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Poulette, gallinette
Combien as-tu de plumettes ?
J'en ai au moins vingt-quatre
Un, deux, trois, quatre
Vous êtes où ?
Beatrice, tu es où ?
Beatrice, c'est toi !
Si, c'est toi !
Non, c'est pas moi.
Viens, maman t'appelle !
- Avec Nicolino ? - Non, que toi.
- Pourquoi ? - Maman l'a dit.
Le cochon !
Qu'est-ce que tu fiches ?
Regarde-moi ça !
Qu'est-ce qui se passe ?
Excuse-le. Tu le connais.
Ne t'inquiète pas, laisse-le.
Nicolino... tiens.
- Dis merci, malpoli ! - Merci.
Et moi ?
Non ! Viens.
Je peux rester avec Nicolino ?
Non, après. On y va !
Arrêtez-vous.
Papa est là.
Je le vois pas, il est trop loin.
Lui, il te voit. Il te voit toujours.
Fais-lui coucou.
Toi aussi, Angela.
Maman, je peux y aller ?
C'est bon, vas-y.
Viens, Nicolino.
Je suis content, Beatrice.
Regardez un peu.
Je vous fais un tour de magie.
Regardez !
TOUS SAUF LAZARE
DEUXIÈME JOUR
Maman !
Tu n'as pas allumé le chauffe-eau.
Carlo !
Viens, dépêche-toi !
Il est mort ?
Oui.
C'est toi qui l'as tué ?
Oui.
Qu'est-ce que tu fais ?
On l'enlève de là.
Le corps du Christ.
- Le corps du Christ. - C'est ça, ouais.
Allez !
- Qu'est-ce qui se passe ? - Rien, tout va bien.
T'es pire qu'un gosse, Marcello.
- Tu m'avais dit quoi ? - Que je t'apporterais l'argent.
Et tu l'as fait ?
Laisse-moi du temps, je t'ai toujours remboursé.
C'est la troisième fois que tu me dis ça.
Pourquoi j'ai patienté ?
Parce que je t'aime bien.
Tu reviens de 10 ans de mission en Afrique
et tu claques tout aux machines à sous.
C'est un principe,
je peux pas faire exception parce que tu es prêtre.
- Que diraient les autres ? - Je ne te demande pas ça.
- Je t'apporterai l'argent. - Bien.
Au début, j'ai cru à une blague.
Votta me répétait que tout était vrai.
Ils m'ont montré les analyses, tous leurs tests.
Je l'ai soulevée, elle est légère.
Et elle pleure du sang, un vrai robinet.
Insensé.
- On trouvera une explication. - C'est absurde.
Si encore c'était de l'eau, mais du sang !
Comment c'est possible ?
Dans ces histoires-là, on trouve toujours une explication.
Comme les guérisseurs philippins.
- Quel rapport ? - Je disais ça comme ça.
Il faut que tu te concentres sur le référendum
et rien d'autre.
Et s'il n'y a pas d'explication scientifique ?
Tu veux convoquer l'Autorité nationale de sécurité ?
C'est un nid de vipères. Tu leur montrerais, toi ?
Avec le référendum qui approche, ça fuiterait dès demain.
Tu as raison.
Maman, tu m'entends ?
Essaie de bouger un doigt.
Je voudrais savoir.
Je t'en prie.
Tu sens le sang en toi ?
Tu le sens ?
Fais-moi un signe, tu peux le faire, allez.
Je t'en prie, fais-moi un signe.
Tu as dit quelque chose ?
Tu as dit quelque chose, maman ?
Je pensais qu'il n'y avait personne.
C'était aujourd'hui ?
Comme tous les mercredis, non ?
Tu peux revenir demain ?
- Il s'est passé quelque chose ? - Non.
Mais c'est le bazar, Jolanda arrive plus tard.
Demain, je suis débordée.
Et puis, c'est aujourd'hui qu'il faut la manipuler.
C'est vrai.
C'est bon, entre.
Sandra, si tu as à faire, vas-y.
Non, ça me fait plaisir de rester.
Tu ne la trouves pas un peu mieux ?
Comment ça ?
Son visage a l'air plus réactif.
Oui, je ne sais pas. Peut-être.
Et ses muscles sont plus toniques.
Non.
Après toutes ces années d'immobilité,
ses muscles sont inexistants.
Mais il faut bien faire les exercices.
C'est important.
Luciana...
Tu fais un boucan, avec cet aspirateur.
- Où est Olga ? - Partie chercher les enfants.
- Bonjour, Carlo. - Viens voir quelque chose.
Non, on rentre à la maison.
Viens !
- Je viens pas. - Rejoins Marino à la voiture.
C'est vrai, qu'il est mort ?
Oui.
- C'est nous, on l'a tué. - Tais-toi !
C'est toi qui l'as tué ?
Oui.
Tu fais quoi ?
- Pourquoi tu l'emportes ? - Tais-toi.
Jolanda ?
Je m'en vais. Je rentre vers 23h.
Reste auprès d'elle, comme d'habitude.
Mais s'il y a quoi que ce soit, appelle-moi tout de suite.
OK, comme d'habitude.
Bien. Tu vois ce truc ? Tu ne dois pas y toucher.
Bien.
Au revoir.
Nous avons atteint notre objectif.
La première campagne de vaccins est terminée.
Photo numéro 1.
Et nous le devons à votre générosité.
Vous le savez, au Soudan, la mortalité est très élevée.
Ils ont besoin...
de panneaux photovoltaïques pour alimenter les machines,
les salles de réanimation, pour les traitements...
Si nous parvenions
à réunir 5 000 euros, nous pourrions acheter des frigos,
qui sont une priorité.
Bonjour, Clelia. Je t'écoute.
Bonjour, Marcello.
La dernière fois aussi, tu avais parlé du photovoltaïque.
Tu te souviens ? Je t'avais demandé de me dire précisément
quels panneaux vous vouliez acheter.
J'ai fait des recherches approfondies sur Internet
et j'ai découvert de nouvelles technologies
capables d'augmenter le rendement énergétique des cellules.
Je t'ai écrit un mail, mais tu n'as pas répondu.
C'est vrai.
Ça m'est sorti de la tête. Je m'en occupe dès que je rentre.
Et où en est la mission de Marial ?
J'ai envoyé plusieurs mails.
Peut-être que j'ai mal compris, comme ils sont belges...
Mais il semble que ton organisation
ne gère pas cette mission.
Il y a, par ailleurs,
beaucoup d'incohérences par rapport à ce que tu nous as dit.
- Clelia, je t'en prie... - Une minute.
On le sait, tu es très forte sur Internet,
mais il s'agit du père Marcello !
Non, Marta, Clelia a raison, c'est vrai.
Tant d'escrocs profitent de ceux qui aident leur prochain.
Demain, si tu veux,
passe me voir et je t'expliquerai tout.
On peut faire un virement ?
Tu sais où finit l'argent des banques africaines.
Mieux vaut du liquide.
J'ai dû compléter, on n'arrivait pas à 5 000 euros.
J'ai vendu des tableaux de papa.
Ils prenaient la poussière.
Autant qu'ils servent à ceux qui en ont besoin.
Il ne fallait pas, maman, garde cet argent.
Prends-le. Mais appelle-moi de temps en temps.
Marcello !
Tu sais, j'ai tout compris. Tu es un escroc !
J'ai rien dit devant les autres à cause de ta pauvre mère !
Mais je suis allée sur Google Map, sur plusieurs sites.
Tu as tout inventé. L'ONG est belge.
Tu es un voleur. Ils ont jamais vu l'argent de ces pauvres femmes.
Ils savent même pas qui tu es.
Tu te rends compte de ce que tu vas imaginer ?
D'abord, tu me traites d'enfoiré, d'égoïste,
de narcissique et maintenant, d'escroc.
C'est quoi, ton problème avec moi ?
Je n'ai aucun problème avec toi.
Alors pourquoi tu viens me casser les couilles ?
Jusque chez ma mère.
Des mois que je te supporte ! Tu me gonfles.
Si tu continues, j'emprunterai les voies légales.
Toi, "emprunter les voies légales" ?
Oui, moi.
Tu te rends compte ?
On est sortis ensemble 3 mois au lycée, c'était une amourette.
Ce n'était pas que ça.
Tu es venu jusqu'en Calabre, cet été-là.
Pour te dire que je me faisais prêtre !
- Il s'est passé autre chose. - Quoi ?
Je suis prêtre, fais-toi une raison.
J'ai choisi Dieu.
Montre-moi les papiers de la mission ou j'appelle la police
et je te fais mettre en prison.
Au secours !
Police !
Au secours !
Monte, je vais te les montrer, ces foutus papiers.
À table !
Mon cousin Attilio va m'envoyer sa viande de Turin. Excellente.
J'en ai pris 50 kilos.
- 50 kilos de viande ? - Oui.
On la découpe,
on la met sous vide avec une machine
et on la congèle en cellule de refroidissement.
Conseil d'Attilio.
- Où est Marisa ? - Avec la stagiaire.
La viande de Rome, il ne faut plus en manger,
elle est pleine de saletés.
Alma !
Regarde.
Elle a des nichons, à 9 ans.
Tu trouves ça normal ?
C'est les hormones de l'élevage intensif.
Merci, chérie.
J'appelle Marisa.
Fais comme chez toi.
Assieds-toi.
C'est un porno.
Qu'est-ce que tu fais ?
Qu'est-ce que tu fais ? Lâche-moi !
C'est ça que tu veux ?
Non, je t'en supplie.
Pourquoi ?
Pourquoi tu fais ça ?
Je t'en prie.
Va-t'en.
Prends ça et va-t'en !
Tu veux du fric ?
Salope !
Tiens !
Allez, dégage !
Personne ne s'étonnera
de découvrir le corps d'un garçonnet,
la peau sur les os.
Imbécile !
Maman, Alma me fait peur !
Alma, mange.
Carlo, range ton doudou, il est sale.
Alfredo Franco est pas sale. Il pue, c'est tout.
Range-le. Alma, mange.
Non, je veux devenir végétarienne comme Olga.
Mange, chérie, ou je me fâche.
Obéis à ta mère.
Il se passe quoi, quand on meurt ?
Rien.
Rien du tout.
On s'endort, sans s'en rendre compte.
Comme si quelqu'un avait éteint la lumière.
Tu es trop petit pour penser à ces choses-là.
Tu as encore le temps. Il faut t'amuser.
Pourquoi on vit si on doit mourir ?
Demande à ton père.
Pourquoi on vit si on doit mourir ?
Parce que la vie ne t'appartient pas.
C'est un cadeau qui t'est offert.
Finis ton assiette.
Merci, Olga.
Tu as compris, papa ?
Tu as le numéro du père Marcello ?
Qui ça ?
Le prêtre qui était proche de mon père quand il a été malade.
On l'a aussi vu en Afrique.
- Ah oui. - Tu as son numéro ?
Sûrement.
- Tu me l'envoies ? - D'accord.
Seigneur,
tu t'es fait homme par amour pour moi.
Par ta vie et ta mort, tu m'as libéré du mal.
Tu me montres la voie du bien...
Allô ?
Fabrizio !
Oui, le Premier ministre.
Maintenant ?
Si on disait plutôt demain ?
Entendu.
Tu me passes la feuille ?
Tu as refait l'hémogramme ?
Je le savais. Hausse de la glycémie ces 2 dernières heures.
Comme hier.
C'est son beignet à la crème de 3h du matin.
Vous voyez ?
Les valeurs sanguines varient constamment.
Comme si quelque part, quelqu'un mangeait, digérait.
Comme vous, comme moi.
Comme si c'était une personne vivante.
Oui, vivante, mais où ?
Je ne sais pas.
Dans un univers parallèle ?
On a terminé les tests sanguins habituels.
Je ne peux rien en déduire de plus.
Général...
À Phoenix, il y a un institut
capable de séquencer cet ADN de façon anonyme
en 24 heures.
On saurait tout sur celui à qui appartient ce sang.
Non, je n'ai pas confiance.
Un échantillon anonyme !
Mais qui vous dit qu'il n'y a rien d'anormal dans cet ADN ?
Des gènes différents des nôtres,
vu l'origine, non ?
Bonjour, Mario.
- Comment va ? - Très bien.
Marcello.
Pardon pour le retard.
Depuis combien de temps on ne s'est pas vus ?
Depuis l'Afrique. Deux ans, M. le Premier ministre.
Appelle-moi Fabrizio.
Pardon, je ne t'ai même pas félicité.
Je voulais te parler de quelque chose.
Mais d'abord, comment vas-tu ?
Moi ?
Mal en point. Je suis rentré d'Afrique pour raisons de santé.
Rien de grave ?
Je me soigne. Dis-moi tout.
Tu avais célébré une messe sous un arbre en Afrique.
Un tamarinier ?
Avec la croix suspendue aux branches.
Tu disais que pour faire vivre une église,
on n'avait pas besoin de cathédrales,
juste d'un peu d'ombre.
M. le Premier ministre...
Des boissons ?
Tu as mangé ?
Parfait. Moi non plus. Deux veaux à la sauce au thon.
Ça te va ?
Ici, il est divin.
J'en viens au fait.
Que penses-tu des miracles ?
Comment ça ?
Tu crois aux miracles ?
Inquiet pour le référendum ?
À en croire les sondages, un miracle ne suffira pas.
Non, sérieusement.
En tant qu'homme de foi, quelle est ta position ?
Ce mot est l'un des plus galvaudés.
J'évite de l'utiliser. Il ne me plaît pas.
Je pense que les miracles nous infantilisent.
Mais si tu veux savoir ce qu'en pense l'Eglise,
il existe une volonté supérieure, celle de Dieu,
qui peut à tout moment
enfreindre les lois de la nature.
Si, en revanche,
tu veux savoir ce que je pense de ces gens
qui croient aux stigmates,
aux guérisons, qui lisent dans le foie des brebis,
j'ai de la pitié pour eux.
Je ne parle pas de ces miracles-là.
Plutôt de quelque chose d'extraordinaire.
À la limite de la farce.
Qui n'a rien à voir avec l'autosuggestion,
mais qui défie les lois de la nature.
Un véritable miracle.
Sans aucune explication logique.
Tu en penserais quoi ?
Le miracle diminue-t-il la toute-puissance de Dieu ?
Pense à Jésus-Christ.
Un tiers des Evangiles parle de ses miracles.
Et selon moi, mais ça reste entre nous,
il ne les faisait pas de gaîté de cœur.
- Il n'avait pas le choix. - Pourquoi ?
Pour convaincre le peuple de Palestine,
les mots les plus révolutionnaires ne suffisaient pas,
il fallait des tours de magie.
Moi, je supprimerais tous ces chapitres.
Tous sauf Lazare.
Mais nous sommes faits ainsi.
Dieu a mis le doute dans notre chair.
C'est nous qui avons besoin de miracles.
Ils sont le signe de la miséricorde de Dieu et de notre malheur.
Celui qui a la foi n'en a pas besoin.
- À qui servent-ils ? - À ceux qui ne l'ont pas.
Ou à ceux qui la perdent.
J'ai un service à te demander.
- Et maintenant ? - On la découpe.
Olga !
Tu peux venir un moment ?
Oui, madame.
J'ai besoin de toi, pour découper cette viande.
Aide-nous.
On y va ?
Viens.
Pardon de t'imposer tout ça.
Je suis navré.
C'est un problème de sécurité nationale.
J'ai besoin de réponses et tu peux peut-être me les donner.
Mais je te demande de garder le secret.
Je te le demande en ami.
Et surtout en tant que chef du gouvernement.
Jure-le-moi.
Je le jure.
M. le Premier ministre...
Vous auriez pu me prévenir.
Un prêtre...
C'est avant tout un ami très cher.
En plus d'un homme de foi et de raison.
Il gardera la plus grande discrétion.
Avant de prendre une décision, j'ai besoin de comprendre.
Marcello ?
Ça va ?
Sortons d'ici.
Venez.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Merci.
Rocco, sortons-le d'ici.
Regardez. On peut le soigner ici ?
Faites voir.
Non, il faut des points de suture.
Mais non, je vais bien.
On l'emmène aux urgences.
Lesquelles ?
- Terzo Laurentino. - Je vais bien.
Oui, mon père, mais il vaut mieux y aller.
C'est tout près.
C'est bon ?
Encore un peu.
Ça suffit.
Maintenant, prions. Répétez après moi.
"Donne-lui, Seigneur...
le repos éternel.
Et que la lumière éternelle l'illumine.
Qu'il repose en paix.
Amen."
Sous-titres : Chloé Lamireau et Valérie Julia
Sous-titrage : TELOS Adaptation
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