All language subtitles for C.Est.Comme.Ca.Que.Je.T.Aime.2020.S03E05.FRENCH.1080p.WEB.H264-TFA

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Original subtitles

(respiration ardue, toux)

(grincement de la porte)

(vrombissement croissant d'une voiture)

- Oh! Ah ciboire...

- Je suis pas contente, Raymond.

- Que c'est que tu veux que je te dise?

Je suis redevenu un caïd.

- T'avais promis!

(soupir)

- Toi-même, tu trouvais que c'était une bonne idée.

- Te sortir de la retraite, c'était une bonne idée!

Pas te remettre à boire!

- Envoie, chauffe.

(soupir)

- Le samouraï buvait pas, lui. - Bien non!

Il se faisait des harakiris, le samouraï!

Aimes-tu mieux ça?

(soupir)

- Je regrette, Raymond.

Je regrette déjà.

(soupir)

- Eh, eh, eh! - Donne!

- Ouais, pour me la confisquer? - Mais non.

Pour en boire, moi aussi.

(soupir)

(soupir)

(démarrage)

- On y va moins haut...

- Eh! - Oh, les nerfs!

- Tu m'as poussé! Elle m'a poussé!

- Tu capotes!

- On n'avait pas dit que vous dormiez sur le tapis?

- Raymond avait une haleine de vomi,

c'était vraiment dégueulasse.

- Il est où, Raymond, d'ailleurs?

- Puis Mario a dormi où, lui? - Oh mon Dieu...

Ça a tellement pas bien été, notre opération!

- Ah, ça me pique!

- On aurait dû retourner à Ste-Foy.

- On retourne pas à Ste-Foy

tant que notre mission est pas complétée.

- Yes! - C'est quoi déjà?

- Trouver l'amour, tuer la mafia.

- Bobby a eu la gentillesse de nous trouver une chambre

dans le motel de son cousin.

C'est vraiment fin de sa part.

La ville complète est bookée à cause des Jeux.

- C'était vraiment un chic type, Bobby.

- C'est quand d'ailleurs qu'il t'a donné l'adresse?

- Avant les muffins, Gaétan. Avant les muffins.

- J'essaie de trouver un passage dans la Bible

qui parlerait des morts accidentelles.

Parce qu'il me semble que ça compte pas, hein!

Parce que là, si on compte les 40 dossards et les 7 frères,

c'est sûr que ça va nous faire reculer un petit peu

au niveau du chapelet.

- Je pense qu'on devrait tous se brosser les dents,

ça sent pas bon dans la chambre.

- Mais personne a pensé à apporter une petite valise.

- On a des grenades de fantaisie dans la valise du char,

mais pas de bobettes de rechange!

- Moi, je le dis puis je le redis,

on a quand même passé une belle soirée hier.

(coups à la porte)

- Est-ce que je peux rentrer?

- Bobby! - Bobby?

Bobby, entre!

- Ça vous dérange pas si je ferme la porte?

- Non, rentre! - Rentre certain, Bobby!

- Beau Bobby!

- Euh, c'est pas le Ritz,

mais mon cousin fait tout ce qu'il peut.

Je pense que vous êtes les seuls,

car théoriquement, c'est fermé: il y a un projet de fumigation.

- C'est pas grave, mais ça va comment?

Je veux dire, toi, tu vas comment?

- Très bien, oui. Euh, en fait, moyen.

Je sais pas si vous connaissez l'expression:

"Un malheur n'arrive jamais seul"?

- Très bien. - Oui? Euh...

J'ai pas seulement perdu mes gars hier soir,

j'ai aussi perdu mes frères:

empoisonnement au muffin, un classique!

- Ah oui?

Donc, c'est quelque chose qui peut arriver souvent?

- Les muffins, on voit moins ça, mais l'empoisonnement, oui.

En avez-vous entendu parler?

Parce que, je vais vous le dire, les nouvelles vont vite.

- Non, non! Non, non! On n'en a pas entendu parler!

- Moi, ce qui m'a sauvé, c'est que j'ai l'habitude

de seulement manger les tops de muffin.

- Ça explique probablement ta grande beauté,

tu prends soin de ta ligne, contrairement à tes frères.

- Ça doit être que le poison a tendance

à descendre dans le fond du muffin.

- Ah...

- Mais... as-tu... as-tu une idée

de c'est qui, le coupable?

Parce que c'est... c'est vraiment terrible!

- C'est les Italiens, ils ont laissé des poissons.

- Un autre classique.

- Oui, c'est la fin du règne

des Canadiens français à Montréal!

- Eh, on est vraiment désolés!

Si on peut faire quoi que ce soit pour...

bien, pour te remonter le moral...

- Moi, je suis venu vous voir car vous êtes les seuls

en qui je peux avoir vraiment confiance en ce moment.

- Ah oui? - Vous êtes du bon monde.

- Bien, c'est gentil de le dire!

- Oui, c'est gentil.

Sauf que c'est pas vrai! - Euh, Gaétan!

- "Celui qui cache ses transgressions

"ne prospère point,

"celui qui les avoue obtient miséricorde."

Bobby, il faut que je te dise,

à propos des dossards puis des muffins...

- OK, Gaétan, va prendre ta douche!

- Hein? - Oui!

On faisait un ordre pour les douches,

puis t'es le premier, envoie!

- Moi, ce que je voulais te demander,

puis c'est un peu la raison de ma présence ici ce matin,

accepterais-tu de sortir de ta retraite

puis prendre la relève?

- Bien, comment ça, la relève?

- Je te donne mon organisation.

C'est important pour moi de laisser ça

à des Canadiens français.

Dis oui, je t'en supplie.

- Bien, c'est très flatteur...

Mais est-ce qu'il reste quelque chose

de ton organisation?

- Pas vraiment, c'est plus une transaction symbolique.

- Si c'est symbolique, Huguette accepte!

Hein, Huguette? - Bi... bien oui!

Bien oui, pourquoi pas? - Merci!

OK, mon organisation

appartient désormais à Huguette Delisle,

ça fait que, arrangez-vous avec!

Huguette Delisle...

(cliquetis du loquet)

OK, là, il y a 4 Irlandais dans le stationnement,

ils voulaient me tuer.

Mais là, ils veulent te tuer, je pense bien.

Je peux être le prochain sur la liste, moi?

- Des Irlandais?

C'est pas des Italiens qui ont essayé de t'empoisonner?

- Des Irlandais ont profité de l'attaque des Italiens

pour nous voler notre territoire.

Ce qui s'est hier soir

va provoquer une réaction en chaîne sans précédent:

le déplacement des plaques tectoniques

du crime organisé montréalais!

- Je m'excuse, Bobby, c'est de ma faute...

- Ta gueule!

- Ça me surprendrait même pas

de voir les Siciliens sortir de l'ombre

puis ébranler le règne des Calabrais!

- Tu connais les Siciliens?

- Mettre Montréal à feu et à sang,

c'est ça qu'on voulait, non?

- Mais tu fais quoi, là, Bobby?

- Je me fais couler un bain pour me suicider.

Je m'en vais rejoindre mes frères.

- Oh!

(martèlement)

- C'est des coups de marteau? - Oui.

- Ils nous préparent un shake and bake!

- C'est quoi, un shake and bake?

- Ils enferment du monde dans une chambre

puis ils crissent le feu dans le toit: shake and bake!

Mon cousin sera pas content.

- Est-ce que ça se pourrait que ça soit la fumigation?

- Ça m'étonnerait.

Quoi qu'un shake and bake,

ça va être bon pour les bibittes aussi.

- Mais le bake, je comprends, mais pourquoi le shake?

- Tu fais quoi, là?

- Là, je shake.

- Bien, c'est ça: shake and bake!

- Mais t'es pas sérieux pour le suicide, Bobby?

- J'ai vu le tunnel... c'était beau, c'était paisible.

- Fais pas ça, Bobby! - Non, arrêtez de me parler, là!

Il faut que je me concentre!

- Il y a tellement de raisons d'aimer la vie!

Hein, qu'il y a des raisons d'aimer la vie?

- En ce moment, Micheline, moi, j'en vois pas beaucoup!

(toux)

- La rosée du matin!

Moi, j'aime ça, le gazon mouillé,

c'est comme si le terrain avait été nettoyé pendant la nuit!

- La famille!

- Peut-être pas le meilleur exemple pour lui!

- La solitude!

(pleurs)

(toux)

La musique!

Chante-lui ta toune, Huguette, Le bois de Coulonges!

(toux)

- ♪ Il me reste un pays à prédire ♪

(pleurs)

- Les sports!

- Oui, d'équipe! Ou individuels aussi!

- Les verres le soir dans la cour...

(respiration profonde)

- Jouer aux poches l'été...

- Avoir des souvenirs des gens qu'on aime...

- Les petits souvenirs qu'on oublie,

mais qu'on se souvient après...

- Puis qu'on se dit que c'était les plus importants, finalement!

(toux)

- Le jeu du petit bonhomme à The Price Is Right!

- Ah oui, c'est quoi donc, ça?

- Le petit bonhomme suisse ou hollandais

qui monte puis qui tombe en bas du ravin

quand on devine pas le prix...

- Ah oui, avec la petite toune de iodle...

- Oui...

- Jouer au rummy l'été avec ses enfants.

- Même sans enfant, ça peut être le fun aussi.

(toux en sourdine)

(toux)

- Mourir avec ceux qu'on aime.

(grondement du feu en sourdine)

(coups de feu)

(choc, vacarme)

- Êtes-vous morts, tout le monde?

(toux)

- Le petit bonhomme suisse ou hollandais

qui tombe en bas du ravin,

c'est vrai que c'est bon comme jeu, ça!

(grognements, efforts)

- Savais-tu ça, toi, que la mante religieuse,

c'est la même famille d'insectes que les coquerelles?

- Je viens de vous sauver!

- Avoir su, j'aurais apporté ma can de Raid!

(efforts)

Si je tire, va-t-il y avoir un petit jus vert qui va sortir?

- Je sais pas, tu peux essayer si tu veux.

Mais si tu veux, tu peux continuer

à me respirer dans la face comme ça,

parce que l'haleine que t'as devrait m'achever rapidement.

Pas besoin de Raid.

(respiration haletante)

- Qu'est-ce que tu faisais au motel?

- Je travaille pour les Irlandais des fois.

J'ai entendu le nom d'Huguette, j'ai reconnu ton auto.

Vous auriez pas dû venir à Montréal.

C'est pas Ste-Foy ici, c'est dangereux.

- Pourquoi tu nous as sauvés?

- Pour la même raison qui fait que je suis incapable

de me regarder dans le miroir depuis un an.

Puis aussi parce que je suis pas conne:

je sais pourquoi vous êtes ici,

les Calabrais, je les hais autant que vous.

Je vous souhaite bonne chance, d'ailleurs.

Je connais Huguette,

je suis certaine qu'elle a un bon plan.

J'en ai un, moi aussi,

que je me refais dans ma tête depuis un an.

Sauf que moi, je suis une criminelle déchue,

abandonnée de tous.

Huguette a encore des amis, elle.

L'été dernier, c'est elle qui a gagné,

c'est pas moi.

Dis jamais à Huguette que tu m'as vue, OK?

J'aime vraiment mieux ça, tes cheveux, comme ça.

- Il n'est plus là!

- Pff! Je pense qu'on devrait se dépêcher

d'aller chercher nos choses dans la chambre.

- Ça veut dire que, s'il y a 5$ de différence,

le petit bonhomme avance de 5 espaces.

- C'est quand même fou

que ce soit ça qui t'ait sauvé du suicide!

C'est bien pour dire,

le bonheur est dans les petites choses!

- Donne-moi un article.

- Hein? - On joue, là!

Donne-moi un article. - Ah!

Euh, grille-pain!

- Euh, 20$!

- 14$!

- Oh, j'avance de six! - Oui!

(♪ iodle ♪)

- Un autre article!

- Euh, une boîte de Hamburger Helper!

- 5$! - 2$!

Avance de trois!

(♪ iodle ♪)

Oh, tu vas tomber! - Non, non!

Il me reste encore 2 espaces avant de tomber dans le ravin!

OK, un autre article! Un autre article!

- OK, euh, autre article... autre article...

Mais là, le 4e Irlandais,

est-ce lui qui est parti à la course?

- Hein?

- Parce que t'as dit qu'il y en avait quatre.

- Donne-moi un autre article! Un autre article!

- OK, euh, une batterie de plats CorningWare

qui vont au lave-vaisselle!

- Oh! Euh, 26$.

- 29$!

- Oh non, il va tomber!

(♪ iodle ♪)

(coup de feu)

(crachement)

(respiration haletante)

- Qu'est-ce que t'as fait encore?

- Il est tombé dans le ravin!

- Bobby!

(coup de feu)

- Bobby! Bobby!

Il faut que je te dise, avant que tu meures,

c'est de ma faute, tout ça, c'est de ma faute!

Je m'excuse, Bobby! Je t'offre mes plus sincères condoléances!

Des excuses, est-ce que ça se peut si l'autre entend pas?

(coup de feu, fracas)

- Gaétan, le bosquet!

- Non, stop!

Stop, stop!

Time out, Huguette! Time out, le bosquet!

Stop! Stop, Huguette! Je retourne à Ste-Foy!

Je m'en vais écouter les Jeux olympiques

puis compter les jours jusqu'à mon arrestation.

C'est l'haltérophilie aujourd'hui avec le gros Russe!

- Mais tu peux pas faire ça, on a une mission!

(coup de feu)

- Mais qu'est-ce qu'on fait ici, Huguette,

à se faire canarder par des Irlandais

qu'on sait même pas c'est qui?

Tu le sais, ce que je vais dire, là!

- Non.

- Bien, on est repognés dans un...

(coup de feu)

J'ose même pas dire le mot tellement ça me décourage!

- Bien, un quoi? Dis-le!

- Un en...

- Hein? - ... grena...

- Dis-le! - Un engrenage!

Pourquoi on va pas chercher nos enfants?

Pourquoi on leur dit pas qu'on les aime

pendant qu'il est encore temps?

J'ai pas besoin de trouver l'amour à Montréal, moi!

L'amour, c'est mes enfants!

L'amour, c'est toi!

- Mais c'est pour nos enfants qu'on fait tout ça,

qu'on fait tout ça!

(coup de feu)

- Peux-tu juste m'aimer, maudite marde?

J'ai changé, Huguette! Je suis rendu fin, là!

(coup de feu)

Je fais le ménage, je fais des muffins, tabarnac!

C'est peut-être pas un bon exemple, là, mais...

(coup de feu)

Moi, je m'en fous d'aller en prison.

(coup de feu)

Tout ce que je veux, c'est que tu recommences à m'aimer.

(coup de feu)

- C'est peut-être pas le bon moment

de discuter de tout ça.

- Bien, c'est ça, il y a jamais de bon moment!

- Mais là, il faudrait que... - Envoie, vas-y, vas-y...

- Mais on va en rediscuter, c'est juste que là...

- Non, vas-y! Il y a toujours une raison!

(coup de feu)

- Excusez, je sais pas ce que j'ai...

On dirait que...

que je suis pas bonne aujourd'hui.

Toi aussi... t'étais pas bon.

T'as vraiment "muffé" beaucoup.

Le gars que t'as tué, il était vraiment fin.

Il avait une mère.

Il était censé aller ajuster ses pattes de lit,

ça arrivera pas.

C'est niaiseux,

un autre que je suis censée tuer puis que je tue pas.

Comme si j'étais pas capable de pogner mon trente...

J'ai échappé ma carabine...

- C'est comme si on s'attachait puis qu'on réalisait...

toute la valeur d'une vie humaine.

- Oui, c'est bizarre.

- Moi non plus, j'aime pas ça.

- Qui m'aime me suive!

Ste-Foy, haltérophilie, all aboard!

(démarrage)

Je suis bien sérieux, Huguette!

(craquements)

Je m'excuse, Bobby!

- Qu'est-ce que vous faites? - Bienvenue chez vous!

- On pensait pas vous revoir si vite,

puis on s'excuse aussi

de vous avoir forcés pour les tâches ménagères.

On se sent bien mal par rapport à ça.

- Mais j'avais quand même fait une belle job de frigidaire.

- Oh mon Dieu, oui, impeccable!

On peut t'aider pour tes valises?

- Ah! Bien oui, bien oui.

Oh mon Dieu!

- Ça... ça s'est bien passé?

Je veux dire, Lionel nous a raconté un peu.

Avez-vous réussi votre mission?

- Euh, moi, ça me tentait plus de venir écouter les Jeux.

- C'est sûr que c'est grandiose comme spectacle.

- Claude, je voudrais m'excuser

pour le proxénétisme puis les croûtes, là...

Me pardonnes-tu?

- Ah! Voyons, c'est tout oublié, ça.

- Puis, Anita, te souviens-tu,

il y a 5 ans, quand on vous avait invités à souper,

on ne vous a plus jamais réinvités après?

Parce que j'avais dit à Huguette

que je te trouvais vraiment plate,

puis je lui avais dit aussi

que je te trouvais vraiment pas belle.

Me pardonnes-tu?

- Euh, bien, fais-toi-z-en pas avec ça...

- Yes!

Puis j'avais dit que je vous trouvais grosse,

puis qu'en dessous de vos bras, vous aviez de la gibelotte,

puis là, Martin s'est mis à vous appeler Mme Gibelotte...

puis éventuellement, c'est même devenu une bande dessinée:

Mme Gibelotte au cinéma,

Mme Gibelotte dans sa piscine...

"Elle flotte grâce à sa gibelotte."

C'était vraiment pas gentil.

Me pardonnez-vous?

- Si on vaut pas une risée...

- Yes!

Je pensais qu'il y avait peut-être une bombe

cachée en dessous de ma voiture,

puis je me suis un petit peu servi de vous

pour la partir puis aller faire un tour avec,

comme ça, en cas d'explosion,

c'est vous qui auriez explosé, puis pas moi.

Je réalise aujourd'hui, avec le recul,

que c'était pas fin de faire ça.

Je me demandais si c'était possible pour vous de...

Qu'est-ce que ça sent?

Ah, ça sent pas bon dans la maison.

- Pour nos besoins personnels,

on a élaboré un système de chaudières.

Mais c'est vraiment pas si pire.

- Mais qu'est-ce que vous me pardonnez?

- C'est certain que... - Yes! Yes!

(murmures)

- Les frères, c'était pas si pire.

C'est plus les graines de muffin qui sont tannantes à ramasser.

- Gaétan est parti avec toutes nos armes.

Il nous met en danger.

Moi, je pense qu'il mérite l'exclusion.

- Je sais que ça a pas rapport,

mais en ce moment,

j'aurais le goût d'aller au Jardin botanique.

- J'aimerais ça, être ton assistante personnelle,

prendre la relève de Lucien.

- Ah oui?

- J'ai le goût d'être avec toi, Huguette.

Tout le temps.

J'ai le goût de t'aider

dans ton ascension dans la criminalité mondiale.

Moi, je pense que Montréal, c'est juste un début.

- Tu penses?

- Des fois, j'aimerais ça qu'on soit la même personne.

Comme ça... tu serais toujours avec moi.

Tu serais en moi.

Comme un endroit où me blottir à tout moment.

Et pour l'éternité.

- On va commencer par assistante personnelle.

- OK! J'ai déjà mon petit calepin!

- Hum, hum?

Marie-Josée est mon assistante personnelle maintenant.

Serge, tu connais toujours pas l'identité

de notre ange gardien?

- Ange gardien... - Qui nous a sauvé au motel.

- Non! Je... je sais pas.

J'ai couru, mais j'ai rien vu.

Bien, j'ai quand même quelques indices, là, mais...

- Tiens-nous au courant de ton enquête.

- Ouais! - Merci.

Marie-Josée... je prendrais

une petite demi-heure de solitude, si tu le permets.

Je vais en profiter pour appeler mon psychanalyste,

je me sens un petit peu fébrile, je pense que ça m'aiderait.

- Super!

Veux-tu que je sorte?

- J'aimerais ça, oui.

- C'est que je me demandais, étant donné

que je suis ton assistante personnelle,

si la solitude m'incluait ou non.

- Pas... pas encore, non.

- Pas de problème.

- Euh, oui, bonjour, c'est Huguette.

Non, c'est qu'il y a eu un développement

dans mon évolution...

Ce matin, Gaétan m'a dit qu'il m'aimait,

puis ça m'a pas fait l'effet que ça m'a fait d'habitude.

D'abord, ça m'a pas fâchée.

Déjà ça, c'est nouveau.

Mais j'ai senti...

que finalement, j'aimais mieux son pénis à lui

que celui de Bobby.

Euh, Bobby, c'est un homme

avec qui j'ai un petit peu couché hier soir.

Non! Non, c'est terminé.

Non, je pense pas le revoir.

Une intuition, une forte intuition.

Mais je me demandais ce que vous en pensiez...

de mes sentiments par rapport au pénis de mon mari.

Est-ce que je devrais m'inquiéter?

- Excuse-moi, Huguette...

Je me vois dans l'obligation de devancer la réunion.

Assoyez-vous.

- Je vais vous rappeler.

- Je tenais à te dire...

que je suis sobre asteure.

Puis que j'ai l'intention... de le rester.

- Bref, tout va bien!

Let's go, Huguette! Fuck you, Montréal!

(rire)

- Bien, je suis contente.

- J'aimerais ça que tu me donnes un câlin.

- Ça va, Jeanine? Je trouve que t'as l'air triste.

Je me demandais si t'avais eu une vision, un mauvais présage.

- Non, je n'en ai plus, de visions.

Quand on sait ce qui va se passer,

on n'a plus besoin d'avoir de visions.

- Ouais, ouais, ouais...

(♪ musique en sourdine ♪)

♪ ♪ ♪

- Huguette?

Je pense qu'on va avoir besoin de ton leadership.

- Je pourrais te présenter mes amis, Huguette?

- Pas tout de suite, Mario.

Bougez pas.

(pas se rapprochant)

Vous avez 10 secondes pour sortir.

You have 10 seconds.

Huguette Delisle!

Mautadine!

(télévision en sourdine)

(téléphone)

(téléphone)

(coups à la porte)

(coups à la porte)

- Gaétan, es-tu là?

(coups à la porte)

Gaétan!

Les nouvelles sont pas bonnes!

(coups à la porte)

Gaétan!

Tes amis ont besoin de toi!

Ta femme a besoin de toi!

(coups à la porte)

Gaétan, es-tu là?

(coups à la porte)

Gaétan!

Je le sais que t'es là, Gaétan!

Les lumières sont allumées!

Ils ont besoin de toi à Montréal, Gaétan!

- Je m'excuse aussi de jamais être là,

puis je m'excuse de jamais travailler.

Je suis le pire employé de la fonction publique!

- Bien, prends-le pas mal,

mais je pense qu'on peut dire ça.

- Est-ce que tu me pardonnes? - Ah, moi, je te pardonne.

Mais c'est peut-être plus à la province de Québec

que tu devrais demander pardon, non?

- Oui, mais ça, c'est un petit peu plus difficile.

Ça te tenterait de souper avec moi ce soir?

- En quel honneur?

- Bien, je suis tout seul, je m'ennuie un petit peu.

La seule chose, c'est qu'il va faire noir dans la maison

parce que je peux pas allumer les lumières.

- Ça me tente! - Super!

J'arrive avec des bonnes nouvelles, Robert.

- T'as enfin complété tes dossiers?

- Non. Mais je m'excuse de pas les avoir complétés.

Robert, depuis que je travaille pour toi, là,

je fais semblant de travailler.

Mais aujourd'hui, je m'excuse

d'avoir fait semblant de travailler.

Il y a quand même une belle évolution, non?

Puis aussi, je m'excuse d'avoir fait l'amour avec Mireille

dans ton bureau l'été passé.

On... on était vraiment couchés sur ton bureau,

il y a eu toute une gamme de positions,

puis la petite tache sur ton agenda,

c'est... c'est mon sperme.

Juste une petite partie par exemple!

Parce que tout le reste,

on l'avait pas mal très bien ramassé.

Mais... pour ça... j'aimerais obtenir ton pardon.

Est-ce que tu me pardonnes, Robert?

Ça va, Robert?

- Je pense que c'est une grande journée

pour le Québec aujourd'hui.

(petit rire)

- Pourquoi tu dis ça?

- Parce que...

t'es renvoyé, Gaétan.

- OK.

Mais puis-je quand même avoir ton pardon?

Parce que c'est plus ça qui m'intéresse.

- Non.

- Ça fait beaucoup d'information à digérer, hein?

- Pas mal, oui.

- Je me suis toujours senti mal, Carole,

de t'avoir caché ma vie criminelle.

J'ai toujours senti que je te mentais un peu.

J'aimerais ça que tu me pardonnes pour ça aussi.

- Mais là, t'as dit que t'as débranché les téléphones

pour pas qu'ils te rejoignent?

- Oui, oui. Moi, je n'ai plus envie de me battre.

Moi, je m'en fous d'aller en prison.

Tout ce que je veux, c'est assurer ma rédemption.

Puis, selon mes calculs,

je suis à 2 gros grains d'y arriver.

- Hum...

Mais à quoi ça sert d'aller au paradis

si ceux qu'on aime sont pas là?

Ouais, je dis ça de même.

(coups à la porte)

- Non, non!

Lève-toi pas! Lève-toi pas!

- Elle est pas morte!

- Elle est morte ou pas morte? - On le sait pas!

- Bien, pourquoi tu m'as dit qu'elle était morte?

- J'essayais de capter ton attention!

Ça fait 24 heures qu'on essaie de te rejoindre!

Les Irlandais ont débarqué!

- Comment ça, les Irlandais? T'as pas dit les Italiens?

- Non, non, il y a des Irlandais aussi.

- C'est bien compliqué!

- Huguette a échappé sa carabine puis ils sont partis avec!

- Avec sa carabine? - Non, avec Huguette.

- Ils sont partis où? - On le sait pas.

- Et... et qu'est-ce qu'ils vont faire avec?

- Je le sais pas.

Ce qui complique, c'est que Serge et les autres

ont ni arme ni voiture,

t'es parti avec tout!

- Mais t'es bien innocent!

- Oh mon Dieu...

Oh mon Dieu!

J'ai abandonné ma femme, je vais aller en enf...

- Veux-tu bien lâcher ça! - Eh, attention!

Ah! Ah! Gros grain, petit grain,

gros grain, petit grain,

gros grains, petit grain, gros grain...

- Ah! Je pense qu'elle a appelé au bureau tantôt!

- Hein?

- Pourquoi elle aurait appelé au bureau?

- Huguette a toujours dit

que la meilleure façon de passer un message à Gaétan,

c'est de passer par Carole!

- Il y avait un gars qui parlait en anglais.

Ça criait autour de lui, c'était dur à comprendre.

Mais j'ai noté les paroles d'une femme.

- Quelles paroles?

- "Trop de bonbons jadis,

"après le doré, le demi-cochon."

- Mais ça a aucun sens!

- Je sais bien!

"Trop de bonbons jadis,

"après le doré, le demi-cochon."

- T'es capable de te souvenir de ça?

- Oui.

- C'est un indice!

Peut-être que Mme Delisle pouvait pas parler librement.

- Une charade nous révélant l'endroit

où Huguette est tenue prisonnière!

Une promesse, c'est une promesse, mon beau.

Carole, j'ai besoin que tu viennes avec moi à Montréal.

On va aller voir

la seule personne capable de résoudre cette charade-là.

- Qui?

- La génie de la devinette.

- Mort au traître!

- T'aurais pu t'excuser d'être parti au moins!

- Ça fait 2 jours que je m'excuse à tout le monde!

C'était la voie du paradis,

grâce à Carole, j'ai choisi la voie de l'enfer!

J'ai fini de m'excuser!

En passant, vous avez tous vraiment mauvaise haleine.

- On n'est pas retournés à Ste-Foy

se brosser les dents, nous autres!

- Génie de la devinette,

si tu te calmes pas, tu seras pas bonne.

Calme-toi, génie de la devinette.

- Je me calme. Je me calme.

- Bon, enfin. - Tut, tut, tut!

Aie pas une mauvaise attitude avec la génie de la devinette!

- Ouais!

- Je m'excuse, génie de la devinette.

(raclement de gorge)

- "Trop de bonbons jadis,

"après le doré, le demi-cochon."

- Oh, 3 éléments, c'en est une toff!

- Chut!

- Trop de bonbons, facile!

- Ballonnement.

- Carie. - Carie!

- Après le doré, classique de devinettes!

Facile! Mi.

- Do, ré, mi!

- Le demi-cochon...

- Carie, mi, jambon.

- On cochon, ça fait "ronron".

La moitié de ça, "ron".

Jadis: hier.

Carie, hier, mi, ron!

- Carie, hier, mi, ron.

- Carie, hier, mi, ron?

- Carie, hier, mi, ron...

- Carrière Miron!

Ils l'ont emmenée à la carrière Miron!

- Oh mon Dieu!

Les Irlandais vont couler Huguette dans le métro!

- Bien, moi, je trouve

que je vous ai déjà assez mis en danger.

J'aurais voulu que ça soit juste moi puis Carole ce soir.

On est un duo, un duo dynamique!

- Mais c'est qui, le génie de la devinette?

- Je sais bien.

- C'est peut-être déplacé de dire ça, Gaétan,

mais moi, je tripe bien raide! J'aurais jamais pensé ça de toi!

- Bien, c'est sûr, Carole,

que la criminalité comporte son lot d'avantages!

On est libres, on fait notre propre loi...

- Je vous plains de travailler avec lui.

Ça doit être un calvaire.

- Elle ne travaille plus pour moi, j'ai perdu ma job.

- J'ai toujours eu un petit faible pour Gaétan.

- Non! - Ah oui?

Sais-tu, Carole, je l'ai toujours un petit peu senti!

(rire)

- Mais il aime tellement sa Huguette!

- Savais-tu que Marie-Josée et moi,

on a eu des contacts sexuels avant-hier.

- Bien, voyons donc!

- Pour moi, c'était ni plus ni moins qu'un rite funéraire.

Je suis lesbienne maintenant.

- Politique. Lesbienne politique.

- Lesbienne tout court.

- Avez-vous quelqu'un dans votre vie?

- Je suis en amour, oui, comme je l'ai jamais été.

- OK, Carole, toi, tu restes à l'auto.

Je t'ai laissé les clefs,

si t'entends des cris, tu viens nous chercher.

Il y a des armes dans le coffre du char.

- Oui, j'ai ça ici, je l'ai prise sur le bureau.

- C'est une brocheuse, Carole.

- Ça fait 40 ans que je m'imagine

des façons de faire mal au monde avec ça.

Laisse-moi te dire qu'il est aussi bien

de pas y en avoir un tabarnac qui m'approche!

- Bon, moi, je vais de ce bord-là,

toi, Gaétan, va de l'autre bord.

C'est vraiment inhospitalier comme territoire.

- Peut-être qu'on est rendus en enfer!

- Huguette!

Huguette, es-tu là?

- Huguette!

Carole a eu ta charade!

On l'a trouvée super bonne!

- Huguette!

Je t'aime, Huguette!

C'est la première fois que ça m'arrive d'aimer comme ça!

Puis j'ai peur!

J'ai peur de ce qui va arriver, Huguette!

J'ai pas peur des Irlandais,

j'ai pas peur d'aller en prison!

Mais j'ai peur de t'aimer, Huguette!

Huguette?

- Huguette!

Le paradis, je m'en fous finalement!

La rédemption, sans toi, ça veut rien dire!

J'aime mieux aller en enfer avec toi

qu'au paradis sans toi!

Huguette!

Huguette!

Huguette!

Huguette!

Huguette! Huguette! Huguette!

- Oh... je m'étais endormie.

(soupir)

Carole t'a fait le message? - Oui!

- Oh, je savais que je pouvais compter sur elle!

Elle fait toujours les messages, Carole.

- C'est vraiment une bonne secrétaire.

- Quand j'ai vu le téléphone, j'ai sauté dessus,

je savais que j'allais pas avoir une 2e chance.

Mais ils ont pas aimé ça, les Irlandais!

Puis je pouvais pas parler librement.

- Ta charade était super bonne en plus!

- Oui! Mais là, ils sont partis, les Irlandais.

Puis tu sais quoi, ils sont quand même assez fins,

eux autres aussi, finalement.

- Coudon, le monde est fin à Montréal!

Ils voulaient pas te couler dans le béton?

- Au début, oui.

Mais après, ils m'ont emmenée ici,

on a discuté, je leur ai dit

qu'on resterait pas longtemps à Montréal,

puis que je leur donnerais

le territoire des Canadiens français,

puis celui des Italiens aussi.

Puis ils m'ont dit qu'ils nous donneraient

jusqu'à la fin des Jeux, eux autres aussi.

- Ce qui est le fun, c'est qu'il reste pas mal de compétitions.

- Mais je suis rendue poche, Gaétan!

On dirait que j'arrête pas d'échapper ma carabine.

- C'est parce que tu te mets trop de pression, Huguette.

Si on regarde jusqu'à maintenant,

ça se passe plutôt bien, là:

Irlandais, check, Canadiens français, check...

Ça nous fait des bonnes pratiques!

Il reste les Italiens maintenant.

- Donne-moi ta main, là.

On dirait que je veux marcher en tenant ta main.

- Certain! Viens.

Viens, Huguette. Viens.

- J'ai l'impression d'être dans On a marché sur la lune.

- Martin s'est inspiré de ça dans sa bande dessinée.

Le tome 3: Mme Gibelotte dans l'espace.

(rire)

Donc, t'as discuté avec eux autres et ça s'est réglé?

- Bien oui, c'est fou, hein?

Des fois, je me dis

qu'on devrait faire la même chose, toi puis moi.

- Oui...

si c'est bon pour la criminalité,

ça doit être bon pour les couples aussi.

- Tu penses?

Sous-titrage: MELS

- Prends le Uzi, tu rateras pas avec ça!

- Effectivement, si tu rates, on va se poser des questions!

Vas-y, Huguette! Jamais deux sans trois!

- Demain! Demain, si tu veux,

c'est possible de faire tomber le parrain puis les Calabrais!

Je sais comment faire!

Donne-moi une chance de me racheter, Huguette!

Je vous ai sauvés, il y a un témoin!

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