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Vous faites quoi ? Vous fumez quoi ?
Vous vous foutez de moi ? Éteins ça.
C'est le moment, là ?
Quoi ? T'as fumé aussi ?
- Hein ? - J'ai tiré deux barres.
- T'as quoi dans la tête ? - Arrête, ho !
On va où, là ?
Viens voir.
Viens voir.
Quand on sera là-bas, Kiki, tu resteras à côté de la voiture.
- Tu racontes quoi ? - Regarde-moi.
C'est important, là.
Tu resteras derrière. Sans défense, on gagne pas.
J'ai fait quoi ? Je vais rester derrière ? Tu dis quoi ?
Je vais me farcir...
Tu vas faire ce que je te dis ! Tu vas faire ce que je te dis !
- D'accord ? - Oui.
Tu bouges pas une oreille.
Hé, arrête, là !
Arrête !
J'ai dit d’arrêter !
J’arrête pas, je t'emmerde.
Espèce d'enculé de fils de pute !
Hé, c'est moi que t'insultes, là !
Arrêtez de gueuler comme ça, merde !
Vous arrêtez, là !
Ho !
Toi aussi, arrête, putain !
Arrêtez de crier !
Qu’est-ce que t'as fait ?
Putain !
Il va me tuer, ce gosse.
Putain, je vais le tuer.
- Daniel ! - C'est bon.
Arrête, enfin !
Ouvre !
Si tu promets de pas me taper.
Je promets rien du tout !
T'ouvres !
Calme-toi, chéri.
Je fais mes devoirs, putain.
Enfin, écoute !
Allez, ça va.
Clotaire, il me fait trop chier.
Je travaille pour que tu casses ?
- Elle est bonne, la sauce. - Ouais, ça va.
Mange un peu.
Mange tout seul.
- J'ai déjà mangé. - Mais oui, chéri.
- Allez. - Celle de maman.
Tu sais ce que dit Stéphanie ?
Quelle Stéphanie ?
- La fille du chauve. - Si on est si nombreux,
c'est pour que vous touchiez les allocs.
Tu diras à cette connasse...
Hé, ho ! Surveille ton langage.
Tu diras à ta copine
qu'ici on fait les enfants par amour.
Oh, là, là !
Par amour...
- Bisou. - Hé !
Toi, tu fermes ta gueule et tu termines ta corvée !
Ferme ta gueule.
N'en rajoute pas.
- Ta gueule. - N'en rajoute pas.
Ma girafe, elle est coincée, coincée.
Tu regardes quoi ?
La flaque, là. C'est joli.
Le joli, ça sert à rien.
Fais-moi confiance. Dans la vie, si rien te plaît, rien te déçoit.
- Aïe... - Attends. Je t'ai fait mal ?
Oui, tu m'as fait mal, papa.
C'est pas le peigne. Maman prenait la brosse.
La brosse...
C'est celle-là ?
Ouais.
OK.
- Ça va, t'aimes bien ? - Ouais.
- Je décongèle une pizza ? - Oui !
Tiens, donne ton assiette.
♪ Vous marchiez Juliette Au bord de l'eau ♪
♪ Vos quatre ailes rouges sur le dos ♪
♪ Vous chantiez Alice de Lewis Carroll ♪
♪ Sur une bande magnétique un peu folle ♪
♪ -Maman on va cueillir des pâquerettes ♪
♪ Au pays des merveilles do Juliet ♪
- Deux fois trois ? - Six.
OK. Euh... cinq plus six ?
Onze.
OK. Et là, six fois cinq ?
Trente.
Euh...
Jackie, dis-moi si ça marche, maintenant.
- Ça marche pas. - Putain, pourquoi ça marche pas ?
Pas du tout.
Ouais, c'est bon, j'ai entendu.
- Du tout, du tout. - J'ai entendu.
Hé ! Tu peux te mettre là.
Vu comme t'es fringuée, je dirais que t'es nouvelle.
T'es du genre BCBG ?
Cherche pas, j'étais à Sainte-Croix.
Le privé catho, c'est pas possible. J'en pouvais plus.
Je l'ai dit à mon père.
- L'école, c'est public... - Tu t'es fait virer ?
Ouais.
Pourquoi ?
Insolence.
Merde, ils sont là.
C'est qui, eux ?
La bande à Clotaire, des zonards.
Poil de carotte, tes tifs crament !
T'as mis de l'antirouille ?
Va te faire enculer, sale sorcier !
Tu suces des vampires.
T'étais en vacances dans ta cave ?
T'es si petit que t'as l'air loin.
- Attention, la grosse Bertha. - Attention.
C'est bon, la cantine ?
T'es venue avec ta mamie ?
Avec ton manteau, t'es au Moyen-Âge !
- T'es tellement grosse que t'es inondée. - Ma vieille !
Tu te crois à l'église ?
Tu vas prier pour avoir du goût ?
C'est à moi que tu parles ?
Je te pose une question ! C'est à moi que tu parles ?
Il t'arrive quoi ?
- Calme-toi. - Que je me calme ?
Gros naze, avant de me demander ça,
demande-toi pourquoi je suis énervée. Réfléchis, abruti.
- C'est moi que tu traites d'abruti ? - Bah ouais.
Si tu comprends pas pourquoi, t'es plus con que j'imaginais.
Tu t'es pris pour quoi, avec ta grande gueule ?
Une fille qu'on insulte pas. Jamais.
C'est clair ?
"Con", c'est pas une insulte ?
Non, c'en est pas une.
C'est un constat.
- Tu saisis la différence ? - Ouais.
Constat, c'est le truc des accidents. Tu viens d'en avoir un.
Quoi ?
Rien. C'est tellement naze, ce que t'as dit.
Allez, casse-toi.
Quand j'en aurai envie.
Là, t'en as pas envie ?
- Jacqueline, on y va ? - Jacqueline ?
Il y a encore des gens vivants avec ce prénom ?
C'est marrant.
Ton nom, l'abruti ?
Clotaire, si tu veux savoir.
Il se fout de ma gueule et il s'appelle Clotaire.
Je t'appellerai Jackie.
- Je t'appellerai jamais. - Ouh !
Oh !
Oh, le râteau, là !
Fermez vos gueules !
Mais c'est pas vrai !
Bande de petits cons !
Je suis crevé, j'ai couché avec trop de meufs aujourd'hui.
Ouais, carrément.
On a juste passé la journée ensemble.
Mais c'est ce matin.
Jackie !
Qu'est-ce que tu me veux ?
Mmh. Tiens, c'est pour toi.
Cadeau.
Pourquoi ?
Je sais pas, comme ça.
Je l'ai déjà. Je les ai tous.
Attends. Tous ?
Tous !
Il te voulait quoi ?
M'offrir un disque de Cure.
OK. Donc, il te drague.
Non, je pense pas.
Ouais, tu penses mal.
Clotaire te drague.
Non.
La chienne de Pierre a fait une portée, hier.
Tu vas pas me croire, il m'en a proposé un.
T'imagines ?
Un chien, ici ?
Mais je l'aime bien, il a une bonne gueule.
Mais c'est un esclavage, les chiens. Tu pars en vacances...
Aïe.
Ah, merde.
Papa ?
Papa !
- Y a Michael Jackson. - Y a la roue de secours !
Oh, la gueule !
Je la cuis, on nourrit toute la savane.
Une gourde de sang.
- Il saute à la corde avec ses cheveux. - Au revoir.
- Lui il est bien petit ! - Fermez vos gueules !
- T'étais où ? - Je m'habillais.
J'ai loupé le bus. J'ai fait du stop.
Une meuf m'a prise.
Je te jure, elle puait de la gueule.
La respiration, c'est la clef. Allez !
- Il t'a offert un disque ? - Ouais.
Calme ta joie. Des copines, il en a quinze.
- Il était avec Tara, la coiffeuse. - Elle a 19 ans !
Ouais, mais elle couche.
- Tu viens avec lui à la soirée, vendredi ? - Ça vous fait quoi ?
Elle perd pas de temps, la nouvelle.
Les connasses, la nouvelle a un prénom.
Tu t'appelles comment ?
Jackie.
Vous avez déjà couché ?
Dix fois, au moins, tu crois quoi ?
- Ils pouffent. - Coucher, dix fois, toi ?
- Bah ouais, fastoche. - Dis les prénoms.
Je suis pas l'annuaire, je vais pas retenir tous les prénoms.
C'est mon frère et je l'ai jamais vu avec une fille.
Bah déjà, d'une, c'est ma vie privée.
Ensuite, c'était les vacances. Donc ta gueule !
La dernière était américaine.
Elle faisait du roller, on a flashé.
- On commence à parler. - Parler...
Tu connais pas un mot d'anglais.
Langage du corps, mon vieux.
- On était à la plage. - En roller à la plage ?
Vas-y, je te raconte pas, tu me fais chier.
Moi aussi, j'ai couché.
Mais on s'en fout, de toi.
Avec ma cousine.
Avec sa cousine.
Ah, la honte ! Ah, la honte !
Avec sa cousine.
Gros dégueulasse.
T'en veux ?
Non.
OK.
Et tu veux danser avec moi ?
Non.
OK.
Y a bagarre !
Ça veut dire quoi ?
Dehors, y a bagarre !
Tout le monde dehors, venez ! Bagarre !
- Relevez-vous ! - Allez !
Mes parents veulent me changer de lycée.
Ma sœur a pas dormi de la nuit.
J'ai vu du sang, c'était horrible.
Moi, il me fait flipper.
Et toi, tu lui passes ton bandana.
Et alors ?
Tu te rends pas compte, il est taré.
Taré ? Ils étaient trois contre lui.
Regardez, Clotaire !
Regardez, y a Clotaire.
Avec les flics, il s'est passé quoi ?
Je sais pas, ils m'ont pas vu. On a encore le droit de se battre, non ?
Je déteste la violence.
J'ai pas eu le choix.
On a toujours le choix.
Bon, tu viens ? Tu montes ?
J'ai cours.
Bah n'y va pas.
Oui, j'ai qu'à faire ça.
Je foutrai rien de ma vie, comme toi.
T'es sérieuse ?
Tu penses au futur, et tout ?
À l'avenir, ouais.
- Et pourquoi ? - Faut avoir un projet, sinon c'est nul.
Mon projet, c'est de passer ma journée avec toi.
Le mien, de rendre mon exposé sur Louis XIV.
L'avenir, c'est Louis XIV ?
- Faut que j'y aille. - Attends.
Passe-moi ton numéro.
Non.
Vas-y.
Non.
Vas-y.
C'est ça, ton niveau de persuasion ?
- J'en ai pas, je vis chez mon père. - Je m'en fous.
Je laisserai sonner deux fois. Je parlerai pas à ton vieux.
Je déteste l'expression "ton vieux".
OK.
Bon, allez, salut.
Attends.
Petite bise.
04 64...
Tu veux un dessert ? Un petit Flanby ?
Y a plus de Flanbys.
Tu fous quoi avec les Flanby ? Une collecte ? Une vente ?
Une tour Eiffel en Flanby ?
Allô ?
Vas-y, saute ! Fais-moi confiance.
"Fais-moi confiance."
T'es amoureux, hein ?
Tu peux enlever ton chewing-gum ?
T'es là ?
Oui ?
Viens.
Pourquoi ?
Viens là.
Merde.
Quoi ?
Pourquoi tu me regardes comme ça ?
T'as les joues très rouges.
- J'ai couru pour choper le bus. - Ah, oui.
Et t'as couru dans le bus pour garder les joues rouges ?
- J'ai fait le trajet debout, figure-toi. - Mmh.
T'as passé une bonne journée ?
Tu veux que je sois franche ?
Je vais l’être.
Ma prof de français peut pas me saquer. Elle me cherche.
Parce que je viens d'un lycée privé.
Elle veut mon avis sur La Fontaine. Je lui dis : Ça fait chier.
Je te rassure, je l'ai pas dit comme ça. "Il m'ennuie."
"Ah bon ? Vous êtes maline, étayez votre point de vue."
La Fontaine, on l'étudie en CM2.
La cigale, la fourmi, la tortue, le lapin, on a compris.
Il passe par des animaux pour imposer sa morale dégueulasse.
C'est lâche, petit, mesquin. Ça fait pas rêver, si ?
- La prof... - T'as séché les cours ?
Aujourd'hui, t'as séché ?
Ouais.
Va me chercher une bière.
Tu m'en veux, papa ?
- Mon petit papa... - Par contre, non.
À partir de maintenant,
j'instaure deux dernières fois, pas négociables.
Tu ne sèches plus les cours.
Voilà.
Et je mens plus.
Voilà.
Donc,
je te repose la question. Bonne journée ?
Oui.
Il s'appelle comment ?
Clotaire.
Je suis d'accord sur La Fontaine.
Bon, t'as quand même des devoirs ?
- Ouais. - Voilà, donc...
- J'y vais. - Voilà, c'est ça.
Et je suis pas content !
- Hmm. - Ouais.
Clotaire...
C'est quoi ce prénom de merde !
Le cœur est un muscle creux dans la partie gauche de votre thorax.
Sur une journée,
votre cœur va battre 100 000 fois. Sur une année,
trois millions de fois. Sur une vie, quatre milliards de fois.
Alors, en général, le rythme cardiaque d'un être humain
est aux alentours
de 60 ou 70 pulsations par minute.
Salut.
Bonjour.
Vous êtes pas courant ?
Au courant de ?
Bah, l'inspection.
Quoi ?
Des repas. L'IRF vient aujourd'hui.
- IRF ? - Inspection des Repas Français.
Le menu ?
Osso buco.
Hein ? Non, on dit "osso bouco".
- Ouais, osso buco. - Non.
Hé, Kiki, les Flanby, là.
- Bon, allez, à toute ! - De la volaille.
- Osso buco, c'est du veau. - De la volaille.
"Osso bouco".
C'est bon, là. Tu me casses les burnes. Osso buco.
Allez, salut ! À demain.
- Tu fous quoi, là ? - Rien.
Ho !
Bon appétit, mon amour.
Bah ?
Qu'est-ce que tu fais là ?
Bah alors là, je sais pas du tout.
Je suis arrivé à Rungis à 4 h 57 du matin.
Mon père est venu me chercher. Il avait fait 3 h de caisse.
Il m'a dit : "Ça, c'est la connerie de trop."
Ce fils de pute m'a envoyé en pension militaire à Tarbes.
Mon frère, je l'ai pas vu pendant dix ans.
Pourquoi t'as arrête l'école ?
Dès qu'on m'a parlé d'orientation, de CPPN,
j'ai laissé tomber.
C'est bon, je suis pas un débile.
C'est pas pour les débiles.
C'est pour remettre les élèves en parcours classique.
C'est des conneries.
Jamais de la vie. C'est un truc de gogol.
Les mecs comme moi, on sait où ils vont.
C'est horrible.
C'est pas horrible. Je me raconte pas d'histoire.
J'ai fait les cours de maths, je sais compter jusqu'à mille.
L'infini plus l'infini, ça va me servir à quoi ?
La logique, ouais.
La logique de tout le monde. La mienne me suffit.
T'inquiète, je brillerai quand même.
Il s'appelait Isaac Curtis.
Alors, cet homme, voyez-vous, était exceptionnel dans son genre.
Parce qu'il détestait l'autorité.
Pourquoi t'es prêt à te battre pour rien ?
Je trouve ça naze.
Ouais, mais on m'a toujours...
Putain, je sais pas comment dire.
On m'a pas...
Considéré ?
Tu te sens jugé ?
Ouais. Voilà, jugé.
On m'a toujours jugé sans me connaître.
C'est ces putains de mots.
Ils arrivent pas assez vite, mais je sais ce que je pense.
T'as un problème de vocabulaire, quoi.
On s'en fout, du regard des autres.
Arrête, Jackie. Personne s'en fout du regard des autres.
Moi, quand j'étais petite,
je lisais "la pauvre" dans le regard de tous les gens.
Les profs te parlent comme si t'étais en sucre.
Je voulais dire : "Je suis pas malade."
"J'ai perdu ma mère."
J'ai jamais osé te poser la question.
- Quoi ? - Bah, sur l'accident.
Je peux dire quoi ?
Y a rien à dire.
Elle voulait m'acheter des chaussures.
Elle me parlait.
Quatre secondes après, ma mère était en sang.
Je l'appelais, mais elle me répondait pas.
Des voitures se sont arrêtées
et des gens ont couru vers moi.
Et après,
je me souviens plus de rien.
Ce que je viens de raconter, je pensais l'avoir oublié.
Mais ça va.
Je sais que ça va.
Vraiment.
Personne touche à ma chaîne hifi. Je dois le dire comment ?
C'est pas pour moi.
Tu me prends pour un con ?
Pour ma copine.
T'as une copine, toi ?
Ouais.
Tu me remettras tout en place. Puis tu fais gaffe, OK ?
T'es amoureux ? T'es amoureux, mon fils.
Allez, laissez-le tranquille.
Je t'aime, mon cœur.
Moi aussi.
Viens, on va dedans.
Attends.
Ouais, faut des pièces.
Putain. Vas-y, on s'en fout. On va choper des bières.
- Lionel ! - Ouais ?
- Oh putain ! - Quoi ?
Du shit !
- Oh, putain ! - Chut, ta gueule.
Va me trouver un sac.
- Quoi ? - Ta gueule. Trouve un sac.
Où on va planquer ça ?
Dans le garage de mon père.
- Y en a beaucoup. On en fait quoi ? - J'en sais rien.
Mais dans la vie, il faut un projet. Et ça, c'est notre projet.
- Tu sais combien ça vaut, ça ? - Je sais pas, 1 000 balles ?
Mais t'es fou, toi ! Ça vaut des millions !
Je peux te dire un truc ?
Moi non plus.
Je me suis renseigné. Mon cousin Hubert...
- C'est qui ? - Avec une tête de Chinois.
Un de ses potes achète notre shit pour 12 000 francs.
Non, non, non, non !
- Ils ont volé le shit à la buvette ? - Ouais.
Je vous jure, on l'a pas volé...
Je t'ai parlé ? Ta gueule !
Tu te fais défoncer
par des gamins ?
Ho !
Crois-moi, le p'tit tape sévère.
- La négresse, là ? - Non, l'autre.
Envoie-les à ta place. Ça leur fera les molaires.
Sérieux ? Tu les envoies chez Salah ?
Ça leur servira de leçon.
Dites que vous venez de la part de M. La Brosse.
Allez !
C'est pour quoi ? Vous savez pas lire ?
- On vient de la part de M. La Brosse. - La Brosse ?
Allez, entrez.
Les gars ! Ils viennent de la part de M. La Brosse.
Non, non, non !
Tu lui diras de bien se faire enculer.
Personne me rackette, moi.
Foutez-moi ça dehors.
Allez, putain !
Assieds-toi !
Tiens, La Brosse. Les enveloppes.
- File-lui du fric. 200 balles. - Quoi ?
Il m'a cassé la patte.
Il a fait en 10 minutes ce que tu as pas fait en 3 mois. Cracher Salah.
Pile-lui 200 balles et casse-toi.
C'est pour toi.
- T'es au lycée ? - Non, j'y vais plus.
T'as bien raison.
C'est pour les connards sans imagination.
On te demande à 15 ans de savoir ce que tu vas faire de ta vie.
Pff. Personne sait ça.
C'est pas possible.
Le plus important,
c'est le fric.
C'est de se faire beaucoup de fric.
Et le plus vite possible.
Tu fumes ?
Il est beau, le briquet, hein ?
T'aimes bien ce qui brille, toi.
Tu l'aimes bien parce que ça fait riche.
Je comprends, tu sais, j'étais comme toi.
Petit, avec mes parents, on passait devant les vitrines.
On regardait les jolies choses, comme ce briquet.
On regardait.
Et il se passait rien.
On passait notre chemin.
Alors que toi, tu peux entrer dans le magasin.
Si tu bosses pour moi.
Tu comprends ?
Tiens, je te le donne.
Tiens, prends-le.
C'est cadeau.
Allez.
Casse-toi, on est quittes.
Et n'oublie pas ton bamboula.
- Tiens, tes 100 balles. - J'en veux pas.
T'es con ? On les a gagnés.
J'en veux pas. Garde-les.
Tu devrais la jeter, cette thune.
T'as vu ces mecs ? Comment ils m'ont parlé ?
Ce qu'ils ont fait ?
Tu t'es vu, avec ta barre de fer ? C'est ton projet ?
T'es venu m'aider ?
Pas besoin de barre, si t'étais venu.
Espèce de lâche, va !
Quoi ? Lâche ? Moi, lâche ? Retire.
Ouais, t'es qu'un lâche.
Petite baltringue.
Et toi, t'es qu'un con.
- Moi, je suis un con, moi ? - Oui, t'es un gros con !
Contre ça, on peut rien faire.
C'est ça, casse-toi !
J'ai besoin de personne. Va chialer chez ta mère. Tu m'entends ?
Va te faire foutre !
Tu rentres tard. Qu'est-ce que t'as encore foutu ?
C'est rien.
T'en as pas marre de faire n'importe quoi ?
Qu'est-ce que tu vas faire de toi ?
T'y as pensé ?
- Non, mais papa... - Allez !
Eh...
T'es un bon à rien.
Il t'arrive quoi ?
C'est quoi, ça ?
Bah je me suis battu.
- Pourquoi ? - Je me suis battu, c'est tout.
Tu veux pas rester avec moi ?
On va à la rivière.
Je peux pas, tu sais bien.
Tu me prends pour un naze ?
Mais non. Pourquoi je penserais ça ?
Cagoules !
Debout !
Ça va taper.
Go ! Go ! Go !
Nous allons commencer cette célébration par la prière des mariés,
qui sont venus dans cette église. Te confier leur amour.
Nous Te demandons de les bénir...
C'est interdit de se marier ?
Il faut mettre une djellaba ?
- Hein ? - Ouais, c'est ça !
Lui, il sort d'un mariage ?
Les curés ont le sang chaud.
La Brosse, avec moi.
Pour le patron. Hip, hip, hip...
Belin, Belin.
Merde. Tiens.
- Merci. - T'expliques au gamin ?
- Ouais. - Hein ?
Mmh.
Clotaire.
Ils vont te poser 1 700 questions à la minute.
La technique : dis rien, regarde Bebel dans les yeux.
- Ça marche ? - Bebel ?
T’inquiète. Juste, détourne pas le regard.
Là, du coup.
Ça te va bien, le nœud pap.
On peut boire un coup, ou quoi ?
Ils ont pas lâché. J'ai cru qu'ils lâcheraient jamais.
Ça s'est bien passé ?
Ouais.
Ils t'ont posé des questions sur moi ?
Bah ouais.
T'as dit quoi ?
Tout.
Je leur ai tout dit.
C'est-à-dire ?
Le braquage, le faux mariage.
La bande.
Toi.
Tout.
Il fallait pas ?
♪ Bien sûr, j'ai d'autres certitudes J'ai d'autres solitudes ♪
♪ Et d'autres que toi sont venues Le cœur tendre et les mains nues ♪
♪ Bien sûr ♪
♪ Bien sûr, j'ai murmuré leur nom J'ai caressé leur front ♪
♪ Et j'ai partagé ♪
♪ Ces frissons ♪
♪ Mais d'aventure ♪
♪ En aventure ♪
♪ De train en train ♪
♪ De port en port ♪
♪ Jamais encore, je te le jure ♪
♪ Je n'ai pu oublier ton corps ♪
♪ Mais d'aventure en aventure ! ♪
♪ De train en train ! ♪
♪ De port en port ! ♪
♪ Jamais encore, je te le jure ! ♪
♪ Je n'ai pu oublier ton corps ! ♪
- ♪ Et d'aventure en aventure... ! ♪ - Allez !
Ton père travaille au port depuis quand ?
Depuis que je suis né.
- Il picole ? - Non.
Enfin, peut-être un peu.
- Il aime ta mère ? - Ouais.
Mais bon, mon père, il dit jamais rien.
Disons qu'il l'aime avec les yeux.
Il aime la vérité, quoi.
Mon père est mort d'un cancer.
Il a souffert pendant des mois.
Mmh.
Tu sais à quoi j'ai pensé, à sa mort ?
- Qu'il allait vous manquer ? - Non.
Non, non, non.
J'ai pensé à braquer la pharmacie de la rue.
Eh ouais. J'avais 15 ans.
Je me suis dit : "Personne imaginerait que je fasse ça ce jour-là."
Aucun... aucun fils au monde...
Le sacrilège.
C'est le meilleur des alibis.
Bon.
Ça, c'est pour toi. C'est ta part.
15 000 francs.
- Ça va, chéri ? - Qu'est-ce qui se passe ?
Ils se sont tous fait virer ce matin.
Ça fait 25 ans qu'on se casse le cul pour eux !
Ils nous traitent comme de la merde.
Y a du café chaud.
Ça sert à rien !
- À strictement rien. - Ton cul, il sert à quelque chose ?
Vendredi, on bloque le port.
On s'en fout, on bloque tout.
On s'est bien fait avoir.
- Eh ouais. - Les mecs !
- On y va, on crame tout. - Vendredi, on bloque le port !
Dans ta gueule !
Non !
Vas-y, monte, Jackie.
On se voit pas à deux ?
Vas-y, monte.
On va où ?
Viens, ma chérie. Fais-moi confiance, viens.
Salut.
Salut !
T'es mignonne, toi !
Je savais pas que t'avais une copine, Cloclo. T'es mignon, toi.
- On va où, là ? - On va au New Road.
Hé, les gonz !
Cris admiratifs
- Ouah ! - Elle est énorme.
C'est pas du vrai.
Ah, ouais ! - Ah, ben ouais !
Vous savez ce que je fais au salaud qui m'en offre une fausse ?
Une fausse pipe.
T'ouvres la braguette, tu sors la teub, tu pétris.
"Pff, pff. Ah, ah !"
Quand il est au max...
Bon, je vous explique.
Le camion,
il passe tous les vendredis, à 18 h.
Il fait sa tournée.
Il contient les salaires des dockers.
Alors je vous montre.
Là, c'est les docks.
Où on pourrait intervenir. C'est ici.
Le problème, c'est la douane qui est là.
Tu t'es renseigné sur les douaniers ?
Ils sont 15 ou 20.
J'en ai approché quelques-uns. Ça prendra une plombe. En plus,
ils font des roulements. On est baisés. C'est la merde.
C'est l'enfer.
Sur toute la ligne.
Vendredi, y a grève. Ils bloquent le port.
Les douaniers pourront pas travailler. Y aura personne.
T'en es sûr ?
- Ouais. - Non, attends.
Tu es vraiment sûr de ça ?
Ouais. Ouais, je suis sûr.
- C'est bon, ça, les gars. - Mmh.
Bonne nouvelle.
T'étais où ? Hein ?
T'étais où ?
Port privé ! Mort assurée !
Port privé !
Mort assurée !
Port privé !
Port privé !
Port privé !
Non, non, non à la privatisation !
Non, non, non à la privatisation !
Non, non, non à la privatisation !
Ils ont que ça à foutre, ici.
Font chier, ces grévistes.
Obstacle sur la route.
OK, bien reçu.
Prenez l'itinéraire bis.
OK, bien reçu.
Non, non, non à la privatisation !
Non, non, non à la privatisation !
Allez, allez !
Bouge le fourgon, putain !
Bouge !
- Planquez-vous ! - Plastique !
Sors ton cul de ce tas de merde !
C'est bon.
Hé ! On s'active le cul !
Allez, active !
Allez !
Bouge pas !
Pas bouger !
On s'active le cul !
Tiens !
Pas bouger !
Concentre-toi, connard !
Riton !
Envoie !
On a tout, on s'arrache !
Tu fous quoi ?
Fais pas ça !
Monsieur ? Monsieur ?
Non, non, non !
Monsieur !
Monsieur !
Monsieur !
S'il vous plaît !
S'il vous plaît !
Monsieur !
Qui a tiré ?
Ton fils.
Allô ?
Allô, mon amour ?
J'ai rien... J'ai rien fait, je te jure !
Il se passe quoi ?
J'ai rien fait.
Comment ça ? Quoi ?
Ils viennent de buter un gars devant moi ! C'est pas moi !
Il se passe quoi ? T'es où ? Avec qui ? Tu fais quoi ?
Allô ?
C'est pas moi, il faut que tu me croies.
Mon amour, je te jure. Je te jure !
Clotaire ? Allô ?
Sors de là !
Allez, viens !
Clotaire, sur la vie de ma reum,
Je leur ai dit que c'était moi qui... Tu vois, quoi ?
T’inquiète, ça va aller.
Reste juste tranquille
et continue de fermer ta gueule.
Mon père te sortira en claquant des doigts.
Tu vas pas me laisser tomber, hein ?
Je te le jure !
Depuis des mois, tu fais rien.
J'ose plus lire tes bulletins ni te parler.
Tu crois y arriver, comme ça ?
J'ai pas envie de te faire le discours du papa,
mais tu joues ton avenir, là.
Mais je suis malheureuse, papa.
Notre ami commun
m'a demandé de vous défendre. Voilà ce qu'on va faire.
Vous ne dites rien, vous ne désignez personne.
Et je m'occupe de la marche à suivre.
Et très vite, vous allez sortir de ce cauchemar.
Mais vous savez, moi, j'ai rien fait.
Évidemment. Le plus important,
c'est de se taire.
D'accord ?
Merci, monsieur.
Selon que vous serez
puissant ou misérable, les jugements vous rendront blanc ou noir.
C'est de...
La Fontaine.
C'est tout ce que ça vous inspire, mademoiselle ?
Vous savez, jeune homme,
que le mutisme imbécile dans lequel vous vous enfermez
depuis le début de ces auditions
ne fait que confirmer votre culpabilité ?
Mais vous savez, jeune homme,
les sacrifiés n'intéressent personne.
On les oublie.
Accusé,
avez-vous quelque chose à ajouter ?
L'audience est levée !
Accusé, levez-vous.
La cour vous déclare coupable des faits qui vous sont reprochés
et vous condamne à 12 ans ferme avec mandat de dépôt.
L'audience est levée.
On y va.
Hé, je t'entends !
Putain ! T'es déjà réveillé ?
Ouais. T'es déjà pas couchée ?
Ouah, quelle répartie !
Ouais, eh ben...
Mmh, ouais. Mmh...
Putain !
Quelle conne !
Je suis désolée, Sophie. Faut que je te raconte.
J'ai que des galères.
Ils veulent me coller une amende. 120 balles.
"J'ai pas 6 balles pour un ticket. Tes 120, dans ton cul."
- Bonjour. - J'étais allée un peu trop loin.
Du coup, j'essaie.
Je dis : "Mais attendez, c'est un garçon."
Deux secondes, attendez.
"C'est un garçon." "Comment ça ?"
"Celui dans mon ventre."
Tu sais ce qu'il répond ?
- "Mais c'est fou, le nombre de..." - Mademoiselle.
Y a pas de voitures. Ça vous va ? Y en a pas.
J'ai fait une réservation.
Votre nom ?
Valrinck. Jeffrey Valrinck.
- Vous avez réservé quoi ? - Une Golf.
Ouais.
La voiture de tout le monde.
- C'est "catégorie Golf". - Non, je veux une Golf.
Je veux être milliardaire. On fait quoi ?
Quoi, putain ?
Dites-moi. Une Golf, de quand à quand ?
Vous croyez que je suis venu louer une voiture ?
Vous allez me le dire.
Je vais vous dire autre chose.
Du genre ?
Vous voyez pas ?
Je suis virée ?
Voilà.
Ouais.
Normal. Il m'arrive que des merdes depuis ce matin.
Euh, Sophie, c'était un plaisir.
Vous savez quoi ? Vous me virez pas.
C'est vous qui partez.
- Ouais, exactement. - Mmh.
En vrai, j'aurais dû m'en douter.
Oui se balade avec un parapluie ?
- Ceux qui veulent pas se mouiller. - Ouais, c'est ce que je dis.
Ça va ! Je me doute que t'as une bagnole.
La tenue appartient à la société.
Attends.
Attends.
Attends, viens.
C'est ridicule. Il pleut, tu vas être trempée.
Je t'invite à boire un verre.
- Pourquoi j'accepterais ? - T'as rien d'autre à faire.
Je trouverai mieux pour perdre mon temps.
- Je crois pas, non. - Vas-y, je t'écoute.
Puis non, en fait. En fait, je t'écoute pas.
Tu sais quoi ? Avant que tu m’emmènes
boire un verre,
avant que tu me paies un mojito
et que t'en boives six pour oublier que t'es chiant...
- Mmh. - Que tu dises : "J'ai jamais ressenti ça."
Avant que tu t'approches avec ta bouche, sache un truc.
Je crois plus en rien.
Mais en rien.
Attends !
- Bienvenue à la maison, mon fils. - Ça sent le cafard.
Tu sens le renfermé.
Écoute...
On va s'envoyer des fléchettes. Viens, regarde.
- On se fait un bowling ? - Hein ?
On met la cassette de Woody Woodpecker.
T'as soif, chéri ?
Tiens, mets la VHS.
Tu sais, j'ai acheté le sirop à la menthe.
Mets-toi bien, on va se fracturer le crâne.
Grave.
Je sais, c'est bête, j'ai pas eu le cœur de m'en débarrasser.
C'est comme s'il était encore là.
Le gâteau te plaît, mon cœur ?
Ils sont bons, au chocolat avec le beurre.
- Je l'ai pris exprès. - Ouais.
Une nouvelle boulangerie a ouvert derrière la tour des Lilas.
- Elle est bonne, hein ? - Mmh.
- Les tartes aux abricots. - Mmh.
- J'adore. - Je te prendrai un croissant, demain.
- Ça te fera plaisir. - Au beurre.
Ouais.
- On va faire un tour, après ? - Ouais.
On va aller montrer ta tête, un petit peu.
La légende.
Arrête.
C'est une légende.
C'est pas le moment.
Je vais...
Je vais me reposer un peu.
- Ça va, frère ? - Mmh.
Hein ?
- Tranquille ? - Ça va, Kiki, ça va.
Je peux te faire un bisou ?
Ça va pas ou quoi ?
Tiens, regarde.
Je t'ai fait tomber une jacket. United States.
Pas de la bagatelle. Regarde.
Je vais pas mettre ça. C'est quoi, cette couleur ?
T'aimes pas le côté un peu doré, comme ça ?
Ah !
Non.
Tu vas pas rester habillé en clochard.
Hé ! Parle correctement, toi.
Bon, attends.
- Fais essayer. - Tu veux essayer ?
Le côté comme ça, boxy, ça va t'accentuer les trapèzes.
- Trop petite. - Putain, dommage.
- C'est pas... Dommage. - Trop court.
Ouais.
- Merci. - T'aurais bugné sec, hein ?
Ouais.
Je t'ai fait de la place pour tes affaires.
Là ?
Non, dans celui du bas.
- Celui du bas ? - Ouais.
Bonjour.
Bonjour, monsieur.
Putain.
Tu fous quoi ici ?
Je veux voir Jackie.
Pourquoi tu veux la voir ?
Tu lui as dit de pas venir te voir en prison. Ta seule bonne action.
Gâche pas tout.
S'il vous plaît, faut que je la voie.
Et donc ? C'est une raison ?
T'as pas honte, non ?
T'as commis un meurtre.
J'ai rien commis du tout.
D'accord ?
J'ai rien fait.
On m'a volé 10 ans de ma vie. Pour rien.
Si vous me croyez pas, tant pis, mais...
faut que je la voie.
Monsieur.
Pendant dix ans, là,
tous les jours, j'ai pensé à elle.
Tous les jours. Même, j'ai...
J'ai fait une liste
des mots qui me font penser à elle.
J'ai pas trop été à l'école.
J'ai pas bien appris à lire.
Mais en prison, j'avais un dico.
Un Larousse.
Et j'ai trouvé les mots.
457 mots.
J'ai même appris leur... leur définition par cœur.
C'est tout ce que j'avais pour que...
Qu'elle soit un peu à côté de moi.
Pour tout le reste,
foutez-moi dans la gueule ce que vous voudrez.
Et vous aurez raison. J'étais con, j'étais...
J'étais un voyou, ce que vous voulez.
Mais j'étais jeune.
Entouré de choses moches.
Votre fille était tout ce que j'avais de beau.
Écoute.
Euh...
Jackie est pas là. Elle vit plus là.
Elle est où ?
Elle est mariée.
Et elle est heureuse.
Elle est heureuse, donc,
je t'en supplie, va pas foutre le bordel.
Laisse-la tranquille, d'accord ?
Je suis désolé, voilà.
Bon, on s'est tout dit. Allez.
Non, on s'était mis d'accord.
On avait dit le 20. Je vous rappelle.
Chéri.
Qu'est-ce qui se passe ?
Qu'est-ce qui se passe, mon amour ?
Je suis là.
Je suis là.
Là,
on va ouvrir... toute cette partie du mur.
Baie vitrée.
On transfère la cuisine là-bas. On fait un atelier.
On foutra quoi avec un atelier ?
T'adores la peinture.
Non, mais j'ai dit ça comme ça.
J'ai dû en faire une ou deux fois.
On fera une chambre en plus. Qui sait ?
Ouais. Qui sait ?
Moi, je sais.
Ah, putain, ton système ! Tu veux pas mettre des interrupteurs ?
Mais c'est le futur, c'est super.
Fais-moi jouir, alors. Sinon, pas de futur.
Bon, je...
T'as dit quoi ?
Je rappelle l'électricien demain.
Tu te rappelles de moi ?
Le frère de Marco. On était dans la même école.
Putain, la prison ! Tu te souviens ?
C'était le plus gros cogneur de la cité.
Lâchez-le un peu. C'est pas une attraction !
Ça faisait longtemps.
Parle-lui d'autre chose.
Quand il est rentré j'avais 8 ans.
"Il" c'est Clotaire, tête de mort.
Y a qu'à ramasser de la thune, non ?
- Tu veux de l'argent ? - Ben ouais.
- Va tapiner sur le boulevard. - Allez, vas-y.
Tu m'auras comme client. Mets des talons aiguilles.
C'est toi qui as buté le vigile ?
Ferme ta gueule, va gratter le dos de ta mère.
♪ Mes mains Dessinent dans le soir ♪
♪ La forme d'un espoir ♪
♪ Qui ressemble à ton corps ♪
♪ Mes mains Quand elles tremblent de fièvre ♪
♪ C'est de nos amours brèves ♪
♪ Qu'elles se souviennent encore ♪
♪ Mes mains ♪
♪ Caressent de leurs doigts ♪ ♪ Des riens venant de toi ♪
♪ Cherchant un peu de joie ♪
♪ Mes mains ♪
♪ Se tendent... ♪
T'as changé.
Ouais.
Toi aussi.
Mmh.
Il y a que ma voix qui bouge pas.
Mais...
je fais attention, je la préserve.
Je dois gueuler, ils sont à moitié sourds ici.
Donc, tu vois, je dois faire attention.
Je suis pas sûr que si on mettait quelqu'un d'autre,
ils s'en rendraient compte.
Personne n'est irremplaçable.
Personne.
Je suis bien placé pour le savoir.
J'avais pas le choix.
C'était toi ou mon fils.
Je referais exactement pareil.
Je suis désolé de tout ce que tu as...
enduré, mais c'est comme ça, on en reste là.
On va pas en rester là, non.
Qu'est-ce que t'attends de moi ?
Tu veux que je fasse quoi ?
Tu veux du fric ? J'en ai pas.
Tu frappes à la mauvaise porte.
C'est à mon fils qu'il faut s'adresser.
Lui, il en a.
Ils vendent des pilules, de la drogue, de la coke.
Ils vendent de la merde.
C'est pas des voyous.
C'est des dealers.
Moi, je suis plus rien.
Plus qu'un souvenir.
Même pour mon fils,
je suis un souvenir.
Quoi ?
C'est tout ?
Putain, Clotaire !
Attends, laisse ta place. Assieds-toi.
Putain, t'es sorti quand ?
C'est ton club ?
Ouais, c'est à moi.
C'est bien, hein.
Tu veux un truc ? Sers-toi.
Non, ça va.
T'es bien.
Tu sais, c'était compliqué. Je voulais parler ou t'envoyer un mandat.
Mon père me l'a déconseillé.
Il a dit que c'était une galère.
Je peux t'offrir un petit boulot, peut-être ?
T'as besoin de bosser ?
Je veux pas de petit boulot.
Je veux que tu me paies.
Que tu paies ce que tu me dois.
Que je te paie ce que je te dois ?
Je te dois quoi, exactement ?
Ce que vous avez pris. Plus le fait que j'ai pas balancé.
Fois 10 ans.
Ça fait 600 000.
C'est beaucoup d'argent, finalement.
Attends, je vais te filer au moins la moitié, j'ai...
J'ai... C'est pas dans cette poche-là.
Non, j'ai rien sur moi. Toi, peut-être ?
- J'ai rien. - Et toi ?
Moi, j'ai 100.
Ah !
100 balles, c'est déjà ça.
Faut les déduire, bien entendu.
Si t'es pas content, t'as qu'à me faire un procès.
Attention, cette fois, prends un bon avocat, sinon...
Aller-retour.
- Allez, tu sors ! - Nique ta mère !
Tiens, prends ça !
Bouge pas !
Bouge pas !
Lionel ?
Clotaire ? Qu'est-ce que tu fous là ?
Mais toi ?
- Je suis mort, c'est sûr. - Hé !
J'ai tout entendu. L'accident.
- Ma vie a défilé. - Calme-toi.
- La lumière au bout du tunnel. - Ça va. Calme-toi !
- T'es mort ? - Je te parle.
On est pas morts. On est là.
Respire.
Oh, la vache !
Ça m'aurait fait chier de mourir. J'adore la vie, vraiment.
Ouais, ouais.
- Tu fous quoi dans ce coffre ? - C'est Tony.
Ce fou croit que j'ai niqué sa meuf.
Et tu l'as niquée ?
Un peu.
Vas-y, sors de là.
- T'avais une télé, là-bas ? - Ouais.
Et des clopes ?
Bah ouais.
Franchement, on m’enlèvera pas de la tête
que la prison, c'est pas si dur.
T'avais ma vie. Sans ma maman pour te faire chier.
Tu vis encore chez ta reum ?
Tu veux que je vive où ?
Il est marrant, celui-là.
- Toi aussi, t'as perdu 10 piges. - Tu peux pas dire ça.
Parce que j'ai quand même... J'ai...
Tu peux le dire.
Tous les mecs dont on se foutait, gamins,
ils ont tous des meufs de ouf.
Mais de ouf, avec des...
Ça me rend dingue. Ils me narguent, ces enfoirés.
Ces fils de putes. Je les vois, au volant de leur Cherokee ou...
Ils me font des clins d'œil.
Je... Ils ont de la thune...
- Tu sais ce qu'on va faire ? - Bah non, je sais pas.
On va rattraper le temps perdu.
Incroyable. Le barbecue est respecté.
- Ça fait plaisir. - Ouais. Je suis en gourmandise.
C'est grillé sur les côtés, tendre à l'intérieur. C'est bon.
Vous, Myriam, vous avez des enfants ?
Oui, j'en ai deux.
Des garçons de 17 ans, jumeaux.
J'aurais pas voulu de jumeaux.
Bah, ça va pas ?
Mais non, on en a parlé, elle le sait.
Je sais pas, ça me fait peur.
Vous vous êtes rencontrés comment ?
- Je raconte ? - Ben...
- Tout va bien. - Ouais ?
T’inquiète pas.
C'est banal. Il est venu réparer ma télé.
Dis pas ça comme ça. On dirait un porno.
Chéri.
Le coup de foudre.
Il y a 6 ans.
7, en mars.
7 ans ?
Pourquoi avoir attendu pour emménager ?
Je demandais que ça.
Mais...
faut pas être pressé.
Bon, on finit, puis on fait les cartons, peut-être ?
Maintenant, 6 fois 5.
Euh... attends, je sais.
35.
Non, c'est pas ça.
C'est fou.
- Tiens. - Merci, papa.
C'est fou tout ce que tu avais ici. Je me rendais pas compte.
C'est un bordel, ta chambre.
Content que ce soit plus mon problème.
La nouvelle maison a de la place. Bon courage, mon vieux.
Parce qu'en fait, elle aime pas le rangement, mais le chaos.
Parce que c'est une bordélique, en fait.
C'est mignon. "C+J" ? C'est gui, C ?
Ça, c'est Clotaire, ça. Elle t'en a jamais parlé ?
Non, jamais. Clotaire ? C'est quoi, ce prénom ?
C'est pas celui qui est passé à la maison ?
Si.
C'est qui, ce type ?
Son amour de jeunesse. C'est compliqué.
Il nous en aura donné du souci, celui-là !
Je comprends pas. Il a sonné chez vous ?
Ouais.
Il voulait parler de Jackie ?
Ça faisait longtemps que vous l'aviez pas vu ?
Tu penseras bien à ramener les cassettes au vidéoclub.
Ça va nous coûter cher.
J'y suis allée hier.
Ils sont fermés pendant 15 jours. C'est les vacances.
Pendant 15 jours ?
Ils ont les moyens. J'aurais dû ouvrir un vidéoclub, moi.
Pourquoi tu m'as pas parlé de lui ?
Qui ?
Celui qui a fait de la prison.
Ah. Je sais pas.
Comment ça, tu sais pas ?
Bah, euh, je sais pas.
Parce que c'est pas important.
Ben, 10 ans de prison, c'est pas rien.
Et la 1re chose qu'il fait en sortant, c'est venir te voir.
On passe pas 10 ans à penser à quelqu'un sans raison.
- Pourquoi il était en prison ? - Je sais pas.
Arrête ! Tu te fous de moi, ou quoi ?
J'en sais rien, putain ! C'était il y a longtemps.
- Puis sincèrement, je... - Quoi ?
- J'ai tout fait pour oublier. - Hein ?
Je m'en fous, voilà. Je m'en fous, c'est tout.
Notre père, il était heureux d'aller taffer.
Il pensait que...
ça donnait un sens à sa vie.
Tous les matins, tu te réveilles à 4 h.
Tu te poses pas de questions. Tu laves des cuves.
Pendant 27 piges, il a lavé des cuves.
Toute la journée, tu obéis.
Et tu répètes le même geste, encore, encore.
T'as rien à raconter et tu parles plus.
C'est pas une vie, ça.
Non, tu survis. Tu survis pour nourrir ta famille.
Et tout le monde s'en branle.
Après, ils l'ont viré.
Comme ça, pour rien.
Ils l'ont viré, ces fils de putes.
Alors que notre père... Il répète au loin.
Il disait bonjour, merci, au revoir.
Il croyait à l'ordre des choses. Que chacun reste bien à sa place.
Il avait tort.
- C'est fini, ça. - Paix à son âme.
Ils approuvent.
Vous voyez ce que je veux dire ?
Nos parents, là, tous,
ils ont rien.
Et moi, ça me va pas, ça. Moi, je veux tout, moi.
Je veux pas rester à ma place.
Y a pas de bonjour, merci, au revoir. Rien !
Pas d'au revoir, merci. Rien.
- Allez ! - Ouais !
Tu peux fermer les yeux et prier pour son retour.
Ou ouvrir les yeux et voir qu'il est parti.
Ton cœur peut être vide de ne plus le voir.
Ou il peut être rempli de l'amour qu'il a partagé.
Tu peux tourner le dos à demain et vivre le passé.
Tu peux être heureux pour demain, à cause du passé.
Tu peux te souvenir de lui et seulement qu'il n'est plus.
Tu peux chérir sa mémoire et la laisser vivre.
On a l'impression d'être sur le toit du monde.
Impossible, c'est le toit du quartier.
- C'est une expression. - Non !
Une métaphore.
C'est quoi, déjà ?
Tu dis un truc faux pour dire un truc vrai.
- Genre ? - On est sur le toit du monde
pour dire le toit du quartier.
Comme : "Le serpent qui se mord la queue."
- Faux, c'est une expression. - Non, une métaphore.
Ça va-t'y, Pinocchio ?
C'est quoi, ces pompes de merde ?
C'est anglais, du sur-mesure.
Du veau retourné.
Moi, j'en rêve depuis que j'ai 14 piges.
Comme j'ai de la thune, j'ai pris tous les coloris. 9 paires.
Et tu sais quoi ? Ça me fait pas vraiment plaisir.
Je les ai, voilà. Exactement comme toi.
Quoi comme moi ? De quoi tu parles ?
Arrête, plus rien te fait plaisir. Arrête !
On se fait iech pareil, en fait.
Mais on a le choix.
De quoi ?
On est libres. Si on a envie, on trace.
- On va où on veut. - Mais t'as pas envie.
C'est vrai, j'ai pas envie.
J'ai envie de rien.
Ils font quoi ? Il se passe quoi ?
Il va y avoir une éclipse.
Ah bon ? Tu savais, toi ?
Non, vaguement.
J'en ai jamais vu. Et toi ?
Ouais, une fois.
Ça doit être extraordinaire, non ?
- Non ? - Ouais.
Faut qu'on achète des lunettes spéciales.
Je vais acheter ça, pas de problème.
Remets ton truc. Elle a fait une belle table.
- Ça va, Sam ? - Oui, et toi ?
- Dis donc, ça pousse. - Vous avez quoi, tous ?
- Ça va. - T'as dit quoi ?
"Ça pousse."
On sert, là ?
- Oui, tiens. - Allez, les enfants.
- Tiens. - Sers.
- Tiens, mange. - Merci.
Tu maigris à vue d'œil.
Je travaille trop, aussi.
Je sais, je sais. Tais-toi et mange.
- Est-ce que t'as pris du lait ? - Ouais.
Je suis sûre que t'en as pas pris. T'adores ça, le matin.
- Mmh. - Hein ? Alors ?
Non, j'en ai pas pris.
Je le savais !
- Pourquoi tu mens ? - Mais je mens pas, je...
Je prends plus de petit-déj, je me réveille trop tard.
Arrête, arrête. Arrête de faire l'idiot.
Ne fais pas l'idiot.
Hein ?
La bêtise, c'est une malédiction, crois-moi.
- Tu crois que je suis maudit ? - Non.
Non, je pense que t'as le choix.
Pourquoi ils regardent en l'air ces débiles ?
On est peut-être pas au courant.
Invasion extraterrestre ? Les Allemands reviennent ?
Putain, ça me ferait chier, ça.
Il va y avoir une éclipse.
Truc de ouf !
- Hein ? - Ouais, c'est ouf.
Ah, c'est flippant, ouais.
Il faut les lunettes.
- On va voler 3 paires, vite fait. - Je fais plus ça.
Les petits ont des yeux tout neufs.
- Ah, OK. - Vas-y.
Hé, Bilel !
- Hé, Bilel ! - Hé, viens voir !
Tu pleures ?
Non, c'est le soleil.
Tu pleures ?
Non, c'est le soleil de merde qui me...
On se casse ?
On se casse ?
J'ai regardé, j'ai pas pleuré.
- Non. - L'autre, il chiale. Hé, bouffon, va !
- Elle a pas des airs de... - Un peu.
Comment tu sais de qui je parle ?
- Les gars, vous voulez quoi ? - Tu as un truc ?
- 2 trucs, là. - OK.
- Bleu, Batman. - OK.
Ça dure 6 h, la folie. C'est plus cher.
- Chut. - Le jaune, smiley. Dans 20 minutes,
c'est parti, t'es on fire.
Allez, 2 smileys. Tu paies pour ton pote ?
C'est bon, c'est bon. Ça va.
Ça va.
T'es qui ?
Tu viens dealer chez moi ? On fait pas d'ecsta nous.
- Qui t'envoie ? - Personne.
Fouille-le.
Ça vient de Belgique, ça.
T'es belge ?
Je te parle ! T'es belge ?
Oui t'envoie, putain ? Oui t'envoie ?
Oui t'envoie ?
Je dirai rien. Va te faire enculer.
Dégagez-le.
♪ Joyeux anniversaire ♪
♪ Joyeux anniversaire ♪
♪ Joyeux anniversaire, Jackie ♪
♪ Joyeux anniversaire ♪
Attends, fais un vœu, d'abord.
Merci.
Merci.
Merci, monsieur.
Horrible.
T'es belle.
Merci.
Alors ?
- Ton souhait, c'est quoi ? - Mais non. Je peux pas te le dire.
Sinon, il se réalise pas. Merci, monsieur.
Oui, c'est vrai.
- Mais comme c'est des conneries... - Évidemment.
Alors, dis-moi.
Je te le dirai pas.
Pourquoi ?
Ben parce que... c'est intime.
C'est intime ?
Parce que c'est ridicule.
Qu'est-ce qui est ridicule ?
Ne pas me le dire pour qu'il se réalise ou pas me le dire tout court ?
C'est toi qui m'as demandé de faire un vœu.
J'en ai rien à foutre, de ces trucs.
Dis-le, si tu t'en fous.
J'ai pas envie.
Pourquoi ça ?
Parce que tu me le demandes.
Parce que tu me l'ordonnes même.
J'ai une autre hypothèse.
Il y a le monde que t'espères, les yeux fermés,
et celui que tu vois, les yeux ouverts.
J'aimerais savoir ce qu'il y a
derrière tes paupières, sous ta peau.
Y a quoi ?
Y a qui ?
Qu'est-ce que tu vois que tu me dis pas ?
Tu veux quoi ?
Tu veux des détails ? Du concret ?
Y a tout, dans ma tête.
Il y a du beau, du laid. De l'espoir, de la colère.
C'est le bordel, dans ma tête. J'en sais rien.
Je suis pas comme toi, tout ordonné.
Fais pas genre. Tu sais très bien.
Non, justement, j'en sais rien.
Puis j'aime l'irrésolu.
Le mystère. D'ailleurs, t'en as de moins en moins.
Voilà. Tu veux du mystère.
Quand on vit avec quelqu'un, y a plus de mystère.
Je devrais peut-être disparaître ?
Qu'est-ce tu racontes ?
Bah pas grand-chose, justement.
Je raconte que des choses banales.
Et le banal, c'est le souhait de personne.
N'est-ce pas ?
Mais peut-être que t'es juste conne, en fait.
- Allez, petit cadeau. - Oh !
On va le gratter.
Écoute, je crois que j'ai une pièce.
Celle qui gagne partage avec tout le monde.
- On va fêter ça. - C'est sympa.
Mademoiselle ?
Je vous demande un service. Vous pouvez m'aider ?
- C'est lourd. - Oui, bien sûr.
- Je prends ça. - Ouais, c'est gentil.
Ça va, c'est pas trop... trop haut.
Non, mais y a pas de souci.
C'est sale, hein ?
Quand on est arrivés, à l'époque, c'est pas ce qu'ils nous avaient vendu.
Sur la brochure, l'architecture et la disposition des tours,
c'était beau, comme des bouquets de fleurs.
Maintenant, le bouquet...
il est bien fané.
Comme disait mon mari quand il était vivant,
quand on a un toit, tout va.
Voilà. Merci, mademoiselle.
- Je vous mets ça là. - Merci, c'est gentil.
- C'est normal. Bonne journée. - Attendez.
- Attendez une seconde. - Non.
- Si. - J'ai besoin de rien.
Je vous assure, vraiment.
Je vous assure, madame.
- J'ai besoin de rien. - J'étais pas sûre.
Vous avez pas beaucoup changé.
Ça me fait plaisir de vous voir en vrai.
Après tout ce temps.
Il me tuerait s'il savait que je vous disais ça,
mais quand il était petit, il dormait à côté de vous.
Mon fils, c'est un bon garçon.
Il a jamais fait toutes ces choses.
Je sais pas si je vais...
avoir le courage de l'appeler.
Il va bien ?
Je sais pas.
Merci.
Bonjour, mon amour.
Bonjour.
Bien dormi ?
Tu sais où je vais ? Je t'en ai parlé ?
Je sais plus si je l'ai dit. Au siège social.
Il y a des rumeurs. Bon, on sait ce que c'est.
Bertot, le big boss, m'a à la bonne, grâce à mes chiffres.
Il va me proposer un gros truc, je crois.
Genre, headmaster.
Donc, ça veut dire, important.
Enfin, on verra.
T'es fière de moi ?
Tu me dis merde ?
Merde.
OK !
Bon, ben, à ce soir, alors.
Mais pourquoi tu l'as quitté ?
Tu vas jamais au bout de rien.
Hein ? Pourquoi ?
Pourquoi tu crois en rien ?
Depuis des années, tu collectionnes les histoires.
Pour une fois que t'avais l'air bien. Pour une fois...
que tu trouves un mec qui valait le coup !
Tu fais exprès ? C'est une fatalité ? Hein ?
Tu vas gâcher toute ta vie, comme ça.
On commençait à peine à être heureux, tous les deux.
On l'a toujours été.
- C'est la vérité. - Arrête avec tes arguments !
J'ai raté un truc ?
Je suis passé à côté ? Explique-moi.
Donne-moi une bonne raison.
Donne ! Vas-y, une !
Clotaire.
Quoi ? Quoi ?
- Clotaire. - Non !
Non ! Non !
- Écoute-moi. - Non ! Non !
- Non ! - Laisse-moi t'expliquer, putain.
Écoute-moi. Tu sais ce que c'est le problème ?
Tu penses pour moi, tu penses pas à moi.
- Moi, je pense pas à toi ? - Oui.
Je sais, putain ! La preuve, t'as pas vu.
Que là, mon sourire, c'était pas mon sourire.
C'était pas ma rue, c'était pas ma maison.
C'était pas mes amis. C'était pas moi. C'est pas ma vie.
C'est juste que c'est pas lui.
C'est vrai, c'était bien.
Mais j'y ai jamais cru, je me suis forcée.
Je me suis forcée à y croire, c'est tout.
C'est juste que bien, c'est pas suffisant.
Et tu le sais.
Putain, c'est fou, ça.
Putain de bordel de merde.
C'est pas vrai que t'auras toujours raison ?
Qu'est-ce que je peux répondre ?
Viens.
Viens ici.
Bien sûr que bien, c'est pas suffisant.
Tu crois connaître Paris ? Mais ce soir, je te montre mon Paris.
Au Metropolis, 4 salles, 4 ambiances.
Y a salsa, funk, techno.
Et quoi, déjà ?
Dans ta tête, elle a baisé avec un nazi.
Pourquoi on l'appelait "mamie nazie", alors ?
Parce qu'elle était chiante. T'es con ?
- Pourquoi elle m'a dit ça, Bernadette ? - Elle est conne.
Kiki ? C'est quoi, la dernière salle ?
- Rock. - Ah, oui !
Lionel !
Tu vas faire ce que je te dis !
Tu vas faire ce que je te dis !
D'accord ?
Descendez.
Quoi ?
- Descendez, je vous dis. - Pourquoi ?
- On n'y va pas. - On va pas faire marche arrière !
Mon reuf...
On y va pas. C'est fini.
On arrête tout, tu m'entends ?
Tu vas descendre de la voiture, tu prends celle de derrière et tu rentres.
D'accord ?
T'entends ce que je dis ?
Tu rentres, OK ?
Tu me fais confiance ?
Allez.
Oui t'appelles, comme ça ?
Qu'est-ce que tu fous là ?
Rien, je voulais te parler.
Tu me suis ?
- Non, pas du tout. - Si.
Non, je voulais te parler.
Écoute, je voulais te dire...
J'ai réfléchi à tout ce qu'on s'est dit.
Et...
C'est ridicule. On va pas tout gâcher, comme ça.
On s'aime, enfin.
On s'aime. Je sais que tu m'aimes.
- Je le sais ! - J'ai rien à dire de plus.
- Je l'ai vu, quand on faisait l'amour. - Jeffrey...
On s'est tout dit. Y a rien à dire de plus.
Désolée, j'ai essayé, j'y arrive pas.
- J'y arrive pas. - Comment ça ? Viens à la maison.
On parle.
- Je dois me mettre à genoux ? - Non.
- C'est ça ? - Non, justement, j'attends rien de toi.
J'attends rien, je suis désolée.
Je te demande pardon. Laisse-moi tranquille.
- Qu'est-ce que tu fais ? - T'attends quelqu'un ?
Réponds. T'attends quelqu'un ?
- Laisse-moi tranquille. - Réponds-moi !
Tu fais quoi, à cette heure-là, ici ? Hein ?
- Calme-toi. - Tu me prends pour un con, c'est ça ?
Depuis le début ! C'est lui que t'attends.
- Hein ? - Tu me fais peur.
T'en voulais après mon pognon ? Hein ?
- Tu crois quoi ? - Tu me fais peur.
Je te fais peur ?
Moi, je te fais peur ? Mais c'est pas possible.
Je t'aime de tout mon cœur.
Qu'est-ce que je t'ai fait ? Qu'est-ce que je t'ai fait ?!
- Calme-toi. - Qu'est-ce que je t'ai fait, putain ?
- Calme-toi... - J'ai rien fait !
Pourquoi tu me fais ça ? Je t'ai rien fait !
Arrête !
Lâche-moi, putain ! Lâche-moi !
Arrête !
Arrête !
Arrête !
Aïe !
Lâche-moi !
Madame, s'il vous plaît, regardez-là.
Lâchez le brancard. Elle pisse le sang !
Ça va.
Faut quoi, pour être soigné ?
- Ça va ? - Mmh.
- T'es sûre ? - Ouais.
- Tu veux un verre d'eau ? - Non, ça va.
C'est pas normal qu'ils laissent ça comme ça.
Tout va bien, je te jure.
- On va s'asseoir. - Non...
T'es sûre ?
J'ai pas envie de parler.
- Attends, hé ! - Non, mais assieds-toi.
C'est rien. Ça va passer.
Ça va piquer un peu.
- Vous me dites si je vous fais mal. - OK. Vous pouvez y aller.
Pendant toutes ces années, j'ai beaucoup pensé à toi.
À nous, à ce qu'on était.
Mais jamais vraiment avec nostalgie.
J'avais plus vraiment de souvenirs de nous deux.
Ni de beaux souvenirs de toi.
Je m'envolais pas quand je repensais à notre histoire.
J'étais par terre, tu vois.
J'étais pas joyeuse.
Pas du tout, même. J'étais triste.
J'étais triste comme tu sauras jamais.
Penser à toi, c'était m'inquiéter pour toi.
Et même quand je me forçais à revoir du beau,
c'était impossible.
Parce que t'avais tout gâché.
T'as toujours été aussi beau que laid.
T'as laissé gagner ta laideur.
T'as pas su faire taire ce qu'il y a de pire en toi.
Ta colère, ta vengeance.
Ta violence, ton mépris de tout.
Tu méprises tout.
Même ta chance.
Même moi.
Pourtant, j'étais sûre qu'on s'était compris, toi et moi.
C'est même la seule chose dont j'aie jamais été sûre.
Qu'on serait plus jamais seuls, ensemble.
Que je pouvais te faire confiance.
Qu'on était les mêmes, toi et moi.
Qu'on regardait le monde d'un endroit qui appartenait qu'à nous.
J'ai pas compris qui t'étais.
Ou alors, je voulais pas le croire.
C'était impossible que tu sois si con.
Et moi, d'être aussi conne de continuer
à avoir peur pour toi après ces années, toute cette merde, tous ces regrets.
Pourquoi ?
Je suis trop con pour répondre, si j'ai bien compris ?
Je crois, ouais.
Mais je pense que...
t'as raison.
Je trouve que...
tout ce que tu dis...
Je suis d'accord, quoi.
C'est tout ?
Bah ouais.
Attends.
T'as rien d'autre à ajouter ? J'ai raison, point ?
C'est tout ce que t'as à me dire ?
En fait, c'est moi, je suis conne.
Non, attends.
Non, c'est pas tout.
Tu te souviens quand tu m'as dit
que je manquais de vocabulaire ?
Tu te souviens ?
- Je sais pas. - Si.
Ouais, peut-être.
Bah moi, j'ai fait une liste de mots.
Que je garde avec moi, au cas où...
je t'aurais croisée, par hasard.
J'ai tout fait pour, mais...
le hasard voulait pas de nous.
De toute façon, si c'était arrivé,
j'aurais perdu le contrôle.
On est jamais prêt quand on attend les choses, non ?
J'ai fait une liste avec tous les mots qui me font penser à toi.
Et j'ai appris leur définition par cœur.
Parce qu'ils t'appartiennent.
Ils sont...
bah, ce que tu es.
J'aurais aimé les inventer, même.
Bref, les mots de Jackie.
Il y en a 457. Tu veux que je les lise ?
457 ?
Ouais. C'est pas assez ?
- T'es vraiment qu'un connard. - Je sais.
Putain de connard.
Tu viens de le dire.
C'est à vous, monsieur.
- Ah, non, c'est rien. - Si, on va désinfecter.
Allez-y, installez-vous.
Allez-y.
Je vous assure, c'est rien.
On va nettoyer un peu.
Tu veux que je les lise ?
Non.
- Je les lis quand même. - Non.
- Si. - Non !
- Si, je les lis. - Non !
Voilà, c'est fini.
- Une égratignure. - Oui, voilà.
Bon, ben...
- Je vous laisse. - Mmh.
Merci.
Bon, ils sont...
C'est pas dans l'ordre...
Volupté.
Gracieuse.
Charmante.
Même si je tape à côté, je le prends.
- T'es nulle, en fait. - Maintenant ?
Maintenant ?
- 1, 2, 3, bras de fer chinois. - Attends.
1, 2, 3...
Ça va ? Je vous dérange pas ?
Pardon, je t'embête, tu bois ta canette.
C'est quoi ce que t'as au poignet ?
Une montre.
Ça sert à quoi, à ton avis ?
À réchauffer les plats ?
Non. Tu me regardes et tu me réponds.
Ça sert à réchauffer les plats ? Descends de ta merde !
Merci.
- Je t'écoute. - Non.
Bien. Ça sert à quoi ?
À lire l'heure.
Voilà, tu peux le faire. Attention, plus dur.
- Tu sais lire l'heure ? - Ouais.
Non, pas "ouais". Oui.
Oui.
Pourquoi t'es encore en pause à 13 h 10 ?
Les aiguilles posent problème ?
Demande à ta meuf
une montre à quartz, tu sauras
différencier 13 h de 13 h 10.
C'est là que ça se passe. Regarde-moi. Me chauffe pas.
Je vois le genre de mec que t'es :
un branleur qui pense éviter les problèmes. Mauvaise nouvelle.
Là, t'as un problème. Juste en face de toi.
T'as saisi ?
Mmh.
Super.
Prends ta canette et vas-y.
Juste, je te le dis, fais attention.
Fais attention à toi.
T'as compris ?
Cool.
- Je reprends dans 5 minutes. - Je sais, t'inquiète.
Je peux te dire un mot ?
- On se tutoie, alors ? - Oui.
Sur le principe, le retard, je comprends.
C'est la logique de toute entreprise.
Mais ce type, là, que t'insultes,
quand tu lui sors tes grandes phrases,
il se retient de mettre sa montre dans ta bouche.
- Attends, deux secondes. - J'ai pas fini.
Il a appris un truc, en prison.
Oui, il en a fait. Il allait pas le mettre
dans son CV.
Il a appris le poids des mots.
Comme si on avait une balance,
juste avant les yeux qui permet de mesurer nos idées, celles des autres.
Je te donne un exemple. "Fais attention à toi."
Dans ta balance, ça veut dire, remplir un formulaire,
pour le faire virer ou me faire virer.
Par contre, dans la sienne,
ça veut dire trouver ton adresse, débarquer chez toi,
te frapper jusqu'à ce que tu saignes devant ta femme et ton fils.
C'est l'expression deux poids, deux mesures. Tu connais ?
C'est juste un exemple.
Moi, en plus de ça, je déteste la violence.
Et lui, il bronche pas, car il m'a promis de rester calme.
En toute circonstance.
Parce qu'il m'aime.
Ça aussi, c'est lourd, comme mot. Enfin, bref.
J'y retourne.
En tout cas, mesure tes idées quand tu t'adresses à lui ou à moi.
T'as compris ?
Ouais.
Non, pas "ouais".
Oui.
Oui.
Merci.
Pour le retard, je te demande pardon. Ça arrivera plus.
Tu sais ce que je me suis dit ?
En prenant les nems.
T'en as pris beaucoup ?
Non.
Je me suis dit que...
en fait, on aura jamais mieux.
Que ?
Que nous.
Je t'aime.
- T'as dit quoi ? - Mmh ?
- T'as dit un truc. - Non, rien.
- Si, t'as dit un truc. - Non, rien.
- T'es sûr ? - J'ai rien dit.
T'en as mis, du temps.
Sous-titres : Sandrine Niggeler
Sous-titrage : TransPerfect Media France
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