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Tu y connais quoi, toi, aux hommes ?
Les hommes, c'est comme les marques.
Il y a du luxe, du moyenne gamme et des fils de pute.
Tout ce qui compte, c'est le fric. Le pognon, les dollars, tu piges ?
Pour toi ils sont tous pareils sauf les Blacks ?
Ils ont quoi, les Blacks ?
C'est une longue histoire.
Racontez-moi, je veux rire.
Elle m'a suppliée pendant trois mois de l'emmener
à l'anniv' d'un rappeur américain hyper connu, ici à Marrakech.
Impossible de rentrer. Une sécurité comme si tu voulais entrer au paradis.
Il y avait un monde fou.
J'ai vu des Américains, je me suis glissée entre eux.
J'ai fait mon : "Hello, how are you?"
Ils ont compris que dalle.
J'ai fini par enfiler une mini-jupe, j'te dis pas !
Près de la piscine,
elle soulève sa jupe,
se fait sauter, et hop.
Et elle, fallait la voir ! Elle s'est fait baiser partout.
La cuisine, la salle de bain...
Le cul en l'air, même dans les WC.
Une vraie pro !
Tu m'étonnes !
Elle a fait le tour de tous les mecs.
Le dernier Black lui a explosé la chatte ! Elle était en sang.
Alors ta chatte est déchirée ?
Elle vous emmerde, ma chatte !
On a filé à l'hôpital.
Mais la meilleure, j'étais hors service pendant six mois.
Sans mes économies planquées chez Saïd, on bouffait du foin.
Mangez, c'est chaud.
Assieds-toi et mange aussi.
Mange pas debout.
Ça va.
Passe-moi la bouteille.
C'est bon.
Soukaina !
- C'est qui ? - Son clochard.
Fait chier.
Tu vas bien ?
Casse-toi, on est occupées.
- Laisse-moi lui parler. - On est à la bourre, grouille-toi.
Saïd, j'ai eu mes règles.
Achète-moi du Coca pour les arrêter.
Tu dînes pas, Noha ?
Non. Et ça, c'est pour toi.
Merci.
Magnez-vous, on se change et on file.
Randa, je veux que tu roules du cul.
Il y aura au moins six tonnes de putes.
T'entends ?
Tu sais quoi, tu restes collée à moi.
Si je danse, tu danses, et si je baise, tu baises.
Qu'est-ce que tu regardes ? Tu veux que je parle en prose ?
Randa, tu sais faire le huit avec tes fesses ?
Je te cause, pétasse !
J'suis pas sourde.
Ce soir, sortez-moi le grand jeu.
Montrez bien vos gambettes, vos lèvres, vos culs.
Compris ?
T'inquiète pas pour moi, tu me connais.
Je sais que t'es une grande pute, je m'en fais pas pour toi.
C'est toi la plus grande !
Merci, ma choute.
Apprenez de votre maîtresse.
Saïd, s'il te plaît, monte le son.
- Que Dieu nous protège. - Qu'est-ce que tu fous ?
Du sel, contre le mauvais œil.
T'as amené ça jusqu'ici !
J'implore Dieu pour un Saoudien,
beau gosse, gentil, avec une petite bite.
Et beaucoup d'argent, pour que je passe une belle nuit.
Allez, les filles, votre plus beau sourire.
Souhaite-nous bonne chance.
Les filles, filez-lui vos téléphones.
Non, je garde le mien.
Ils sont interdits à l'intérieur. Donne-le-lui, magne-toi !
Le mien, je le garde. Dans 2h30 tu peux bouger d'ici.
Et si on te le confisque ?
Je vais le laisser chez la maquerelle.
Comment tu me trouves ?
- Préservatifs ? - Trois.
Et toi ?
Un seul.
Prends-en deux.
Tout va bien ?
Bon, donnez-moi vos portables.
Celle qui a de la drogue, qu'elle la sorte.
Vos putasseries, je les connais.
Cherchez pas à m'entuber.
Et pour les tarifs,
3000 DH si vous dansez,
6000 DH si vous baisez.
Bien sûr, je prends 200 DH par 1000 DH.
Allez, bon appétit. Et soyez à la hauteur.
Lève-toi et danse.
Je ne sais pas.
Je t'ai dit de danser, allez !
Tourne !
Qu'est-ce que t'as, danse !
Bouge-toi.
Je veux pas, je veux pas !
- Je t'ai dit de danser ! - Lâche-moi, espèce de con.
Animal !
Sortez-la !
Il se prend pour qui ? Il a pas le droit !
T'es folle ou quoi, connasse ! Va voir Saïd et rentre.
Toujours à me foutre la honte !
Si tu réussis ta vie, je redeviens pucelle !
Abou Saad, Abou Saad !
T'es un maître, Abou Saad !
Abou Jassim !
Je dis...
On t'écoute.
Le sel est blanc, et cette chair encore plus blanche !
Une vraie tigresse !
Me saouler avec des Saoudiens...
Oui ?
...me rend visqueuse
comme un serpent.
Les belles paroles !
Une autre tequila !
La chatte, la chatte !
Approche, petite.
Lui, il a une usine à lait.
J'ai des pâturages !
Il a du petit-lait !
Elle est mignonne !
Je vais lancer ce bijou dans l'eau.
Celle qui le trouve, le garde !
Allez, bande de putes. Cherchez bien !
Vous êtes nulles.
Ô, mon aimée...
Remplis mon cœur de ton amour.
Libère-moi des deux mondes.
Si j'offre mon cœur à quelqu'un d'autre que toi,
laisse les flammes m'envahir.
Ô, mon aimée...
Prends tout ce que je désire,
prends tout ce que je connais,
prends tout ce dont j'ai besoin.
Prends tout,
tout ce qui pourrait m'éloigner de toi.
J'ai aimé ton poème.
Vraiment ?
Arrête.
Je crois que j'ai trop bu.
Moi aussi, j'ai bu.
Oui...
Tu es peut-être plus habituée à l'alcool que moi.
Franchement, tu me fais rire.
Ahmed.
Oui.
Ne m'en veux pas.
Je ne t'en veux pas.
Olé ola, mon chéri bande dur.
Olé ola, mon chéri baise bien.
T'es un vrai chaud, mon lapin, un vrai baiseur !
La prochaine fois, tu me ramènes ta mère et ta sœur.
T'entends ?
Eh, vous !
J'adore ton cul !
C'est qui ?
Ouvre, c'est moi.
Attends.
- Calme-toi ! - Une heure pour ouvrir !
Je suis tombée sur un putain de taré.
Il m'a tuée. Il m'a retourné l'utérus.
J'ai recommencé à saigner.
C'est pas encore fini ?
Je sais pas s'il a fini ou pas, cet enfoiré.
Je vais lui filer un somnifère et m'en débarrasser.
Fallait voir quand il allait jouir.
On aurait dit un âne. Il s'est mis à pleurer et à braire.
Il m'a demandé de lui ramener ma mère, ma tante...
Il lui manquait que ma grand-mère !
Alors qu'elle a 90 ans, la pauvre !
- Tenez. - Merci, l'ami.
C'est encore tout chaud.
Et toi, c'était comment ta nuit ?
Génial.
J'ai été payée.
Il a passé son temps à me réciter des poèmes.
À la fin, il s'est endormi et m'a foutu la paix.
- Fric, poésie et pas de baise... - Non.
Il est pédé, c'est sûr.
Non, il était juste fatigué.
Le matin, la bonne m'a filé 6000 dirhams.
Mais tu sais que j'aime les bonus.
Voyons combien t'as piqué.
C'est pas grand-chose,
mais c'est mieux que rien.
C'est que dalle.
Je vais te montrer de quoi sont capables les vraies putes.
Vas-y, fais voir.
Noha, la reine des putes !
Tiens, Saïd. L'argent haram qu'on va rendre halal.
Planque-le bien. Il y a plus de 15 000 DH.
T'as fait comment, salope ?
T'as pas eu peur qu'il remarque ?
Ça va pas ? Il y avait plein de liasses.
Salut Saïd, appelle quand tu te réveilles.
Ou viens directement.
Soukaina.
Casse-toi, clodo. Tu fais chier de bon matin.
C'est bon, monte. J'arrive.
Pauvre type.
T'étais où ?
Au boulot.
Ton "boulot" commence à me prendre la tête.
Je t'ai attendue toute la nuit.
J'ai envie de toi.
Pas maintenant, Katib.
Katib, j'ai dit pas maintenant.
Et moi je te dis que j'ai envie de toi.
Tu me fous la honte depuis le jour où je t'ai connue.
J'aimerais juste que t'aies un minimum de cervelle.
Juste être fière de t'emmener avec moi un jour.
J'en ai rien à foutre !
Je fais ce que je veux !
Et qui paye ta bouffe et ton loyer ? Ta grand-mère ?
Arrête tes gamineries. J'en ai marre !
Détends-toi, tu vas exploser !
Je t'emmerde ! J'en ai ras le bol.
Occupe-toi de tes oignons !
Laisse-moi regarder.
Tu sais que j'aime regarder la télé le matin.
Tiens, appelle ton poète de Saoudien.
- C'est le matin, je le ferai plus tard. - Matin, après-midi, c'est pareil.
On a besoin de fric. De payer le loyer.
Je suis la seule à y penser ?
Je viens de me réveiller.
J'ai autre chose à foutre aujourd'hui !
Tu vas bien ?
Ça va.
- Pourquoi tu demandes pas après moi ? - Pourquoi je le ferais ?
Pourquoi tu me parles comme ça ?
- Tu voudrais que je te parle mieux ? - Oui.
C'est moi qui paye tes fringues et tes clopes.
Grâce à moi, tu passes tes journées à rien foutre.
Gamin.
Maman, tu vas bien ?
Ça va, ma fille.
Ça sent bon. Tes repas me manquent.
Tu es la bienvenue.
Je t'ai appelée plusieurs fois et tu m'as pas rappelée.
J'ai pas d'argent pour téléphoner.
T'as déjà dépensé tout l'argent que je t'ai donné ?
Il me reste plus rien.
Tiens, je t'ai fait quelques courses.
Ton fils était malade cette semaine.
Je l'ai emmené à l'hôpital.
J'ai payé une fortune entre le médecin et les médicaments.
Et toi, tu t'en es pas souciée.
J'étais pas au courant.
Maintenant tu l'es.
Tiens.
Elle a quoi, Sarah ?
Elle a rien.
Elle est juste fatiguée à force d'étudier, la pauvre.
Va la voir et regarde si elle a besoin de quelque chose.
Tu vas bien ?
Ça va.
Qu'est-ce que t'as ?
Rien.
Embrasse ta mère !
Ça se passe bien au lycée ?
Oui.
Tu fais attention à tes fréquentations ?
C'est pas tes oignons.
T'as besoin d'argent ?
Non, j'en ai pas besoin.
Je peux t'offrir un truc dont tu as envie ?
Je veux rien.
Qu'est-ce que tu fous ?
Avance, au lieu de danser. Ils sortent de partout.
Ville de fous !
C'est une vieille histoire.
Une histoire d'argent.
Tout ça, c'est du baratin.
On va pas me faire gober ça.
S'ils voulaient une solution, l'Arabie Saoudite la trouverait fissa.
- C'est clair. - Mais ils veulent pas de solution.
Ils veulent mendier,
ils veulent du fric, des dinars.
C'est pas gentil de dire du mal des Palestiniens.
Ils sont chassés de leur terre.
On doit les aider.
Pas les critiquer et se moquer d'eux.
Ceux-là, ils profitent du monde entier.
Qu'est-ce qu'elle a à parler politique, celle-là ?
Et toi, t'as le droit de les insulter ?
On oublie.
Vous savez qui a la solution ?
Bajbouji !
Le grand Bajbouji !
Plus il est petit, et plus je l'aime.
Elle est où votre copine, la folle ?
La folle ?
Oui, une vraie cinglée.
Elle va pas avec les Arabes, elle préfère les Européens.
Elle aime les Européens !
Elle aime le SIDA, les cochons, les radins.
Ils payent pas, c'est des vrais rats.
Ils achètent les fruits à l'unité.
Une demi-banane, une demi-pomme...
Il faut qu'on leur apprenne la générosité.
La générosité coule dans vos veines.
Ne bouge pas, je vais te donner à manger.
Oui, nourris-moi.
Regarde la vraie générosité et l'amour.
Regardez comme elles nous gâtent, les Marocaines.
Pas comme nos femmes.
Nos femmes sont comme cette viande.
Mortes.
Vous voyez pourquoi, moi,
j'adore les Saoudiens !
J'aime entendre ça !
On est les maîtres du monde.
Vrai.
Mais vous avez trouvé vos maîtres, chers maîtres du monde.
Qui ?
Les Marocaines !
Ah bon, et pourquoi ?
Vous n'avez pas de pétrole,
nous oui. Donc c'est nous les maîtres du monde.
On a aussi du pétrole !
Quel pétrole ?
C'est nous, le pétrole !
Votre pétrole est noir et puant.
Tandis que le nôtre est parfumé et coloré !
Si c'est ça le pétrole marocain,
je viens investir demain !
On va entrer en bourse !
Celle-là, elle sent le pus. Personne veut d'elle.
Même un corbeau
te trouverait moche !
Et toi, t'es une sauvage,
élevée dans un garage,
et tout le monde te traite de sauvage !
Sauvage, et fière de l'être !
Écoute, écoute, Ahmed !
J'écoute.
Que Dieu me garde des sauvages comme toi !
Gare à la putain qui veut bouffer le Saoudien.
Me bouffer, moi ?
Elle te lâchera pas, mort ou vivant !
Mon cœur !
Abou Jassim, prends ta pute, elle nous laisse pas bosser.
C'est la pute de tout le monde.
Celle-là, elle est Schengen !
J'appartiens à l'humanité.
Les Saoudiens,
j'adore votre bel argent.
Le Saoudien,
j'avoue que tu baises bien.
Elle n'a pas oublié l'histoire du Viagra !
Laisse-moi faire et ton Saoudien deviendra une marionnette.
Il l'est déjà, sans ta sorcellerie.
Tu rêves. Sans ça, t'auras rien.
Donne-moi le mouchoir avec son sperme.
Tu te fous de ma gueule ? On n'a pas couché !
Pardon, j'avais oublié que votre truc, c'est la poésie.
En tout cas, je prépare le mien. Viens pas me supplier après.
T'inquiète pas pour ça.
Tant pis pour toi.
Attention, il y a un esprit derrière toi !
Elle a perdu la tête.
Ça lui a déjà fait de l'effet, ton truc.
Matez, les filles !
Chérie !
Saïd !
Pourquoi tu tires toujours la tronche, Saïd ?
Tu m'épouses ?
Regardez-moi ce pédé !
Une vraie roulure, ma belle !
Saïd, attends-nous.
Ça pue les flics par ici.
Les pièces d'identité.
Je suis invisible, pouffiasse ?
Je t'ai pas vu.
Quoi ?
Tu veux quoi ?
T'as quelque chose pour moi ?
J'ai l'air d'un voleur ? T'as quoi ?
- Qu'est-ce qu'il te veut ? - Rien.
Ça va, mon pote ?
Noha, la plus belle !
Salut !
File-moi un verre.
Tout de suite, chérie. T'étais en taule ?
Non, en enfer.
On m'a dit que t'étais en taule.
C'est qui le gros type avec sa bande, là-bas ?
Cocaïne...
Des Rifains ?
Dieu te garde.
Tu l'as raté, celui-là.
Qui se les est tapés ?
Des filles qui ont été gâtées. Portables, bijoux.
Pendant que toi, tu ronflais.
Et la clique là-bas ?
Des revendeurs de caisses.
Caisses européennes ?
Si tu veux t'offrir une Range-Rover, fonce.
Oh oui, une Range-Rover !
Nos petits Européens, ils ont de la thune ?
Tu parles, ils sont périmés !
C'est pas vrai !
Si tu restes avec eux, tu vas manger du bouillon.
Tu me casses tous mes plans, connard.
Attends-moi, Saïd, j'arrive.
Sarah !
Sarah !
Qu'est-ce qui se passe ?
- Rien. Roule, Saïd. - Noha !
Salut.
Salut, Oussama.
Tu m'appelles encore Oussama ? On est dans la rue !
C'est Cherine.
Tu cherches encore des clients à 4h du mat ?
Non, ma chérie. J'en ai déjà eu six, aujourd'hui.
Là, c'est repos. J'avais envie de me défouler un peu.
Elle veut se défouler, la cocotte !
Ça te surprend ?
Tu penses que tes clients et les miens sont pareils ?
T'es pas à la hauteur de mes clients, petite merde.
Petite merde ? Ouvre bien les yeux !
Plutôt gâteau à la crème, saupoudré de chocolat noir.
Tu m'as manqué, pétasse !
J'ai faim.
On va manger ?
On va chez Ba Omar ?
Ça marche, on va chez "Mac-Omar".
T'invites ?
Oui, j'invite. Allez, monte.
Parce que j'ai pas de fric.
J'avais pas prévu.
Six clients et t'as pas de fric. Mon cul !
Je vais pas gaspiller mon argent dans la bouffe.
J'ai décidé de devenir chanteuse.
Vos gueules ! Pourquoi vous riez ?
Tu serais mieux en geisha.
Geisha ? J'ai une tête de geisha, moi ?
On plaisante, t'es trop canon pour être geisha !
Si ça se trouve, t'es devenue bigleuse.
Soukaina, il va devenir pute.
Non, ma chérie. Pédé et heureux de l'être.
Il y a trop de pédés.
Pas assez pour vous envoyer à la retraite !
Le salaud !
C'est vrai, toutes les putes du Maroc échouent à Marrakech.
Si seulement elles en profitaient.
Elles repartent aussi fauchées qu'en arrivant.
Tu connais ce flic ?
Mange et mêle-toi de tes affaires.
D'accord.
C'est ce que je mérite.
Ils sont où, tes clients européens ?
De quoi tu parles, c'est que des clients de passage.
Personne ne veut du sérieux.
Maintenant, ils cherchent des gamins.
- Ah oui ? - Eh oui.
Tiens, en voilà un.
Comment tu sais ?
Je sais ce que je dis.
Tu l'as vu où ?
Chaque fois dans un coin.
Près des bars, des boîtes, des cabarets.
T'as même dû le sauter un soir.
Alors là, non ! Dis pas de conneries.
C'est pas mon genre, les mômes.
- On sait jamais. - Je dis juste ce que je vois.
- Combien la sucette ? - Un DH.
Fais voir.
Je prends celle-là.
Tiens.
T'as mangé ?
Pose ton panier et viens manger.
Tiens, Saïd.
Tiens, mange.
Assieds-toi correctement.
Tu vas avec les Européens ?
Non.
Dis la vérité.
Tu sors avec les Européens ?
Oui.
Le fils de p... !
Regarde-moi, je te parle. Combien ils te donnent ?
Ils me donnent 100 DH.
Les salopards, je voudrais qu'ils prennent 70 ans de taule.
Et qu'à leur sortie, on les brûle.
Mange, remplis ton ventre.
Mange, on va en reparler.
Foutez-lui la paix !
Tu veux nous fouetter, toi.
Il n'y rien à fouetter !
Faut l'aider à se trouver un Européen, c'est la dèche !
Tu sais, la roue tourne.
Je te taquine.
Allez, je te file un numéro.
- Ça devrait me faire rire ? - Oui. Je te montre ?
Tu vois quoi ?
Un avion.
Un avion ?
Oui, un avion.
On y est toutes les trois.
On s'amuse, on rigole, on est heureuses.
Il va où, cet avion ?
Vers une île lointaine.
Où on sera belles,
sans maquillage,
sans habits sexy.
On sera des femmes respectables.
Et les hommes nous traiteront comme des dames.
On n'emportera rien avec nous.
On prendra quand même de l'alcool.
Du shit, aussi.
Et de la coke.
Et on aura tout ce qu'on veut. Comme des princesses.
On demandera rien à personne.
J'aimerais bien que cet avion m'emmène chez mon père.
Que je puisse le voir.
Tu l'as déjà vu ?
Oui, quand j'avais 4 ans.
Et si c'était pas ton père et que ta mère t'avait menti ?
Mêle-toi de tes affaires ! C'est mon père, et j'irai le voir !
Il y a un truc qu'on veut te demander.
Quoi ?
Tu fais semblant de pas savoir ?
De quoi tu parles ?
Allez, accouche.
Je sais pas de quoi tu parles.
T'es gouine ?
C'est ta mère, la gouine !
Allez, avoue,
parce qu'il y a plein de belles nanas sur cette île.
Allez vous faire foutre !
Dis-nous la vérité.
C'est qui la salope de pute qui a touché à mon mixeur ?
Sales putes, vous avez jamais vu un mixeur de votre vie !
J'ai été conne ! J'aurais dû l'enfermer à clé !
Allez vous faire mettre, pétasses !
- C'est quoi son problème ? - Elle est chtarbée.
Bonjour, mon amour.
Bonjour, mon amour. Tu vas bien ?
J'ai pensé à toi toute la nuit.
Moi aussi, mon cœur. Je pense à toi sans cesse.
Donne-moi des nouvelles, mon amour.
De bonnes nouvelles.
Je vais très bien. Et toi ?
Soukaina,
je ne peux pas vivre sans toi.
Moi non plus, mon cœur, je peux pas vivre sans toi.
Je t'aime à la folie, Soukaina.
Et moi je t'aime à en mourir.
Mon chéri, une minute...
T'es vraiment cinglée ! Faut te faire soigner.
Qu'est-ce qui se passe ?
Cette pute a pissé dans le mixeur !
Comment ça, pissé ?
Elle est malade.
Oui, j'ai pissé dans ce putain de mixeur !
Ça t'apprendra, sale connasse !
- T'es folle ? - Elle est malade.
C'est elle la folle qui touche aux affaires des autres !
Espèce de pétasse !
Va te faire enculer !
- Je vais te défoncer ! - Vous êtes devenues folles ou quoi ?
Suceuse de bites, je vais te défigurer !
Laisse tomber !
Espèce de malade !
Merde !
Putain de baraque !
Elle est où ta carte d'identité ?
J'en ai pas. Mais j'ai réuni tous les autres documents.
Tu as des parents ?
Mon père est en Espagne. J'ai besoin du passeport pour le rejoindre.
Et ta mère ?
Elle est là.
- Qu'est-ce que tu fais dans la vie ? - Je suis étudiante.
En quoi ?
Je suis étudiante, c'est tout.
S'il vous plaît, aidez-moi. On trouvera un arrangement.
Sans ta carte d'identité, impossible.
On peut s'arranger ?
Finis tes études.
S'il vous plaît.
C'est la loi.
Il y a d'autres personnes qui attendent.
S'il vous plaît.
Au revoir !
Je t'ai apporté ces beaux modèles...
Quand je t'ai appelé, je t'ai dit quoi ?
J'ai une soirée le 28, et je veux des robes classe.
Pas des robes de pute à deux balles !
Il y a de belles choses.
Je ne vois rien de beau, là.
- Comment tu trouves cette robe, Rajaa ? - Elle est jolie.
C'est à la mode en ce moment.
Tu vas m'en faire trois.
Une blanche, une verte, et une dans cette couleur.
D'accord.
- Combien pour chacune ? - 1 000 DH.
T'es fou ? 500 DH pour chacune, et pas un mot de plus.
- Je te les laisse à 900. - C'est 500 ou rien.
Allez, fiche le camp. Je te rappellerai plus tard.
900 DH ! Il croit que l'argent tombe du ciel.
Tu devrais avoir honte.
Je devrais l'emmener avec moi en soirée.
C'est pas évident.
Tu parles. Partout où je vais,
je me retrouve entourée de gamines de 14 ou 15 ans.
Il n'y a que ça, maintenant.
À la prochaine soirée, j'apporterai des biberons et des couches !
Ça vous fait rire. 28 ans, et je me sens comme leur mamie.
T'es encore jeune et belle.
Je commence à ramasser le fric avec mes dents, comme une chienne.
Il te manque rien. T'es belle, bien foutue. Tu veux quoi d'autre ?
Je veux un projet et un appart, et pouvoir me poser.
Dieu va t'aider, sois patiente.
Tu parles, salope !
T'as fait la pute 5 ans, et t'as monté un salon de coiffure !
Que Dieu me protège du mauvais œil !
J'en ai bavé.
T'as pas souffert le quart de ce que j'ai souffert.
J'ai trimé dans tous les pays du Golfe.
Tu penses que c'était facile.
Dieu t'aidera à réaliser ce que tu veux dans ton pays.
Que Dieu me donne un richard.
Je passerais ma journée à insulter le chauffeur et à gifler la bonne.
Manucure, pédicure, et m'occuper de mes chats et mes chiens...
Et l'été, moi aussi, j'irais dans le Nord.
J'ai des clientes comme ça.
Elles, ce sont des putes classe,
et vous, des putes périmées.
Périmées ! Je t'emmerde. C'est toi la périmée.
J'essaye juste de te faire rire. Tu m'as l'air stressée.
Salut !
T'as tardé, t'étais où ?
Je m'occupais de mon passeport.
C'est un cas, celle-là.
Les putes pensent à leur avenir,
et elle rêve de passeport et de son père en Espagne.
Ça te regarde pas.
Tu peux faire quelque chose de sa tignasse ?
Bien sûr.
Je lui fais cette coupe-là ?
Et une coloration ?
Tu parles, on verra que c'est une pute à 10 km !
J'aime bien.
Comme si elle venait de la mosquée, l'innocente.
- Demande-lui d'où elle vient. - Demande-lui, toi.
Cette petite salope, je la connais bien.
Je suis certaine qu'elle pue le sperme.
Ça va, maman ?
Ça va.
Qu'est-ce que t'as ?
Rien.
Je peux rentrer ?
T'as pas l'air bien, t'as un souci ?
Tu vois dans quelle misère on vit et tu me demandes ?
Patience maman, je vais vous sortir d'ici.
J'aurai bientôt une maison dans le centre-ville et on y vivra tous.
Il ne te manquera rien.
Fais attention à Sarah, elle a de mauvaises fréquentations.
J'ai peur pour elle.
Tu vas me dire comment éduquer ma fille ?
Alors que t'es incapable d'élever ton fils.
Et que tu t'en fiches de lui.
Écoute-moi bien.
Ne viens plus dans cette maison.
Les voisins parlent de toi
et de ce que tu fais.
C'est moi ta fille ou bien les voisins ?
J'ai besoin de toi.
Si je veux te voir, comment je ferai ?
Je te le répète.
Ne mets plus les pieds ici. Je ne veux pas de problèmes.
Entre.
Bienvenue.
Merci.
Ça va ?
Oui, merci.
C'est la première fois ?
Vraiment, c'est la première fois ?
Oui, la première fois.
N'aie pas peur.
J'ai oublié une chose importante.
Importante, n'est-ce pas ?
Non, pas du tout.
Je te vois demain.
Pourquoi t'as touché à mon parfum ?
Je te rappelle, mon chéri.
Ton parfum au oud qui pue ?
Primo, ce parfum sent meilleur que toi !
Secundo, c'est un cadeau d'Ahmed et je veux pas qu'on y touche !
Tu me fais rire !
Allez vous faire foutre, toi et ton Ahmed !
Pour qui tu te prends, pétasse ?
Va te faire mettre et fous-nous la paix !
Tu moisis, salope !
Salut !
- Qu'est-ce qu'elle a, cette pute ? - Elle a besoin qu'on la baise.
Comment ça va, mon cœur ?
- T'étais passée où, connasse ? - Je bossais, chérie.
Regardez-moi Haifaa !
T'as pris des formes, pouffiasse !
Haifaa, mon cœur, comment va ta beauté ?
Splendide, que Dieu me garde.
On trinque !
Je bois à ma beauté !
Ma beauté contre un joint, c'est ça ?
Ma beauté ne mérite qu'un joint ?
Elle mérite un bisou.
Oh, merci mon cœur.
Dieu me garde.
Il vit en Espagne.
T'as déjà vu l'Espagne ?
Oui, sur Internet.
C'est un grand pays. Et c'est beau,
personne ne te dit quoi faire.
Tu es libre.
C'est vrai.
Papa m'a dit
que je pouvais le rejoindre.
Qu'il m'attendait.
Sérieux ?
Tu vas partir en Espagne ?
Je t'emmène avec moi.
Je nous imagine en Espagne, et moi, habillé en femme.
Sans ces Arabes pour te faire chier et t'insulter.
Sans personne pour te foutre en l'air ta journée.
Tu sors le matin, heureuse, sans emmerdes.
C'est ça la vraie vie, Randa.
Señorita Randa.
On me dit souvent,
tu sais, mes copines,
que je ressemble à une Espagnole.
C'est vrai, tes cheveux...
Et mes traits typés.
J'irai, un jour.
Tu vas y arriver, puisque ton papa vit là-bas.
Qu'est-ce que t'as ?
Je peux pas.
Je peux pas. J'arrive pas à bander.
Pourquoi t'arrives jamais à bander ?
J'y arrive pas.
D'accord. Qu'est-ce qui pourrait t'exciter ?
On regarde un film ?
Un film ?
Un film porno.
Du sexe.
Ça va m'aider à bander, c'est sûr.
Si tu veux.
Celui-là.
Oui.
On essaye encore ?
Tu fais quoi ?
C'est quoi, ces photos de mecs ?
Où ça ?
Quels mecs ?
C'est pas mon ordinateur.
Il est à qui alors ?
Ça te regarde pas.
Comment ça, ça me regarde pas !
T'arrives jamais à bander,
et là je découvre des photos de mecs !
Ça te regarde pas !
Tu n'as pas à fouiller dans mon ordinateur !
Tout ce que t'as à faire, c'est rester ici,
dans ce lit !
Viens ici !
Tu vas où ?
Tu vas où ?
Quand je te parle, tu me réponds !
- Tu vas où ? - Lâche-moi !
Comment ça ? Tu vas nulle part.
J'ai de la dignité !
Et tu m'as humiliée !
Moi aussi, j'en ai. Et tu ne partiras pas !
Tu parles de dignité et tu te fais des mecs !
C'est moi qui te dirai quand partir, sale pute !
- Tu pars pas ! - Lâche-moi !
Lâche-moi !
Tu bouges pas d'ici !
T'es qu'un pédé !
Ferme ta gueule !
Sale pute !
Tu ne vaux rien du tout, même pas un centime !
Même pas un demi centime.
Un vrai homme ne passe pas la nuit avec une nana sans la toucher !
Je suis un homme, un vrai !
Ferme-la !
Sale pute !
Ferme-la, tu m'entends ! Ferme-la.
Salut.
Ça va mieux ?
Le médecin ne l'a pas encore vue ?
L'infirmière nous a dit qu'il fallait encore attendre.
J'attends dehors.
T'as quoi ?
Un gardien a voulu me voler.
Il m'a donné un coup dans le ventre, et je suis enceinte.
T'es enceinte ?
Ça se voit que t'es pas du coin.
Non, je suis pas d'ici, je viens de Tlate.
Où ça ?
Tlate Sidi Bennour.
Et tu viens faire quoi à Marrakech ?
Je bosse comme femme de ménage.
Ouvre ta bouche.
T'as mal ici ?
Non.
Merci.
Tiens, bon appétit.
Merci.
Tu dois avoir faim, si t'as rien mangé depuis ce matin.
Oui, c'est vrai.
- Mange un bout avec moi. - Non, merci.
T'es au courant ?
Elle va mieux ?
Oui. Elle doit prendre des médicaments et revenir dans deux jours.
- Tu veux manger un truc ? - Non, merci.
Je vais chercher le taxi.
- Comment va le petit ventre ? - Mieux.
Tu es enceinte. Et il est où, le père ?
Il s'est barré.
Je me suis enfuie du village avant que mon ventre grossisse.
Et tu fais vraiment les ménages ?
Entre nous, je fais pas les ménages.
Je sors, je gagne ma vie.
Le premier venu, je pars avec.
Je bossais dans un café,
mais quand le patron a pris ce qu'il voulait de moi,
il m'a foutue à la porte.
T'habites où maintenant ?
Ça dépend, je dors n'importe où.
Et tu dors où aujourd'hui ?
Je sais pas. J'ai déjà passé la moitié de la nuit ici.
Tu aimes le film ?
Il est super.
Regardez comme ils dansent !
J'adore.
C'est lui qui l'aime !
Touche pas ! Ils s'aiment tous les deux !
Une séance romantique sans moi ?
Encore ce beau gosse.
Et elle, tu l'as vue ?
S'il veut coucher, je lui fais 50 % de réduction.
Ça m'étonnerait.
Je te jure, il est trop beau.
Elle fait sa prière, celle-là !
Qu'est-ce qui lui prend ?
Une pièce montée qui danse...
Non, un sapin de Noël !
Avec ces fringues...
Hlima, vous avez ça dans ton village ?
Non, on a notre folklore.
Qui t'a appris la danse indienne, alors ?
Moi-même. Je suis la seule à savoir la danser.
Prends ça dans ta gueule.
La seule !
Imaginez-la dans un film avec Shahrukh Khan,
et qu'il lui chante :
Hlima ! Zindiki Hlima !
Hlima, je t'aime, ma Hlima !
Non, "Hlima", ça colle pas.
Halouma, alors.
Halouma !
Non, les filles, j'ai trouvé.
Ahlame !
Ahlame !
Joli.
À partir d'aujourd'hui, tu t'appelles Ahlame.
Non, je préfère Hlima.
T'es plus à la campagne. Ahlame, c'est mieux.
Hlima.
Attendez, je vais lui expliquer.
Tu préfères qu'on te dise : "Hlima, t'as trait les vaches ?"
Ou bien : "Ahlame, appelle le chauffeur !"
Le chauffeur, c'est Saïd ?
Ahlame...
et Saïd.
Les deux.
On garde Ahlame.
Ok, Ahlame.
- C'est joli, Ahlame. - Allez, regarde le film, Ahlame !
Elle a vite changé d'avis en entendant Saïd !
Ahlame...
Toi aussi, t'es jolie.
Laisse-nous regarder.
Doucement.
J'arrive pas à oublier ces fils de pute.
Qui veut me baiser ?
Combien ?
Regarde bien cette belle chair et donne un prix.
Tu t'appelles comment ?
Hlima. Mais les filles m'appellent Ahlame.
Tu me plais.
Je veux te revoir de temps en temps.
Il faut d'abord que tu sois généreux cette fois-ci.
Tu te fous de moi ? Tu me donnes que 100 DH.
Je peux te donner un peu de légumes.
Je suis pas une fille à 100 balles. Mais d'accord pour les légumes.
Je vais te donner cinq kilos.
Ça va pas la tête ?
Je suis pas seule, il y a mes amies. Donne-moi dix kilos.
D'accord.
Descends si t'es un homme, sale pédé !
Descends, enculé !
Bande de fils de pute !
Arrête, Noha !
Si tu veux m'aider, viens ! Sinon, ta gueule !
T'as pas vu ce qu'ils lui ont fait, ces salopards !
Lâche-moi ! T'as vu ce qu'ils lui ont fait !
S'il Te plaît, mon Dieu, aide-moi.
Je sais que Tu me sens.
et que Tu es près de moi.
Mon Dieu, je suis pas une fille innocente,
qui ne fait rien de mal.
Mais j'implore Ton pardon.
Je Te supplie de me pardonner.
J'ai tant perdu.
Je suis passée à côté de tellement de choses.
J'ai été avec des hommes.
Je me suis vendue.
Mais Toi, Tu es encore là.
Toi, Tu ne me laisseras jamais tomber.
- Salut, mon pote. - Salut, beauté.
Tu vas où ?
Je vais aller danser et m'éclater.
Seule ?
On s'appelle.
Espèce de vieillard ! Va te faire foutre, connard !
- C'est quoi ce bordel ? - Rien, fous-moi la paix !
- Fais voir ta carte d'identité. - Je l'ai pas.
- Tu viens avec nous. - Bas les pattes !
Lâchez-moi !
Vous m'emmenez où ? J'ai rien fait !
Ta gueule !
Ils ont tabassé ma copine.
Tabassé ta copine ?
Connasse, ils ont déposé une plainte contre toi.
On n'a pas le droit de se défendre ?
T'as le droit de fermer ta gueule !
Donne-moi la déposition.
Signe.
Tu fais quoi ? On est des menteurs ? Signe !
Ferme la porte derrière toi.
Amine, s'il te plaît.
Je veux pas coucher avec toi.
De quoi t'as peur ?
De quoi t'as peur ?
Baisse la tête.
Qui t'a dit que je voulais coucher avec toi ?
Je peux coller la plainte sur le dos d'une autre.
Une autre qui n'a rien fait ?
C'est à toi de voir.
Mais si tu veux que je le fasse, faut me filer 1000 DH,
à partager entre les gars.
Moi, je me suis déjà fait payer.
Mange.
L'histoire avec les Saoudiens ne s'est pas arrangée.
Ça tourne au vinaigre.
On doit se barrer quelques jours.
Ton flic n'a rien pu faire ?
Tu l'oublies, lui.
Et on va aller où ?
À Agadir, dans un nouvel hôtel classe,
pour des filles qui ont la classe, comme nous.
Je suis partante.
Moi non.
J'ai pas de fric.
C'est moi qui invite.
Noha, la radine !
C'est toi qui invites ?
Tu fais quoi avec ça ?
On aura besoin de shit à Agadir.
Mais tu vas le cacher où ?
Hlima va l'amener, Elle croira que c'est du chocolat.
Faut que tu lui donnes du chocolat aussi.
Salut.
Salut.
Salut Ahlame !
Vous étiez où ?
Place Jamaa el Fna. On a mangé des escargots, bu du jus.
Saïd m'a prise en photo avec un singe.
Et il m'a offert cette nuisette.
La coquine...
Du rose...
Attendez de la voir sur moi.
Bien sûr qu'on veut voir.
Regardez-moi le petit ventre qui commence à pousser !
Regardez-moi cette chair !
C'est de la viande ou de la graisse ?
Je suis un clou à côté d'elle !
Tourne-toi, ma cocotte.
Fais voir comme tu en jettes.
La paysanne a bien changé.
Et elle met du rose !
Assieds-toi.
Il vous faut quelque chose ?
Saïd, tu nous loues une voiture classe, comme dans les films.
Ok.
Et tu t'achètes un costard de chauffeur de riches.
Ok.
Allez, mangez le tajine.
Appelle Saïd, qu'il dîne avec nous.
Le coq ne trouve pas où dormir, et il invite le chameau.
Je peux rien avaler s'il vient pas.
Tu mets du rose, et tu te sens plus péter !
Saïd aime le rose.
Toi et ton Saïd !
Les beaux petits lolos !
Arrête, fiche-lui la paix.
C'est bon, tu peux manger.
- La classe ! - J'adore.
Elle est grande.
Monsieur Saïd ! Elle est top, la caisse.
T'as de l'allure, en costard.
Merci.
Là, t'es un vrai chauffeur.
L'argent, je te le donne ?
Non, garde-le pour les dépenses.
Bouboule.
Elle est géante, la voiture !
- Elle te plaît ? - Oui, toi aussi tu me plais.
T'es à croquer.
La pute des Saoudiens s'est métamorphosée.
Tu les as mis où, tes nichons ?
Au frigo.
- Tu vas me manquer, salope. - On revient vite.
Soukaina !
J'arrive !
Ça suffit, toi. Tu vas l'étouffer.
Monte dans la voiture.
Allez, Randa !
Faut y aller.
T'es canon !
Donne ma casquette.
Saïd.
Mets ça dans les affaires de la paysanne. Cache-le bien.
D'accord.
Ciao.
- Vous m'appelez en arrivant. - Bien sûr.
Soukaina !
Dépêche-toi !
- Au revoir. - Saïd, fais attention.
Appelez-moi.
Saïd, mon Saïd, tu me plais, mon Saïd...
"Tu me plais, je te veux", et quoi encore ?
C'est quoi ton problème ? T'es en chaleur ?
- On fait que chanter. - Tu chantes pas cette chanson !
Saïd, c'est mon amour, mon beau gosse. À moi toute seule.
Tiens, remplis-moi ce verre.
Il est à toi, on fait que chanter.
Tu dis pas "Tu me plais" !
Tu me prends pour qui ? Une maquerelle ?
Et la prochaine fois que tu lui donnes des ordres, je te casse la gueule.
Tu piges ?
Maintenant, tu dis à Saïd "Excuse me".
Tout de suite.
Je sais pas le dire.
Saïd, pardonne-moi, mon pote.
Tu es excusée.
Nid d'oiseau, toi, je t'aime bien. Je laisse passer.
Merci, ma frangine.
Mais tu vas changer de look.
On dirait un homo comme ça.
Comment on les appelle ?
Et je veux pas de ça, parce que je t'aime bien.
Paysanne ! T'es habituée au petit-lait, pas au whisky.
Non, elle est habituée au thé.
Elle est surtout pas habituée à la voiture.
C'est vrai, les putes de la campagne vont chez leurs clients en charrette.
Elles vous emmerdent, les putes de la campagne !
Tu oses encore l'ouvrir ?
On arrête l'alcool, là, vous entendez !
Je t'avais dit d'arrêter de boire !
On se tire. Elle a qu'à rester vomir ici.
Bon appétit.
- Bon appétit. - Merci.
Regarde, Hlima, ils t'ont amené ta charrette.
Elle est mieux que celle du village. Elle a des tiroirs.
Ahlame.
Tourne ton couteau. On mange pas comme ça.
Ce salaud de serveur m'a donné un couteau mal aiguisé.
Que c'est bon...
À notre amitié.
À notre amitié.
Aux putes réunies.
Aux putes du monde entier.
Les putes tarées comme toi.
Les putes romantiques.
Même les putes à deux balles.
Garçon, s'il vous plaît.
Lâche le serveur.
Il a pas de fric.
Qui te dit que je veux du fric ? Je suis en vacances.
Fous-lui la paix.
Enlève ta main.
Ça m'a fait mal aux dents. Il me faut des clous de girofle.
J'ai plus les dents solides.
Une heure pour ouvrir.
Encore au lit à 14 h ! Debout.
Il fait super beau, les filles. On va à la plage !
Randa !
Regarde-moi ça !
Debout, mon bébé.
Pétasse, t'es malade !
Je vais te tuer !
Rends-moi mon doudou.
Rends-le-moi.
Donne, tu vas le déchirer.
Je l'ai plus, il est chez elle.
Attention, mes cheveux !
Arrêtez vos conneries !
Ne sois pas triste.
Vaut mieux ne pas avoir d'enfants qu'être une mauvaise mère.
Salope...
T'as planqué du shit dans ma valise.
Tu t'en es rendu compte ?
Et s'il y avait eu un contrôle de gendarmes ?
Il n'y a pas eu de gendarmes.
Tiens, bois.
Vous buvez sans nous ?
Cette folle m'a trempée.
Tu fumes, l'ami ?
Alors, faut boire. Tiens !
- Bois avec nous, t'es en vacances. - Non.
Je bois d'abord et il boira après.
S'il te plaît.
Je veux boire de cette bouche.
Elle est sucrée.
À la santé des filles de mon pays !
Clope, bouteille, quatre nanas...
On dirait un Saoudien.
Ça me va bien, non ?
Allez, danse pour moi.
Je danse pour toi ?
D'accord, alors chante.
Je ne sais pas.
Tu ne sais pas !
Apprends d'abord, et après je danserai.
Va au diable !
Avec toi.
Noha...
On est obligées d'aller à la soirée du 28 ?
Prends...
Une nuit de mes nuits d'amour
Mes nuits de douceur
Je suis maîtresse de tous
Maîtresse de la solitude
Une nuit de mes nuits d'amour
Mes nuits de plaisir
Une nuit, de mes nuits blessées
De mes nuits amères
Prends...
Un instant de ma tendresse
De mon corps tiède
Prends...
Un morceau de mon âme
Car je t'appartiens
Une nuit...
De mes nuits d'amour
Mes nuits de plaisir
Une nuit, de mes nuits blessées
De mes nuits amères
Prends...
Une nuit de mes nuits d'amour
Mes nuits de douceur
Je suis...
Maîtresse de tous
Maîtresse de la solitude
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