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Original subtitles

Je suis mort, sans rien, rien, bougé, je suis mort, je suis mort et pourtant je me parle.

Pas tu existes, toutes les conneries que j'ai faites.

Je viens tous les jours, tu sais, je pense à toutes ces années où vous vous êtes foutu de ma gueule parce que j'habitais en banlieue.

Tu vois là c'est parce que je suis juste à côté de l'hôpital.

Même si j'habitais en banlieue Nord, je viendrais quand même, c'est juste que,

On dirait qu'il essaie de dire quelque chose non ?

Non, il est un peu agité, c'est normal. Il est fâché contre vous.

Vous allez partir ? Alors restons.

Monsieur Chamboulon a eu un accident sur la voie publique,

ce qui a entraîné une tétraplégie C8 complète avec paralysie des quatre membres et du tronc.

Ce qui veut dire monsieur ?

Que les muscles, la sensibilité des épaules et des coudes sont préservés,

les mains et leurs manches sont atteintes.

Et à partir des épaules, il n'y a plus de fonction motrice et sensitive du tronc et des membres inférieurs.

Ah bah c'est très bien, bien comme ça.

Monsieur Chamboulon, je ne vous avais pas encore rencontré, bonjour.

Vous êtes ici dans de bonnes mains.

Justement, hier je vous raconte mon moment de solitude.

Magnifique, je vais chez le médecin, je me retrouve dans la salle d'attente toute seule avec un mec sublime.

Je ne me cache pas qu'on commence un peu à se mater, ça devient un peu chaud.

À ce moment-là, mon téléphone sonne, je prends mon sac, je continue à le regarder comme une débile.

Et là, au lieu de sortir mon téléphone, je sors ça.

Mais qu'est-ce que tu fais avec ces manchons ?

Bah on s'en fout, j'ai continué.

Allô maman, ouais.

Non ça va, je suis chez le médecin.

Et là le mec s'approche de moi, genre tout est normal, il s'approche de moi, il fait

Excusez-moi mademoiselle, vous sauriez pas où sont les toilettes ?

Un grand malade le mec ou pas ?

Dans un sens, c'est logique parce que s'il allait bien, il ne serait pas obligé d'aller dans le lit.

Tu as bien fait d'intervenir, non c'est vrai.

Je me demandais qu'est-ce qu'il allait se passer ce moment-là et,

Et j'ai dit quoi ?

Si on partait tous les deux, rien que toi et moi.

On en a vraiment besoin, tu crois pas ?

Et dis-moi, les capotes que tu laisses traîner dans tes poches, ça t'arrive souvent ou c'est occasionnel ?

Non parce que si t'as plus envie de me faire l'amour, si je te suffis plus, ce serait bien qu'en en parlant,

tu sais, moi aussi je peux faire pareil que toi.

Excuse-moi mon coeur, tu me parlais ?

Prends Léo, c'est quand même notre titre, notre musique, c'est pas rien, merde !

Ce mec, il nous devait une chance, il produit notre musique.

Et toi tu me craches dessus, mais tu te prends pour qui Léo ?

Tu crois qu'il vaut mieux que nous ?

On n'a pas le choix de toute façon, on n'a plus le choix.

Moi ce contrat, ça va payer mon loyer, ma bagnole et mes dettes aussi.

Alors tu vois ce producteur, je lui mange dans la main et je lui dis merci.

Merci de quoi ? De bousiller ton talent ?

Mais j'en ai rien à foutre de ça.

Bon et les décisions, on les prend ensemble non ?

Alors on va le signer ce putain de contrat.

Ah ouais ?

Ouais bah ça sera sans moi les mecs.

Lysée, c'est moi.

Qu'est-ce que tu fous ? Ouvre-moi.

Mais ça change rien.

Quoi ? Il est 7h du mat' là.

Et puis tu vas où comme ça ?

Oh Lysée, je te parle.

C'est trop tard.

Je sais très bien ce qui se passe Léo.

Ça va je les connais tes galères.

Mais là je peux plus rien faire, t'es jamais là.

Ça tes copains, ta musique, tes soirées, ça ça t'intéresse.

T'es prêt à tout faire pour eux.

Et moi qu'est-ce que je fais ? Je ramasse les miettes ?

Laisse-moi t'expliquer, laisse-moi t'expliquer.

Tu sais même pas si je vais bien ?

Tu sais même pas si je suis heureuse ou malheureuse ?

Pour ça t'as pas le temps, tu t'en fous ?

Non je m'en fous pas, laisse-moi t'expliquer, attends.

Alors c'est ça ton amour ?

Toute ma vie se barre en couilles et toi aussi tu quittes le navire ?

Mais bravo.

Mais vas-y, casse-toi.

Allez, casse-toi !

Oui je me casse, oui.

Pourquoi, t'as mieux à me proposer ?

Ah non désolé, j'ai pas mieux, j'ai pire.

Dans la série noir j'ai tout le catalogue.

Mais y'a une chose qui m'aurait sorti la tête de l'eau.

C'est que lui de me quitter parce que je suis incapable de t'aimer.

Incapable.

J'aurais voulu que tu me pardonnes.

Parce que justement mon coeur est vide dès que dans ma vie y'a plus rien.

Oui il est vide ton coeur.

Et tes poches ?

Tes poches elles sont remplies de mensonges de lâchet !

Fallait y penser vraiment Léon, c'est trop tard pour conduire.

On verra petit père, dis-moi plutôt si t'as fait des progrès en surf.

Ouais j'y vais tous les matins en fait.

Et là aussi tu m'apprendras pour les filles draguées, tchatché, assurée quoi.

Oh là là mais qu'est-ce qui t'arrive toi ?

Bah en fait j'ai grandi.

C'est ce que c'est le travail, les responsabilités.

Un peu comme toi quoi.

Ouais ouais c'est ça ouais.

Salut la famille.

Salut.

Non pas lui.

Ça va, je vous ai pas trop manqué ?

Eh t'es comme la cavalerie toi, t'arrives toujours en retard et sans prévenir.

Ouais j'imagine que t'as pas déjeuné.

Pourquoi c'est pas compris dans le forfait, hein ?

Aïe.

Ça va toi t'es toute seule, elle t'a déjà quittée ?

Non elle va arriver, t'inquiète pas.

Ça va petite soeur ?

S'il vous plaît je peux avoir un petit peu d'eau et du pain s'il vous plaît, hospitalité.

Va lui chercher un verre d'eau.

Va chercher ton verre moi.

Allez, ça va s'il te plaît.

Non, va lui chercher un verre.

Maman il est assez grand pour bouger son cul, allez chercher un verre quand même.

Non il a fait mi-sport.

Oh le pauvre.

Vas-y, va lui chercher un verre s'il te plaît.

Alors Léo t'as réfléchi pour les filles ou pas ?

Qu'est-ce que tu racontes ?

Eh, vous les avez foutus où mes affaires ?

Attends Léo, tu rassortes plus tard.

On a besoin de toi pour le jardin, faut préparer la maison, on met tous la main à la pâte.

C'est vrai, ça te pourrait faire un effort quand même.

Maman s'occupait de tout, de la bouffe, des chambres.

Et en plus j'aimerais bien que tu viennes chercher Charlotte avec moi à la gare.

Et puis y a la tondeuse aussi, cette année c'est ton tour.

Ça c'est vrai.

Putain, ça me fait vraiment plaisir de vous voir les frangins.

Laissez-le faire du surf, ça fait six mois qu'il en a pas fait.

Compte sur toi, pas de gaffe, d'accord ?

Ça va, je sais me tenir.

C'est pas ma faute si ta fiancée est un boudin.

Fous, c'est pas moi qui vais l'épouser.

Non mais ça va, Charlotte n'est pas un boudin.

Enfin bon, de toute façon dans ton monde tu fréquentes que les pin-ups, alors,

Ouais, la beauté intérieure, non merci.

Léo, Léo,

C'est une place handicapée, tu vois pas que tu peux pas te garer là ?

J'y ai droit, infirme du cœur.

Je vois rien, je sens plus rien.

Arrête tes conneries, va te garer ailleurs.

Tu me rejoins sur le quai, faut que j'aille chercher des journaux pour papa, d'accord ?

Oh, comment tu me parles, n'oublie pas que t'es mon petit frère, tu me donnes le respect.

Au fait, elle ressemble à quoi ta femme ?

Ça, ça te plaît ?

Ah ouais.

Ah ouais mon salaud, tu m'étonnes.

Bah non, moi tu vois c'est Charlotte.

Ah ouais ?

Mais c'est laquelle Charlotte, dis-moi.

Ah c'est elle.

Merde, la conne.

Tiens, c'est elle là-bas, tu la vois ?

Fier de toi tout de suite, bien joué.

Tiens, petit magazine.

Moi je voudrais profiter de ce joli moment pour savoir comment mon frère a fait pour toucher le jackpot.

Tu sais Léo, les femmes cherchent un mari, pas un séducteur.

Ah, d'accord.

Et toi, dis-moi, est-ce que t'as trouvé une fiancée ?

J'en ai jamais eu.

Une fiancée ? Oh là là.

Et toi, t'as trouvé une fiancée ?

Avec toi comme frère, j'ai préféré que t'ailles chier.

Ah, ça va.

Bon bref, ça va, ça va.

Ah là là.

C'est Alizé.

Ok, d'accord.

Non, non, j'ai compris.

C'est Alizé.

Je pensais vraiment que t'allais venir, tu m'avais promis.

Adieu Léo.

Monsieur Champollon, vous m'entendez ?

Nous allons arrêter la machine à oxygène.

Un peu difficile les premières heures, mais vous allez vous y habituer.

Une vieille dame assassinée dans le 18ème.

Serial Killer est toujours en fuite.

Crash d'avion au Sénégal.

262 victimes.

Et ben, tremblement de terre au Guatemala 2 000 mois.

Tu vois, dehors, c'est la merde.

Bon, ici, t'es peinard.

On veut te voir, Léo.

T'es en train de faire sauter les standards de l'hôpital.

Moi qui voulais te garder pour moi toute seule,

heureusement que je ne suis pas jalouse.

Alphabétique.

Je disais oui, tu clignes de l'œil droit.

Rien.

Et les B ?

Barbare, on s'en fout.

Béatrice.

C'est bon ? On dit ok ?

Ok.

Et c'est,C'est quoi ?

Carla Bruni ?

Non, je déconne.

Dorothée ?

Dorine ?

Mademoiselle, mon copain qui essaie de me dire un truc

et je comprends pas bien, c'est,

Dorothée ou Dorine ou,

Dormir.

Il veut dormir.

Vous allez le laisser, s'il vous plaît.

Qu'est-ce que vous faites, à toute façon ?

Vous avez vu l'heure ?

Très bien.

Voilà, j'ai gonflé le ballonnet.

Vous allez pouvoir recommencer à parler.

Ça va trop tôt.

C'est rien, vous inquiétez pas.

Vous avez pas parlé depuis deux mois.

Ça va revenir.

Hum ?

Ça avait mis du temps à venir.

Ike nous a dit que,

Que t'avais beaucoup de visites et que,

Les médecins voulaient que tu te reposes, alors,

Sinon, on serait venus plus tôt, bien sûr.

Tes gosses, ça va ?

C'est quoi, là ?

C'est quoi, là, cette porte ?

Eh ben, c'est le nightclub.

Le cyberdancing.

Le frigo, quoi.

La morgue.

C'est pas par dehors ?

Ben non, pourquoi ?

Bonjour à la vie.

Salut, Bala.

Porte-toi bien.

Alors, monsieur Champollon, vous êtes patient ?

Portez tous mes rendez-vous, je serai en 2010.

Eh ben, ça tombe bien, parce que vous allez être très occupé demain.

Vous commencez votre kiné.

Avec mademoiselle Sophie, quelle ère.

Elle est bonne ?

Ça fait 15 ans qu'elle travaille à la gare.

Allez, ça suffit maintenant !

Regardez-les !

Oh, oh, oh !

Monsieur Champollon.

Monsieur Champollon, c'est normal.

Ça fait 4 mois que vous êtes couché.

Votre corps n'a plus l'habitude de la position assise.

Il faut que le sang se stabilise, d'accord ?

Si ça va pas mieux, moi,

Je vous rallonge sur votre lit.

Non, non, non, ça va.

Je suis à rendez-vous.

Allez !

C'est tourné, maintenant.

Allez !

Vous sentez quoi, là ?

Y a quelqu'un ?

Y a quelqu'un, il est pas sourd, pas la peine d'être guéri.

Eh ben alors, il mobilise ses forces, il bouge sa carcasse.

Allez !

Il peut pas, OK ?

Mais si, il peut.

Allez !

Putain, mais t'es trop con, toi.

Vous avez pas encore foutu ça dans la queue ?

Et si, 5 fois par jour ?

Vous pouvez plus faire pipi tout seul.

Pas de grimaces, hein.

Vous allez rien sentir, vous le savez bien.

Ça passe tout seul.

J'ai pas l'impression de pousser à une caddie de supermarché.

Oh, arrête Léo, t'es chiant.

Ah ouais, je suis chiant.

Ça fait des mois que je t'ai pas vue.

Tous les derniers dîners à la maison, t'es jamais venue.

Et c'est moi qui suis chiant.

J'ai eu un moment compliqué.

C'est le foutoir dans ma vie, tu peux comprendre ça, non ?

C'est compliqué de vivre à deux, hein.

C'est vrai.

On n'est pas fait pour vivre tout seul, pas vrai ?

Et Alizé, t'as des nouvelles ?

Injoignable.

Son père m'a dit qu'elle était en bateau dans l'océan Indien.

La première escale, elle l'appellera.

Tu veux que je lui fasse passer un message ?

Non, non.

Elle termine son voyage.

Pour l'instant, elle doit pas savoir.

Bon, Sophie m'a dit que ça se passait pas très bien entre vous deux.

Du moment, le courant passe pas super, on va dire.

N'est-ce pas, Sophie ?

Là-dessus, on est d'accord.

C'est de l'amour d'une équipe.

Vous voyez ce que je veux dire ?

Très bien.

Mais le courant passe pas, ce sont des choses qui arrivent, non ?

Si je demande à changer, c'est aussi bien pour moi que pour Sophie.

Pas vrai, Sophie ?

Pour vous non plus, ça doit pas être agréable,

un tétra avec qui le courant passe pas.

Bon, très bien, Mademoiselle Perrier passera vous voir après le déjeuner.

Faites-en sorte qu'avec elle, le courant passe.

Parce qu'il y aura pas d'autre changement.

On y va, Léo ?

Euh,

Arrête-toi de jeuner, s'il te plaît.

Arrête-toi, je te dis.

Faut pas les voir, pas aujourd'hui.

Aujourd'hui, c'est moi.

Allez, je t'emmène, et me dis pas non.

Tous tes amis t'attendent.

Eh !

Au bout, Léo !

Au bout, c'est le parking où je me garde ?

C'est passionnant, ce que je te raconte, hein ?

C'est pas grave, je t'écoute pas.

Fille du soleil.

Alors c'est parfait, je te laisse travailler ton bronzage.

Moi, il faut que j'aille récupérer un papier pour la sécu.

Bonne idée.

Est-ce que je vais sortir d'ici ?

C'est pas Léo.

Bah gueule, Louis.

Pas avec eux.

Bien de chance, j'ai récupéré mes mains et mes jambes.

Fable, c'est pas une réponse.

T'es mon frère.

Mais dis-le.

Dis-moi ce qui m'attend, s'il te plaît.

Je pourrais jamais plus toucher les cordes d'une guitare, c'est ça ?

Mais merde, dis-moi ce qui m'attend.

Restez minimum un an à l'hôpital.

Tu sortiras d'ici, tu seras en chaise roulante.

Il faudra une assistance médicalisée à domicile quotidiennement.

Appartement adapté.

J'ai fait le compte de tes dettes.

T'as encore reçu des factures aujourd'hui.

T'inquiète, la chance va payer.

Mais pas tout.

Tu vas toucher minimum garantie, mais ça suffira pas.

Sans compter les frais à venir, l'amende,

Quelle amende ?

Ton accident.

Attaque le labo d'analyse.

Colle un procès aux flics.

Visiblement, tu carburais pas au jus de tomate.

C'était pas du jus de tomate, c'était mon sang.

T'avais bu, Léo, et tu roulais trop vite.

Merde, enfin, regarde les choses en face.

Tiens, j'ai vu l'assistante sociale.

Elle m'a parlé de ton fauteuil roulant.

Le fauteuil, il est bien, celui-là.

Ça, c'est celui de l'hôpital.

Tu vas devoir t'en acheter.

Rien que le modèle de basse, c'est pas donné.

Ben voleur !

Tu peux bien faire ça pour moi, non ?

Alors, je sais pas, moi, t'as qu'à vendre mon piano,

mes guitares, mes planches,

Qu'est-ce qu'il a fait ?

Déplacez vos jambes.

Ensuite, vous arrivez.

Contrôlez la descente.

Bonjour.

Bonjour.

Avec ça, tu seras plus tendance.

Ben ouais, non, Léo, on va te relooker,

parce que là, franchement,

Ouais, vous avez raison, j'ai l'air d'un zombie.

Enfin, c'est un peu la,

C'est un peu l'uniforme, ici, hein.

Et puis pour plaire à qui ?

T'as vu comme il est tout,

Tu sais, Chloé, je sens plus grand-chose, hein.

Pourquoi vous êtes là, les filles ?

Léo, arrête.

La vie continue.

Et on se bat.

OK ?

5-0.

6-0.

7-0.

7-0.

7-0.

7-0.

Vous pouvez faire remettre ça à M. Champollon, s'il vous plaît ?

Alors ?

Monsieur refuse de se baigner ?

Comment c'est que tu m'appelles pas monsieur ?

Je suis mal, si on peut, je suis vieux.

Regardez.

Vos amis ont déposé plein de cadeaux.

J'en ai rien à foutre des cadeaux.

Ben, qu'est-ce que je fais ?

Les balancer dans l'eau ?

Et quoi, le problème ?

Le surfeur a peur de l'eau ?

Dis-moi, Blondine.

Tu as l'air jolie, tes seins.

Tu peux nous en faire profiter un petit peu ?

Alors, Champollon, qu'est-ce que vous attendez pour vous foutre à l'eau ?

Une vague ?

Tu sais que t'es drôle, toi ?

Hein ?

Qu'est-ce que tu fais, mon merdé, là ?

Tu vas t'arrêter de m'emmerder ?

Tu es trop alarmé ?

Lâche-moi !

Je crois que c'est toi qui décide ma vie, maintenant !

Oui, c'est moi qui décide, M. Champollon.

Et si vous continuez à nous faire chier, allez chercher un autre docteur pour vous occuper de vous.

D'accord ?

On a déjà assez de travail avec ceux qui veulent s'en sortir.

Si vous les mais jetez, c'est votre problème, pas le mien.

Pas le mien, M. Champollon.

Allez, à l'eau.

T'es de m'emmerder !

Allez, doucement.

On a serré un peu fort, M. Champollon,

mais ça vous aidera pour l'équilibre.

Ça va aller.

Ça va aller, si.

Vous avez vu de quoi j'ai l'air ?

Pathétique, non ?

Tétraloupe by Jean-Paul Gaultier.

C'est la dernière collection.

Mais non !

La gaine, les battes.

Toujours adolescent, hein ?

Tu te souviens ?

Habillez-vous sexy, les filles.

Mettez des porges à artèles.

Bah, c'est ton tour.

Elle n'a pas tort, non ?

Attends, ils ont juste oublié un petit détail, si je peux me permettre.

Je crois que tu vas pas être mécontent.

Sierre, c'est que toi que j'ai déménagé.

Depuis ton loft immense.

Si tu me voyais, tu verrais que j'ai vraiment changé.

J'ai hâte de fumer.

Je ne vais plus en boîte de nuit.

Je mange diététique.

J'ai même complètement arrêté de me brûler.

Je sais pas, j'entends pas.

Tu sais dire ?

Pas encore.

Je dis maintien, maintien.

Je lâche.

Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non.

C'est l'alcool.

Ces mecs, moi contre le mur.

Pourquoi ils se mélangent pas ?

C'est le gang des ciseaux.

Le gang de quoi ?

Des ciseaux.

Ça les amuse de mutuler des parties du corps insensibilisées.

Ils coupent, ils tranchent.

Ils peuvent même te planter un scalpel dans le dos

que tu te trimballes toute la journée sans le savoir.

Comme un poisson d'avril.

Le citoyen de eux, c'est des tarés.

Leur chef, c'est le chauve à lunettes, Freddy.

Une vraie saloperie.

Oh, putain.

T'as mal ?

Ouais, j'ai mal.

Y a un truc qui me brûle au niveau des cuisses.

Ouais.

Je vais chercher un infirmière.

Garde-en.

Ça me gratte.

Où ça ?

Sous le drap.

Putain, tu bandes ?

T'arrêtes pas, Léo ?

Je vais chercher du champagne pour fêter ça.

Je reviens.

Je bande.

Qu'est-ce que tu fais là ?

Tu vas voir tes putes ?

T'as un drôle de ton, là. De quoi tu me parles ?

Toutes ces meufs que tu fais venir, c'est pas des putes ?

C'est cher toutes ces petites putes, non ?

Allez, vas-y, t'as touché la grosse assurance ou quoi ?

Non, déjà, c'est pas des putes, c'est des amis.

Peut-être qu'un jour, quand on sera un peu plus polis,

je pourrai vous les présenter.

Attends, te barre pas comme ça.

On veut juste faire un test.

Ah ouais ?

Voir si tu crains les chatouilles.

Si vous me piquez, allez jusqu'au bout.

Jusqu'au bout ?

Ça veut dire quoi ?

Je dis que si vous me piquez, allez-y carrément.

Ne me ratez pas.

Parce que moi, je vais pas vous rater.

Vous aimez faire des expériences sur la douleur,

vous allez être servis, les mecs.

Non, mais là, il faut,

Je te l'ai dit, je suis mort de trouble.

Non, mais tu crois que tu fais peur à qui ?

À moi, à personne.

Sauf qu'avant d'être ici,

je faisais partie de la nuit, comme on dit.

Et la nuit, tu croises de tout.

Tu te fais de drôles d'amis.

Tes amis, parfois, ils doivent un petit service.

Tu sais quoi ?

Pour moi, c'est juste un petit coup de fil à passer.

Si mes copains se font un plaisir,

ils doivent faire une petite visite.

Donc, ce que je vous propose,

c'est que pour cette fois-ci, on en reste là.

Puis un de ces soirs, quand vous faites tourner le bambou,

juste à côté, là, je vous ferai un petit coucou.

Et puis, on fera un peu mieux connaissance, OK ?

Salut, j'ai bien bossé pour toi.

Je te raconte ?

Vas-y, si ça peut te faire plaisir.

Dis donc, il est joli ton cartable, hein ?

Qu'est-ce que t'as dedans ?

Ton ardoise est écrite.

Ton cahier de texte.

Tu veux voir ?

France, eau, sécu.

Écoute-moi bien, Léo.

Moi, je suis ton frère.

Alors, tu peux me faire chier tant que tu veux.

Mais tes potes, là, qui s'occupent de trouver un appart,

de tes problèmes de banque, de droits musicaux,

j'ai pas le souvenir de t'avoir entendu leur dire merci.

C'est vrai que je t'en fais faire de la paperasse.

T'es encore hors de ça, en plus.

Non, je suis désolé.

Dis donc, j'ai une bonne nouvelle.

Une vraie galère, mais ça y est, j'y suis arrivé.

Tu vas pouvoir sortir le week-end.

Tu déconnes ?

Non.

L'ambulance vient te chercher le vendredi à 18h.

Une autre te ramène le dimanche soir.

Et t'as le droit à une infirmière deux fois par jour.

C'est pas top ?

Ça commence quand ?

Ça vous fait 2 990 euros.

Tout rond.

Si vous voulez bien signer le bon de commande.

Si vous saviez combien la sécu rembourse là-dessus.

Je sais, je préfère même pas en parler.

558,99.

Alors, si vous voulez vraiment vous robiner,

vous prenez celui-là.

Vous voyez ?

Ça, c'est une Jaguar.

Deux couleurs.

Peinture métallisée, siège baquet, kit éclairage.

On voulait tant qu'il bascule.

Je vais vous le montrer.

Voilà, là-bas.

Je peux vous faire une ristourne avec 10%.

6 300 euros, tout rond.

Il a l'air pas mal, mais,

C'est à mon frère de prendre la décision, c'est,

Ça règne !

C'est pas grave, vas-y, sers.

T'as pas des coupes ?

Non, je te montre.

Si, si, j'ai des coupes.

Attendez.

Tout le monde s'en fout de ma balade.

Dis-moi, toi t'as pas ils dans ta poche ?

Non.

Ils sont sur ta bouche et sur tes seins.

C'est mieux qu'une poche, non ?

Graffé, juste le bouton du haut.

Mais c'est beau.

Non.

C'est mieux comme ça.

Ok.

Ouais.

On va pas faire le saut, là.

Tu fais un morceau tard ?

Comment vous allez faire, maintenant ?

Je sais pas.

Avec son allocation handicapée,

on n'a même pas de quoi payer la personne

qui va s'occuper de lui à plein temps.

Je sais plus ce qu'il faut faire.

Et ses droits musicaux ?

On attend de bonnes nouvelles de David.

On va voir.

Tu sais ce que tu vas faire quand tu vas sortir, ou pas ?

Franchement, non, je ne sais rien.

Tu vas quand même pas laisser tomber la musique

qu'on a écoutée avec David ?

Tu sais, il continue.

T'inquiète pas, mon chouette.

On est là.

Crois-moi en cette première ferme.

Ah si, mais putain, c'est bon.

Dire que ça s'arrêtait tout à l'heure.

Heureusement, t'es comme tout le monde.

T'as besoin de repos.

Une bonne semaine à l'hosto,

ça va te requinquer jusqu'à la prochaine fois.

La vie peut pas être qu'un long week-end sauvage.

Pour moi aussi, avant, c'était exactement ça.

Tu crois que c'est ça que je paye ?

D'avoir trop vécu avant ?

J'ai épuisé mon quota, alors je me retrouve hors service.

C'est ça que tu penses ?

Tu crois que c'est une punition divine

parce que j'ai trop péché ?

Trop bu, trop sniffé, trop rigolé,

trop baisé de meufs sublimes.

Alors que le mec sérieux qui se traîne toute sa vie

Lui et lui gardent ses jambes, c'est ça ?

C'est ça que tu penses ?

Arrête tes conneries, on est là, on est bien.

C'est ça que tu penses ?

Pourquoi tu te prends la tête ?

Puisque t'es là, je vais en profiter pour filer.

J'ai promis à un pote d'aller l'aider à déménager.

Je serai là vers 4h.

Si y a quoi que ce soit, je suis sur le portable.

Faut pas te blesser.

T'en fais pas.

Tu veux un gâteau ?

Non merci, sans façon.

Peut-être après.

Mais toi, vas-y, te gêne pas pour moi.

Non, je me gêne pas pour toi.

C'est que moi non plus, j'en ai pas envie tout de suite.

Je disais que je me déshabille, là.

Là, tu t'es pas foutu de notre gueule.

Ça va nous manquer quand tu seras partout.

Je vous avais pas dit que je connaissais du monde ?

Même de goût, il est bon.

Il n'arrache pas trop.

Évidemment, c'est du marocain.

T'as vu deux morts.

Rien à voir si mon cul, c'est du marocain aussi.

T'as déjà vu du marocain qui te casse la tête comme ça ?

Petite pute.

Ah ouais ? Tu crois que c'est du libanais, toi qui sais tout ?

Je te parle pas de libanais, je te dis juste que c'est pas du marocain.

Le marocain, c'est tout pourri.

Le marocain, c'est comme ton cul.

Putain, tu vas voir ta gueule, espèce de bâtard !

Vous faites chier, là.

Vous allez nous dire l'année, aussi ?

Putain, on s'en bat les couilles de savoir si c'est du libanos ou du marocain.

Putain, tirez sur le pet et fermez vos gueules.

T'as fait le marié, toi ?

Ouais.

Ben, vas-y, fais le suivant.

Un cinq feuilles et puis c'est moi qui l'allume.

Et ta meuf, alors ?

Quand est-ce que tu la vois ?

Euh, après-demain.

Ah, t'es chaud, alors.

Non, je te dis pas.

Je vais prendre un thé, moi, sinon.

Ouais.

Les copains me cherchent un appart.

Ils ont peur que je craque.

C'est ce connard de médecin aussi qui a dit à lui que je risquais de faire une grosse dépression nerveuse.

Un suicide, ouais.

C'est classe.

Une dépression, c'est un petit bras, si j'ose dire.

Normal qu'ils aient peur.

Moi aussi, j'avais peur.

Et puis quand j'ai entendu ta voix, tu m'as fait rire.

Alors je me suis dit, ça va, s'il garde son humour, il est sauvé.

En tout cas, toi, t'as eu raison de te sauver dans les îles.

Je restais 15 jours.

J'ai des affaires à récupérer, mes parents à boire, des fournisseurs.

Tu repars t'installer là-bas ?

Je sais, j'ai reçu des cartes postales.

Tu m'invites pas à être venu le plus tôt, c'est ça ?

T'as raison.

Si t'es au-dessus de mes forces,

Au-dessus de tes forces ?

On reste 5 ans passés ensemble.

4.

La dernière année, elle compte pas, tu m'as laissée toute seule.

Tu me regardais, m'aimes plus.

Aujourd'hui, je te regarde.

T'es amoureuse ?

Tu peux me le dire, tu sais, je risque pas de tomber plus bas.

Léo, je t'aime plus.

Pas que j'ai droit à une seconde chance ?

Qu'est-ce que tu veux ?

Qu'est-ce que tu veux que je fasse, hein ?

Que je me mette à genoux devant toi ?

Que je lui dise que tu es si belle et moi si misérable ?

Oui, c'est le mot, c'est le mot misérable.

Je sais ce que j'ai perdu.

Je sais ce que je perds si tu repars.

T'allais me dire ça il y a un an.

Je t'ai attendue à l'aéroport.

À ce moment-là, j'aurais déchiré mon billet.

T'es pas venu ?

Je suis venu à l'lycée.

J'étais là, pas très loin de toi, juste à quelques kilomètres, au fond d'un fossé.

Alors aujourd'hui, je te le demande, déchire-le, ton billet.

Reste avec moi.

On a pas eu de chance, tous les deux, c'est tout.

Je voulais savoir,

Comment est-ce que vous abordez, comme ça, la scène, la musique ?

Quel est votre mode de vie ?

Enfin voilà, je crois qu'on a tous,

T'es con, qu'est-ce que tu regardes ?

Dans notre chaîne, il y a Paris qui vient d'égaliser.

Fait chier, Johnny.

Remets notre chaîne.

Remets notre chaîne, Johnny, oh !

Johnny, Johnny, il y a mes gouttes d'eau qui nous fait une crise.

Allez, allez !

J'arrive !

Attends, la télécommande, Johnny.

Vous remontrez le but et vous allez bien sûr le remontrer.

Ils vont partir quasiment.

Je pense que Paris a le droit.

Maurice, Maurice, remets notre chaîne, s'il te plaît.

Vite !

En défense, côté droit.

Et voilà, voilà.

Avec Sulvik.

Et Léo, alors qui est-il ?

Euh, Léo,

C'est notre pote, quoi.

Léo, ben ouais, c'est lui qui a composé les musiques et les paroles de,

C'était mon rêve.

Mon destin.

Voilà, il nous manque aujourd'hui, mais il va revenir.

C'était ça que je voulais être.

Bin, ce putain de temps est passé.

Et même l'amour,

même les meilleurs amis du monde,

rien ni personne ne peut m'enlever cette douleur.

Qu'est-ce que t'as voulu faire, là ?

Hein, qu'est-ce que t'as voulu faire ?

T'as voulu mourir, c'est ça ?

Hein ?

Léo !

Pédale, en plus, tu crois que j'ai passé dans l'merde comme ça ?

Et tu crois que j'ai pas voulu me flinguer, moi non plus ?

Avec toute votre souffrance qu'on m'avait foutue dans la gueule,

nuit et jour,

les parents qui viennent plus,

pour leur mari,

dans l'échelle roulante.

Hein ?

Tu m'entends ?

Ben, je me suis pas flingué.

Comme toi, tu vas pas te noyer, d'accord ?

D'accord, Léo ?

Pis demain, tu vas sortir.

Tu vas retrouver le monde.

Retrouver la vie.

La vie.

Alors, tu nous quittes ?

Tes affaires sont prêtes ?

On m'a dit que tu voulais pas aller dans un immeuble spécialisé.

Tu sais où tu vas ?

Ouais.

Mes potes m'ont trouvé un rez-de-chaussée port de Saint-Cloud.

Et une aide à domicile aussi.

Une aide à plein temps ?

T'as les moyens, toi ?

Non.

Non, non, non.

Je suis fauché.

Non, c'est mes amis qui se cotisent.

Eh, t'as de la chance.

Mon malheur, j'ai de la chance, on va dire.

On s'embrasse, alors ?

Dès que je remarche, je viens te chercher.

Ah ouais, mais si tu remarches, je te quitte.

Ah ouais ?

Tu sais quoi, blondine ?

Non, mais tu vas me le dire ?

Toi et moi, on aura toujours garche.

Comment ça ?

Ben ouais, tu sais, dans Casablanca,

Ingrid Bergman et Bogart ont une liaison touriste à Paris.

Hum.

Et puis ensuite, elle se barre sans prévenir

et se retrouve à Casablanca.

Hum.

Là, elle doit retrouver son mari.

Hum.

Alors, elle le quitte.

Et s'il peut le consoler, elle lui dit

« We'll always have »

Ben nous, pareil.

We will always have garche.

Ouais, mais c'est pas juste.

Ça sonne moins bien.

Qui va s'occuper de toi ?

Bonjour, enchanté.

T'es pas dans la merde, hein ?

Tu veux écouter Léo ?

Ça ou ça ?

Ah ouais, ça c'est bien.

On a trouvé ton ancien téléphone.

Quelqu'un peut ouvrir ?

Salut mon Léo.

Salut.

J'ai fait des courses pour dîner.

Mais on la met où ta vieille croûte, là ?

Parce que,

Je sais pas, par là ?

Là ?

Tiens, Léo, viens voir.

Regarde, je t'ai noté tous les numéros de téléphone utile.

Kiné, pharmacie, médecin, ergothérapeute, infirmière,

tout ça en cas de besoin.

Moi, j'ai une amie qui vient de rentrer d'Argentine

et qui cherche un prof de musique.

J'ai parlé de toi.

Je donne des cours à une Argentine,

je parle pas espagnol, moi.

Elle est française, elle est pas Argentine.

Je suis sûr que tu seras super comme prof.

Ils s'appellent Manon, tu leur rappelles.

Tiens, regarde Léo, ce que je trouve là, c'est marrant, c'est ton carnet, ça.

Ah ouais, putain, c'est ma dernière chanson.

J'avais pas trouvé le refrain.

Ah bah justement, il manque un truc sur le tableau.

C'est pas juste avec un album qu'on va tous bouffer pendant 50 ans.

Tiens, note, Mickey.

Terminé, la chanson.

Comme j'en ai déjà parlé à votre fiancée,

concernant les rapports sexuels, nous avons trois protocoles.

D'abord, le Viagra.

Il agit au bout de 30 minutes et il est déconseillé au cardiaque.

Vous n'êtes pas cardiaque, M. Champollon ?

Ah non, seulement tétraplugique.

Dommage, j'aimerais que vous fassiez une prise de sang.

Quel est votre groupe ?

Derrière moi, c'est les Jambifor.

Pardon ?

C'est pas grave.

Eh bah, il faudra se garder.

Je suis au rendez-vous.

Alors ensuite, le Perforex.

C'est un produit injecté dans la verge avec une seringue.

Alors, voilà comment on procède.

Voilà, on va dire que ceci est le gland.

Il faut viser cette zone, comme ceci.

Vous voyez ?

Je peux essayer ?

C'est un dolor, votre ami pourra vous le faire.

Pas trop fort.

Il agit au bout de 30 minutes pour une durée variable entre 1 et 6 heures.

Mais 6 heures avec les préliminaires ?

C'est vous qui voyez.

Moi, c'est tout.

Bon, pour obtenir une éjaculation, il y a le spermospide.

C'est ce qu'on appelle plus naturellement un vibrateur pénien.

Avec deux réglages, vitesse et intensité.

Un vibromasseur.

Mais je vais lui faire mal, non ? Je lui mets trop ?

Non, mais ça ne s'introduit pas.

Ça se passe comme ceci.

Juste à la base du gland, en exerçant légère pression.

Jusqu'à l'éjaculation.

Alors, il y a des effets indésirables.

En cas de migraine, je vais vous faire une ordonnance.

Enfin, vous devez prendre la compréhension, mais pas vous.

Monsieur, il dort.

Je lui expliquerai.

J'apprécie beaucoup celui-là.

Mais ce n'est pas pour vous, c'est pour lui.

La dernière fois qu'on s'est parlé, on est restés une demi-heure au téléphone ?

Oui, dans ces eaux-là.

Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu étais en fauteuil ?

Tu ne serais peut-être pas venue.

T'es con.

Pas plaisante.

Et alors ? Pourquoi tu es rentrée d'Argentine ?

Mes parents sont partis là-bas pour du boulot, alors j'ai suivi.

C'est un super pays, mais il est en train de se reconstruire.

Le pays et moi, ça fait beaucoup.

Et tu es partie à quel âge ?

J'ai toujours eu envie d'apprendre à jouer de la guitare.

Depuis que je suis toute petite.

Mais bon, je ne me suis jamais lancée.

J'avais peut-être peur de ne pas y arriver.

Ça va s'arranger.

Tu ne veux pas qu'on bouge ?

Tu m'emmènes ?

Où tu veux.

Qu'est-ce que vous foutez ?

20 fois que je vous explique, les mecs.

20 fois, si ce n'est pas 30.

D'abord, on assemble le fauteuil.

Ensuite, on fixe le coussin.

Et après, on sort de la bagnole.

Ce n'est pas compliqué.

Bon, on fait ce qu'on peut, Léo, d'accord ?

Oui, oui.

Je déplie comment ?

Attends, Mickey, tu te fous de ma gueule ?

Allez, viens.

Mon téléphone.

Mon téléphone.

Dans le coffre, là.

Dans mon sac.

Allez, allez.

Bon, allez, je reçois un appel par moi.

Ne me le foirez pas, les gars.

Quittez pas.

Oui ?

Allô ?

Il n'y a personne.

Tu peux me déposer, s'il te plaît ?

J'adorerais te raccompagner,

mais d'une, je ne conduis pas,

et de deux, je ne peux pas vraiment bouger, tu sais.

Je suis désolé.

Si j'ai trop fumé, je suis cassée.

Je ne sais pas m'amener mon verre, s'il te plaît.

J'ai soif.

Non, je ne suis pas d'accord, les mecs.

D'abord, je suis fatigué.

J'ai mal à la tête.

Il est tard.

Et Chloé, c'est une copine.

Si ça se trouve, elle n'est pas d'accord.

Bon, Léo, ce soir, tu passes à la casserole.

Tu ne nous déçois pas, hein ?

On t'a rangé le coup.

Arrête de penser, Léo.

Ce n'est pas le moment de jouer les Sainte-Nitouche.

Non.

Je ne dis pas que ça va être guerrière,

mais si tu n'essayes pas,

En plus, Chloé, elle est géniale.

Elle ne va pas te brusquer, c'est idéal.

Bon, d'accord, les mecs.

Mais pas la piqûre.

Filez-moi un Viagra.

Mais on le va.

Léo, c'est enculé.

C'est sa gueule.

C'est quoi, ça ?

Tu prends le ventre de ma meuf, connard.

Rien.

Moi, j'attends juste mon petit déjeuner.

Jules, c'est un ami.

Juste un ami.

C'est ça.

Prends-moi pour un con.

Bon, tu sors de ce putain de lit.

Tu viens avec moi dehors.

On va discuter.

Pas de problème.

Chloé, t'es gentille.

Mon fauteuil est dans la salle de bain.

Ok.

Tu me prends pour un con ?

C'est quoi, ce plan ?

Arrête, Jules.

Ça suffit.

Jules, après, tu peux emporter sous la douche ?

Ouais.

Il est pété, ton pote, ou quoi ?

Il bande comme un taureau.

Je suis en retard.

Alors, comment j'ai joué aujourd'hui ?

Il y a du mieux, mais c'est pas gagné.

Pour le chariot, il y a un supplément.

Un bagage.

Même un roulette.

Ah ouais ?

Relise votre manuel.

Il y a une loi qui stipule que lorsque vous chargez un handicapé,

La loi ?

La loi, mais je la stipule autant que vous, la loi.

Alors, pour le chariot, vous payez et je me casse, ok ?

On va pas y passer la nuit.

Hé, hé, hé.

Quoi ?

C'est un fauteuil.

Fauteuil, putain.

Un chariot, c'était à l'époque de baignures.

Et les voleurs leur coupaient la main.

Hé, deux minutes, tu vois pas qu'il est handicapé ?

J'en manque de ta poussette.

Bon, bah, salut.

Qu'est-ce qu'il me veut, ce petit nain, là ?

Bougez, tu peux pas rester au lit comme ça toute la journée.

Bon, demain, n'oublie pas que t'as ton kiné qui vient à 10h.

Annule.

Mais pourquoi ? C'est pas raisonnable.

Annule, je te dis.

Bon, si c'est ça, autant que je sache.

T'as pris ce 200 à 2h.

Annule.

N'importe quoi.

Hé, Ricardo.

Ouais, tout va bien.

Et toi ?

T'appelles pas pour faire une course.

C'est dans le coin, là.

Ah ouais ? Bah, vous tournez mal.

Je suis pas en forme, j'ai du boulot, et en plus,

Effectivement.

Non, bah, t'as du boulot.

On devait pas se voir cet après-midi ?

Ah non, c'était ce week-end qu'on allait se voir.

Maintenant, c'est trop tard.

En tout cas, merci pour la visite.

Et puis, la prochaine fois, appelez avant, OK ?

C'est pas l'ami du salut, ici.

On a déconné, non ?

Hein ?

Qu'est-ce qu'on a fait, là ?

Rien.

Il a juste retrouvé son mauvais caractère.

Ça veut dire qu'il va mieux.

Bon, bah, je préviens son prof de claquettes.

Putain, j'y arriverai jamais, ce clavier, c'est de la merde, il est trop petit.

À qui tu veux écrire ?

À ma chanson.

J'ai toujours pas terminé le refrain.

Clavier,

Frappe, je frappe, il répond pas à ce con, là.

Manon, frappe-moi.

Mais t'es malade.

Aucune envie de te frapper.

Frappe-moi, je te dis.

Frappe-moi, allez.

Plus fort, t'entends ?

T'as rien dans le ventre, ou quoi ?

Allez, je veux sentir tes mains sur mon visage.

Allez.

Allez, montre-moi de quoi elles sont capables, tes mains.

À part branler des bits de puceaux et gratouiller trois accords.

Allez, Manon, t'as peur de quoi ?

Parle pas comme ça, hein.

Je t'interdis de me parler comme ça !

Parle comme je veux.

T'es nulle en musique.

Si tu crois que j'ai du temps à perdre,

t'écoutes Gémir sur ta guitare, j'en peux plus, j'ai mal aux oreilles.

T'es nulle, tu fais aucun progrès.

La faute à qui, vieux con, hein ?

T'as qu'à pas être prof si t'as pas la patience.

La patience ?

Tu crois que je fous dans ce putain de fauteuil depuis 18 mois et 22 jours, hein ?

Tu crois que j'attends l'autobus pour le cimetière ?

Je suis même plus capable de tenir le manche d'une guitare.

Tu crois que ça m'amuse ?

Tu crois que c'est un hobby pour moi, la musique ?

Alors viens pas me parler de patience.

T'es qu'une gamine, t'y connais rien, t'es nulle.

T'es qu'une gamine, connard, et j'ai 25 ans et je t'emmerde !

Non mais c'est quoi ton problème ?

Tu sens rien, tu vois rien.

T'as plein de gens autour de toi qui t'aiment et tu t'en fous.

T'es là, pleurée sur ton sort.

Mais putain, mais crève !

Désolée.

Le soir de septembre, Manon m'a quittée aussi vite qu'elle m'avait aimée.

Tu m'en veux pas ?

J'en voudrais.

Je préfère garder dans mon cœur les 3 mois d'amour que tu m'as donnés et qui m'ont fait renaître.

Sauf notre séparation.

Notre histoire avait commencé en musique.

Et juste après son départ, il y a eu un grand silence.

Et j'ai dû faire comme n'importe qui après un chagrin d'amour.

Attendre de rencontrer quelqu'un d'autre, comme tout le monde.

Je suis pas mort.

Et je suis mieux qu'en vie.

Je suis vivant.

Puis j'y ai d'accord.

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