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Nicolino !
Fais tes lacets, tu vas tomber.
Non, papa !
Je suis content, papa.
C'est si beau !
- Tu allais faire quoi ? - Laisse-moi.
- Dis-moi ! - Laisse-moi.
Laisse-moi.
C'est pas grave.
C'est pas grave, calme-toi.
LA PRINCESSE DES PISCINES
SIXIÈME JOUR
Les tremblements, ça va ?
Oui, j'arrive à les contrôler.
Je vous ai fait venir pour vous montrer ça.
- Alors ? - C'est la vérité.
J'ai beaucoup péché.
Vous avez bien fait de me suspendre.
Je ne suis pas digne de mon habit.
Vos paroles me soulagent, mon père.
Mais j'aimerais savoir. Qui vous les a données ?
Peu importe.
C'est Pietromarchi ?
Votre Éminence, je m'étais juré
de garder un secret, mais je ne peux pas.
- Vous devez m'écouter. - Un secret ?
Votre Éminence,
j'ai été témoin d'un miracle.
Le Premier ministre, Fabrizio Pietromarchi...
- Notre Premier ministre... - Eh oui, lui.
Il m'a montré une statuette de la Vierge Marie.
Normale, en plastique.
De cette taille.
Pas très grande.
Elle pleure du sang.
Du sang humain. Des barils entiers.
C'est un miracle inimaginable,
qui défie les lois de la physique. Un miracle.
Vous ne me croyez pas ? Je ne suis pas très clair.
Mais c'est la vérité.
Vous n'en savez rien ?
Normal, ils la cachent.
Ils l'ont congelée, m'a dit Pietromarchi.
Mais à vérifier. Ils pourraient vouloir la détruire.
Si ce n'est déjà fait.
Vous avez bien fait de me convoquer, on va pouvoir agir.
Voici le père Osvald et le père Guillermo.
Ils sont là pour vous aider.
M'aider comment ?
J'ai oublié quelque chose au vestiaire.
Quoi, mon père ?
Quelque chose. Je reviens.
Mon père !
C'est à quelle heure ?
À 19h. On est sûrs qu'elle sera à l'heure ?
Oui.
L'équipe arrive à 17h pour l'installation.
Je n'ai pas pu lui en parler. Et toi ?
Non. Il ne vaut mieux pas.
- Évite d'être trop sur son dos. - D'accord.
Je vais à l'enterrement de Ricciardi.
- Tu le connaissais ? - Peu.
Je l'ai croisé à une réunion du syndicat des patrons.
Je m'en souviens vaguement.
OK, je te fais préparer quelques lignes.
Allons-y.
Je t'avais giflée avec ma bague.
Tu étais aux toilettes, tu m'avais énervée.
Je t'ai collé une gifle.
La pierre est partie, elle a fini dans la cuvette.
Je veux dire, c'est normal.
Les enfants te cherchent, ça part.
Tu sais ce que disait papi ?
Il faut frapper les enfants à heure fixe,
c'est forcément mérité.
Maman, la situation est un peu différente.
Tu es allée voir ce qu'on dit de moi sur Internet ?
Tu sais que je n'aime pas Internet.
"Tu frappes tes enfants, espèce de frustrée."
"Fais-toi niquer par 10 nègres, ça te passera."
"Enlevez-lui ses enfants."
Et ça, c'est pour toi.
"Comment on t'a élevée ? À mort les bourreaux d'enfants."
Arrête.
C'est de ta faute, je te l'ai toujours dit.
Ne me dis pas ça.
- Les gens comme nous... - Qui, nous ?
- Laisse-moi parler. - Je dis rien.
Les gens comme nous, qui ont acquis certains privilèges,
ne doivent pas les gâcher comme ça.
Tu avais tout. Pourquoi as-tu épousé un homme
aussi compliqué ? Tu as toujours été idéaliste.
Comme moi. Naïve et idéaliste.
Arrête.
Tu t'es entichée d'un beau révolutionnaire
et te voilà avec un homme politique.
Si tu m'aidais, plutôt ?
Tu n'en as toujours fait qu'à ta tête.
Occupe-toi juste des enfants.
Tu es inadaptée à ce monde.
Emmène-les à la campagne, c'est tout.
Il y a deux ans,
pourquoi n'as-tu pas divorcé quand tu le pouvais ?
Je vais te le dire. Tu es faible.
Tu as eu peur de rester seule, et surtout,
d'admettre que tu t'étais trompée.
Bonjour.
Dis bonjour à mamie.
Bonjour, mamie.
Alma, vous partez à la campagne.
Préparez vos affaires.
Papa vient ?
Peut-être, il est très occupé. Je vous rejoindrai.
Tu fais l'interview ?
- Oui. - Tu vas dire quoi ?
On verra bien.
À l'école, j'ai été chouchoutée.
La maîtresse m'a apporté des chocolats.
Et en classe, ils m'ont applaudie.
Bien. Maintenant, allez-y.
Et Olga est venue.
Elle voulait quoi ?
Je sais pas, j'étais en classe. Elle a vu Carlo.
Carlo, c'est vrai que tu as vu Olga à l'école ?
Elle t'a dit quoi ?
Rien. Elle m'a pris dans ses bras et elle m'a fait un tatouage.
Un tatouage ?
Oui, au stylo. Regarde.
Finis ton goûter et va retrouver mamie.
On l'effacera après.
Et si c'était important ?
Vous voulez pas me dire où on va ?
Vous êtes qui ?
Pas des prêtres.
Excusez-moi.
- Un instant. - Je cherche quelqu'un.
Olga Kulakova, un nom comme ça.
J'étais comment ?
Bien, mais les attaques commencent.
C'est-à-dire ?
Torrisi dit que tu es foutu,
réduit à faire les enterrements.
Et là-bas, ça va ?
Bien. Ils s'installent.
Alors, on annule ?
C'est du direct. Dans vingt minutes, c'est cuit.
Qu'est-ce qui se passe ?
Bon, Sole est sortie, on sait pas où elle est.
C'est quoi, cette histoire ? Vous l'avez appelée ?
Bien sûr, elle ne répond pas.
- Et le chauffeur ? - Elle est partie seule.
Ne t'inquiète pas, on va la trouver.
- D'accord ? - La voilà !
Elle est arrivée, je te rappelle.
- Bonsoir. - Bonsoir.
Enchantée, Laura Giannini.
Sole, viens voir.
J'ai réussi à avoir les questions, ça devrait donner ça.
- On les regarde ensemble ? - Oui.
Pour le maquillage, c'est quand vous voulez.
- La coiffeuse est là aussi. - Ça ira, merci.
Combien de temps pour me changer ?
Un quart d'heure, maximum.
Je vais aux toilettes. Attendez-moi ici, ne bougez pas.
Donne-moi les sous, tu m'avais promis.
J'ai dit à maman, pour Olga. Comme tu voulais.
Ça, c'est super bon, c'est au lait.
- Tu en veux ? - Oui.
On paie pas ?
On fait comme ça.
Tu défais rapidement, tu jettes le papier,
et tu mets tout dans la bouche.
C'est bon ?
Je peux l'enlever, maintenant ?
Après. Je te l'enlèverai.
C'est cher ou pas ?
Cher.
- Vraiment cher. - Mamie va me l'offrir.
- Tu le veux ? - Tu vas le voler ?
C'est interdit.
Manger du chocolat volé aussi.
C'est très facile. Regarde.
Si ça sonne, ne t'arrête pas.
Cours droit devant.
Vas-y.
Le monstre va te manger...
Arrête !
Et comment il fait ?
Il est à moi.
Alma, donne-le-moi, c'est le mien.
T'es trop petit !
Pourquoi tu as fait ça ? Il était à moi.
Je l'ai donné à la princesse des piscines.
C'est qui ?
Elle vit dans les piscines fermées.
- Je vois personne. - Bien sûr.
Pas en journée.
Elle sort que la nuit.
- Et mon cube, alors ? - Elle jouera avec.
Venez jouer à l'intérieur.
Tout a été filmé dans un magasin
par des passants.
Les réseaux sociaux ne vous ont pas épargnée.
Expliquez-nous ce qui s'est passé.
Ce jour-là, nous sommes allés dans un centre commercial.
Alma a fait un caprice, j'étais fatiguée, tendue.
Comme tous les enfants de son âge,
elle est allée trop loin.
Je n'aurais pas dû, je ne pensais pas être filmée,
ni que cette vidéo deviendrait virale.
J'ai appris qu'elle était même sur des sites de presse étrangère.
Je suis mère aussi, je vous comprends.
Qui n'a jamais perdu patience avec ses enfants ?
Mais, pour votre bonheur ou votre malheur,
vous n'êtes pas une mère ordinaire, mais un symbole.
Je n'ai pas à me justifier. Si vous espérez
que je me couvre la tête de cendre
pour demander pardon aux Italiens, vous vous trompez.
Vous vous sentez mise en accusation ?
Qu'est-ce que cette interview, sinon un procès en direct ?
Vous le savez, vous êtes venue pour ça.
Les spectateurs se fichent
de ce que je vais dire.
Ils veulent voir une bête traquée, assister à mon humiliation.
Mais la question n'est pas là.
L'instinct maternel est une invention.
Toutes les femmes ne l'ont pas.
Je ne l'avais pas, j'ai dû l'apprendre.
Manifestement, ça n'a pas été une réussite.
T'emballe pas...
L'impatience fait gagner le diable, comme on dit.
Tu vois, tu m'as déconcentré.
Regarde.
Tu la connais, cette fille ?
Non. Et toi ?
Moi non plus.
Allez, joue.
Si le fait d'être première dame
et de passer en prime time peut servir à quelque chose,
je voudrais dire aux femmes qui m'écoutent
qu'elles ne doivent pas avoir honte ni se sentir coupables,
comme ça a été mon cas.
Comme vous, j'aime follement mes enfants,
même si je ne suis pas la mère que j'aurais voulu être,
et mes enfants le savent.
Je ne suis pas adaptée aux exigences de la société.
Mais pourquoi serait-ce forcément un mal ?
Nous sommes toutes soumises à la pression
d'être ou ne pas être quelque chose.
Être mère, parler avec grâce, ne pas trop boire,
être trop fière, trop grosse, trop maigre.
Moi, j'admire le courage
de ceux qui s'engagent avec leur visage, leur corps.
De ceux qui s'exposent
pour trouver des solutions pour eux, pour les autres.
Et je hais les lâches
qui profèrent des insultes du fond de leur petit appartement.
C'est facile de donner des coups de griffe
en évitant le corps à corps. Très facile.
Vous ne fréquentez guère les réseaux sociaux ?
Pas par snobisme, par peur.
J'ai peur de presque tout.
D'entrer dans une pièce pleine d'inconnus, alors Facebook...
Pourtant, vous n'êtes pas une femme peureuse.
On connaît tous votre passé de pilote.
Seuls les pilotes idiots n'ont pas peur.
On peut avoir peur sans être lâche.
Le rallye m'a appris ça.
Quand on est au volant d'une voiture à 200 km/h,
on est seul avec sa peur.
Derrière chaque virage, c'est peut-être la fin.
Mais si on accepte de deviner la route,
au lieu de la voir,
alors, on s'en sort.
Eh bien, merci à la première dame Sole Pietromarchi...
Attendez.
Il n'y a qu'un être à qui je veux demander pardon,
je sais qu'il m'écoute.
Je sais que ta vie n'est pas facile,
je sais que tu ne dors pas la nuit.
Ce qui me déplaît,
c'est que mon comportement devienne un prétexte pour t'attaquer.
Tu es un homme juste.
Tu fais, avec courage, ce qui est le mieux pour ce pays.
Je te demande pardon, Fabrizio.
En tant qu'épouse,
en tant que citoyenne, moi qui suis ta première électrice.
Tu sais que je te dois tout.
- Anglaise ? - Italie.
Italia, pasta, pizza, Totti !
Totti champion.
Mon frère,
cinq ans à Milan.
Italie...
belles femmes.
Toi...
belle femme.
Monica Bellucci.
Et comment !
Bois.
Aux belles femmes italiennes.
Santé.
Frère !
De quoi tu te mêles ?
Elle veut pas de toi, tu piges pas ?
Je vais me la faire, cette pute.
Tu as vu les tweets ?
5 000 dès la fin de l'interview.
Et ça continue à arriver.
- Pardon. - Mon Dieu !
On m'a dit d'utiliser ces toilettes. Je m'en vais.
Excusez-moi encore.
Non, attends.
Ne t'en va pas.
Hôtel Capital, OK ?
Chérie, tu as été excellente.
Et je pèse mes mots. Tu as été...
efficace, convaincante.
Je suis désolé de m'en être pris à toi.
Je te demande pardon.
Tout ce que tu as dit...
ça m'a ému.
Il faut qu'on essaie d'être heureux à nouveau.
On en reparle quand j'arrive.
Je rentre.
Viens.
Allez, viens.
Laisse-moi !
Salaud !
Lâche-moi.
Fils de pute !
- Fous le camp ! - Je vais te tuer, bâtard !
Va te faire foutre !
Où tu vas ? Arrête-toi !
Je te jure, je vais te tuer !
Bonsoir.
Mamie !
Sous-titres : Valérie JULIA pour TELOS Adaptation
À suivre...
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