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- Non! - Je croyais que tu l'avais réparé.
Zoe.
Tiens, désolée.
Allez, on est en zone de guerre. Vis un peu.
Personne le verra.
Merde!
Merde!
Fait chier.
Salut, Ramirez.
Ton uniforme est très bien mis en valeur.
T'en dis des conneries.
Salut, Charles! Toujours aussi jolie.
- Tu veux quoi, Lewis? - Le sergent Shepherd est en route.
- Sérieux? - Oui.
OK, dégage Lewis.
- J'essayais juste d'aider. - Dégage!
- On s'appelle? - Non!
Attends. On finit la chanson. Je peux le réparer.
Je peux le réparer. Je dois juste prendre ça
et si je le tiens comme ça…
C'est bon, prête?
INSPIRÉ D'UNE HISTOIRE VRAIE
T'y crois que Ventura s'est fait évacuer pour une d'égratignure?
- Elle a failli exploser. - J'espère juste que ça va…
- Tu sais, aux… - Aux organes?
Aux seins. Ils sont beaux.
Elle a peut-être un SSPT, mais tu penses à ses seins?
Oui, c'est important.
Promets-moi qu'il nous arrivera jamais rien.
T'inquiète pas, les talibans n'ont aucune chance.
Non, mentalement.
- T'es déjà folle. - Je suis sérieuse.
Comment ça?
Si tu me surprends
dans une thérapie de groupe de merde sur le SSPT,
t'as la permission de me tuer.
Tout le monde est là?
Bien.
Qui veut commencer?
James.
James. Sergent, Corps des Marines.
2004, province d'Al Anbar en Irak.
On cherchait les engins explosifs improvisés et ceux qui les posaient.
- Cool. - Chut.
Merit?
Tout va bien?
Oui, monsieur.
Continue, James.
Les sentiments négatifs et inutiles
que j'essaie de surmonter de ce jour-là sont…
Mon Dieu, James, c'est bon.
On n'est pas plus fort que ça? "Pauvre de moi!"
On a rejoint la plus forte armée de l'histoire
et survécu aux plus stupides guerres de l'histoire
pour finir ici et chanter Kumbaya et pleurer sur ses sentiments?
Non! Criss!
Ressaisissez-vous! Mon Dieu!
- On s'en va. - La ferme! J'écoute.
Merit?
Désolée.
Je suis…
Désolée, James.
Désolé, James, continue.
FORMULAIRE DE PRÉSENCE À LA THÉRAPIE DE GROUPE
Bon travail.
Je peux pas le signer.
- J'étais présente. - Oui, physiquement.
Mais t'as pas parlé.
T'as pas écouté les autres.
On a tous un passé.
Tu penses être la seule à pas vouloir en parler, Merit?
Chérie, t'es rentrée.
Il est 8 h.
- Personne n'aime les coureurs. - À cause du ventre plat?
C'est un sport d'égoïste. Je dois faire quoi en attendant?
Tu peux continuer le casse-tête.
Ce conseiller de la VA, c'est vraiment un con.
J'ai une bonne idée.
On regarde M*A*S*H*, mais en buvant.
Ouais! C'est pas un non.
Pourquoi elle veut toujours FaceTime? C'est bizarre.
- Salut, maman. - C'est si horrible de me parler?
Non, maman, c'est…
- Alors, la Chine? - Je suis à Hong Kong, c'est différent.
Ah bon? Ils avaient une certaine autonomie à l'époque.
Comment se passe ta job à l'entrepôt? Comment va ta vie? Un chum?
- Des amis? - Maman, arrête.
Je suis sûre que tu veux un service.
J'ai le droit de prendre de tes nouvelles.
Alors, pourquoi t'appelles?
- Un service. - Voilà.
Je le savais!
C'est ton grand-père, Dale. Il déambule.
Comment ça?
Kwan l'a trouvé devant chez elle. Elle l'a emmené à l'hôpital.
- Alors il va bien? - Non.
Ton grand-père est à l'hôpital. Qu'est-ce qui va pas chez toi?
OK, maman, je…
- Désolée, je dois y aller. - Non!
Tu dois aller voir ton grand-père au lac, t'assurer qu'il va bien.
- Merit. - Je peux pas, je…
J'ai rejoint un nouveau groupe au VA.
De la thérapie, du soutien?
Tout va bien?
En fait, je… J'ai juste choisi d'y aller.
C'est bien, c'est…
Ça va m'aider, mais je peux pas rater de séances.
C'est une bonne nouvelle. Je vais trouver une autre solution.
Je suis très fière de toi, Merit.
Ton père le serait aussi.
- Je dois y aller, je t'aime. - Moi au…
Ils t'ont répondu?
Non.
- Je serais pas acceptée. - Arrête.
Merit, je trouve que l'université est stupide et inutile, mais toi…
tu peux y arriver si tu le veux, je connais personne de plus intelligent.
Clé de 9/16.
T'étudierais quoi?
Le hip-hop des années 90?
La science du bois, ça existe?
- Oui, peut-être. - Ta famille a une ferme de sapins.
Vous pourrez faire un vrai atelier comme le père Noël.
Et toi, tu feras quoi après ça?
Je sais pas.
Tu peux faire de grandes choses.
Ouais, si tu le dis.
Très bien. Aujourd'hui, on va essayer une nouvelle approche.
On écoute celui qui a le ballon.
C'est stupide, mais je vais jouer.
À L'AISE
Salut, je m'appelle Assia. J'étais capitaine dans l'armée.
J'ai toujours été la seule femme.
Lors de mon premier déploiement, je pouvais pas rester avec mon équipe
parce que j'étais une femme.
Chaque jour, pour notre mission, je conduisais seule pendant six heures.
Pour l'allée. Puis six heures pour le retour.
Je suis ici
parce que je veux me retrouver.
Passe-le à Merit.
Prête?
Je m'appelle Merit.
- J'étais dans l'armée. - Tu t'en sors bien.
Commençons par une question simple.
Pourquoi t'es-tu engagée?
Grâce à mon grand-père.
Il était lieutenant-colonel, il a quitté l'armée il y a 22 ans.
Enfant, il m'amenait à Music in the Park le 4 juillet,
et l'orchestre jouait l'hymne de chaque branche de l'armée.
Et…
les vétérans se levaient pour leur hymne.
Tu m'envoies le reste par courriel?
Mon grand-père se levait pour l'hymne de l'armée, et…
il semblait mesurer 100 pieds de haut.
Et je voulais être grande aussi.
Alors…
Et pourquoi t'es ici?
J'aimerais parler de…
ce n'est pas un incident, c'est…
Fous-moi la paix!
C'est une personne.
Continue, Merit.
Je le sens pas aujourd'hui.
Alicia, 14 ans dans l'armée de l'air.
Forces de sécurité. PM, pour vous autres.
- À bientôt. - Oui.
Désolé.
Pourquoi? J'ai parlé.
T'as dit pourquoi tu t'es engagée,
mais pas pourquoi t'es ici, et c'est tout l'intérêt.
Si tu viens pas pour partager,
j'aurai pas d'autre choix que d'informer le tribunal
que t'as pas suivi la thérapie.
Désolé.
Je comprends pourquoi tu veux te rengager.
Mais t'as tort.
On a pas tous un criss de foyer où retourner.
Vous m'écoutez?
Vous pouvez répéter?
On a retrouvé votre grand-père.
Il déambulait.
Il semblait perdu. Heureusement que quelqu'un l'a ramené.
Ouais, c'est Kwan. C'est notre voisine. C'est déjà arrivé.
Non, cette fois, Dale a été retrouvé sur le bord de l'autoroute 8.
C'était la police.
Écoutez. On a fait des tests.
J'ai diagnostiqué un Alzheimer précoce.
Je suis désolé.
Un homme n'a même plus le droit de se promener sur son terrain.
T'étais pas sur ton terrain.
T'étais sur l'autoroute 8.
- Et avant ça, t'étais chez Kwan. - Qui?
Voilà.
Je sais qui est Kwan. Tu l'as juste mal prononcé.
- Comment tu le prononces, toi? - Kwan.
Kwan. Je vois pas la différence.
- C'est quoi ce truc? - Un iPod, ça joue de la musique.
J'ai vu des radios dans les poubelles qui semblaient plus performantes.
Dale est drôle.
Je t'aide à rentrer?
J'ai pas besoin d'aide.
- T'es sûr que tout va bien? - Je vais plus que bien.
Tu vas pas l'aider?
Non.
Tu l'as entendu.
Il va plus que bien.
Salut, Merit.
Pas très bavarde, hein?
- Les autres parlent assez. - Je parlais du groupe.
C'est un peu le but.
De parler, d'écouter.
De ne pas être seule.
C'est pas si simple.
J'ai pas dit que ça l'était.
Tu crois que ça l'est pour qui que ce soit?
Non, je…
Je sais même pas si je devrais être là.
Il ne s'agit pas de toi.
Il y a d'autres personnes là-bas qui ont besoin de ton attention.
Si tu ne parles pas ouvertement pourquoi le feraient-ils?
J'ai été rapatrié du Vietnam en novembre 1968.
On m'a tiré dessus, j'ai failli perdre mon bras.
Et j'ai été seul pendant une dizaine d'années.
Avec de l'automédication.
Je pensais à l'époque être fort et silencieux.
Ce n'est qu'en 1978 que j'ai commencé à en parler.
Avec tout mon respect,
être blessé est différent de perdre quelqu'un.
Je sais pas ce qui t'est arrivé, Merit,
ce que t'as perdu, qui t'as perdu,
mais le comportement qui t'a amené jusqu'à moi
n'est pas celui d'une personne guérie.
C'était un accident.
T'as renversé une cargaison de télés et t'as failli écraser un collègue.
Le gars à l'entrepôt était en criss.
Le tribunal dit que c'est une négligence criminelle.
- Personne n'est mort. - Quoi?
Je sais que tu penses être au-dessus de ça,
mais,
le courage, c'est d'aller de l'avant, c'est pas d'être indifférent.
De quoi as-tu si peur de parler?
Je peux pas.
Si tu participes pas, je signe pas et tu retournes au tribunal.
T'auras une amende. T'iras peut-être même en prison.
À ta place,
je réfléchirais très sérieusement
au prix que ça coûte de vivre dans le passé.
Je dis ça, je dis rien.
Mon Dieu, cette merde me tue.
On est mécaniciennes, pas femmes de ménage.
Bienvenue dans l'armée.
T'as réfléchi aux programmes super cool que je t'ai proposés?
Quoi?
En fait…
J'ai été acceptée.
Dans l'Oregon.
Génial.
Merci.
Au fait,
mon cousin
a une job pour moi quand je partirai.
- C'est cool. - Ton cousin? Lequel?
Pourquoi tu m'as rien dit?
Je sais pas Zoe, je…
J'avais peur de ta réaction.
Vu que t'aimes pas l'université.
J'adore l'université. C'est un endroit génial.
- Plein de riches et d'âmes sensibles. - C'est ça.
- Je suis ni l'un ni l'autre. - OK.
- Tu veux mon avis? - Vas-y.
T'aimes pas qu'on parle de la vie après l'armée.
- Tu crois? - Oui.
Eh bien.
Je me suis mal exprimée, je suis fière de toi.
Je suis heureuse pour toi. Bravo.
Salut.
Ta mère t'a appelé.
Encore.
Je la rappellerais pas à ta place.
Tu l'as déposé? Qu'est-ce qui va pas chez toi?
- Maman… - Tu y retournes pour m'aider à vendre.
J'ai déjà contacté un agent immobilier.
Quoi? Papy y vit encore.
C'était bon tant qu'il allait bien, mais c'est plus le cas.
Il va vivre où?
Il ira en maison de retraite. J'ai commencé les démarches.
On n'a pas le choix, Merit. Il a besoin d'aide.
- Je peux pas. - Je comprends pas.
- Y a pas de thérapie au chalet. - Tu passais tout ton temps avec lui.
J'ignorais qu'il vivait sur un plateau de film d'horreur.
Laquelle d'entre nous mourra en premier?
Bon, d'un côté, t'es noire.
Vous mourrez vite dans ces films. Mais moi, je suis déjà morte.
Il faut que t'arrêtes.
Quoi? L'Oregon n'est pas connu pour ses tueurs en série?
Randall Woodeld, le bandit de l'I-5.
Dayton Leroy Rogers, le tueur de la forêt de Molalla.
- T'as vraiment un problème. - Ou c'est toi.
Ces films commencent toujours comme ça.
Y a des abeilles là-bas.
C'est si sécuritaire. Je me sens en sécurité.
Papy?
Ta grand-mère est jolie.
Oui, elle l'était.
Tu parles pas de ton père.
Il est mort.
Un cancer, quand j'avais sept ans.
Eh bien, tu devrais parler plus souvent de tes proches décédés.
C'est original de ranger le lait ici.
Hé, j'ai trouvé ton grand-père.
Hé.
Salut.
- Salut. - Tu t'en sors très bien.
Si c'est pour les funérailles de ta grand-mère, t'as 10 mois de retard.
- Je suis là pour te voir. - Non, pour me surveiller.
C'est ta mère qui t'envoie.
Je suis là pour te voir.
Et elle t'a tellement culpabilisée que t'as même pas fait tes valises.
On a oublié le dentifrice.
- Je me trompe? - Je, euh…
J'ai parlé à maman, mais je suis là parce que j'en ai envie.
Désolée d'être partie l'autre jour.
À l'étage.
Deuxième porte à droite.
Au cas où t'as oublié.
Cette maison est terrifiante. J'ai vu une chauve-souris, je te jure.
- Ton grand-père est du genre sérieux. - Oui, il rigole pas.
Non, réponds pas, c'est toujours des mauvaises nouvelles.
Allô.
T'as manqué la séance ce soir.
Oui.
Ouais, je sais pas quoi te dire. Je suis avec mon grand-père.
Il a un Alzheimer précoce. Je dois rester avec lui, il vit seul…
Il te reste que deux séances.
On a tous des problèmes, Merit.
Mais t'as pas à les affronter seule.
SOIS FIDÈLE À TOI-MÊME
- Il est obsédé par toi. - Arrête.
- Toujours aussi irrésistible. - Arrête.
Irrésistible!
CIMETIÈRE COMMÉMORATIF MOLALLA 1882
MARINE SECONDE GUERRE MONDIALE
Verl. Eh ben, quel nom.
De 1927 à 1944. Ça lui donne quel âge?
Dix-sept ans.
Sûrement mort le jour J.
- Belle bataille pour mourir, Verl. - Dis pas ça.
Je peux rire des morts. Je suis une des leurs.
- C'est quoi? - Peu importe, laisse tomber.
J'ai dit de laisser tomber.
Oh, désolé.
- Tu fous quoi? - Tu m'as fait peur.
C'est un cimetière.
Oui, merci pour cette remarque.
Tes nuisances sonores dérangent les visiteurs.
Y a un seul visiteur et c'est peut-être lui qui me dérange.
- Écoute, mon gars. - Je m'appelle Alex.
- Il est même pas 8 h. - Désolé, je t'ai réveillée?
Tu dormais derrière une tombe ou quoi?
Le matin, avant le travail, c'est mon seul temps libre, d'accord?
Tu désherbes et tu travailles pas ici?
Mes grands-parents sont enterrés là.
Je descends d'une des premières familles indiennes de Portland.
Si tu trouves pas cool que ma Thatha et mon Patti soient ici, t'es raciste.
Je niaise. Ces pissenlits poussent comme de mauvaises herbes.
Parce que c'en est.
J'ai nettoyé les tombes de mes grands-parents,
mais les autres étaient mal entretenues et j'aime que ce soit propre.
Puis tu t'es mise à me crier dessus.
- C'est… - Altruiste?
- Serviable. - Très altruiste.
Étrangement serviable.
Tu devrais en acheter un silencieux. C'est plus écolo.
C'est vrai. Merci du conseil, inconnue.
- Merit. - Merit.
Dépêche, championne.
OK. Bonne course.
Un silencieux!
Je vous présente l'invité du jour.
Bill Stokes est l'auteur du Manuel de conservation des oiseaux.
Il est aussi ornithologue à l'Oregon Songbird Initiave.
Vous habitez à Portland. Merci d'être venu.
- Merci, Tessa. - Parlons des oiseaux de votre livre.
Un coup de main?
Non.
Tu me diras qu'il faut le remplacer.
C'est pas ce que fait ta génération?
Vous remplacez au lieu de réparer.
Je sais pas pour ma génération, mais une Bravo 63 peut tout réparer.
Voilà.
Eh ben, tu sais montrer ton affection.
Bon, puisque t'es là.
Le papier va dans la six, d'accord?
On vit pas en ville. On trie nos déchets nous-mêmes.
Le papier…
va dans la numéro six.
Le métal va dans la une, puis le compost,
le plastique, les combustibles,
les déchets et le papier dans la six.
Métal, compost, plastique, combustibles, déchets, papiers.
- Compris? - Oui.
Vraiment?
Parce que moi, non.
La petite sert à quoi? C'est un mystère?
D'accord, maman, j'arrive.
MAMAN: FAIS VITE ET APPELLE-MOI
Oui, oui.
MAISON DE RETRAITE SHADY ACRES
Bonjour, désolée du retard. Ma mère a appelé pour Dale Tillman.
Il fallait venir signer.
Où sont les bonbons sans sucre? On avait…
Oh, salut. Euh, c'était "l'inconnue", c'est ça?
- Merit. - Merit!
- Alex? - Oui. Tu t'en es souvenue.
- Tu travailles ici? - Oui.
L'établissement est à ma famille.
Ils ont pas voulu d'un hôtel parce que mon père s'est dit:
"L'aide aux personnes âgées, c'est un placement sûr."
On aurait dit Yoda. Je sais pas pourquoi j'ai fait ça.
Tu veux voir la chambre?
Les gens veulent la voir d'habitude?
Oui, sauf s'ils détestent leurs parents.
Dans ces cas-là, ils les déposent sur le trottoir.
- D'accord. - D'accord, merci.
C'est par ici. Docteur Castro, comment allez-vous?
Alors…
- Est-ce que c'est… - C'est juste ici.
Nous y voilà.
Le placard, la salle de bains et la chambre est au fond.
- Les gens signent sur-le-champ? - La demande est forte.
Ma mère dit que c'est plus sélectif que Yale.
Elle y est allée?
J'ai une question.
Vas-y.
Cet endroit est bien?
Beaucoup de gens aimeraient vivre ici.
Mon grand-père est particulier.
Ma grand-mère…
Quand elle est morte, ça l'a changé.
Pas en pire, mais…
pas en meilleur.
Quand on perd quelqu'un…
on se perd aussi un peu.
Et tu veux savoir s'il sentira ici chez lui.
- Oui. - C'est une décision difficile.
Prends le temps d'y réfléchir.
Et je suis pas censé faire ça, mais je vais te garder la chambre.
- Vraiment? - Oui.
Comme Yale, on a une liste de favoris.
- T'as peur de ma mère. - Oui.
Merci.
Je sais que t'aimes pas le bruit et les gens,
mais je vais parfois dans un bar, le Wild Horse.
Parfois, comme ce soir.
Vers huit heures.
D'accord.
D'accord.
T'envisages vraiment de lui faire quitter cet endroit?
C'est quoi ce bordel?
Papy?
Ça va?
Pas, vraiment, non.
Le papier va dans la six.
Métal, compost, plastique, combustibles, déchets, papiers.
C'est si difficile?
C'est impossible à retenir?
Tu sais, tu viens ici,
tu manges ma nourriture, t'utilises mon eau.
Très bien. Mais j'arrive pas à croire qu'on était dans le même corps d'armée.
L'armée aurait dû t'apprendre le respect.
Tu crois que je suis fou?
Ta mère le pense. Très bien!
Mais tant que tu vivras sous mon toit, les papiers vont dans la six!
Nettoie ça!
Le plastique va où déjà?
J'ai lu que les vétérans souffraient de SSPT,
mais ton grand-père, lui, il le provoque chez les autres.
- T'es sûre de toi? - Il est juste fâché.
Mais il me fera pas fuir.
Pa…
Tout va bien?
C'est un peu compliqué
ce système de tri.
Alors, cette mangeoire?
Ça avance.
Tu vas vraiment voir le désherbeur?
J'ai pensé que ce serait…
bien de…
sortir un peu.
T'en as marre de moi?
C'est juste ce soir.
Et si c'est un tueur?
Il m'aurait tué quand on était seuls. Dans le cimetière.
C'est juste ce soir, promis.
Juste ce soir.
Nous prévoyons du soleil au Mont Hood aujourd'hui.
- Vraiment? - Oui, on le voit à l'écriture.
Le duo de choc.
- Salut, Ramirez. - Va chier, Lewis.
- Quoi de neuf? - RAS.
On est en niveau de menace orange.
On parle d'un tireur embusqué.
- On n'a rien vu. - Comme le croque-mitaine.
Ça va aller pour deux filles?
- Écoutez. - Reparle-lui comme ça
et tu vas regretter d'avoir survécu.
Qu'est-ce que tu viens de me dire?
Viens me voir après ton quart.
Bye, Ramirez.
T'étais pas obligée.
C'est un con.
En tout cas…
Alors…
ton cousin.
Il va vivre en Floride.
Tu comptes y aller aussi?
Et dire adieu à tout ça?
Ouais. C'est pas comme si t'allais te rengager.
Je sais pas, peut-être.
Pourquoi tu ferais ça?
Peut-être parce que c'est une possibilité réaliste.
Quand tu parles de tes grands-parents, je me dis:
"Elle a une maison, elle a une famille, elle a…
une vie pleine de sens à retrouver," tu vois?
Quand tu passes ces tests, tu penses pas au prix.
À combien ça coûterait de devenir artiste ou psychologue.
Tu veux devenir artiste ou psychologue?
- Tu pourrais… - Non, Merit.
Je suis pas favorisée.
- Et moi? Une femme noire en Amérique. - Avec un chalet au lac.
Il est à mes grands-parents, pas à moi.
C'est quand même un chalet.
Je trouverai une solution.
- Tu trouves déjà pas une cible. - La ferme.
Salut.
Salut. Je pensais pas que tu…
- Tu veux t'asseoir? - Oui.
Désolé, j'ai déjà commandé. Je…
Je suis pessimiste.
- Moi aussi. - Ouais.
J'avais peur que ce soit trop beau pour être vrai,
dans mon travail, les femmes à qui je parle
se souviennent d'où elles étaient durant le Débarquement.
T'as déjà joué à Buck Hunter?
Non.
Et de un, et de deux.
Et de trois. Excellent! C'est un nouveau record!
Si j'avais su qu'étais tireur d'élite, je me serais apprêté.
- Mécanicienne de véhicules légers. - Une militaire, tout s'explique.
C'est drôle parce qu'aujourd'hui, j'ai parlé à une femme
qui a rédigé la doctrine Truman.
Comment pourrais-je rivaliser?
Pourquoi tu t'es engagée?
Grâce à mon grand-père.
- Notre futur résident. - C'est ça.
Retraité depuis 22 ans, il était lieutenant-colonel.
Deux missions au Vietnam.
Il me laissait jouer avec ses médailles et ses écussons.
Il me racontait une histoire sur chacun d'entre eux.
J'en parlais l'autre fois.
Mais chaque 4 juillet,
on visitait mes grands-parents
et on allait en ville pour Music in the Park.
Et l'orchestre local jouait l'hymne de la bataille.
Ouais, et tu te lèves.
Chaque année, mon grand-père se levait de sur sa chaise pliante
et levait son chapeau
à tout le monde.
- C'est trop cool. - Ouais.
Qui t'a appris ça? La dame de la doctrine Truman?
Non, elle sait pas chanter.
Tu devrais la voir à la soirée karaoké. C'est horrible.
Mes parents, quant à eux,
ont redoublé d'efforts pour être américains.
Alors on fait toutes les fêtes, et mon père adore les feux d'artifice
et les hot-dogs.
Si on pouvait mettre un feu d'artifice dans du pain, il capoterait.
- Voyons ce que je peux faire. Prête? - Prête.
Oh, non, il s'est enfui. Visez mieux que ça.
Il vous faut des lunettes.
- D'accord. Donc, zéro cerf. - Eh bien…
- Je tire à côté, je suis un pacifiste. - C'est ça.
Faut les aider à se disperser.
T'es bien meilleure que moi.
- Parce que t'es un pacifiste. - En effet.
Alors…
- Un cocktail? - Oui, ils doivent être prêts.
La nourriture, probablement pas. Il faudra attendre demain.
Bonne soirée.
Zeke, t'as vu Merit?
Non, désolé, docteur.
T'as toujours vécu à Molalla?
Molalla? Oui, je suis né et j'ai grandi ici.
Et puis mon père voulait que je reprenne l'entreprise familiale, le Shady Acres.
Mais j'ai déménagé quand je me suis marié.
Quand tu… quoi?
J'étais marié. Étais.
Pendant six ans.
Marié six ans ou divorcé depuis six ans?
- Les deux. - Ça fait beaucoup de temps.
Désolée.
- Parler du passé te rend nerveux? - Non.
Non, le passé me rend pas nerveux.
C'est toi qui me rends nerveux, alors…
Les Indiens sont pas censés divorcer.
C'est pas dans le contrat.
J'avais tellement honte.
J'avais l'impression d'avoir échoué dans mon mariage, et…
ça a eu un gros impact sur moi et…
Puis j'ai commencé à en parler.
Et ça m'a aidé.
Les choses sont pas parfaites. J'ai un SSPT de mariage. Je l'entends…
- Désolé. J'ai manqué de tact. - Non.
- C'est rien. - Non, j'aurais pas dû dire ça.
C'est bon, l'armée n'a pas le monopole du SSPT.
Mais c'est vrai qu'on est les meilleurs dans ce domaine.
Et toi, alors? T'as des histoires de guerre?
Ouais.
Ouais, j'en ai.
Euh…
Je suis la troisième roue.
Oui, j'en ai.
Quand j'étais en Afghanistan,
ou plutôt, quand je suis revenue.
Oui.
Ma…
Merit, tout va bien. Ça va aller?
- Ça va? - Euh…
Désolé, je voulais pas…
- C'est rien. - Je dois y aller.
- C'était quoi, ça? - Quoi?
Pourquoi t'as tout gâché?
Zoe!
- C'est le premier jour depuis… - Depuis quoi?
Depuis que t'as vécu un traumatisme?
Dégage, Zoe.
Dégage, câlisse!
Merit, t'as jamais eu d'humour.
Oh, mon Dieu! Papy!
- Papy! Oh, mon Dieu! Hé! - Quoi?
- Qu'est-ce qui s'est passé? - Euh…
- Mon Dieu, tu saignes. - Ça va.
- T'es sûr? Tu peux te lever? - Oui.
J'avais juste pas envie.
- T'étais où? - J'étais sortie.
J'avais besoin de toi ici.
- Attends. - C'est bon, ça va.
Ça va.
Je vais bien.
Heureusement que quelqu'un était là pour te faire rentrer.
ENTRÉE PRINCIPALE
Dr. Frank, vous avez un appel sur la ligne trois.
- Salut, maman. - Salut, chérie. Quoi de neuf?
Rien. Euh…
On regarde les oies au bord du lac avec papy.
Je suis contente que t'aies du temps.
Je pensais que l'agent immobilier pourrait passer cet après-midi à 2 h.
Ouais.
Veuillez laisser un message…
Quand on s'est rencontrés, j'étais sûr que tu réussirais, Merit.
C'est jamais trop tard pour être surpris.
- Merit, t'es là? - Oui.
OK, très bien. Alors 2 h, d'accord?
Merci, chérie. À 2 h. Au revoir.
C'est une belle journée.
On devrait sortir le ponton pour prendre le soleil.
Je dois réparer la mangeoire.
On peut aller en ville pour en acheter une nouvelle.
J'ai ce qu'il me faut.
- Pas une nouvelle… - Ça serait de la folie.
Des pièces?
C'est quoi, ça?
C'est un iPod. Tu te souviens?
Ça joue de la musique. Passe-le-moi.
J'ai mis des chansons pour toi.
Pas mal.
J'ai vu des radios dans les poubelles qui semblaient plus performantes
pour jouer de la musique.
MAMAN: L'AGENT VIENT À 2 H SORS PAPY DE LA MAISON
- Tu es sûr pour le ponton? - Oui.
Ton grand-père range des trucs n'importe où.
Oh, c'est expiré depuis 2012.
Mais je le mangerais.
Mon abuelo était aussi très têtu.
- T'as pas besoin de… - Non, vraiment.
Il adorait ses petits enfants,
mais il nous disait toujours non. On va au cinéma? Non.
Manger des glaces? Non.
Il faisait même pas ce que lui voulait.
Un jour, j'ai volé un magazine à la bibliothèque,
"100 choses amusantes à faire avec vos petits-enfants"
et je l'ai mis dans notre boîte aux lettres.
Ça a marché comme sur des roulettes. On a eu des glaces.
Zoe, t'es un génie!
Merci.
Attends, pourquoi?
Mon abuelo était stupide et c'était une glace, ça marchera pas.
Si, ça va marcher.
Faut juste lui faire croire que cette glace, c'est son idée.
On pourra aller en manger des glaces? On en parle tellement que j'en veux.
Qu'est-ce que c'est que ça, encore?
Câlisse, Merit. Qu'est-ce que…
- Il arrive! - C'est le but.
Tu vas le noyer!
Et voilà.
Ce serait dommage de gâcher une si belle journée.
Va sur ton siège.
Surveille les rochers.
Reçu cinq sur cinq.
Alors, c'est quoi le plan?
- Le plan? - Ouais.
Je suis sûr que vous manigancez un truc avec ta mère.
Elle s'inquiète pour toi.
Et toi?
Je veux juste ton bonheur.
Je voulais te parler du chalet.
Tu sais, ta grand-mère adorait ce lac.
Surtout en hiver. Elle trouvait que c'était plus beau.
Moi, je préfère l'été.
Elle disait qu'il faisait chaud.
"C'était pas assez humide au Vietnam?"
C'était sa seule blague sur le Vietnam.
Voilà à quoi je pense maintenant
quand il fait aussi beau.
C'est pour ça que ton petit cul a passé tous ces étés ici.
Tu parlais pas beaucoup.
T'étais aux aguets pour les rochers. La partenaire de pêche parfaite.
J'adorais ça.
J'adore encore
être ici.
Pourquoi t'es pas venue avant?
Je pensais que tu viendrais pendant les derniers jours de ta grand-mère.
À ses funérailles.
Lui dis pas.
Je devais régler des problèmes…
de là-bas.
Laisse-moi deviner.
SSPT?
Vous, les vétérans de l'Irak et de l'Afghanistan, votre génération,
vous blâmez toujours quelque chose ou quelqu'un d'autre.
Nous, on n'avait pas de SSPT sur lequel rejeter nos responsabilités.
Appelle ça stress du combat, peu importe.
Me dis pas "peu importe". Nos guerres étaient différentes.
J'ai lu que les gens font la queue à l'aéroport
pour vous saluer quand vous rentrez après votre service.
C'est vrai? Ça s'est passé comme ça?
Tu sais, moi,
j'ai dû changer d'uniforme à SFO dans des toilettes publiques.
Et on m'a craché dessus.
Avec mes cheveux courts et mon sac,
j'étais un "tueur de bébés" pour eux.
Je savais pas. T'en as jamais parlé.
Pourquoi en parler? Pourquoi t'infliger ça?
C'est ce que fait un soldat.
Il fait ce que personne d'autre ne veut faire.
Et il prend sur lui.
Eh bien, c'est ce que je fais.
Crois-moi.
On est là les uns pour les autres.
Entre vétérans.
J'ai peut-être pas parlé de ma guerre avec vous,
mais j'en ai parlé au VFW.
J'ai amené ta mère aux soirées bingo quand elle était petite.
Elle devait prendre ça au sérieux. Elle avait quatre grilles.
Elle chialait parce qu'on parlait trop.
J'aurais dû être là.
OK, prends les commandes et ramène-nous.
Oui, monsieur.
Merci.
Tu manges pas que des trucs sans gluten?
Parce que je vis en ville?
- Je suis toujours ta petite-fille. - Il faut parler plus fort, chérie.
Tout le monde parle si doucement de nos jours. Mon Dieu.
La célébration du 4 juillet et l'expo d'artisanat ont lieu demain.
- Tu veux dire l'expo de babioles. - Je sais que t'as tout ici, mais…
On peut aller au stand de Roy Purdy.
Il doit avoir des pièces pour la mangeoire.
- Peut-être. - Je pourrais conduire.
Demain à la première heure.
Je vais me coucher.
J'ai pas faim.
THÉRAPIE DE GROUPE
Salut. Je suis Richard, semper fi. J'étais lieutenant de marine au Vietnam.
- Commandant de peloton. - Commandant, chirurgien.
- Je travaille à St. John's. - Armée de terre, sergent-chef, OIF1.
J'ai été déployée deux fois en Irak et une fois en Afghanistan,
et maintenant je suis enseignante.
Je fais une maîtrise en administration pour prouver qu'on est pas tous cons.
Je travaille dans la finance, mais je haïs ça.
Alors, j'ai essayé de trouver quelque chose que j'aime.
J'aime la comédie, alors j'ai essayé.
Militaire et Asiatique, c'est pareil, les gens disent qu'on se ressemble tous.
Le monde se fait une idée de nous quand on dit qu'on est vétéran.
J'ai essayé d'être vulnérable et de parler à mes amis, mais…
Je peux pas leur parler des choses que j'ai faites ou…
Entendre parler d'Irak et d'Afghanistan a fait ressurgir de vieux souvenirs.
Je voulais donc les partager avec vous et…
J'ai perdu plus de gars chez moi qu'en Irak.
Merci, James.
- Salut. - Salut.
Désolée, j'ai pas répondu pour la chambre.
Non, c'est bon, t'as encore deux jours. J'appelais pas pour ça.
Je prenais juste de tes nouvelles, soldat,
- parce qu'hier soir… - Oui, euh…
Oui, je suis désolée. Je sais pas…
Je suis un homme indulgent et noble. Alors, oublie tout ça.
Oui, et attentionné.
Et je suis aussi beau et je fais mes impôts
à temps, en général, donc…
Euh…
Quand est-ce qu'on se revoit?
Tu vas à la fête du 4 juillet?
Oui, enfin j'espère.
Ouais? OK, merci d'avoir décroché.
- Bonne nuit, Merit. - Bonne nuit.
Câlisse.
Tu m'as fait peur, Zoe.
Je suis ton ombre.
Je peux être que là.
Hé, euh…
La prochaine fois que tu veux lui parler de moi,
parle-lui plutôt de tes projets pour lui.
Que tu vas lui faire quitter sa maison, son bateau et ses oiseaux,
et l'enfermer dans un purgatoire pour septuagénaires
où il mourra seul et perdu.
Espèce de lâche.
T'as d'autres chansons là-dessus?
Oui, monsieur.
Bon, OK. Celle-là est bonne.
C'est Roy.
Bon sang, c'est toi, Dale?
En effet. Comment ça va, Roy?
- Pas de quoi se plaindre. - C'est bon de te revoir.
On t'a pas vu depuis le décès d'Angela.
Tu tiens le coup?
- Ça va, je vais bien. - Ouais?
J'ai besoin de matériel pour une vieille mangeoire à pinson.
Je l'ai depuis des années, elle ne tient plus.
- T'en veux pas une nouvelle? - T'as quoi?
- Mais t'as dit… - Chut.
- Tu dois être… - Merit.
- Merit! - Ma petite fille, elle vit en ville.
J'y crois pas. La dernière fois que je t'ai vue, t'étais haute comme ça
et tu jouais avec des GI Joes.
- Qu'est-ce que tu fais? - Pas grand-chose.
Elle était en Afghanistan.
Mécanicienne de véhicules légers
dans un avant-poste près du Pakistan.
Elle montait la garde pour des soldats du 10e régiment de montagne.
L'armée est dirigée par des idiots de nos jours.
Merci pour ton service. Bon retour à la maison.
Merci.
Celle-là coûte combien?
Quarante dollars. Mais ce sera 50 pour toi.
D'accord, on la prend.
T'as de l'argent?
Ouais, je crois.
- C'était un plaisir. - Pour moi aussi.
- Quarante. - Quarante?
Il te fait payer?
Il sait pas que t'es fauchée?
Le programme se poursuit avec un hommage aux anciens combattants de notre pays.
Comme le veut la tradition, si vous avez servi ou si vous servez,
veuillez vous lever quand vous entendrez l'hymne de votre corps d'armée.
Ça te va ici?
Ça me va.
Hé, Merit!
- Salut! - Ça va, l'inconnue.
- Salut. - T'as l'air… Salut.
- Vous devez être le colonel. - Lieutenant-colonel. Retraité.
- Vous êtes? - Enchanté, je suis Alex.
Directeur de la maison de retraite Shady Acres.
Pardon, vous avez dit?
C'est une maison de retraite?
Je, euh…
Comment vous connaissez-vous?
Eh bien, on s'est rencontrés…
- Papy… - Traître.
- Merde! - Pardon, je savais pas.
Évidemment!
Tu devrais pas lui laisser un peu d'espace?
- Quoi? - T'étais douée pour ça.
Zoe, laisse-moi passer.
Papy!
Papy!
Retourne à l'intérieur! T'es folle? Arrête ça!
Retourne à l'intérieur, tout de suite!
Non!
Maman?
- Je… Papy… - Il est là. T'inquiète pas.
- Il est là? - Il s'est couché. Il se repose.
Dieu merci!
Je suis désolée.
Écoute-moi, maman. Il s'est énervé.
- Tout est allé vite. Il est parti… - C'est bon.
C'est bon.
On en parlera demain.
Tu vas répondre?
Je réponds.
S-O-G, ici ECP1. RAS, terminé.
Je sais pourquoi tu veux te rengager.
Mais t'as tort.
Pourquoi?
Tu dis qu'on est des stormtroopers dupés par le colonialisme moderne.
C'est pas faux.
Et tu pourrais, je ne sais pas, mourir?
J'espère mourir dans une grande explosion.
Va chier.
L'intello dit des gros mots.
J'ai une question pour toi.
Tu crois qu'on serait
amies, chez nous?
C'est où chez toi? T'en parles jamais.
Réponds. Tu crois qu'on serait amies?
- Évidemment! - Comment ça fonctionnerait?
Sérieusement, comment? On se verrait une fois par an, puis…
on s'appellerait
pour éventuellement en venir à aimer nos postes Facebook.
Ouais.
Pourquoi pas? On fait ce qu'on veut. Les amitiés évoluent.
Pourquoi tu demandes tout?
J'essaie d'être réaliste.
T'es incapable de t'expliquer.
Je me suis expliquée, je te l'ai dit.
- On a pas tous un foyer heureux. - C'est des excuses, Zoe.
- Sois honnête. - Sur quoi?
T'as peur!
T'as peur de ce qui arrive ensuite.
Tu veux savoir d'où viendra ton repas et qu'on te dise quoi faire.
OK.
- Tu crois que j'ai peur. - Que t'es terrifiée.
Tu fais quoi? Tu vas où?
Ça t'intéresse?
Zoe!
Arrête!
Zoe!
Maman avait raison, tu les nourris trop.
Toi, ta mère, Merit, vous savez tous ce qui est mieux pour moi.
- C'est vrai qu'ils sont gros. - Ils sont énormes.
C'est génial d'avoir toi et ta maman ici, ma chérie.
Maman n'est pas là.
Pendant 22 ans, avec ta mère, on a été là où l'armée nous envoyait.
Puis on a acheté cet endroit.
Ensemble.
Ta mère voulait qu'il reste dans la famille.
- Je t'ai dit… - Je vais pas la décevoir.
Je bouge pas tant que je suis vivant.
- Maman… - Quand l'hôpital m'a appelée
pour les médicaments de ton papy,
j'ai dit que j'étais heureuse que tu sois là en tant que proxy.
Quand ils m'ont dit que t'étais là parce qu'il est tombé,
j'ai dit: "Je sais, elle me l'a dit."
- Maman. - Tu m'as menti.
Ton grand-père peut pas vivre seul.
Je t'aime, Merit.
Mais t'as foutu le bordel.
Qu'est-ce qui va pas chez toi? Arrête!
Rentre tout de suite!
Tu vas nous faire tuer!
- Rentre! - Non!
Pourquoi t'agis comme si ta vie valait rien?
- C'est le cas. - Non, c'est faux. Arrête!
- Pourquoi? - Parce que je t'aime et je tiens à toi.
Zoe.
T'es une personne géniale,
t'as toute ta vie devant toi et tu le vois même pas.
Quelle vie?
On va tout arranger.
On va arranger les choses.
OK?
Après l'armée.
On trouvera une solution.
Je te le promets.
Zoe!
T'avais promis.
Tu l'as pas dit?
Toi et moi, ensemble?
Je me suis pas rengagée à cause de toi.
Je t'ai crue.
Je sais.
Je sais. Je suis désolée.
Désolée de t'avoir convaincue de pas te rengager.
Désolée de pas avoir vu que t'allais si mal.
Et je suis vraiment désolée
de ne pas avoir décroché.
Au nom du président, de l'armée et d'une nation reconnaissante,
acceptez ce drapeau, symbole de notre reconnaissance
pour le service de votre proche.
Je me déteste. Je m'en veux tellement.
Tu…
Dis-le.
Tu serais encore en vie sans moi.
Tu peux pas en parler.
Je sais, et ça me détruit, Zoe.
Ça me détruit complètement. Je dois en parler.
Si tu leur dis,
tu me perdras pour toujours.
Et je te pardonnerais jamais.
Toi, non…
mais Zoe l'aurait fait.
Maman!
- Ne signe pas ça. - Qu'est-ce que tu fais?
Désolée, mais je peux pas te laisser faire.
- Salut. - Salut.
Je peux te parler?
- Ouais. - Juste là?
Je te promets de t'expliquer, mais ne signe pas, s'il te plaît.
- Salut, désolée… - Quoi?
Écoute, je sais…
Je suis désolée. Pour tout.
- Au bar. - Au bar?
Désolé pour le parc, je savais pas.
T'inquiète pas pour ça. J'aurais dû te prévenir.
Mais merci.
Je traverse beaucoup de choses en ce moment, mais je vais m'en sortir.
- Ouais. - Alors…
- Tu me redonnes une chance? - Sois pas ridicule.
OK?
- Ta mère nous regarde. - Ah bon?
- Ah, oui, en effet. - Oui.
- OK, je vais… - Ouais.
Ouais. OK.
OK, maman, écoute.
Ne signe pas ces papiers.
T'aurais dû utiliser la Locte. Elle colle mieux.
Je l'aurais fait si elle était rangée à sa place.
Annonce-lui.
T'iras pas à Shady Acres.
Sans déconner.
Je voudrais vivre ici.
- Où? - Ici.
Avec toi.
Je peux t'aider avec la maison.
Je peux réparer des trucs, te conduire où tu veux.
Construire un rangement pour tes colles.
Tu devrais commencer par le chauffe-eau.
Avec tes longues douches, faut qu'il soit en parfait état.
C'est bon.
T'es sûre de toi?
Oui.
- OK. - Oh.
Je dois y aller.
J'ai tant de choses à vous dire,
mais je dois partir y aller, je fais vite.
- Elle va où? - J'en sais rien.
Non! Fait chier! S'il tombe encore en panne, je me tue.
- Et je ferais quoi sans toi? - Eh bien…
Tu auras ton propre parapluie.
- Franchement! - C'est bon!
Fais voir. Passe-le-moi.
Allez.
On était rentrés depuis quatre ans.
C'était un gars incroyable,
et le dernier qu'on penserait capables de…
Surpris de te voir.
C'est jamais trop tard pour être surpris.
- On verra. - Désolée, James.
C'est rien.
Tu veux…
T'es prête?
Je m'appelle Merit.
J'ai servi huit ans dans l'armée.
63 Bravo, mécanicienne de véhicules légers.
Déployée en Afghanistan en 2016.
Je suis ici…
non pas à cause d'un incident…
mais d'une personne.
Elle s'appelait Zoe.
CE FILM A ÉTÉ INSPIRÉ PAR MES DEUX COMPAGNONS DE PELOTON.
ILS ONT SURVÉCU À UNE GUERRE, PUIS PERDU UNE BATAILLE CONTRE LE SUICIDE.
C'est une sorte de protection, elle me rassure.
- Vous servez votre pays? - Oui, et j'en suis très fier.
AU COURS DES DEUX DÉCENNIES SUIVANT LE 11 SEPTEMBRE,
PLUS DE 127 000 VÉTÉRANS AMÉRICAINS SE SONT SUICIDÉS.
18 FOIS PLUS DE MORTS QU'EN IRAK ET EN AFGHANISTAN.
7/10 DE CES SUICIDES SONT DUS À DES ARMES À FEU.
EN 2019, CE TAUX DE SUICIDE A DIMINUÉ
GRÂCE AUX ORGANISATIONS DE VÉTÉRANS,
À UN MEILLEUR ACCÈS AUX SOINS DE SANTÉ MENTALE
ET À DES POLITIQUES PLUS INTELLIGENTES.
VOUS POUVEZ AIDER. PARTAGEZ CE FILM AVEC QUELQU'UN.
AIDEZ UNE DE CES ORGANISATIONS À BUT NON LUCRATIF APPROUVÉES.
Sous titres: PLINT Traduit par: Alexandra Dormoy
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