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Original subtitles

L'intrigue de ce film est entièrement fictive.

Toute ressemblance avec des personnes vivantes ou décédées,

et toute coïncidence éventuelle dans l'intrigue

sont purement fortuites.

AUTOMNE 1959

Que nous ordonne le 4e commandement ?

Tes père et mère honoreras pour avoir longue vie sur la terre.

Que nous interdit le 4e commandement ?

D'offenser les parents et les supérieurs et de leur désobéir.

Nous devons donc obéir aux supérieurs car toute autorité vient de Dieu :

défier l'autorité légale, c'est s'opposer à la volonté de Dieu.

Maman ?

- Où est Maman ? - Bonsoir, M. Wasner.

- Chez le père Gregor. - Encore ? Elle rentre quand ?

- Elle t'a laissé ton dîner, je te le réchauffe ? - Non !

Continue tes devoirs.

Oui ?

- Tu ne tueras point. - Tu as tué quelqu'un ?

Tu ne commettras pas d'impudicité.

Le 6e commandement interdit toute impureté :

actes, paroles, regards, livres, tableaux...

C'est bon...

Donc tu mets quoi ?

Rien, et toi ?

Je sais pas, pareil, rien !

Christian vient au cours de danse ?

J'en sais rien, moi !

Tu mets "j'ai menti" en fin de confession

et tu peux dire ce que tu veux avant !

Tiens, Monsieur Christian ! Bonsoir...

Bonsoir. Puis-je parler à Fritz, svp ?

Hélas, Monsieur mon fils n'est pas là,

je ne l'ai pas vu aujourd'hui.

C'est bête, on voulait faire notre devoir de latin.

Vous savez quand il revient ?

Hélas, je ne sais rien au sujet de M. mon fils.

Bon, tant pis...

S'il arrive, dites-lui que je suis au café Paulus, svp.

Mais avec plaisir, M. Christian !

Merci, au revoir !

À votre service !

Petit con arrogant !

C'était qui ?

- Beranek. - Quoi ?

Pourquoi il est reparti ?

Parce que pour une fois, tu restes ici.

La bougeotte, ça suffit !

Non, mais ça va pas ?

Il voulait faire le latin avec moi.

Je ne veux pas de ces bâtards gâtés chez moi.

Salut, vieux !

Salut !

Tu as déjà fait le latin ?

Oui.

Voilà.

Merci.

Une partie ?

Oui, pourquoi pas ?

Bonsoir, M. Beranek.

Bonsoir, M. Hans.

Un petit noir, svp.

Tu as déjà vu "La source" ?

Le nouveau Bergman ? Non.

- Il passe déjà ? - Oui, depuis hier.

Tu y es allé ?

Bonsoir, messieurs !

Salut !

Qu'est-ce que tu foutais ?

- Je suis passé... - Pour le latin, je sais..

Mon père me l'a dit.

Je suis arrivé juste après.

On peut le faire là.

Plus la peine. On joue aux échecs.

- Anna n'est pas là ? - Elle a sa soirée.

Continue sans moi.

Oui, Maman ?

Vous jouez bien !

Oui, enfin...

- Que puis-je... ? - Sigrid m'a apporté des livres ?

- Je l'appelle ? - Non, non...

- Tu veux que j'aère ? - Non.

Viens t'asseoir un instant.

Alors ?

Non, rien.

Retourne jouer.

Tu n'as besoin de rien ?

- Je peux te faire un toast. - C'est gentil, mais je ne veux pas.

Vas-y, mon chéri.

Et laisse la porte ouverte.

Vous jouez vraiment bien.

Bonne nuit, Maman.

Si Papa rentre, dis-lui que je dors.

Je vais prendre mon cachet.

Je lui dirai.

- Qu'y avait-il ? - Rien.

Mesure 5.

Allez ! Un, deux, trois...

Gardez le rythme ! ...deux, trois...

LEMMINGS

Si tu veux, je te raccompagne.

- J'ai déjà prévu avec Gertraud. - Très bien.

De toute façon, on va au café.

1ère partie L'ARCADIE

- Vous aimez valser ? - Oui, bon...

Je préfèrerais apprendre autre chose.

un film de MICHAEL HANEKE

Je suis content que tu sois venue.

Pourquoi ne serais-je pas venue ?

Je ne sais pas... Ça aurait pu arriver.

Non...

LEMMINGS : Ordre des campagnols. Corps trapu.

Longueur de 7,5 à 15 cm.

Lors d'énormes migrations récurrentes conduisant parfois à la mer,

où les lemmings se noient,

ils déciment leur espèce par un suicide collectif.

"...un fervent discours de ce genre".

"Je sais, pères assemblés..."

Peut-on être plus précis ?

"Patres conscripti..."

"Sénateurs" ?

"Que ma fermeté"...

"était attendue par la majorité"...

Téléphone !

Salut...

Bonjour...

On ne te voit plus...

J'ai dû bûcher beaucoup.

Tu vas bien ?

Oui.

Demain après-midi, je vais à Vienne.

Tu viens avec moi ?

S'il te plaît...

C'est gentil !

C'était important ?

Je dois remplacer M. Herm. Il a la grippe.

À cette saison ?

Où en étions-nous ?

Je vous fais du thé ?

Non, merci.

M. Naprawnik, peut-être.

Non, merci beaucoup !

J'ai demandé à Lucy,

ma cousine,

quand on a dormi chez elle.

Elle a dit : "Je peux pas en parler, c'est trop moche".

C'est où, déjà ?

Là.

Eh bien...

Lis-le nous.

Lisez vous-mêmes.

Je ne lirai pas à voix haute.

Sois gentil, Siggi, dégage !

Je préfère le gilet bleu. Je vous dois ?

La dame a déjà réglé.

Ah bon...

- Merci. Au revoir. - Au revoir.

Si je trime en Suède, c'est pas pour me faire entretenir comme un gigolo !

Excuse-moi, je ne voulais pas te blesser.

Mais te faire plaisir !

Je paie, sinon je ne les prends pas !

Allons, ne sois pas bête !

Gisela !

Excuse-moi !

Voilà !

Et on va où, maintenant ?

Cesse d'inciter ton mari à me donner des cours gratuits !

Je peux les payer, et de plus je trouve ça déplacé !

Je ne lui ai rien dit, Georg t'aime bien, c'est tout !

- Arrête de dire "Georg" ! - Et je dois dire quoi ?

Qu' y a-t-il ?

Tu n'as pas vu ? Là en face, c'est Mme Bernhardt.

Non...

Faut-il que ce soit si dégradant ?

Ne pleure pas, bergère... Je t'en prie !

Arrête... Ton maquillage va couler !

Voilà ! Comme ça, ils auront de quoi raconter !

Bonsoir.

- Sigrid n'est pas là ? - Non.

- Où est-elle ? - Chez une amie, je pense.

- Maman dort ? - Je crois, oui.

- Où est Anna ? - Elle fait ton dîner, je crois.

Et toi ?

Quoi ?

Tu dînes avec moi ?

Si tu veux.

Laisse-moi.

Ça pue à nouveau le tabac.

- Quoi ? - Désolé.

Assieds-toi, quand je te parle.

Tu as fait quoi, aujourd'hui ?

Rien.

Et Sigrid ?

Tu as déjà demandé, elle n'est pas là.

Exact.

Au lycée, tout va bien ?

Oui, oui, au lycée, tout va bien.

C'est quoi, ce ton sarcastique ?

On ne peut pas parler normalement à Monsieur ?

Mais parle donc !

C'est ça, parler normalement ?

Me demander, quand tu as déjà le déplaisir d'être seul avec moi,

si tout va bien au lycée ?

Et je devrais te demander quoi ?

Mais je ne sais pas !

Il est totalement vain de vouloir parler avec toi.

Ça ne t'intéresse pas de parler à qui que ce soit.

Oui, ça doit être ça.

Bon sang, mais que faites-vous en ce monde ?

Je me le demande aussi.

Au moins ça.

Y a-t-il déjà eu, un jour,

quelque chose

que tu aies vraiment aimé,

je veux dire : vraiment ?

Je vais voir où en est Anna avec ton dîner.

Bonsoir, Monsieur. C'est servi.

Merci.

Parfois, j'ai envie

de tout démolir.

Tout notre intérieur.

Vraiment tout.

Pourquoi ?

Parce que ça me coince.

Ça m'enferme. Ça me prive de ma liberté.

En fait, ça me détruit.

Tu ne te sens pas bien ?

Je suis exaltée et hystérique, c'est ça ?

Hystérique, non...

Mais exaltée, oui, un peu.

Tu ne préfèrerais pas vivre une histoire d'amour,

comme Christian ?

Avec une fille de ton âge ?

Là, tu pourrais être curieux de savoir

comment ce serait le jour où enfin

tu l'aurais amenée au point où...

Tu pourrais trouver plaisir à ses refus...

Tu pourrais adorer un ange chaste...

Ça t'amuse, là ?

Non.

Pardonne-moi.

Je suis juste jalouse.

Bêtement jalouse.

De quoi ?

De votre maudite...

...inexpérience.

Ne sois pas fâché !

Enlace-moi !

Serre-moi fort !

C'est bon...

Dis-moi autre chose.

Mais quoi ?

Rien.

Embrasse-moi !

Qu'est-ce qui t'arrive ?

Tu n'arrêtes pas : "Dis-moi des choses",

"Embrasse-moi", "Serre-moi", c'est quoi, ça ?

Gisela...

Ma bergère...

Pardon...

Mais qu'y a-t-il donc ?

Je voulais pas être brutal.

Je t'en prie, arrête.

C'est passé !

Je ne me sens pas bien.

Je vais avoir mes règles, je suis à vif.

Ne sois pas fâché !

Reste avec moi !

Je t'en prie !

J'ai besoin de toi, tu sais.

Je n'ai personne d'autre.

Ma bergère...

Attention ! Il arrive !

Bonjour !

On va dire

que mon entrée était une erreur.

Tout comme ce que j'ai vu là.

Je vais donc arriver quelques minutes plus tard

et ne verrai plus qu'un tableau vide

et une classe de 7A

qui n'aura plus à rougir de son mauvais goût et de sa bêtise.

- Georg ? - Oui.

Que se passe-t-il ?

Un cours annulé ?

Que se passe-t-il ?

Tu te sens mal ?

Oui, je dois te parler.

Assieds-toi d'abord.

Tu as une liaison avec Fritz Naprawnik ?

Qui dit ça ?

La 7A vient de m'y préparer avec beaucoup de tact.

- Comment ça ? - C'est écrit au tableau !

Excuse-moi.

C'est donc vrai...

Oui.

Pourquoi ?

Je veux dire...

Pourquoi faut-il que ce soit un élève,

et de plus un que j'apprécie ?

Voulais-tu par là

me faire du mal, ou bien voulais-tu

m'humilier ?

C'est le combientième,

tu as déjà eu toute la classe ?

Georg !

- Sois fair-play ! - Fair-play ?!

Je dois être fair-play ? Tu plaisantes ?

Arrête !

Je l'aime vraiment beaucoup.

Tu ne peux pas comprendre.

J'attends un enfant de lui.

Et je vais le garder.

Il le sait ?

Non !

Tu es à quel mois ?

Au quatrième.

Mais qu'est-ce qu'on va faire ?

Tu l'as déjà fait avec une femme plus âgée ?

Pourquoi veux-tu le savoir ?

Je veux le savoir, c'est tout.

Dis-le moi.

Oui...

Quand ?

L'hiver dernier, au stage de ski.

Bonjour, Professeur.

Et ?

Quoi, "et" ?

Et c'était comment ?

En voilà une question !

C'était une personne comme les autres.

Je veux dire, comment c'était quand...

vous étiez ensemble ?

Tu ne veux pas en parler...

Non !

Je veux savoir ce que ça signifie pour toi.

Tu crois que ça ne peut pas marcher sans ça ?

D'où te vient cette idée ?

Avec l'histoire de Fritz, et la tienne...

- Evi... - Je ne veux pas faire d'erreur.

Je ne veux pas que tu croies que j'ai peur.

Je ne veux pas que tu croies que je ne t'aime pas vraiment.

Je veux qu'on fasse tout, toi et moi.

Tout ce que font les gens qui sont ensemble.

Non, pas maintenant.

Oui, Madame ?

Je voudrais de l'eau pour mes cachets, svp.

- Celle que j'ai n'est plus fraîche. - Tout de suite.

Dites aux enfants de venir,

je vais peut-être dormir plus tôt.

Oui, Madame.

Votre mère vous demande, elle va dormir plus tôt.

- Anna ? - Oui ?

Venez un instant.

- Je vous montre un truc. - Je ne peux pas, votre mère attend.

Mais venez donc !

Juste un instant.

Alors ?

Prends mon cou à deux mains et étrangle-moi.

- Mais pourquoi ? - Juste comme ça.

Appuie fort, vas-y !

Plus fort.

À ton tour.

- C'est quoi, ça ? - Rien ! On s'amuse !

C'est pas drôle, et j'ai pas le temps !

Je te laisse sortir après.

Juste une fois !

Je ne veux pas !

Étrangle-moi encore.

- Je m'en vais. - Non !

Juste une fois.

Je t'en prie.

C'est du jiu-jitsu.

On doit aller voir Maman. Elle veut dormir tôt.

J'ai presque fini.

Tu m'attends ?

Je te libère la table. Je finis juste cet exercice.

Lis ça.

Tu en dis quoi ?

Tu veux que je dise quoi ?

Tu ne comprendrais pas.

Ah, je ne comprends pas ?

Je comprends que c'est une cochonnerie !

Tu réalises ce que tu as fait ?

Ce professeur est un père pour toi.

Espèce d'ingrat !

Et tu fais quoi ?

Tu traînes sa femme dans la boue !

- Je ne la traîne pas dans la boue. - Non ? Alors c'est quoi ?

Toute la ville vous crache dessus.

Et ce n'est pas la traîner dans la boue ?

Quand c'est sur le tableau au lycée ?

À la vue de tous ?

Et que fait le professeur, au lieu de te tuer ?

Il m'écrit une lettre très digne

disant que tu ne dois plus aller chez lui.

Il m'écrit !

Au lieu d'aller voir la police !

C'est à eux de mater les salopards comme toi !

- Maman... - Ne me touche pas !

Maman, arrête !

Calme-toi !

Arrête !

Tu m'as demandé ce que j'avais à dire.

Bien.

J'ai fait ça parce que c'était ma seule possibilité

pour devenir un être civilisé.

Je pouvais parler de ce qui m'intéresse,

de ce que j'apprends. Tu crois qu'ici, on peut vivre ?

Pourquoi aucun de mes camarades ne vient-il ici ?

- Bonsoir. - Bonsoir.

- Qu'y a-t-il ? - Rien, pourquoi ?

C'est quoi, cette lettre ?

Rien !

C'est nouveau, ça ! Des secrets ?

- Je vais le démolir ! - Rien du tout !

Manquait plus que ça !

Protège-le, ton angelot !

Pendant qu'il va à ses plaisirs !

Et moi je travaille

pour que M. mon fils se pavane

et tringle des pouffiasses !

On a vraiment tout gagné !

Ferme-la.

Sois heureux qu'il ne soit pas comme toi.

Lui, au moins, il travaille.

On voit ce que ça donne !

J'espère qu'on va le virer du lycée !

Ils ont pas besoin de maquereaux !

Au moins, il serait obligé de bosser !

Si tu n'étais pas aussi vulgaire, il n'aurait pas eu ces idées-là.

Ah, c'est ma faute ?

Il baise la femme de son prof

et c'est ma faute ?

De mieux en mieux !

Demain, il tue quelqu'un

et ça sera ma faute !

Tu peux arrêter de hurler ?

Si tu frappes encore Maman,

là ou plus tard,

je te tue.

Salut.

Salut.

Entre.

Maman est partie il y a 2 heures.

Elle ne revient pas avant lundi soir.

Super !

Viens.

- Et chez toi ? - Gertraud a été super,

elle a dit que je dors chez elle.

J'ai dû me tourner pour ne pas rire.

C'est quoi, ce sachet ?

C'est ma chemise de nuit.

On t'a vue entrer ?

Je n'ai rien remarqué.

Tu ne veux pas t'asseoir ?

- Tu veux boire un verre ? - Tu as quoi ?

Du vin, du lait et du cognac.

Alors un cognac.

C'est du très bon.

Cadeau d'une patiente de Maman.

Santé !

Pouah, que c'est bon !

Maman dit ça à chaque fois.

Je suis content que tu sois là.

Moi aussi.

Je peux avoir un autre cognac ?

Tu as fermé la porte à clé ?

Oui.

Vérifie encore.

Je suis sûr d'avoir fermé.

Mais je vais vérifier.

C'était fermé. Et la clé est à l'intérieur.

Christian ?

Oui ?

Tu ne veux pas éteindre ?

Déshabille-toi aussi.

- Je vais mettre un disque. - Non !

Viens.

Il faut que tu m'expliques à nouveau.

Quoi ?

Le truc des jours infertiles.

Pourquoi ?

Je ne sais pas si ça marche.

Comment ça ?

Tu me l'as expliqué il y a dix jours.

Mais avant ça, je n'ai pas compté.

Je ne connais pas mon cycle.

Je ne sais pas si on peut.

Attends.

Je ne sais pas si c'est sûr.

Tu veux qu'on attende ?

Non...

À quoi tu penses ?

À quoi tu penses ?

J'ai demandé en premier.

Je ne sais pas.

Tu es déçue ?

Tu es déçu ?

J'ai demandé en premier.

Non, pas vraiment.

Mais triste.

Je ne sais pas.

Je t'aime beaucoup.

Moi aussi.

Tu veux une cigarette ?

Je dois faire pipi.

Chérie, qu'est-ce que tu as ?

Pourquoi tu pleures ?

Je veux rentrer chez moi !

Mais tu ne peux pas !

Tu crois qu'on va encore s'aimer ?

Tu crois qu'on va encore se respecter ?

Calme-toi... Je t'aime, voyons !

Calme-toi...

Je me sens tellement coupable !

Je voulais tellement que tu sois heureux !

Je t'aime tellement !

Calme-toi, ma chérie...

Attends...

Vous venez à la fête, samedi ?

Oui, je pense.

Et toi ?

Avec qui ?

Gertraud a dit qu'elle amenait une cousine.

Ah ! La fille du Dr. Rabenstein ?

- Eh bien, bonne chasse ! - Merci ! On va voir.

Vous arrêtez ? Vous avez dépassé de 15 mn.

Bien sûr, M. le Cacadet !

- Je peux te demander un truc ? - Quoi ?

Ne crois pas que je manque de tact.

Allez, demande !

C'est comment, au lit, la bergère et toi ?

Que veux-tu que je dise ?

Pourquoi cette question ?

Je ne sais pas à quoi ça tient,

on ne sait pas y faire dans les relations, non ?

Vous avez du mal, Evi et toi...

Pas vous ?

Tout ce qu'on sait faire, c'est profiter de l'autre.

Plus on se rapproche, plus l'autre devient un objet.

La seule chose qu'on éprouve, c'est peut-être la tristesse.

Ou un vague désir.

C'est bien aussi, non ?

Et je ne crois pas que ce soit une fatalité.

Il y a juste un truc qui nous perturbe.

Si on découvre quoi, ça sera l'illumination !

Qu'aimes-tu le plus chez une femme ?

Difficile à dire...

Et toi ?

Chez Evi ?

Sa bonté, je crois.

En voilà, des conversations !

Oui...

- Maman, voici Fritz. - Bonjour !

- Merci ! - Ce n'est rien...

Superbes ! Tu les mets dans l'eau ?

- Il n'y a plus de vases. - Tu vas trouver.

Je m'appelle Naprawnik.

Ah, c'est vous, Fritz Naprawnik...

J'espère que vous vous sentez bien ici.

- Vous arrivez bien tard... - Je suis venu à vélo.

Quoi ?

Les 25 kilomètres ?

Ah bon, ça fait autant ?

Viens, je vais te présenter Bettina.

Amusez-vous bien !

Il aurait pu venir accompagné.

Qui est-ce ?

Heidi ne vous a pas raconté ?

C'est lui qui a une liaison avec la femme du prof.

Ah bon ?

Fritz, voici Bettina. J'ai fait mon devoir d'hôtesse !

On va danser ?

- Qu'est-ce que tu as ? - Rien.

Chérie...

Il chante vraiment bien, Georg.

Oui.

On va danser ?

Vas-y, si tu veux.

J'aurais dû avoir mes règles en début de semaine.

Tu veux te torcher ? Tu peux faire ça à la maison.

Va danser !

Sigi...

Mais fous-moi la paix !

Vous dansez ?

Avec plaisir !

Excusez-moi.

Salut, vieux !

Salut !

Bonsoir.

Voilà du carburant !

- Bonsoir. - Hello !

C'est la high-life, ici !

Qu'est-il arrivé à votre voiture ?

Comment ça ?

C'est un peu fort !

Crois-tu qu'un de tes amis ait pu nous faire cette faveur ?

Toi, tu le crois ?

Ça a pu être un passant.

- Et pourquoi ? - Alors ça...

Le père d'Evi a dit que c'est arrivé souvent à Neustadt.

Ah, ça me console !

En tout cas, j'appelle la gendarmerie.

Papa !

Je sais que tu es furieux.

Et je trouve ça débile. Mais on peut continuer ?

Je ne dois pas gêner votre fête ?

Si c'est possible...

Je vais appeler de ma chambre,

et vous, vous ne parlez de rien.

Merci, Papa.

Il y a encore trop de lumière !

Qui vient dans l'eau ?

Sigi !

- Où vas-tu ? - Robbi a vu l'étoile.

- Quelle étoile ? - Question idiote !

Tu es fou ? Pas ici !

Pourquoi pas ici ?

- Que veux-tu faire ? - Rien ! Partir !

Sigi, tu es ivre, arrête !

Et alors ?

Sois raisonnable !

On s'en va. Salut...

Tu prends ta fille pour une imbécile ?

J'ai la migraine.

Prends un cachet, ou va nager.

Ou va te pendre !

Je peux vous parler ?

Je tiendrai parole.

Mais qu'il vienne me voir, sinon ça va barder.

Bien sûr, il viendra.

Merci de m'avoir ramenée.

Au revoir.

Sigi ?

Sigi ?

Sigi...

Salut.

On le faisait ensemble.

Toujours.

Ça nous amusait.

Beaucoup, même.

Mais pourquoi ?

Juste comme ça.

Vous deviez bien avoir un motif concret pour...

...voler ces objets et saccager des voitures ?

Vous en vouliez une ?

Réponds, quand on te parle !

Excuse-moi.

Je ne sais pas.

Je l'ai déjà dit.

On a eu cette idée,

et ça nous amusait.

Je peux en avoir une ?

Je ne reste pas ici.

Qu'est-ce que tu veux dire ?

Je m'en vais.

Et le lycée ?

Ça ne compte pas.

Sigi !

Maman, je t'en prie !

Que comptes-tu faire ?

Je ne sais pas.

Trouver du travail n'importe où.

Mais comme quoi ?

Je trouverai bien quelque chose.

Tu ne peux pas partir comme ça !

Juste par panique, parce que...

- Mon Dieu ! - Si, je peux.

Tu veux laisser ta mère seule ?

Tu sais qu'elle dépend de toi.

Arrête !

Anna est là pour ça.

Qu'attends-tu de ça ?

Je ne sais pas.

Vous savez ce que vous êtes ?

Des lemmings !

Vous savez ce que c'est ?

Des campagnols.

Vous pataugez en vain dans votre propre merde !

Comme eux, vous avez un seul but :

crever au plus vite !

Dois-je apporter le café, Madame ?

Sigi n'est pas mort sur le coup.

Quand je l'ai rejoint, il était vivant.

Il a dit quelque chose.

Quoi ?

Mais quoi ?

"Un estropié de plus dans la famille".

Alors, qu'y a-t-il ?

Je dois te dire quelque chose.

J'écoute.

J'ai une copine.

Oui.

Et donc ?

Donc rien...

Et pourquoi tu m'en parles ?

C'est au cours de danse ?

Non.

Et on doit faire quoi, à ton avis ?

J'en sais rien...

Je crois que le mieux

est qu'on ne se voie plus.

Tu me "largues", c'est comme ça qu'on dit ?

Ne regarde pas dehors comme un idiot !

Dis quelque chose !

Je ne sais pas quoi dire.

Mon Dieu, comme tout ça est simple !

- Bergère... - Ferme-la !

Il y a trois semaines, j'ai perdu un enfant de toi.

Je n'ai pas voulu te le dire, à quoi bon...

Mais je ne vois pas pourquoi tout devrait être si simple pour toi.

Bergère...

Ne me touche pas !

Je crois qu'il vaut mieux qu'on reparte.

Lis ça, je l'ai découpé ce matin dans le journal.

"À 20 ans, elle se suicide en s'électrocutant".

- Et alors ? - Eh bien, lis.

"Mechtild S., 20 ans, étudiante à Graz,

"a commis un suicide macabre dans la cave de ses parents.

"Ayant pris des aiguilles à tricoter à sa mère,

"elle en a introduit deux dans une prise de courant.

"Elle est morte sur le coup.

"Les motifs de cette jeune fille au caractère joyeux

"ne sont pas encore connus".

Pourquoi tu as découpé ça ?

Je vais faire pareil.

Ne dis pas de conneries !

Tu as une meilleure idée ?

Tu veux que je dise quoi ?

Rien.

- De toute façon, ça t'arrangera. - Bonjour, Professeur.

Tu crois vraiment que je veux ça ?

On a déjà parlé de tout ça.

Si c'est si terrible pour toi,

nous pouvons encore le faire sauter.

"Nous" !

Mais comment je dois dire, alors ?

Tu ne veux pas être rationnelle ?

Non.

- Où vas-tu ? - Nulle part. Monte.

- Arrête, maintenant ! - Va-t-en !

Je t'en prie, Evi !

Va-t-en !

Arrête !

Bonjour, Mme Schrod.

Je ne sais pas à quoi tu joues.

Je veux juste prendre des patates.

À d'autres !

Evi !

Reste en haut !

Evi !

Je t'en prie, va-t-en.

Bonjour.

Où est Evi ?

À la cave, pour les patates.

Tu restes manger ?

Oui, volontiers.

Tu sais ce que j'ai appris ?

Sur les Leuwen.

La famille dont le fils s'est suicidé.

Lui n'a qu'une jambe et elle est paraplégique.

Et tu sais pourquoi ?

Non.

Un peu de bière ?

- Oui, merci. - Prends-toi un verre.

Quand les Russes sont arrivés, en 45,

toute la famille s'est enfuie.

Un aviateur leur a tiré dessus.

Ils se sont jetés sur leurs enfants.

Ils les ont couverts de leurs corps

et c'est eux qui ont pris.

Et là, cet idiot saute du haut du grenier !

Magnifique, non ?

Voilà leur récompense !

Comment on peut avoir une idée pareille ?

En fait, il n'a jamais été normal.

On s'est occupés de l'histoire des étoiles Mercedes, tout ça.

Mais là aussi, d'où leur est venue l'idée ?

Détruire, juste comme ça, pour rien !

Au lycée, il en parlait ?

Je ne sais pas, il n'était pas dans ma classe.

Il avait deux ans de moins.

Je ne sais pas. C'est vraiment étrange.

Il voulait peut-être protester.

Contre quoi ?

- Contre tout ! - Comment ça ?

Il avait la belle vie !

S'il avait vécu ce que ses parents ont vécu !

C'est peut-être ça qu'il refusait.

Ça doit être Evi. Ouvre-lui, Christian.

Bonjour. Vous désirez ?

Puis-je parler au Pr. Berger ?

Un instant. M. Berger, c'est pour vous !

Oui ! Bonjour, Mme Wasner.

Vous voulez me voir ?

Ça tombe un peu mal. Je dois partir.

Juste cinq minutes. C'est important !

Bon, mettons-nous là. Venez.

Sinon vous allez vous faire bousculer.

Qu'y a-t-il ?

Je ne sais pas

comment vous le dire.

Mme Wasner, qu'est-ce qui vous arrive ?

Calmez-vous, voyons...

Allez, ne restez pas là.

Fichez le camp !

Excusez-moi, Professeur.

Je suis à bout de nerfs.

J'ose à peine vous le dire...

Evi attend un enfant.

Je ne sais plus quoi faire !

C'est arrivé quand ?

Enfin... depuis quand le savez-vous ?

Depuis deux semaines.

J'ai vu le Père Gregor,

de l'église des Capucins, vous le connaissez.

Il a dit que je devais vous prévenir

et que la petite doit quitter le lycée...

Et qui est le père, si je puis me permettre ?

Le fils du Dr. Beranek, vous la connaissez ?

Non.

Elle l'a connu au cours de danse.

Eh bien...

C'est une décision très grave.

Si Evi garde le bébé, elle ne peut rester ici.

C'est la règle, hélas. Mais...

c'est bien triste.

C'est une si bonne élève, et un an avant le bac !

Oui, justement !

Mme Wasner, nous devons en parler calmement.

Je dois vraiment partir !

Vous êtes libre demain après-midi ?

- Oui. - Alors venez à 15 h,

on discutera de tout ça et si nécessaire

on en parlera à M. Stahl, le directeur.

D'accord ? Alors à demain, Mme Wasner, et courage !

Au revoir, Professeur. Et merci !

Bonjour, Mme Wasner.

Elle est où, Evi ?

Evi est malade.

Alors ? Tu veux aller où ?

Salut, Sigi.

Salut.

Je voulais juste des cigarettes. Et toi ?

Je pars à Vienne.

C'est tes bagages ?

- Alors c'est pour longtemps ? - Oui.

Evi m'a dit que tu voulais partir.

Il part quand, ton train ?

Tout de suite.

- Je vais t'aider. - C'est gentil.

- Voilà ! - Merci.

Il faut que tu y ailles.

On a le temps.

Pourquoi tes parents ne sont-ils pas venus ?

Je ne voulais pas.

Le train part !

Ferme, il y a du courant d'air !

On laisse Neustadt derrière nous !

Ça fait plaisir à voir !

Evi est enceinte et a voulu se suicider.

Elle est allée à la cave devant moi pour s'électrocuter.

Je ne l'ai pas arrêtée.

Tu ne dis rien...

Je devrais dire quoi ?

Sigi, personne ne l'a arrêté non plus.

Dans un mois, on doit se marier.

On est virés du lycée, et moi je peux passer le bac en candidat libre.

Vous ne pouviez pas le faire sauter ?

Tu es naïve...

Où sommes-nous donc ?

En Autriche, à Neustadt.

Et tu me parles d'avorter ?

Tu as remarqué ?

Tu avances, et je recule.

C'est peut-être une illusion d'optique...

Espérons-le.

Je peux aussi en avoir une ?

C'est non-fumeur, ici !

Merci.

Je crois que je ne supporte plus tout ce...

...désordre.

Je crois qu'on doit essayer.

Oui, mais tu t'en vas.

Oui.

Je m'en vais.

Et où veux-tu aller, là ?

Je vais descendre à Baden et attendre le train retour.

En plus, j'ai laissé ma mob à la gare.

Voilà !

J'espère que tu écriras.

Oui, bien sûr !

Ce n'était pas une illusion d'optique...

Si, je crois.

Allez, salut !

Salut, porte-toi bien.

Et salue Evi pour moi !

Oui, je lui dirai !

Adaptation : Bernard Mangiante

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