�e.

Viens Joey, tu rentres avec moi.

Selena, tu veux peut-�tre rentrer?

Bien jou�, doc!

Selena, nous sommes si contents.

Maman...

Viens, Norman.

Nous avions enfin d�couvert la saison de l'amour.

On ne la trouve que dans le coeur d'un autre.

En ce moment, quelqu'un qui vous est familier la cherche partout,

et elle est en vous.

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