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LA FOUDRE FRAPPA DEUX FOIS
Voici, mon p�re. Le gardien vous escorte chez le condamn�.
Merci, M. le directeur.
Trevelyan.
Un pr�tre vient te voir.
Je n'ai pas besoin d'un pr�tre.
Moi, j'ai besoin de vous, Trev.
- Que voulez-vous ? - Je viens implorer votre pardon.
Vous avez dit ce que vous avez vu. C'�tait votre devoir.
S'il vous pla�t, pour la paix de mon �me.
Entendu, mon p�re, je vous pardonne.
Que puis-je faire, en ces derniers jours ?
L'�tat g�re parfaitement l'affaire, merci, mon p�re.
Je pensais... Un message � transmettre ?
� Myra Nolan ? J. D. ?
- Pourquoi ? - Imaginez ce qu'ils �prouvent.
Je n'ai rien � leur dire.
Je regrette, Trev.
Si seulement je n'�tais pas pass� chez vous...
Vous �tes pourtant venu.
J'envie tes fr�quentations, Trevelyan.
Le gouverneur vient d'annoncer le report de ton ex�cution
dans l'attente d'un nouveau proc�s.
Ramenez-le � sa cellule.
Trevelyan innocent !
Trevelyan coupable !
Oui ? Quel est le verdict du jury ?
Pardon ?
Il y a une heure, 11 sur 12 le d�claraient coupable.
Qui a tout fait capoter ?
� elle seule ?
S�rement une hypnotiseuse.
Hank. Ces femmes...
- Laquelle ? - Aucune.
Titrez "Le jury ne parvient pas � un accord."
� 11, ils ne l'ont pas d�molie ?
Non. "Le jury termine � 6 contre 6."
Elle les a divis�s. Faites vite imprimer.
Et maintenant ?
Qui sait ? � l'�tat de voir, maintenant.
Al !
�a me tue, ce truc, vraiment.
- Laisse tomber, Tom. - Il avait la corde au cou.
- Dors, tu veux ? - Et la serviette qu'il a enterr�e ?
On a fait le tour, Tom.
Il a achet� sa libert�.
Il �tait riche, il l'a tu�e, le voil� pauvre.
Pendu � une corde, on ne peut pas d�penser son fric.
Il a pr�f�r� tirer quelques ficelles.
Tu piges, Al ? Corde, ficelles...
Qu'en dis-tu, Al ?
�crase, Tom, ou il y aura un autre meurtre dans la r�gion.
Vous avez suivi l'affaire ?
C'est elle qui me suit � travers le sud-ouest.
Je suis repr�sentant en shampoings.
Un probl�me au sommet ? Appelez Jack Ross.
Vous avez un bien beau pays.
Bien joli.
Pour s�r, jusqu'� ce qu'un type
comme Trevelyan vienne le salir.
Para�t qu'elle �tait mimi.
La fille du jury ?
Cette femme, Lorraine.
Seuls les jolis minois s'attirent des ennuis.
Qui s'emb�terait � tuer une mochet� ?
M�fiez-vous, ma petite dame.
Avec votre physique...
Je t�cherai de m'en souvenir.
Vous croyez Trevelyan coupable ?
J'ignore tout de l'affaire. Je viens de l'Est.
- Quelle co�ncidence ! - Je m'y attendais.
Prochain arr�t dans 5 minutes. El Llano.
Faisons connaissance, nous venons du m�me pays. O� allez-vous ?
� El Llano.
- Pas d'autres appels ? - Il faut demander � Joe.
Posez-lui la question.
- Je m'en moque, r�veillez-le. - Vous patientez ?
�videmment, je patiente.
Je voudrais une chambre avec baignoire.
Bien s�r, mademoiselle.
Chambre 17, 2e �tage.
O� puis-je louer une voiture pour demain ?
- Pour aller o� ? - � la Chute de Lune.
- Pardon ? - Un ranch h�tel.
C'est � 120 Km.
Tout le monde conna�t la Chute de Lune, mais... vous y attend-on ?
J'ai r�serv� il y a des semaines.
C'est tr�s �trange.
En quoi une telle r�servation vous �tonne-t-elle ?
Au garage Sommer, � deux num�ros, ils en louent.
J'y vais souvent, ils sont honn�tes.
Sommer ? Merci beaucoup.
Pouvez-vous me faire monter un sandwich ?
Il est 2 h 30, mademoiselle.
Et alors ? Si cette enfant a faim, qu'on la nourrisse !
Bien, madame Nolan.
Et pensez au lait chaud.
Merci � nouveau.
- Hummel. - Madame ?
Vous la laissez monter seule ?
Non, bien s�r, madame. Suivez-moi, mademoiselle.
Non, madame, pas d'autres appels.
- Vous �tes s�re ? - Oui, madame.
Merci. Nous revenons demain.
Aucun message au ranch. Il a disparu depuis le proc�s.
� quoi joue-t-il, Myra ?
Pourquoi nous tourner le dos l�, alors qu'il a tant besoin de nous.
Nous devons le trouver.
- Mais comment faire ? - J'ai peut-�tre une solution.
Pardonnez-moi.
Je pensais devoir vous r�veiller.
Il est tard ?
Plus de 14 h. Le jour est bien avanc�.
�a vous arrive souvent ?
Je suis com�dienne. On choisit ce m�tier
pour pouvoir dormir tard.
C'est curieux...
Je me rappelle avoir ferm� ma porte � cl�.
J'ai un passe.
Vous agissez comme une tenanci�re.
Je le suis.
Je g�re aussi ce magasin, ce garage,
et un ranch de belle taille.
- Et un th��tre ? - Non, mais un cin�ma.
Non... Tant pis.
- Peu chanceuse ? - On peut le dire.
On m'a enfin confi� un beau r�le il y a peu.
Desd�mone, dans Othello, pour une troupe itin�rante.
�trangl�e 8 fois par semaine, vous connaissez ?
Je ne peux m'en vanter.
Chaque soir, j'expirais dans une �table glaciale.
J'ai fini par le payer.
Un soir, Desd�mone a p�ri avec 40 de fi�vre.
Quelle horreur ! Mais la troupe devait continuer.
Oui, avec une doublure, h�las.
Je suis rest�e du voyage, esp�rant me r�tablir.
L'id�e n'�tait pas judicieuse.
Un m�decin du Kansas, d'un coup d'oeil,
m'a envoy�e ici pour un mois de repos.
Imaginez mes �conomies.
Votre petit-d�jeuner.
- Entrez, Raquel. - Bonjour, se�ora.
- Bonne apr�s-midi. - Bonjour.
Bacon, �ufs, confiture, tartines et caf�.
Parfait, Raquel.
- Merci, madame. - Merci, Raquel.
J'appr�cie l'accueil que l'Ouest r�serve aux �trangers.
C'est int�ress�, je le crains.
J'ai un service � vous demander.
Je serais ravie d'aider.
Vous pensiez louer une voiture pour aller � la Chute de Lune.
Mon mari est venu en ville avec la d�capotable,
et j'avais d�j� l'autre voiture.
Nous voudrions rentrer ensemble, mais une voiture resterait ici.
Conduisez notre voiture jusqu'� la Chute de Lune.
Vous �conomiserez une location et vous m'�viterez de revenir.
Et pour la r�cup�rer ?
Notre ranch, le N-T, n'est qu'� 60 Km de la Chute de Lune.
Une paille, pour la r�gion.
J'irai la chercher l�-bas. J'ai dessin� un plan.
Suivez-le, c'est tr�s simple.
Depuis Bainbridge, allez � Frontera.
- Que pensez-vous du temps ? - Ouaip.
Ce qui veut dire ?
Que �a va tomber dur. Vous allez loin ?
Un peu apr�s Palmarito.
Faites une halte, on a un bon h�tel.
Claiborne est le coeur du comt�.
Je devrais peut-�tre vous �couter.
Mais je vais continuer.
- Je vous fixe le toit ? - J'aime prendre l'air.
J'esp�re que vous savez nager.
D'ici 30 Km, vous arriverez � un embranchement.
C'est la sortie pour Palmarito.
Je suis embourb�e. Puis-je entrer ?
Navr�e de vous d�ranger. Le garagiste de Claiborne
m'a parl� d'un embranchement � 30 Km.
J'ai d� me tromper, j'esp�rais une route goudronn�e,
or je roule dans la boue depuis 2 heures.
Et vos chaussures ?
Je les ai perdues en sortant de la voiture.
Dans la boue.
O� allez-vous ?
Allez vous r�chauffer.
C'est gentil. Il y avait deux sacs dans la voiture.
Comment avez-vous su qu'il me fallait la petite ?
C'est l� que les femmes rangent leur n�cessaire.
Un c�libataire l'ignorerait. Vous �tes mari� ?
Je l'ai �t�.
� manger !
Sachez-le, nous sommes seuls, ici.
Dois-je crier ?
Le cri se perdrait.
Autant �conomiser mon souffle.
Bont� divine !
Un poulet frit. Et rien n'y manque !
Il va falloir m'aider.
Merci, je n'ai pas faim.
Inutile, pour du poulet frit.
- Et j'en ai trop. - Non, merci.
On m'a parl� de l'hospitalit� des Texans,
mais j'�tais loin d'en esp�rer tant.
Sans m�me me conna�tre,
une femme me pr�te sa voiture et la truffe de nourriture,
devinant que je vais me perdre.
Vous la connaissez peut-�tre. Une sacr�e femme. Mme Nolan.
Myra Nolan vous envoie ?
Comment l'aurait-elle pu ?
Je ne suis ici qu'apr�s m'�tre perdue.
Vous conduisiez sa voiture ?
J'avais besoin d'une voiture, elle m'a pr�t� la sienne.
Pour aller o� ?
Un ranch h�tel, la Chute de Lune.
Myra Nolan connaissait votre destination ?
C'est pour �a qu'elle m'a pr�t� sa voiture.
Sans parler de moi ni vous demander
de l'avertir si vous me trouviez ?
Non.
Je ne vous crois pas.
Je n'ai pas coutume de mentir.
Tout le monde ment.
Pardonnez-moi, j'ai travers� des �preuves.
Vous l'aurez remarqu�.
Vous ne pouvez pas reprendre la route.
Ne vous en souciez pas, je vous ai assez d�rang�.
Je vais me pelotonner ici.
Il n'y a pas de lit. Aucun n'est pr�par�.
Il n'y a pas de draps. Mais il y a un canap�, � c�t�.
Vous y serez bien.
Pas de lit ? O� dormez-vous ?
Je me posais la question, � votre arriv�e.
Ce n'est pas chez moi.
Je suis arriv� peu avant vous.
Pas chez vous ?
Je vous suis inconnu ?
�a vous �tonne ?
Croyez-moi, c'est �tonnant.
ACCUS� DU MEURTRE DE SA FEMME ET LIB�R�
Richard Trevelyan ?
Comment �tait-elle ?
Elle �tait magnifique. S�duisante, pleine d'humour.
Et fonci�rement mauvaise.
Allez dormir dans le bureau.
Il y a un verrou sur la porte.
En ai-je besoin ?
Pour vous sentir � l'abri, oui.
� l'abri de quoi ?
De vos pens�es.
Merci.
Vous n'avez pas tir� le verrou.
Je m'appelle Pedro.
Merci, Pedro.
- Caf� ? - Du caf� ? Volontiers.
- Je vous en pr�pare. - Formidable.
Au fait, Pedro, o� puis-je faire ma toilette ?
Venez dehors, je vais vous montrer.
Il y a la tuyauterie, en haut, mais �a ne marche pas.
Ici, ce sera parfait.
C'est ma maison, derri�re les peupliers.
J'aurais pu venir plus t�t,
mais je n'ai su qu'il y a une heure que vous �tiez l�.
Asseyez-vous, j'apporte de quoi manger.
Merci.
D�sol�, c'est un peu l�ger.
- O� est M. Trevelyan ? - Qui ?
M. Trevelyan, il �tait l� hier soir.
Il n'y a personne, ici. Rien que moi.
Il est parti ?
Vous ne savez pas ?
C'est �a, je ne sais rien.
Pouvez-vous m'indiquer la direction de la Chute de Lune ?
Vous voyez ce grand pin ?
Il y a une all�e bord�e par une cl�ture.
Suivez-la jusqu'� la route, tournez � droite
et vous finirez par y arriver.
Merci, Pedro.
Si M. Trevelyan...
Oui ?
Non, rien.
- Au revoir. - Au revoir.
Bonjour. Je suis contente de vous revoir.
Je voulais vous remercier de m'avoir accueillie.
Faites-moi une promesse.
Quel genre de promesse ?
Oubliez que vous m'avez vu. Oubliez tout de moi.
Je m'en tiens � la presse ?
Absolument.
N'est-ce pas insens� ? Pourquoi vous cacher ?
Le proc�s est derri�re vous, vous �tes libre.
J'ai votre parole ?
Vous l'avez.
Allons, sois sage, mon b�b�.
Je me bats pour te nourrir tout le jour,
mais tu n'as faim que la nuit.
Du bon lait bien chaud. Ne boude pas ton plaisir.
J'ai compris.
Pardonnez-moi. Je ne voulais pas vous effrayer.
Shelley Carnes.
- Qui ? - Shelley Carnes.
J'ai une r�servation, mais...
Me suis-je tromp�e de date ? La saison est termin�e ?
On a ouvert... puis ferm�.
J'ai pourtant votre lettre de confirmation sur moi.
- C'�tait il y a longtemps. - J'�tais cens�e arriver aujourd'hui.
- Tu n'as pas annul� les r�servations ? - Si.
�trange... Le ranch est ferm�.
- Elle ne m'a rien dit. - Qui ?
- Mme Nolan. - Myra ?
- Vous la connaissez ? - C'est beaucoup dire.
Elle m'a pr�t� sa voiture.
Elle nous espionne.
Moi, une espionne ?
Il parle de Myra. Mme Nolan.
- Vous �tes pr�te � parier ? - � quel sujet ?
Myra vous a dit qu'elle viendrait elle-m�me
chercher sa voiture.
En effet, c'est ce qu'elle a propos�.
- Je suis Liza McStringer. - Enchant�e.
- Et voici mon fr�re. - Bonjour.
Le ranch �tant ferm�,
m�me nos vieux amis ne viennent plus.
Myra est une femme tr�s g�n�reuse.
Sa voiture est un pr�texte
pour venir voir ce qui se passe ici.
Elle vous a invit�e ?
Chez elle ? Non. Je suis arriv�e hier � El Llano.
Vous avez fait la route ce matin ?
Non, j'ai fait une halte... � Claiborne,
ils ont un bon h�tel.
- Vous avez petit-d�jeun� ? - Je n'ai bu qu'un caf�.
Je peux au moins vous nourrir.
Tout va bien, String. Elle n'a pas re�u ta lettre.
Les autres, si.
Vous croyez que j'aurais fait tout ce chemin en bus pour...
La lettre s'est perdue, j'�tais en tourn�e.
En tourn�e ?
Avec une troupe. Je suis com�dienne.
J'�tais malade et un m�decin m'a sugg�r� de venir me reposer ici.
J'ai cass� ma tirelire et j'ai fait le voyage.
Les ranchs ne manquent pas, par ici.
On en trouvera un qui vous accueillera.
Mangez, et on passera nos coups de fil.
D�s qu'on parle de manger...
�a, je sais faire. Les blancs gagnent en trois coups.
Vous jouez aux �checs ?
Mon p�re disait que j'�tais dou�e. Pour une actrice.
Avancez ce pion
de deux cases.
Bien s�r, et mon fou...
Non, vous risqueriez de perdre votre reine.
Il serait bien peu hospitalier de ne pas vous accueillir.
Seulement, le personnel est parti.
Et voil�. Un coup de plus et c'est gagn�.
H�bergez-moi quelques jours,
je ferai ma part du travail. Et je cuisine plut�t bien.
String, Mlle Carnes a faim, va voir si nos poules
ont pens� � elle.
�chec et mat, j'ai r�ussi.
Les oeufs.
J'ai bien envie d'accepter.
Voulez-vous en savoir un peu plus ?
� quel propos ?
Myra, la voiture, le fait de ne pas vous avoir dit que le ranch �tait ferm�.
Avez-vous entendu parler de l'affaire Trevelyan ?
Un peu.
Myra vous a parl� de son ranch ?
- Le N quelque chose... - Le N-T.
Vous savez � quoi �a correspond ?
Nolan...
Trevelyan.
J. D. Nolan est venu d'Angleterre avec son ami, George Trevelyan.
Tout ce qu'ils touchaient, immobilier, p�trole, �levage,
tout se transformait en or.
Par une nuit pluvieuse, Trev p�re et sa femme
ont fait quelques tonneaux
et ont laiss� le jeune Trev sans parents.
Conform�ment au testament de son p�re,
il a termin� ses �tudes en Angleterre,
passant tous ses �t�s ici.
Les Nolan n'avaient pas d'enfant.
J. D. a fini par prendre Trev sous son aile.
Apr�s la guerre, l'enfant s'est install� dans le coin.
J. D. l'a toujours trait� comme son fils.
Et mieux encore. Quant � Myra...
un fils n'aurait pas su la combler plus que Trev.
Mais apr�s la mort de sa femme,
il a cess� de voir les Nolan, refus� de leur parler, rejet� leur aide.
Personne n'a jamais su pourquoi.
Lorsque l'affaire a �t� class�e,
Trev s'est �vanoui, tout simplement.
Aujourd'hui, Myra pense qu'il se terre ici.
Pourquoi ici ?
Savez-vous qu'un membre du jury du deuxi�me proc�s
a r�ussi � emp�cher un accord
en exigeant l'acquittement ?
Cette jur�e, c'est moi.
- Bonjour, p�re Paul. - Bonjour, Liza.
Contente de vous revoir. Salut, Smoky et Thunder.
Le ranch n'est pas ouvert ?
Non, mon p�re.
Je suis une pestif�r�e.
- Des nouvelles ? - Non.
Myra a envoy� une fille nous espionner.
Une fille ? Qui donc ?
Une touriste.
Elle avait r�serv� et ignorait qu'on ne recevait plus.
Je vais tout de m�me l'accueillir.
�a fera du bien � String.
- Il va mieux ? - Non.
Il refuse d'en entendre parler.
�a finira par passer. Vous devez �tre patiente.
C'est ce que je me r�p�te sans cesse.
Mais je ne m'�coute pas.
Mes ouailles sont, pour la plupart, hispaniques.
La d�votion est essentielle � leur vie.
Je ne dis la messe ici qu'une fois par mois.
Les paroissiens en profitent pour organiser un saint pique-nique.
�a semble l�g�rement, disons...
Sacril�ge ? Je ne le crois pas.
La multiplication des pains
n'�voque-t-elle pas un pique-nique ?
- Probablement. - �a me pla�t, c'est une jolie id�e.
Ils mangent sous les arbres apr�s la messe,
les anciens font la sieste,
les jeunes dansent et se lancent des oeillades.
Quand vient la b�n�diction, ils prient de nouveau.
Enfin, ils rentrent chez eux, somnolents et heureux.
Ce sont de bien belles journ�es.
Vous semblez heureux.
Dieu l'est, lui.
Le voil�, le sacril�ge.
Pourquoi le serait-il ?
Ce monde est malade, le crime r�gne. Croyez-vous
qu'il l'aime encore ?
String, je t'interdis !
Vous faites un beau couple, toi et le p�re Paul.
Comment pouvez-vous vous asseoir � la m�me table ?
L'homme qui a condamn� Trev
et la femme qui l'a sauv� de la corde.
Qui a eu tort ?
Qui a menti ? Qui ?
Qui ?
- B�nissez la nature. - Bonjour, p�re Paul.
Oui, p�re.
- Vous aimez notre chapelle ? - Magnifique.
Elle porte la gr�ce des ans. Est-elle ancienne ?
Tr�s. Des gens comme eux l'ont b�tie.
Pieux et pleins d'amour.
- C'est ce qui fait sa beaut�. - Foi et amour se marient bien.
- P�re Paul. - Oui ?
Vous �tiez l'ami de Richard Trevelyan.
- Je le suis toujours. - Vous n'avez pas pu le condamner.
Disons que mon t�moignage a d'abord men� � son accusation.
Mais vous connaissez la suite.
Vous le croyez toujours coupable ?
Qui serais-je pour le dire ?
Il ne s'est pas confi� en ami.
Je sais ce qui est ressorti des proc�s.
Si vous avez assist� aux deux, vous avez forc�ment un avis.
- Quand l'avez-vous vu ? - Je ne l'ai pas...
Comment savez-vous ?
Le c�ur des hommes est mon territoire.
Mon p�re,
croyez-vous qu'il en soit capable ?
Je ne sais que ce que j'ai vu.
Voulez-vous bien me le dire ?
S'il vous pla�t.
J'allais � Palmarito, ce matin-l�.
�tant en avance, j'ai d�cid� de passer
dire bonjour � Trev et Lorraine.
Je ne les avais pas vus depuis longtemps.
En approchant, j'ai aper�u Trev.
Il enterrait quelque chose.
Il m'a vu et est parti vers la maison.
Je me suis avanc� pour l'y retrouver.
D'habitude, leur chien venait m'accueillir,
mais pas cette fois.
Je ne suis pas entr�, Lorraine dormait peut-�tre.
Elle aimait se lever tard.
J'ai alors entendu Digger. Le chien de Lorraine.
Il g�missait mis�rablement. Je suis entr�, d�sireux d'aider.
Mais j'arrivais trop tard pour cela.
Lorraine gisait au sol, au pied du lit � colonnes,
le cr�ne barr� d'une blessure b�ante.
Je savais qu'elle �tait morte.
Digger le savait, lui aussi.
Je suis sorti et me suis retrouv� face � Trev.
J'ai demand� : Savez-vous ce que j'ai vu ?
Le regard fixe, il m'a r�pondu :
Elle a d� tomber en se levant et se cogner contre une colonne.
Il le soutiendrait lors des deux proc�s.
Avant l'aube, m'a-t-il dit,
il �tait all� soigner un cheval malade,
se servant d'une vieille serviette
qu'il avait enterr�e pour confiner les germes.
Mais elle n'�tait pas vieille.
Elle �tait neuve, orn�e d'un L brod�.
L comme Lorraine.
Elle �tait tach�e de sang humain. Le sien.
Dois-je poursuivre ?
Non.
Mon p�re, connaissant Trev, connaissant l'homme qu'il est,
pouvez-vous l'en croire capable ?
Trev a du bon en lui.
Mais il peut aussi �tre violent et incontr�lable.
Vous ne l'avez jamais vu en col�re.
� moins que...
Col�re ne dit pas forc�ment meurtre.
Tout d�pend de la col�re.
Mon enfant, certains aiment croire
que le mal immanent n'existe pas.
Que l'homme est naturellement bon.
Mais tout homme a une facette sombre.
C'est en dominant cette noirceur que l'on trouve le salut.
Vous croyez donc aux �mes perdues.
Je crois aussi aux �mes sauv�es.
Je suis � vous.
Le plein. Et v�rifiez les pneus.
S'il vous pla�t.
Passez au drugstore, je m'occupe du reste.
- Je vous retrouve ici ? - � l'h�tel, pour un verre.
O� est-il ?
Vous y avez pass� une nuit.
- Celui-l� ? - Il n'y en a qu'un.
Je n'arrive pas � lire...
Voyons... "lotion � la calamine". Pour les coups de soleil et...
C'est Trevelyan, regardez !
C'est lui. Trevelyan. L'homme qui a tu�...
Donnez-moi la lotion.
Votre monnaie.
Je savais que c'�tait lui. Je l'ai tout de suite reconnu.
J'avais peur que vous vous perdiez.
- Vous couriez ? - Je pensais �tre en retard.
Je me demandais...
Vous avez des chevaux, au ranch ?
Vous aimez monter ?
J'aime tout sport qui peut se pratiquer assis.
Je pensais acheter ce pantalon.
N'en faites rien. J'ai ce qu'il faut au ranch.
Allons � l'h�tel.
Mes concitoyens m'ont laiss� l'envie d'un cocktail bien glac�.
Que s'est-il pass� ?
� ce qu'il semble, j'ai priv� tout le monde d'une ex�cution.
Bonjour.
Bonjour.
- O� est M. Trevelyan ? - Qui ?
Ne recommencez pas.
Pedro, si vous aviez un message important � lui transmettre,
vous sauriez o� le trouver, non ?
Il vous a apport� ceci. C'est pour �a qu'il est all� � Claiborne.
S'il n'est pas ici, il est venu.
Pourquoi mentez-vous ?
Je suis son ami.
Moi aussi.
� 1 Km, vous verrez un arbre aux branches cass�es.
De l�, vous verrez un ruisseau.
En le suivant dans cette direction, vous arriverez au Canyon de la lune.
- Canyon de la lune ? - C'est l� que vous le trouverez.
Merci, Pedro.
Que cherchez-vous ?
Le Canyon de la lune.
Regardez en bas, vous le verrez.
Je pr�f�re �viter.
Vous avez le vertige ?
J'ai la t�te qui tourne sur une chaise.
Je vais vous aider.
�a va aller.
Tout ce que j'ai � faire,
c'est me dire que je ne suis pas sur une chaise.
�a devrait marcher.
�a a march�.
Vous �tes une romantique.
Comment �a ?
Vous ne m'avez pas trouv� ici par hasard.
On ne m'envoie pas, si c'est votre id�e.
Personne ne sait que je vous connais.
Une rencontre fortuite... Et maintenant ?
Je crois pouvoir vous aider.
Je n'ai appel� personne � la rescousse.
- Je me mets � votre place. - Vraiment ?
Ces gens qui vous d�visageaient, qui murmuraient...
Je voulais les frapper.
Tout m'accuse, ils n'y peuvent rien. Le jury �tait partag�.
Il se trouve que je vous crois.
Pour quelle raison ?
Seriez-vous une criminologue
dont j'aurais lu le nom dans quelque suppl�ment du dimanche ?
Je suis actrice. Shelley Carnes.
Actrice. Voil� d'o� vous vient ce romantisme.
S'il est romantique d'avoir foi dans les gens,
alors oui, je suis romantique.
- J'ai le sentiment... - Non, merci.
que vous clamez mon innocence avec plus de vigueur que moi-m�me.
Pourquoi ?
J'ai rencontr� tous les gens concern�s.
Et aucun d'eux ne para�t conna�tre la v�rit�.
Vous, si ?
Non. Mais je ferai tout pour la d�couvrir.
Dites-moi... Pourquoi pensez-vous
que vous y arriverez mieux qu'eux ?
J'ai un avantage sur les autres.
On ignore que je suis impliqu�e.
Vous l'�tes ?
�coutez. Vous omettez un d�tail important.
L'affaire est class�e, et je veux qu'elle le reste.
Pourquoi ?
Je suis libre. Votre aide pourrait me nuire.
N'y avez-vous pas pens� ?
Je vois.
Pensez-y, Mlle Carnes. �a vous occupera l'esprit
en remontant le long de cette corniche.
C'est ainsi que je quitte la sc�ne.
Vous feriez bien, avant que le rideau ne tombe.
Dites ce que vous voulez,
je vous crois innocent. Et je le prouverai.
Ne vous en m�lez pas.
�a peut �tre risqu�.
Pour vous ?
Et quiconque s'en m�le.
J'ai besoin d'aide.
Quelques pas et la corniche s'�largit.
Je n'y arrive pas.
Je ne peux plus bouger.
Donnez-moi votre main.
Maintenant, tournez-vous
et avancez doucement, pas � pas.
Je n'ose pas y aller la premi�re.
Laissez-moi y rem�dier.
Fermez les yeux.
Et gardez-les ferm�s.
Maintenant, allons-y.
Tenez-vous � moi et ne regardez pas en bas.
�a va aller ?
Liza.
Vous devez �tre affam�e.
D�barbouillez-vous, c'est presque pr�t.
Je ne viens pas manger. Je m'en vais.
C'est bien soudain.
- Que s'est-il pass� ? - Rien, Liza.
Vous ne vous plaisez plus avec nous ?
- Vous avez �t� formidable. - Mais ?
Je n'appr�cie pas le d�sert autant que je l'esp�rais.
Cette d�solation m'effraie.
Je ne peux pas vous le reprocher.
String et moi ne sommes pas d'humeur tr�s enjou�e.
D�trompez-vous, moi seule suis en cause.
- Saluez-le pour moi. - Votre d�part l'attristera.
String supporte un fardeau dont peu mesurent le poids.
Vous �tes la 1e femme qu'il appr�cie depuis...
Depuis qui ?
Lorraine. La femme de Trev.
Curieux, les choix amoureux que font les hommes...
Cette Lorraine, comment �tait-elle ?
Les l�vres rouges, le regard en coin, une belle silhouette...
Une coureuse.
Je l'ai su d�s le 1e jour, dans le bureau de J. D.
J'aurais d� frapper avant d'entrer.
Vous connaissez les clich�s sur les secr�taires.
Des clich�s...
Myra devait le savoir, car J. D. l'a aussit�t renvoy�e.
Mais Lorraine n'�tait pas du genre � rester oisive.
Elle a vite trouv� un meilleur emploi en �pousant Trev.
Plus besoin d'assouvir ses envies derri�re des portes closes.
Imaginez ce qu'a ressenti J. D.
Et Myra.
Triste fa�on de commencer son mariage.
J'aurais aussi pu en pr�voir l'issue.
Mais on ne m'a rien demand�.
Au revoir, Shelley.
- Je viens voir Mme Nolan. - Entrez, je vous prie.
� la piscine, avec ses invit�s.
- Voulez-vous me suivre ? - J'aimerais la voir seule.
Dans ce cas, veuillez attendre ici.
Bonjour, ma ch�re. J'ai reconnu ma voiture.
Je vous la ram�ne. Et voici les cl�s.
Je pr�voyais de venir la chercher.
J'ignore quels �taient vos projets.
Quoi qu'il en soit, merci. Pourrait-on me conduire � la gare ?
Bien s�r.
Asseyez-vous.
Que M. Nolan vienne � la biblioth�que.
Oui, madame.
J. D. va venir avec nous.
- Cigarette ? - J'en ai une, merci.
Je vous sers un verre ?
Mme Nolan, pourquoi tourner autour du pot ?
Vous saviez que la Chute de Lune �tait ferm�e.
En un sens, c'est vrai.
Mais je sais Liza McStringer accueillante.
Vous m'avez leurr�e en me pr�tant votre voiture.
C'est exact.
J'ai parcouru plus de 1 500 Km
pour me reposer dans un ranch, monter � cheval et bronzer.
Pas pour jouer les limiers.
Plus vite je retrouverai les joies du m�tro new-yorkais
mieux mes nerfs se porteront.
Demander pardon n'est pas mon point fort.
J'y arriverai probablement mieux assise.
Je suis terriblement confuse.
Je ne voulais pas �tre grossi�re.
Voyez-vous, je n'ai jamais incarn� un d�tective priv�.
Ce r�le ne me r�jouit pas.
Vous savez donc pourquoi je vous ai envoy�e.
- Liza avait son id�e. - �tait-elle juste ?
� vous de le dire.
Je ne peux me pr�senter au ranch l'air de rien.
Trev penserait que je viens le voir.
La voiture m'aurait donn� un pr�texte l�gitime.
D�sormais...
c'est trop tard.
Il va bien ? A-t-il parl� de nous ?
Il n'y est pas.
C'est impossible.
Il a disparu depuis le proc�s.
Liza doit savoir o� il se trouve.
Elle aimerait bien.
Vous n'avez rien entendu ?
Rien.
Tiens donc, Mlle Carnes. Quel plaisir.
Bonjour, M. Nolan.
- Qu'as-tu, Myra ? - Personne ne l'a vu, J. D.
Nos efforts ont donc �t� vains.
Nous avons manqu� de correction.
- J'en fais amende honorable. - Je vous en prie.
J. D., veux-tu bien nous conduire � la gare ?
Ne me dites pas que vous nous quittez.
Pourquoi pas ?
Il n'y a pas de train, pourrais-je dire.
Mais je pr�f�re : restez un peu.
Mon s�jour n'est pas un grand succ�s.
Raison de plus.
Nous en sommes responsables, laissez-nous r�parer cela.
Ou nous ne croirons pas � votre pardon.
Si vous avez une chambre...
Je pr�f�re �a. Mes amis m'envieront
une aussi charmante invit�e.
Venez rencontrer nos convives.
Fais monter ses bagages dans la chambre voisine de la n�tre.
Bien s�r, ma ch�rie.
Mon radar avait bien relev� la pr�sence d'une beaut�.
Il n'est jamais en veille. Shelley, voici Harvey Turner.
Mlle Carnes. Harvey est un voisin.
Description bien sommaire pour un de vos vieux amis.
Je m'appelle Harvey Fortescue Turner.
J'ai entre 25 et 40 ans, 1,80 m � partir des souliers,
et j'ai bien plus de dents qu'� ma naissance.
Laissons l� ce vantard.
Shelley...
"Vivons, telles des notes de musique, l'un pour l'autre."
Shelley, le po�te.
Attention, ridicule peut rimer avec po�sie.
La faute � mon p�re. Il m'offrait 100 $
pour chaque po�me appris.
L'argent se perdait aupr�s de diverses blondes,
mais les po�mes me sont rest�s.
Une joute de rimes, Shelley ?
M�fiez-vous, je r�pliquerais avec Shakespeare.
S�rement pas, je n'ai plus que de l'amour dans mon carquois.
N'esp�rez pas trop, elle n'est pas votre type.
- Pas assez compliqu�e. - Il me suffira de la compliquer.
Mon m�decin a amplement m�rit� ses honoraires.
Tout cet espace... J'�tais d'abord intimid�e,
mais je commence � m'attacher au d�sert.
Ces 400 hectares sont une nouvelle acquisition.
Je les ai gagn�s au poker. On m'appelle "Myra la Bluffeuse".
Les nuits d'hiver sont longues, par ici.
Ils ne manqueront pas � Harvey.
Ce terrain lui appartenait ?
Il r�ve encore de sa quinte flush.
Je ne l'imaginais pas joueur.
Harvey peut r�server bien des surprises.
Myra, nous devrions faire du N-T un ranch h�tel.
Regardez notre citadine.
Son bronzage perce la nuit.
Mon r�tablissement confine � l'ind�cence.
Gr�ce � vous deux.
Nous profitons nous aussi de ce souffle de jeunesse.
Dois-je y voir un reproche sur mon �ge ?
J'oubliais, je nage merveilleusement bien.
Passons sous silence une quasi-noyade � l'�ge de 8 ans.
Un plongeon, plus tard ? C'est excellent pour le teint.
De tout le corps.
Une autre fois. Apr�s un tel festin, je coulerais.
Barbotons au moins l�-dedans.
Je marque mes b�tes d'un "N-T" pour "Nolan-Trevelyan",
alors que Trev n'est plus l�.
- Pourquoi ne revient-il pas ? - Je l'ignore.
Pardon, je n'ai pas le droit.
N'ayez crainte, la question n'est pas nouvelle.
Je donnerais tout pour y r�pondre et pour renouer avec le pass�.
Si le polo vous int�resse,
mon jeu vous fascinera. Marqueur hors pair,
on me dit n� sur un cheval.
C'�tait dans un chariot, en route pour l'h�pital,
mais les chevaux n'�taient pas loin. On peut donc y croire.
Shelley ?
Je vous cherchais partout.
J'ai demand� aux musiciens de jouer mes airs favoris.
Vous admirez l'enfant prodige ?
L'enfant prodige ?
J. D. et Myra en semblaient convaincus.
Il r�ussissait en tout.
Jusqu'� son grand rat�.
Que va-t-il devenir ?
Comment peut-on refaire sa vie apr�s �a ?
Il est bon ing�nieur, les offres ne manqueront pas.
De qui ? Vous ?
Mais je l'aiderai.
- Vous le croyez innocent ? - Je n'ai pas dit �a.
Mais vous voulez l'aider.
C'est ma fa�on d'honorer mes dettes.
Vous connaissez l'expression "n� pour la corde" ?
Certaines sont n�es pour �tre tu�es, et Lorraine en �tait.
Trev a eu la malchance d'�tre son mari.
J'aurais pu �tre � sa place.
Je ne l'�tais pas.
Je ne vous connaissais pas si temp�r�.
Je ne l'avais jamais �t�.
Le moteur semble au repos.
C'est ce qui arrive quand on n�glige l'entretien courant.
Je sais ce qui m'arrive.
Le joyeux Harvey Fortescue Turner et son coeur l�ger...
Toute ma vie, j'ai fanfaronn� sans trop y croire.
Ce soir, je crois en quelque chose,
et je reste muet.
De gr�ce, Harvey, ne le dites pas, et n'y croyez pas.
La magie n'op�re pas ?
H�las.
Rien n'y fait ? Musique, champagne, clair de lune, charmeur irr�sistible...
- Vous �tes gentil. - Et vous m'aimez beaucoup,
je connais, une tante me le r�p�te sans cesse.
Venez.
- O� allons-nous ? - Je vous offre une vir�e.
Allons-y.
Ce sera ma seule requ�te.
Avez-vous d�j� agi en sachant que vous aviez tort
sans que cela emp�che quoi que ce soit ?
C'est une devinette ?
Vous traversez la vie sans que rien n'arrive.
Avril succ�de � mars, la nuit succ�de au jour.
Mardi succ�de � lundi.
Puis un beau jour, vous savez que rien ne sera plus pareil.
Comme ce soir.
Toute ma vie, je me demanderai
si le jeu en valait la chandelle.
Quand j'aurai la r�ponse, il sera trop tard.
Je n'aime pas vous entendre parler ainsi.
Rentrons.
Nous allons chez moi.
- � cette heure ? - Pour un digestif.
J'aime dig�rer � mon rythme.
Les mauvaises blagues sont ma chasse gard�e.
Rentrons, s'il vous pla�t.
Doucement, on roule � 100 � l'heure !
Dans la mauvaise direction.
En entendant que la magie ne prenait pas,
j'ai su la direction qu'il nous faudrait prendre.
�a ne peut �tre chez vous.
Pas la maison, seulement la d�pendance.
C'est agr�able et tranquille.
Harvey, doit-on vraiment s'arr�ter ?
C'est ici que prend fin cette histoire.
J'aimerais que ce soit un r�ve.
Dont j'ignorerais la fin.
C'est vous !
Je suis si heureuse.
Je regrette, j'avais tellement peur.
Pourquoi craindre Harvey ?
Il m'a pr�t� sa maison et m'a confi� aux bons soins de Pedro.
Il est le seul ami qui me reste.
Il agissait curieusement.
Cette soi-disant vir�e, notre arriv�e ici...
- Je lui ai demand� de vous mener ici. - Pourquoi ?
Il m'a trouv� un emploi, je voulais vous dire au revoir.
- Quand partez-vous ? - � la fin de la semaine.
Vous m'avez fait venir pour me dire �a ?
En quoi est-ce amusant ?
Je repense � ce que vous m'avez dit au Canyon de la Lune.
Vous m'avez dit romantique.
Pardonnez-moi pour cet �pisode.
Ce n'est pas mon comportement habituel. Pas sans provocation.
C'est le temps des adieux ?
J'en ai bien peur.
Je suis contente que vous partiez. Enfin...
Que vous ayez du travail.
Et que je m'enfuie � nouveau ?
Ce n'est pas fuir que de partir pour un nouveau d�part.
Vous le pensez ?
Pensez aux P�res p�lerins. O� serions-nous si...
Pourquoi pleurez-vous ? Dites-le-moi.
Parce que vous partez.
- Parce que... - Pourquoi, Shelley ?
Parce que je crois que je vous aime.
Maintenant, ramenez-moi au N-T.
Pas avant de vous avoir parl�.
D'un r�ve que je fais, un cauchemar r�current.
J'attends l'ex�cution, mesurant le temps au tic-tac d'une horloge.
Au bout d'un moment, j'entends le pas du bourreau.
� son approche, le tic-tac s'amplifie
et devient un violent fracas qui me r�veille.
Je ne pense alors qu'� une chose,
orienter mes pens�es vers un peu de bonheur,
de quoi m'apaiser pour affronter ma journ�e.
Apr�s notre rencontre ici,
c'est � vous que j'ai commenc� � penser.
� votre visage. Et le cauchemar a disparu.
Je trouvais enfin la paix.
Un sentiment dont j'avais oubli� l'existence.
J'ai alors su que je vous aimais.
Trev...
Je n'imaginais pas en dire autant.
Je ne pensais qu'� un adieu.
- O� partez-vous, Trev ? - Loin d'ici.
Emmenez-moi.
Vous ignorez ce que �a implique.
La rumeur nous rattrapera,
- vous serez la femme du... - Ne le dites pas.
Je dois le dire. D'autres n'h�siteront pas.
Je veux �tre avec vous.
Vous n'auriez pas peur,
apr�s tout ce qui est arriv�, de m'�pouser ?
- Quelles que soient vos explications. - Je ne peux vous en donner.
- �a n'a pas d'importance. - Vous vivriez sans peur ?
Ma seule peur serait de vous quitter.
Pour la 1e fois depuis longtemps, je vais dormir. Sans cauchemars.
- Trev, que dois-je dire � Myra ? - Rien.
Partir ainsi sans rien dire ?
N'en dites pas un mot. � personne.
Pourquoi en vouloir ainsi aux Nolan ?
- Si vous saviez... - Ne parlons pas d'eux.
Je regrette, Trev.
Voyez comme les choses seront.
Prenez le temps de r�fl�chir.
C'est la seule chose que je refuse de faire.
Quand vous m'avez vu, ce soir,
vous avez paru heureuse... Rassur�e.
- C'est vrai. - Rappelez-vous ce moment.
Je me le rappellerai.
Partez avant qu'ils se l�vent. J'attendrai.
Entendu.
C'est vous, Shelley ?
D'accord, j'ignorais que vous �tiez debout.
Prenez donc un sandwich.
Une h�te n'a jamais le temps de manger. Je suis affam�e.
Je n'ai pas faim.
Quelle est cette joie contenue ? Que faisiez-vous ?
Une promenade.
Sur la Voie lact�e ? Vos yeux en scintillent encore.
Mangez, �a vous fera atterrir.
Inutile de me dire quoi, mais dites-moi quand.
- Quand quoi ? - Quand a-t-il fait sa demande ?
Regardez-vous dans ce miroir...
On vous a pos� la grande question,
et vous y avez r�pondu.
�a ne pourrait me faire plus plaisir.
� l'heureux �lu.
Malgr� ses pitreries, Harvey est un gentil gar�on.
� votre arriv�e, j'ai eu peur pour vous.
J'avais l'intuition, et je les �coute toujours,
que vous aviez vu Trev.
Que vous le connaissiez, de pr�s ou de loin.
- D'o� venait cette id�e ? - J'ai beaucoup d'id�es.
Mais j'avais tort, et j'en suis soulag�e.
Pourquoi, si vous l'aimez tant ?
- Ne croyez-vous plus en lui ? - C'est une foi ingrate.
Liza croit en lui. Cette foi l'a sauv�.
Vous savez pourquoi ?
Parce qu'elle l'aime, depuis toujours.
Et je ne miserai jamais
sur le jugement d'une femme amoureuse.
Allez dormir.
Votre gentillesse me pla�t.
En d'autres circonstances...
- Bonne nuit, ma ch�re. - Bonsoir.
Il serait superflu de vous souhaiter de beaux r�ves.
JUGE DE PAIX C�l�bration de mariages
Acceptez-vous de prendre cette femme pour �pouse,
de vivre avec elle selon les liens sacr�s du mariage,
de l'aimer, de l'honorer et de veiller sur elle
- jusqu'� ce que la mort vous s�pare ? - Je le veux.
Acceptez-vous cet homme pour �poux,
acceptez-vous de l'aimer, l'honorer et veiller sur lui
jusqu'� ce que la mort vous s�pare ?
Je le veux.
L'alliance.
Une attention de Pedro...
Les Mexicains adorent �a.
Bienvenue ! Entrez donc.
- Ce cher Pedro ! - Bonjour.
- �a te pla�t ? - Beaucoup, Trev.
Ma fille, Conchita. C'est elle qui a d�cor� la maison.
Merci, Conchita.
Laissons-les.
Ol�, ol� !
�a ne peut �tre que Johnny Lopez.
C'est pour un ami que j'�gr�ne mes gammes
Celui-l� qui s'est mari� aujourd'hui
Il a choisi la plus belle des femmes
Eux deux, c'est pour la vie
Ils forment un merveilleux couple
Quel bel amour ils filent
Il s'appelle Trev La fille ? Je l'ignore
Peut-�tre me pr�sentera-t-il
Peut-�tre me pr�sentera-t-il
Je te pr�sente Johnny Lopez.
- Enchant�e, Johnny. - Je suis si heureux.
Qu'elle est loin, cette �poque o� Trev et Liza
vivaient un grand bonheur.
D�sormais, le bonheur est de retour.
- Le festin est pr�t. - �a semble fameux !
Restez, buvons � la mari�e...
Et au mari� ! Des verres, Conchita.
Pedro ?
� M. et Mme Trevelyan.
Nul n'est insensible au feu de l'amour.
L'homme vit mieux quand il aime
et sait l'entretenir.
Telle est la plus belle gloire de la vie :
l'amour.
l'amour.
C'est magnifique. Qu'est-ce que �a veut dire ?
Que l'amour est une chose merveilleuse.
- Buvons � Johnny et Pedro. - Et � Conchita.
- Et � nos canards ! - Aux canards !
Je l'ai entendu dire, mais je n'y ai pas cru.
Un banquet de mariage.
Merci pour tes f�licitations, Lisa.
Vous l'avez donc �pous�.
En d�pit de tout, vous l'avez �pous�.
Pourquoi pas ? Je l'aime.
Pauvre folle.
Vous ne l'aimez pas.
Le meurtrier vous fascine.
- Assez, Liza. - Voyez dans les prisons.
Les meurtriers y re�oivent des lettres d'amour,
des fleurs, de l'argent...
Vous valez bien ces femmes.
Qu'avez-vous, Liza ? Pourquoi vous ?
Vous qui avez vot� son acquittement !
Pas parce que je le croyais innocent.
Lorraine m�ritait de mourir.
Depuis le d�but, vous le croyez coupable ?
J'�tais l�, cette nuit-l�.
J'ai tout vu.
Shelley !
Pourquoi m'avoir retenue ?
Je ne peux rien te dire.
Si elle �tait pr�sente cette nuit-l�,
qu'a-t-elle bien pu voir ?
Je ne t'ai jamais menti, Shelley.
Tu savais que je n'�voquerais jamais cette nuit.
J'ai besoin de ta confiance, plus que jamais.
J'ai confiance en toi. Crois-moi, Trev.
La f�te peut reprendre, Trev ?
Vous aussi, Pedro et Conchita.
Portons un autre toast.
� ma femme.
Sant� !
Et prosp�rit�.
Il n'y a que ces deux chambres, ici. L'autre, plus petite,
sert de dressing.
Trev ?
Quelle chance.
�a t'emp�chera de t'enfuir.
J'ai laiss� mon sac en bas.
Il y sera encore demain.
Une femme se sent nue, sans son sac.
Ouvre, s'il te pla�t.
Je n'aime pas me sentir enferm�e.
Et s'il y avait le feu ?
Nos cendres voleraient ensemble dans un grand duo d'op�ra.
Une jeune mari�e a droit � son chevalier.
Vos d�sirs sont des ordres.
Et voil�. Juste en cas d'incendie...
- Tu dois me croire idiote. - S�rement pas.
Mais je m'�tonne que tu aies travers� le pays seule.
J'�tais entour�e d'une troupe enti�re.
- Dans une seule chambre ? - Tu es b�te.
Quelle fabuleuse Oph�lie tu devais faire.
Je n'incarnais pas Oph�lie mais Desd�mone.
D'o� mon d�part de la troupe.
Je souffrais d'�tre tu�e tous les soirs.
Pardonne-moi. Je ne pensais pas...
Ne sois pas en col�re, Trev.
Oublie ce que je viens de dire. C'�tait idiot.
Nous aurons bien des choses � oublier.
J'esp�rais que ce soir serait un nouveau d�part.
C'est le cas.
Vous savez pourquoi ?
Parce qu'elle l'aime, depuis toujours.
Et je ne miserai jamais
sur le jugement d'une femme amoureuse.
J'�tais l�, cette nuit-l�.
J'ai tout vu.
Une araign�e.
Calme-toi.
J'ai eu peur qu'elle soit venimeuse.
Je n'arrive pas � me calmer.
Je n'y arrive pas.
J'ai trop peur.
- Peur ? - De toi, Trev.
De toi !
Ne t'approche pas de moi.
- O� vas-tu ? - Chez Liza.
Arr�te, Shelley !
- Harvey. - Oui ?
Prends ta voiture et rejoins-moi.
- Pourquoi diable ? - Fais ce que je te dis...
- Qu'as-tu ? - Tu dois m'emmener chez Liza.
- Chez Liza ? - Oui, chez Liza !
Arr�te !
Je ne sais plus ce que j'ai dit.
Je ne pensais qu'� cette maison, cette musique,
ces bougies.
Tout cet amour...
- C'�tait trop ! - Oublie ce soir.
Que faisais-tu chez Lorraine la nuit de sa mort ?
Mon cheval boitait.
Il y avait de la lumi�re.
- Qu'as-tu vu ? - Rien.
- Tu as assist� au meurtre. - Non.
- Tu as vu Trev la tuer. - Non !
Tu as menti � la Cour par amour.
- Trev n'y �tait pas. - Tu mens !
- C'�tait Harvey ! - Harvey ?
C'est lui que j'ai vu.
Il �tait en train de l'embrasser.
Apr�s son d�part, j'ai dit � Lorraine ce que j'avais vu.
Elle �tait l�, avec sa belle chevelure...
Elle d�truisait la vie de Trev. Je lui ai dit de partir.
Elle m'a r�pondu, avec sa voix langoureuse :
"Je ne partirai pas. J'ai tout ce que j'aime, ici."
Je lui ai dit ce que j'�prouvais pour Trev.
Que je l'aimais depuis toujours.
Je parlais sans pouvoir la regarder.
Et elle a rigol�.
Elle m'a regard� et a rigol�.
Je lui ai dit d'arr�ter, en vain.
Alors je l'y ai forc�e.
Tu l'as tu�e !
Oui ! Oui, je l'ai tu�e.
Elle �tait vile.
String !
Harvey !
� quoi bon ? Nous sommes deux estropi�s.
Que vas-tu faire ?
On s'en va. Ils ne nous retrouveront pas.
- Pr�pare-toi, je mets de l'essence. - Non.
Je dois rester ici.
- Pour attendre Trev. - Trev est mari�.
S'il vient ici, ce sera avec la police.
D�p�che-toi.
Et votre nuit de noces ?
Je me suis enfuie.
Vos paroles m'ont rendue folle.
Elles m'obs�dent.
Je dois savoir ce que vous avez vu.
Ou rien ne sera possible.
J'essaie de me convaincre du contraire, en vain.
Ne pas savoir est pr�f�rable.
Partez, oubliez l'existence de Trev, oubliez tout.
- Impossible. - Vous le devez.
Liza, je dois conna�tre la v�rit�.
Je l'aime toujours.
Vous l'aimez ?
Qu'en savez-vous ?
Avec vos grands yeux et votre sourire de fillette.
Je donnerais ma vie pour une gentillesse de lui.
Je l'aimerais m�me s'il l'avait tu�e.
J'aurais toujours �t� � ses c�t�s.
Vous avez dit... "s'il l'avait tu�e."
- J'ai dit �a ? - Vous �tiez l�, cette nuit-l�.
Et alors ?
Vous savez qui a tu� Lorraine.
Vous avez toujours su que ce n'�tait pas lui.
Il est innocent.
Vous vous sentiriez mieux ?
Tant de fant�mes s'�vanouiraient.
Il est innocent, n'est-ce pas ? Dites-le-moi !
Qu'est-ce que �a change ? Trop tard, pour vous.
Qui prot�ge-t-il ? Qui avez-vous vu ?
Qui a tu� Lorraine ?
Qui l'aimait assez pour la tuer, sinon moi ?
- Il vous prot�geait. - Non.
Il est g�n�reux, mais pas � ce point.
Il savait qu'un homme �tait venu, mais pas Harvey.
Il pensait que J. D. l'avait tu�e.
Et il ne l'aurait jamais d�nonc�. M�me devant le bourreau.
Vous l'avez abandonn� � toutes ces �preuves.
La prison, les proc�s, l'opprobre.
J'aurais tout fait pour le garder.
Il aurait continu� ainsi, persuad� de prot�ger J. D.
Mais ma maison aurait �t� son seul havre possible.
T�t ou tard, nous aurions �t� ensemble,
ainsi que c'�tait �crit.
Mais non !
Vous avez d�barqu� avec votre belle bouille.
Et vous me l'avez pris.
Comme Lorraine.
Je la revois, cette nuit-l�,
allong�e dans son lit,
si belle.
Puis elle s'est mise � rire.
J'�tais jalouse, disait-elle. Idiote, moche et jalouse,
et elle a ri !
Pas longtemps, car mes mains...
C'est �a, hurle !
Lorraine a hurl�, elle aussi !
Jusqu'� ce que
je lui brise le cr�ne contre le lit.
Je lui ai bris� le cr�ne !
Allez, allez !
Tu fais un beau h�ros, Harvey.
Dis-lui qui �tait avec Lorraine.
- Liza ! - Tu en perdrais le sommeil.
�coute-moi, Trev.
J'ai fait ce que j'ai pu pour me racheter.
Passez-moi le bureau du sh�rif.
J'imagine que je n'en ferai jamais assez.
Disparais.
- Ils remontent. - Seuls ?
Oui.
Ils sont morts, J. D. Tous les deux.
Liza vivait quand je suis arriv�.
Ils peuvent aller en paix.
Sous-titrage TITRA - TVS Adaptation : Stanislas Raguenet
(Re)synchro : Cadiot & Co
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