All language subtitles for Cocaine.Cowboys.Reloaded.2013.720p.BluRay.x264-IGUANA

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Original subtitles

Celui qui raconte des histoires avec des comp�tences

Mesdames et messieurs, je suis le maire Randy Christmas,

de Miami, en Floride.

Ce film est un expos� choquant

bas� sur les faits

au sujet d'une tentative du crime organis�

de dominer tout l'�tat de la Floride.

Sans le travail courageux et vigilant

des forces de l'ordre de la Floride

et l'int�grit�

de ses administrations gouvernementales,

cette menace aurait pu �tre mise � ex�cution.

Je profite de cette occasion pour avertir

les gens de tous les �tats de la nation.

�a pourrait arriver dans votre �tat.

Ici en Floride, nous croyons fermement

que �a ne nous arrivera jamais plus.

COW-BOYS DE LA COCA�NE RECHARG�

Je m'appelle Jon Roberts.

Je suis n� � New York.

J'ai perdu mon p�re � l'�ge de neuf ans.

Ma m�re � l'�ge de 13 ans.

Mon beau-p�re m'a jet� dehors � 13 ans.

Ma s�ur a essay� de m'�lever,

un �chec total � cause de moi.

Je suis all� voir mon oncle, qui m'a accueilli.

D'abord, il m'a fait recouvrer de l'argent,

car il �tait usurier.

Il m'a mis avec un de ses gars

qui �tait aussi le chauffeur de Carlo Gambino.

Mon oncle a dit : "T'inqui�te, ce gars va s'occuper de toi."

Un type devait de l'argent � mon oncle.

On l'a kidnapp�, jet� dans un appartement,

et le gars qui faisait �a

avec moi �tait accro � l'h�ro�ne.

J'ai dit : "Voil�, je rentre dormir,

"surveille ce type."

Il s'est piqu� et a fait une overdose.

Le gars qu'il surveillait a ouvert la porte,

atterri dans la rue,

car mon copain �tait mort, par terre.

Il est all� � la police.

La police est venue, et...

ils m'ont arr�t� et m'ont mis en...

� l'�poque, il y avait un lieu, les "Tombs" � New York,

une des premi�res prisons.

Ils passaient aux Tombs

et faisaient des propositions aux gens.

Si tu vas au Vi�t-Nam et que tu pars

avec lib�ration honorable, on oublie tes inculpations.

J'ai dit : "D'accord, c'est un bon march�."

Je me suis engag� pour un an. Il y a un entretien.

Ils ont dit : "On va te faire faire

"une formation avanc�e.

"On va t'envoyer l� et on va te faire faire...

"Tu peux faire des trucs dingues si tu veux au Vi�t-Nam."

En fait, c'�tait pour la 101e a�roport�e,

et �a m'a plu, car j'avais une sale mentalit�,

et j'ai fini par y rester quatre ans.

Je me suis fait exploser d'un arbre.

J'ai une plaque m�tallique dans la t�te,

et je veux pas raconter des histoires de l�-bas,

et toutes ces conneries,

car tout le monde a une histoire...

Quand on revient, et qu'on ne sait rien faire,

on se demande : "Je suis form� � quoi ?"

J'ai tout perdu.

Mon oncle m'a dit : "Toi et moi, on va faire

"beaucoup d'argent ensemble",

et on a ouvert un restaurant.

Ouvert ? On l'avait achet� ou pris � quelqu'un,

si je me souviens bien, durant mon enfance.

�a s'appelait Alice's Restaurant,

puis on a achet�

quatre ou cinq bo�tes de nuit.

Elles ont bien march�, et on a d�coll�.

Un jour, la police est venue,

ils nous ont dit que notre associ�,

avait �t� retrouv� sur l'autoroute de Long Island.

Il avait �t� tu�,

il avait 11 balles dans le corps.

Qui sait ce qui lui est arriv� ?

� l'�poque, je me suis dit :

"Je veux m'�loigner de ces affaires",

alors je suis venu ici.

BIENVENUE � L'A�ROPORT DE MIAMI

Et je me suis lanc� dans la coca�ne.

TRAFIQUANT DE COCA�NE

Distribu� plus de 2 milliards $ de coca�ne

pour le cartel Medellin.

C'est li� au lieu.

C'est au bout de la carte, en bas de la carte,

le lieu d'o� on plonge.

Y a des gens qui se fuient,

ou qui fuient la loi, ou leurs propres d�mons.

S'ils courent assez longtemps, ils atterrissent ici.

Il se passe toujours un truc excitant � Miami Beach CAPITALE DU FUN

La ville de Miami �tait tr�s calme,

et c'�tait un endroit agr�able o� vivre.

Miami � l'�poque, c'�tait le Sud.

C'�tait comme l'Alabama.

Y avait pas d'argent, pas d'immeubles.

Rien au centre-ville.

Miami Beach, c'�tait beaucoup de vieux

assis dans des fauteuils

sur South Beach attendant de mourir.

C'�tait un autre monde � l'�poque.

Je suis un gars de la Floride du Sud,

un des anciens, je suis n� ici.

J'�tais dans les imports,

quelques exports, mais surtout des imports.

CONTREBANDIER

Transport� 38 tonnes de coca�ne de la Colombie aux �tats-Unis.

� l'�poque, la ville �tait vierge.

La Floride du Sud �tait vuln�rable � la p�n�tration

des fournisseurs de drogue.

La Floride est le paradis du contrebandier de drogue.

C'�tait grand ouvert � l'�poque.

Grand ouvert.

1 900 km de c�te, surtout isol�e,

d�serte, des milliers de rivi�res et baies.

Personne ne sait vraiment combien il y a d'�les.

Les pirates op�raient ici dans les ann�es 1700.

Pendant la guerre de S�cession, les trafiquants d'armes

dirigeaient le blocus de l'Union des Bahamas.

Les trafiquants de rhum avaient la m�me technique.

Cette ville a toujours �t� un lieu de passage.

Dans les ann�es 60, c'�tait un lieu de d�p�t

pour les mercenaires,

faisant des descentes en commando � Cuba.

� des dizaines de kilom�tres au sud-ouest de Miami,

il y a un camp d'entra�nement militaire � 65 km

des marais des Everglades pour les r�fugi�s cubains

qui veulent retourner sur l'�le pour se battre.

Ces gars avaient �t� form�s par la CIA,

s'�taient lanc�s dans l'industrie poissonni�re.

Et ils gagnaient bien leur vie.

En 1975, la langouste a tout chang�.

Une loi a chang� aux Bahamas

interdisant aux exil�s cubains bas�s � Miami de p�cher

la langouste dans les eaux des Bahamas.

Fini la p�che � la langouste aux Bahamas

Cela a laiss� beaucoup de p�cheurs en rade.

Interdiction langouste Gagne-pain retir�

Obedio Perez a vendu sa montre en or...

... et sa bague la semaine derni�re pour nourrir ses deux enfants.

Il s'attend � ce que la banque saisisse son bateau

avant la fin du mois.

Le bateau de Francisco Gado prend l'eau

car il n'est pas utilis�.

Il pourrait couler avant son prochain paiement.

Plus de 1 000 autres p�cheurs de langouste,

dont la majorit� sont des exil�s cubains,

sont � quai depuis six semaines.

Ils avaient leur bateau, leur savoir-faire,

la formation.

C'est l� qu'on a commenc� � voir

la m�thode id�ale pour transporter de la marijuana.

Les p�cheurs �taient des interm�diaires,

et les bateaux rapides les amenaient sur la c�te.

� l'�poque, tout le monde en Floride faisait entrer de l'herbe.

On pouvait arriver en bateau, charg� � bloc,

arriver � quai et tout d�charger. Personne ne disait rien.

Il n'y avait aucune d�fense des fronti�res.

Il y avait des milliers de bateaux de p�che,

des centaines de milliers de bateaux de plaisance.

Beaucoup capables d'aller jusqu'aux Bahamas,

avec un autre navire, pour une livraison

de marijuana dans le Gulf Stream.

S'ils pensaient qu'il y avait un probl�me,

ils jetaient tout par-dessus bord.

Ils commandaient 18 000 kilos et en envoyaient 22 000.

Ils avaient assez de bateaux pour porter

les 18 et jetaient le reste.

Vous pouviez �tre en bateau

et trouver des balles de marijuana qui flottaient.

Le fameux m�rou carr�.

Des gars y allaient,

d�chargeaient le bateau, appelaient leur dentiste

ou leur avocat ou leur m�decin,

car pour toujours, il pourrait dire

� ses petits-enfants : "J'�tais contrebandier."

La Floride du Sud est devenue la capitale de la contrebande

de drogues des �tats-Unis.

Aucun autre lieu du pays ne s'en approche.

� notre premi�re course de marijuana,

on l'a eue par un type qui �tait pompier.

Il avait un avion bimoteur appel� le Piper Aztec

avec lequel il allait en Colombie.

Il nous a propos� d'aller chercher

450 kilos, 50 000 $.

Je n'�tais pas tr�s content de la somme,

mais j'ai dit : "Au moins, c'est un premier pas."

On l'a fait. Et �a a �t� un fiasco du d�but � la fin.

On a fini par tout devoir jeter.

Il n'y avait pas de lieu de retour alternatif.

Il y avait un policier factionnaire

sur la route o� ils voulaient atterrir.

Ils utilisaient une radio d'avion sur une vieille batterie.

Ils n'avaient pas r�alis� que la batterie �tait morte.

De ce voyage, notre tout premier,

avec tous ces probl�mes, on a appris notre le�on.

Apr�s �a, on avait une, deux, trois,

quatre alternatives.

J'ai rencontr� des Jama�cains, suis all� en Jama�que,

j'ai vu l'endroit.

Pour les Jama�cains... L'herbe n'�tait pas bonne.

On a fait un voyage, rapport� 315 kilos,

mais on les a rapport�s chez nous cette fois.

C'est moi qui ai constitu� toute l'�quipe.

C'�tait mes amis, les v�hicules �taient � moi.

J'essayais de tout contr�ler.

J'en suis arriv� � un point o� il y avait

tant d'herbe ici qu'on ne pouvait pas la vendre.

Elle ne co�tait rien.

C'est descendu � 230 $ la livre,

et ce qu'il fallait la payer,

plus les d�penses et tout,

et les risques l�gaux pris...

Les grosses saisies se mesuraient

en centaines de livres.

Ce n'est pas inhabituel de prendre un navire

avec 30 ou 40 tonnes de marijuana.

Pour la m�me somme d'argent

qu'on gagnait sur 18 000 kilos,

on pouvait apporter 450 kilos de coca�ne

et gagner autant, si ce n'est plus.

Quand ils envoyaient toute cette herbe,

ils envoyaient quelques kilos de coca�ne.

La marijuana, la police aurait pu

l'arr�ter. Mais pour la coca�ne,

la police n'a aucune information.

Au d�but, c'�tait minime,

car c'�tait si cher.

Ils en apportaient dans une valise...

Coca�ne attach�e � la taille d'un voyageur.

L'an dernier, les saisies de coca�ne ont doubl�.

Plus d'un quart de toutes les saisies de coca�ne

aux �tats-Unis ont eu lieu � l'a�roport international de Miami.

Alors qu'on filmait une journ�e de routine,

les agents en ont eu une autre.

2 kilos de coca�ne pure cach�s dans le sac.

La douane a dit que la saisie valait plus de

1 000 000 $.

Quand je suis arriv� ici au d�but,

je n'avais aucune id�e de ce que j'allais faire,

et j'ai travaill� avec un type qui dressait des chiens.

Agiter les chiens, les laisser toucher

une manche et me mordre. En faisant �a,

j'ai rencontr� un Cubain, � Hialeah,

qui est devenu tr�s c�l�bre ici,

et il s'appelait Albert San Pedro.

Il �tait dans la drogue.

C'�tait �vident. Je lui ai trouv� un chien terrible.

Il s'appelait Sarge. Un berger allemand.

Ce chien �tait dingue.

Vraiment fou.

Sa planque �tait sous la niche du chien,

sur le c�t� de la maison.

Il soulevait la niche, il avait une plaque de ciment.

Dedans, il y avait un coffre.

Et ce chien dormait l�-dessus nuit et jour.

C'�tait sa cachette.

Il a fini par �tre mon fournisseur principal.

Il m'avan�ait 110 grammes,

et il me donnait trois ou quatre jours.

Puis je lui ramenais l'argent.

Un peu apr�s minuit, l'homme d'affaires d'Hialeah

Alberto San Pedro, a �t� arr�t� une fois de plus dans sa maison.

Il est accus� de complot de meurtre,

trafic de drogue et corruption.

San Pedro se vante de contr�ler

la majorit� de la Commission du comt� de Dade,

son maire et pas moins de 15 juges.

Il n'y a eu aucune mention des membres du Conseil

ou du maire Raul Martinez au sujet de l'affaire de San Pedro.

Les U.S. veulent renvoyer San Pedro � Cuba

Aucun groupe de crime organis�

ne va d�fier les Cubains.

� Miami, les organisations de drogue colombiennes

ont repris ce march�.

Les autorit�s colombiennes inqui�tes disent

qu'elles constatent plus de plantations de coca alors que les trafiquants

colombiens veulent contr�ler toutes les phases

de production de la coca�ne.

Il �tait clair que les Colombiens

�taient d�j� impliqu�s dans la distribution

ici aux �tats-Unis.

Les Colombiens ont r�alis� qu'ils laissaient

une grande partie des profits � des gens

� qui ils n'�taient pas oblig�s de les laisser.

Ils n'avaient pas besoin des Cubains comme interm�diaires.

Alors ils ont omis les Cubains.

Ils ont commenc� � avoir ce pied dans l'industrie

pendant les ann�es 80 ici � Miami.

Ces gens n'avaient pas un pilote ou un avion.

Ils ont demand� si on serait int�ress�s,

et je voulais faire tr�s attention.

Il faut faire attention � qui on rencontre,

� qui on parle...

�a pouvait �tre des policiers infiltr�s,

car �a commen�ait � se faire � cette �poque.

On organise un rendez-vous avec ces gens,

et j'ai achet� le magn�tophone portable

le plus cher que j'ai pu trouver.

Je suis all� dans diff�rents lieux.

Et j'ai trouv� le meilleur lieu :

une salle de bowling.

Le bruit, les gens, les sons m�talliques.

Je faisais �a parce que,

si je rencontrais quelqu'un,

et qu'ils essayaient d'enregistrer la conversation,

je voulais m'assurer que peu de choses

seraient enregistr�es.

Quand on est arriv�s sur place,

j'avais trois amis dehors.

On avait tous des radios.

Pas de t�l�phones portables � l'�poque.

Enfin si, mais de cette taille.

Quand on est sortis

apr�s la r�union, je leur ai dit

qu'on les contacterait quand on aurait pris une d�cision.

Mes amis les ont suivis jusque chez eux,

pour s'assurer qu'ils n'iraient pas

voir la DEA ou le FBI,

ou la douane. On les a surveill�s

pendant trois jours pour s'assurer qu'ils �taient bien

qui ils disaient �tre. Ces gens �taient en fait

Rafa et Max.

Ils nous ont propos� une somme tr�s correcte,

3 000 $ au kilo,

et ils voulaient bouger au moins 400,

donc 1,2 million de dollars.

Je ne faisais que transporter.

Je la prenais, et je la rendais.

Ils me donnaient l'argent, et je repartais.

Je ne m'inqui�tais pas d'eux,

car je n'avais aucune intention de les voler,

ou de les doubler.

Je voulais juste faire de l'argent.

Et on en a fait.

Sunny et Rico au m�me bar.

Quelle chance pour une fille !

Laura.

Je m'appelle Toni Mooney.

Je suis n�e � Miami, en Floride.

Apr�s avoir fini le lyc�e,

j'ai rencontr� un certain Shelton Archer,

qui �tait photographe.

Il est venu me voir

et m'a dit que je devais �tre mannequin.

Il avait un accent anglais.

Il a dit qu'il voulait me photographier � l'a�roport.

Il avait un avion. Je suis all�e avec lui

� son avion � l'a�roport de Lantana,

et il a pris des photos de moi.

La plupart des mannequins gal�rent, et je dois dire,

que gr�ce � Shelton, j'avais un fabuleux

appartement, magnifique.

Il m'a achet� une Mini Cooper.

J'avais une femme de m�nage.

Le cash, c'est bien mieux que le plastique,

et Shelton semblait toujours en avoir plein.

Et sinon, il en obtenait toujours davantage.

C'�tait un photographe. Il m'en avait tout l'air.

Bien s�r, c'�tait un peu �trange qu'il vive en Colombie.

Puis il m'a dit qu'il avait un boulot pour moi

� Saint-Domingue.

J'ignorais que j'allais si bien le conna�tre,

mais on a eu un accident d'avion.

Au d�but du voyage, il m'a r�veill�e en me disant

qu'il ne savait pas si on allait survivre.

On a fait un atterrissage forc�.

On est rest�s l�-bas sept jours.

Sans eau. On l�chait

la condensation de l'avion, c'�tait le chaos.

Enfin, les garde-c�tes nous ont secourus.

Les Bahamiens apparemment nous avaient cherch�s,

mais quand ils ont d�couvert la combine de Shelton,

l'avion Piper et tout �a,

ils ne sont pas all�s le chercher,

car il avait �t� jug� coupable de contrebande de drogue l�-bas.

Quand ils nous ont trouv�s,

ils ont cru � mon histoire,

j'�tais juste passag�re,

ils m'ont lib�r�e et l'ont gard� prisonnier.

Je suis rentr�e � Miami, et je faisais

une s�ance photo avec une fille qui m'a dit

qu'elle voulait me pr�senter quelqu'un.

Un ami � moi a organis� la rencontre.

Il �tait avocat.

Il sortait avec une fille magnifique

qui �tait mannequin pour Ford.

Il a dit : "Tu sais, elle a une amie superbe,

"qui vit � West Palm,

"mais bosse � New York,

"et j'aimerais te la pr�senter."

C'est comme �a que je l'ai rencontr�e.

Elle et son petit ami me r�p�taient :

"Ne fais pas ceci, ne bois devant Jon..."

Je me suis dit :

"Attends un peu. Je ne veux pas y aller."

On a ouvert la porte, et il y avait un type

avec un visage... Il avait l'air m�chant,

mais j'ai appris qu'il ne l'�tait pas.

C'�tait quelqu'un de super.

J'ai dormi sur le canap�,

et Jon a apport� des couvertures pour me couvrir.

Je me suis r�veill�e le lendemain.

J'�tais sur le canap�.

Il voulait m'emmener voir ses chevaux de course.

J'aimais les chevaux. J'avais grandi avec.

J'ai donc accept�.

J'ai grandi uniquement

avec mon fr�re et ma m�re.

Jon a vraiment r�uni notre famille.

On l'adorait.

Il ne pouvait rien faire de mal � nos yeux.

C'�tait un r�ve.

On pouvait avoir tout ce qu'on voulait.

Jon arrangeait tout.

Il �tait magnanime � l'�poque.

Tout se passait bien � la maison,

tout le monde �tait content...

Mais �a a chang� quand il a rencontr� Shelton.

Je vendais � cette �poque.

Les Cubains avaient peu � fournir,

et je devais chercher d'autres gens.

Il s'est trouv� que la fille que je fr�quentais

connaissait un Anglais qui �tait pilote pour des gens de Medellin.

Elle me l'a pr�sent�, et il a dit :

"Je vais t'arranger le coup.

"Je peux t'amener � des Colombiens que je connais,

"et ce type te donnera tout ce que tu veux."

J'avais entendu beaucoup d'histoires comme �a.

Alors j'ai dit : "D'accord, quand tu seras pr�t,

"tiens-moi au courant."

On est all�s � Sunny Isles, en Floride.

On arrive � une maison.

Il y avait cinq ou six Colombiens,

arm�s jusqu'au cou.

Par l�, je veux dire qu'ils �taient blind�s.

Ils avaient des pistolets, des mitraillettes,

et ils nous cernaient.

L�, j'ai r�alis� que ce gars �tait s�rieux.

C'�tait pour de vrai.

J'ai rencontr� ce gringalet,

il devait pas faire plus d'1,65 m.

Il se pr�sente et dit :

"Je m'appelle Rafa." Et il me dit :

"Je te donne ce que tu veux.

"Et si tu as de l'argent,

"je t'avance deux fois la somme

"que tu mettras."

J'ai dit : "D'accord, montrez-moi."

Il m'emm�ne dans une pi�ce � l'arri�re, appuie sur un bouton,

et tout le mur s'ouvre.

Je n'avais jamais vu

tant de coca�ne de toute ma vie,

pos�e l� derri�re ce mur.

J'ai dit : "D'accord, on dirait que vous pouvez m'aider."

"Donnez-moi un jour, je r�unis l'argent,

"et je reviens."

Je suis venu le lendemain, un Am�ricain �tait l�,

et il pr�sente cet Am�ricain.

Il dit : "Voici mon compadre.

"Je suis pas souvent en ville, si tu as besoin d'un truc,

"cet homme s'en chargera.

"Ne t'inqui�te pas.

"Il est 100 % fiable."

L'homme qu'il m'a pr�sent�

�tait un certain Max Mermelstein.

Jon m'a pr�sent�e � Max.

Je pensais qu'ils allaient ouvrir

un magasin de chaussures, ou un truc du genre.

Rafa faisait confiance � Max, car Max �tait mari�

� une Colombienne.

Elle �tait la cousine de Pablo Escobar,

la femme de Max.

Donc ils �taient li�s � Max.

Max semblait �tre un type sympa.

En apparence, en tout cas.

Un dimanche, Max a organis� une f�te,

et je suis all� � sa ferme.

Tout � coup, voil� un type,

et Max dit : "C'est mon transporteur.

"Tu vas bosser avec lui."

Il avait deux ATC, des trois roues,

et il a dit : "Max, je t'ai rapport� tes ATC."

Il les d�charge du camion.

Il dit : "Celui-l� va � 150 km/h maintenant.

"Celui-l� l�-bas roule � 130."

Max dit : "Je te le dis, ces gars,

"c'est les meilleurs.

"On n'en a plus d'autres. Tu travailleras avec eux."

Le type s'est pr�sent�.

Il s'appelait Mickey Munday,

un paysan de Floride,

qui a v�cu l� toute sa vie.

Je ne l'aimais pas trop.

La premi�re fois que j'ai rencontr� Jon, il conduisait

une Mercedes noire, deux portes, autant �crire "trafiquant de drogue"

dessus.

Il ressemblait � quelqu'un avec qui je ne voulais pas

m'associer.

Je crois qu'il �tait pas si mal.

Il avait un bateau de course. Il aimait la course.

Vous souvenez de MacGyver ?

C'�tait tout lui.

Il savait faire des trucs incroyables.

Max voulait que je bosse avec eux,

et il m'a envoy� en Colombie.

Medellin, Colombie.

Pour l'instant, il n'y a aucune mesure coercitive

sur la coca�ne.

Cette ville n'a que 50 000 habitants

mais il y a environ

50 avions dans cet a�roport.

Les trafiquants contr�lent toute la campagne.

Cette ville est enti�rement consacr�e aux narcotiques.

Rafa me pr�sentait des gens

avec qui il bossait.

On a rencontr�

l'�lite du monde de la drogue en Colombie.

Et c'�tait les Ochoas...

Ici vit un homme qu'on pense �tre

l'un des plus puissants trafiquants

de coca�ne du monde :

Fabio Ochoa.

C'est son ranch,

et il est trait� comme un h�ros ici.

Ils �taient un nom �norme en Colombie.

Il n'y avait pas de secret � leur sujet.

Fabio Ochoa est consid�r� comme un parrain

de l'industrie.

Certains agents des renseignements ont dit que

vous et les membres de votre famille

�tes les plus gros trafiquants de drogue du monde.

Je ne sais rien de ces mensonges.

Ils ne m'int�ressent pas.

Je suis connu par tous les �leveurs de chevaux

du monde.

Ma vie a �t� honorable, et je peux �tre fier.

C'�tait Pablo Escobar.

M. Escobar doit �tre consid�r�

comme le John Dillinger du commerce de coca�ne en Colombie.

Et �a, c'est Carlos Lehder.

Carlos Lehder est recherch�

par les autorit�s am�ricaines pour trafic de drogues.

Il a d�clar� que la coca�ne �tait la bombe atomique

et qu'il allait la larguer sur l'Am�rique.

Les trafiquants de coca�ne ont plus de pouvoir et d'argent

que le gouvernement.

�a donne l'impression qu'ils avaient un bureau

comme ici avec des ordinateurs et 40 secr�taires.

Ce n'�tait que des minables.

La plupart de ces Colombiens venaient

de familles tr�s pauvres. Quand tout le monde dans ce pays

s'est mis � la coca�ne, c'�tait comme trouver le filon.

C'�tait les allum�s de Beverly Hills, en gros.

Les Colombiens ont des fermes, fincas c'est leur nom,

remplies de coca�ne,

car ils continuaient d'en produire.

Ils appellent �a la Vall�e des Orchid�es.

Les fleurs sont l'export principal.

Ainsi que la coca�ne.

Plus de 20 tonnes par an.

Car cette vall�e est la capitale mondiale de la coca�ne.

C'�tait tout un processus.

C'�tait comme une usine.

Campesinos - fermiers paysans -

nourrissent leur famille en transformant les feuilles

en p�te de coca.

C'�tait une question de survie.

Il n'y avait pas d'autres cultures

qui poussaient dans cet environnement,

ou � cette altitude dans ces montagnes.

Le fermier vit de la plante de coca,

et sans elle, on ne peut pas vivre.

Sans le coca, on serait morts.

La p�te de coca est ensuite apport�e � des laboratoires

pour �tre transform�e en coca�ne.

Un des itin�raires favoris est celui-ci,

le long de l'Amazone.

En descendant la rivi�re dans une chaloupe,

les gars sur le bateau se levaient,

et portaient les sacs de coca�ne

et je me souviens qu'ils criaient : "Coca-roca."

Ils le montraient fi�rement.

Voil� ce qu'on a.

Il y a trop de champs de coca,

trop d'argent, et de trafiquants.

Au d�but, je croyais que tout �tait � eux.

Mais au moment de la d�baller,

tout �tait marqu� diff�remment.

�a n'appartenait pas � la m�me personne.

50 �taient � un type,

10 � un autre, 5 � un autre.

Ils rassemblaient leur marchandise pour l'envoyer.

On descend au d�p�t de marchandises,

on remplit le train, et il part.

C'est ce qu'ils faisaient.

Les navires et avions qui la transportent, arrivent � Miami,

puis la coca�ne se r�pand

dans tout l'est des �tats-Unis.

On a achet� une propri�t� � Lakeland,

construit deux pistes d'avion, quelques granges,

en fait des hangars. �a ressemblait � des granges,

mais quand on ouvrait, la porte du grenier � foin,

on voyait que �a avait la forme

de la queue d'un avion.

J'utilisais cinq ou six vieilles voitures de famille.

Et on chargeait 300 pi�ces.

On mettait des amortisseurs pneumatiques,

pour que la voiture ne tombe pas par terre.

Et on utilisait une remorqueuse pour remorquer le v�hicule.

Ils les apportaient � Miami.

J'aimais bien le faire � la pleine lune.

J'appelle �a la "Lune du Contrebandier."

La lune �tait l�, �norme,

car on atterrissait sans lumi�res.

Un soir, j'allais � un lieu alternatif,

j'observais des gars venir par la Route 27.

Ils savaient pas que j'�tais l�.

J'�coutais tout ce qu'ils disaient.

J'avais des lunettes de vision nocturne. Je regardais,

j'aurais pu les saisir par surprise.

Ils sont arriv�s, et il y a eu une boule de feu.

J'aurais dit une bombe atomique.

Un flash !

Si on vous prenait en photo avec flash, en plein visage,

�a n'aurait pas �t� aussi �blouissant.

�a m'a aveugl�.

Le type � la radio dit : "Mon Dieu, mon Dieu.

"On va mourir", et puis boum,

juste devant moi. C'�tait un de ces trucs.

C'�tait un AVO.

Ils savaient pas qu'une ligne �lectrique avait �t� pos�e

depuis la derni�re fois qu'ils �taient venus.

Il l'a touch�e avec le nez de l'avion,

c'est pass� par-dessus l'avion,

arrach� toutes les antennes, et a coup� la queue.

Ses amis se sont barr�s.

Lui aussi, et il a laiss� un petit truc

dans l'avion, que j'ai pris.

Beaucoup de petits trucs.

C'�tait une soir�e plut�t rentable,

je n'ai fait que sortir pour aller chercher

un lieu alternatif.

L'op�ration de Mickey �tait solide,

une bonne op�ration, m�me si elle �tait limit�e.

Ils voulaient qu'on y aille plus souvent.

Un avion plus gros.

C'est l� qu'on a achet� un Cessna Conquest.

On l'a pay� 980 000 $.

En liquide.

Pas mal, hein ?

Essayez �a aujourd'hui.

On a fait un voyage avec.

Parfois, on s'ennuie, je suppose.

Pendant ce voyage, j'y suis all�,

non pas pour d�charger ou charger le camion.

On y allait juste pour tra�ner.

Le pilote savait qu'il allait avoir un probl�me

en voyant les lumi�res

de Tampa � l'horizon,

ce qui voulait dire qu'il �tait trop haut.

S'il voyait les lumi�res de Tampa,

�a voulait dire qu'ils pouvaient le voir au radar.

Et tout � coup, bam.

Ces voitures de police arrivent en trombe.

Puis un avion.

Ils l'ont d'abord pourchass� avec les avions militaires.

Voil� mes gars,

qui avaient les voitures,

arrivant en trombe au restaurant.

"Qu'y a-t-il ?"

"Il faut qu'on se barre d'ici."

L'arm�e a r�alis� que c'�tait pas une menace,

et ils avaient fait venir

la douane am�ricaine.

Y avait des flics partout, dans tout �a.

Tout le monde descend.

On ne jette rien.

On jette tout.

D'abord le copilote a saut�.

20 minutes plus tard, le pilote a saut�

en laissant l'avion sur autopilote

pour l'abandonner au Triangle des Bermudes.

Personne n'a cru que j'avais perdu le chargement. J'ai dit :

"Je l'ai perdu. Ces gars vous le diront."

Il a dit : "Pourquoi c'est pas dans le journal ?

"Montre-nous l'article dans le journal."

Vous me suivez ?

Quand �a vient d'arriver, il n'y a rien.

Rien dans le journal.

Et je devais leur donner la preuve,

mais je ne pouvais pas le prouver.

Je n'avais aucun moyen de le prouver.

Ils ont d�barqu� chez moi

avec les mitraillettes et les tueurs.

Mon fr�re et moi �tions sur le porche,

ces deux types sont arriv�s en voiture.

Rafa est venu. Ils sont sortis de la voiture, arm�s.

"Tu nous as bais�s. Tu as pris notre chargement."

Et bien s�r, je m'approche de lui,

et je lui crie en pleine figure :

"Tire-toi de ma propri�t�, blablabla."

Les Colombiens avaient peur de cette femme.

Tout � coup, Jon sort de la maison,

mon fr�re sort de la maison,

et ils ont tous deux leur arme d�gain�e.

Ils sont l� avec la carabine � laser...

Elle se fichait de qui venait.

Rafa pouvait apporter six ou sept types.

C'�tait une fille corpulente et Rafa ne faisait qu'1,65 m,

il �tait plus petit qu'elle,

et elle hurlait.

Moi, je criais bien s�r.

"Vous rentrerez pas chez moi."

On aurait dit qu'il allait y avoir

une fusillade sur place.

"Vous �tes dingue ?

"Pour une somme pareille, pourquoi je prendrais votre chargement ?"

J'aurais pu les arnaquer, mais je l'ai pas fait.

"T'es dingue ? Je bosse demain.

"Je gagne 1 000 demain.

"Pourquoi je prendrais pas tes 1 000 ?"

500 kilos compar�s � ce que je gagne chaque semaine.

�a valait pas le coup.

La douane continue de chercher la coca�ne

Le lendemain, j'ai commenc� � lire

qu'ils avaient tout retrouv�.

C'�tait la preuve, le journal,

quand on leur a tendu l'article,

"480 kilos pris � la jonction Yeehaw."

Ils ont r�alis� qu'on ne les volait pas.

Voil� mes 480 kilos.

Il fallait s'en d�barrasser.

"C'est pas notre probl�me, mais le v�tre."

Sans le journal, y avait pas de preuve.

Malheureusement, on a perdu un avion d'1 million de dollars

et ils ont perdu ce que �a leur a co�t�

de leur c�t�, ils ont fait une croix dessus.

Et nous aussi.

Rafa �tait dingue, et c'�tait parce qu'il

prenait tant de coca�ne qu'il devenait parano.

C'�tait un petit mec, un peu dingue,

et il fallait �tre m�fiant avec lui, car il se d�fon�ait.

Il en fumait.

Il prenait la moiti� du tabac d'une cigarette,

mettait de la coca�ne dedans,

encore un peu de tabac, et il la fumait.

Un jour, on faisait un voyage un samedi.

Il y a eu un probl�me,

et il me fallait un jour de plus.

Max n'�tait pas l�, donc je vais chez lui,

et j'entre dans la salle � manger.

Rafa �tait assis � la table.

Je croyais que c'�tait de la marijuana, mais en fait, non.

Un cercle grand comme �a et haut comme �a.

Il utilisait une carte de cr�dit

pour garder la forme.

C'�tait du tabac de cigarettes.

Il y avait eu tant de cigarettes

qu'il avait un tas de tabac grand comme �a.

Il en avait tant fum�

qu'il restait tant de tabac.

J'ai flipp�.

Il bavait. Les gens

autour de lui avaient tous une peur bleue.

Il lui suffisait de dire un truc, et quelqu'un

pouvait �tre tu�. Alors je dis...

Et je ne parle pas espagnol.

Je devais tenter de dire � ce gars

d�fonc� comme pas deux, qu'il fallait un jour de plus.

J'ai fini par appeler le fils de Max,

ce que je ne voulais pas faire,

car il n'avait que 14 ans,

pour �tre mon traducteur, et pour m'assurer

que quelqu'un appellerait, car je voulais pas envoyer

mon avion le lendemain et qu'il n'y ait personne.

Mais il �tait dans une de ses fr�n�sies.

Ceux qui le savaient devaient avoir peur de lui.

Incroyable, un type qui faisait tant d'argent...

Rafa contr�lait presque chaque kilo de coca�ne

qui rentrait dans ce pays, par les gens de Medellin.

Il n'y avait personne au-dessus de lui

du cartel Medellin dans ce pays.

C'�tait un petit Napol�on.

Je me suis souvent demand� combien un type intelligent

aurait pu se faire,

au lieu d'un gars qui n'�tait qu'un junkie.

Puis Mickey a commenc� les parachutages.

Je me suis construit une usine � bateaux,

et on a d�cid� de faire la Colombie jusqu'aux Bahamas,

parachutages aux bateaux.

Ils avaient des balises qu'ils d�posaient,

et ils savaient exactement o� �tait le chargement,

car il y avait une fr�quence

qui renvoyait � o� il �tait.

La console du milieu s'ouvrait.

Ils mettaient des trous au milieu du bateau,

et on les remplissait.

Et on rapportait tout en bateau.

Parfois je passais par ce qu'on appelle la porte de devant.

C'�tait l'entr�e de Haulover.

On appelait �a la porte de devant.

Au lieu de : "Pourquoi tu passes par Haulover ?",

on disait : "Tu passes par la porte de devant."

C'�tait une sorte de code.

� l'anse de Haulover, je louais un appartement

au 12e �tage au coin nord-est

appel� le Harbour House,

avec une vue spectaculaire de l'anse.

J'y ai mis une jeune femme, je la payais pour y vivre,

je payais l'appart. Quand on faisait un voyage...

Elle avait d'incroyables jumelles,

Et une radio bien s�r.

Quand on entrait dans l'anse de Haulover,

il y avait un autre bateau. Le gars dedans

�tait un policier avec qui j'avais grandi,

il pouvait �couter les radios de police.

Je lui ai dit : "Emm�ne ta famille p�cher,

"amusez-vous bien.

"Les gens s'habituent � vous voir l�,

"comme une barre o� on peut se baigner.

"C'est sympa."

Et il surveillait.

Il allait au nord sur l'inter-c�tier.

� mi-chemin au coin,

il y avait un autre petit bateau de p�che. � br�ler.

S'il y avait un probl�me, ils br�laient le bateau.

Tout le monde appelait pour dire

qu'il y avait des enfants dans l'eau.

La police avait... Un truc comme �a.

Ils arr�taient tout, pour cette urgence.

Et �a r�solvait tout

si on pensait qu'il y avait un probl�me.

Heureusement, je n'ai jamais eu � l'utiliser.

Je n'ai jamais eu de probl�me.

De l�, on remontait

jusqu'� l'entr�e de la marina de Maule Lake,

� environ 400 m�tres au nord.

Au coin, il y avait un autre ami � moi,

qui avait un magasin de pneus.

Il �tait assis l� � p�cher.

Il voyait bien l'int�rieur

et le canal retournant � la marina de Maule Lake.

Je les payais. "Allez p�cher, amusez-vous bien."

Quand ils arrivaient � la marina de Maule Lake,

j'avais un bateau de p�che � moteur que j'avais pris.

J'avais lou� plusieurs cales.

Je garais le bateau l�, et moi ou un autre

passait la nuit et surveillait le bateau.

Si personne ne venait,

le lendemain ma remorqueuse venait,

avec une commande, et une remorque.

Il chargeait le bateau sur la remorque,

et l'emmenait � l'entrep�t.

Le bateau y allait, car l'entrep�t �tait � moi,

l'entrep�t, l'entrep�t, l'entrep�t.

Pas la peine de m'inqui�ter qu'on me voie,

je poss�dais tout.

On allait � l'arri�re,

on ouvrait le compartiment,

et chargeait la marchandise dans des voitures.

Je d�pensais de l'argent. Personne d'autre ne faisait �a.

Certains gars louaient des bateaux,

car �a ne leur co�tait rien du tout,

et ils �taient pris � la location de bateau.

Que faites-vous ? D'o� venez-vous ?

"Vous savez, je fais que p�cher."

Et ils avaient une bouteille de Coca-Cola

qui disait : "Mis en bouteille � Nassau."

C'�tait b�te.

Pour m'assurer qu'il n'y avait pas de chiens,

je prenais de la marijuana ou de la coca�ne,

et j'en mettais dans le mixer avec de l'alcool

et je laissais le mixer allum� une heure,

jusqu'� ce qu'il n'y ait plus rien.

J'usais les mixers en faisant �a.

Puis je le m�langeais � du k�ros�ne

et le mettait dans un vaporisateur,

comme pour les mauvaises herbes ou les insectes.

L'id�e �tait de vaporiser les objets concrets

autour du poteau de t�l�phone,

ou le gros pneu sur le moteur de remorque.

Comme �a, si le chien sentait un truc,

c'�tait impossible qu'il y ait des drogues l�.

Le chien allait sentir un arbre

ou un vieux pneu.

J'ai tent� de dire � Max que chaque dollar venu de Colombie,

aurait d� �tre vaporis�,

pour que chaque billet d'argent ait de la coca�ne.

Pour chaque avion qui y allait,

chaque cargaison entrant ou sortant,

ils auraient d� prendre quelqu'un pour vaporiser de "l'insecticide".

Tout ce qui venait de Colombie aurait eu l'odeur,

et �a aurait �t� la fin du probl�me des chiens.

Et les drogues �taient partout.

Des millions d'Am�ricains prennent des drogues illicites.

Tout le monde a commenc� � prendre de la coca�ne.

La coca�ne, c'�tait la mode.

C'�tait tr�s branch�.

�a marchait bien.

Chaque jour, environ 5 000 prennent leur premi�re dose.

Cinq millions sniffent,

se piquent, ou fument de la coca�ne chaque mois.

Le public am�ricain trouve �a chouette.

C'est une drogue tr�s attirante.

Presque comme une femme.

C'est presque comme un orgasme.

C'est grisant.

On peut ne pas bouger et aller � 150 km/h.

On analyse des �chantillons de coca�ne

achet�s pour 50 $ � 100 $ le gramme

qui sont 95 % purs.

Le taux de mortalit� au comt� de Dade

est de deux par semaine, par la coca�ne.

Chaque mois, de nouveaux efforts pour lutter contre la fi�vre blanche

qui s'est r�pandue de Miami � Denver � San Francisco.

Les saisies de coca�ne en Floride ont augment� de 700 %...

L'une des enqu�tes les plus controvers�es

sur la drogue en Floride du Sud.

Les douanes ont saisi un Avianca 747

� l'aube � l'a�roport de Miami.

Le vol journalier, venant d'arriver de Bogota.

1 133 kilos de coca�ne cach�s dans des fleurs.

On est pass�s de valises

d'un kilo ou deux kilos de coca�ne,

� 1 000 kilos, une tonne de coca�ne,

� 10 000 kilos, 10 tonnes de coca�ne.

Il y avait des cartons. 1 600 kilos de coca�ne.

Les forces de l'ordre on dit que �a valait

950 millions de dollars dans la rue.

La livraison venait de Medellin, en Colombie,

la capitale d'exportation de coca�ne du monde.

Exp�di�e � bord d'un jet de Tampa Colombia Airlines.

La douane a �t� appel�e sur les lieux. Ils �taient arm�s,

craignant que les contrebandiers

essaient de prendre la drogue de force.

Le commissaire r�gional des douanes, Robert Batard, a dit :

"Quelqu'un va mourir pour �a."

C'est une �norme saisie,

la plus grosse de l'histoire des �tats-Unis.

Chaque valise �tait plus grosse que la pr�c�dente, un nouveau record.

Je me souviens du temps o� j'apportais au bureau

28 g de coca�ne, et quatre ou cinq agents

se r�unissaient autour de la table :

"Regardez combien on en a l�."

L�, on saisit 700 � 900 kilos,

et c'est une valise de plus.

La demande de coca�ne aux U.S. semble insatiable.

Quand je suis arriv� ici,

on avait des boutiques de t-shirts sur la plage,

o� on achetait de la cr�me bronzante et des bou�es.

Tout � coup, la bijouterie Mayor's

devient le plus gros vendeur de Rolex du monde.

L'�conomie est mont�e en fl�che.

Et c'est tr�s dur � comprendre ou justifier,

sauf avec l'�norme afflux de Colombie

de drogues pay�es et vendues en gros dans la r�gion de Miami.

Ils appellent �a de l'argent sale,

et il y en a beaucoup dans l'industrie de la drogue.

C'est ce que l'argent de la coca�ne ach�te en dehors de la drogue

qui a le plus d'impact sur la Floride du Sud.

Les gens sortaient faire la f�te.

�a a cr�� une �norme industrie nocturne.

Les portaient des v�tements superbes,

et il y avait des bo�tes de nuit g�niales.

Avec la coca�ne, on peut faire la f�te ind�finiment.

On avait des bo�tes de nuit g�niales,

dans des h�tels.

Le forfait complet 48 heures.

Le Jockey Club, Turnberry,

le Palm Bay Club, le Cricket Club.

En y entrant, on voyait des gens

avec des bagues en diamant, des Rolex, des bouteilles de vin � 500 $

et du champagne aux tables.

On �tait excessifs. Pourquoi pas ?

Vous savez...

On faisait tout ce qu'on voulait.

Si on voulait aller d�ner,

on pouvait aller au Forge, le meilleur restaurant ici.

Je faisais des blagues, il y avait un gars

� une autre table. Je le voyais boire

une bouteille de champagne, mais peut-�tre pas du Dom,

ou peut-�tre que c'�tait autre chose.

J'envoyais la bouteille de champagne la plus ch�re

en disant au gar�on :

"Apportez-lui cette bouteille de champagne."

Ils regardaient autour d'eux :

"D'o� vient ce champagne ?"

Je le faisais � deux ou trois tables.

Pourquoi pas ? C'�tait dans les 1 000 $.

Et eux se disaient : "Que se passe-t-il ?

"Comment ce type peut payer tous ces trucs ?"

Mais la meilleure bo�te �tait

le Mutiny � Coconut Grove.

C'�tait presque exclusivement pour les trafiquants.

Si vous �tiez prostitu�e,

c'�tait le paradis des prostitu�es au Mutiny.

Y a pas de mal � draguer des jeunes femmes.

Comme des marins qui arrivent au port,

sauf qu'au lieu d'avoir de l'argent de poche,

ces marins avaient 50 000 $, 100 000 $

dans la poche � tout moment.

Ils ne croyaient pas aux cartes de cr�dit.

Ils louaient plus de 200 chambres

toutes les 5 heures, 24 heures par jour.

Visites multiples chaque jour par la police de Miami.

Bien s�r, peu d'arrestations.

La partie la plus effrayante de ce dilemme...

de la coca�ne qu'on a...

La quantit� d'argent ill�gal,

ces milliards de dollars de profits

qui sont redistribu�s dans des affaires l�gitimes.

Il est ouvertement reconnu

que la communaut� a la mainmise

sur les biens et services l�gitimes

que le liquide de l'industrie de la drogue ach�te.

Oui, j'adore le shopping.

J'ai fait beaucoup de shopping � Keeneland.

J'ai achet� des chevaux de course.

Mon grand truc, c'�tait les chevaux.

Au lieu de claquer 10 000 $, 20 000 $ en shopping,

on claquait 100 000 $ pour un cheval.

J'avais 40, 50 chevaux. Des chevaux de course.

Vous savez ce qu'ils co�tent � nourrir, par mois ?

50 000 $ par mois...

Juste pour nourrir les chevaux.

Je ne parle pas des gars qui s'en occupaient.

Je me souviens ma premi�re fois � Keeneland,

ma petite amie et moi avons pris un Learjet pour y aller.

Jon a dit qu'il allait m'obtenir un cr�dit l�-bas.

"Toni, pas de probl�me. T'es la nana de Jon.

"Tout ce que tu veux. Un million, �a ira ?"

Et j'�tais l�...

"D'accord."

Si vous vouliez que votre gosse fasse des �tudes,

vous pouviez payer cash.

D�penser du liquide n'�tait pas un probl�me.

Il y a d'autres signes de changements.

Les acheteurs donnent plus de cash en achetant une voiture.

Ils ont remarqu� que les paiements sont plus souvent

en liquide qu'en cartes de cr�dit.

J'avais une Porsche turbo.

J'avais une Mercedes, la 6.9 �tait la voiture en vogue.

L'ancienne Mercedes, portes papillons

qui s'ouvrent vers le haut ?

J'ai pay� la voiture 200 000 $ et ne l'ai jamais conduite.

J'avais trois Cigarettes dans le jardin.

Deux couguars.

J'avais des pumas dans ma maison,

et j'avais un menuisier � plein temps,

un m�canicien pour mes bateaux.

J'avais un m�canicien pour mes h�licopt�res,

j'avais un pilote pour l'h�licopt�re.

Et je jouais beaucoup.

En un week-end,

je pouvais parier 100 000 $ sur un match de foot.

Un gars venait chez moi tous les lundis,

et il savait si j'avais gagn� ou perdu,

car son boulot �tait de passer dans toute la maison,

pour voir ce qui �tait cass�, les murs, les t�l�s,

et il r�parait tout.

Il ne faisait que �a. Mais peu importait.

Ce n'�tait pas comme si

je n'avais pas assez d'argent pour payer.

Comment est-ce possible ?

Il est estim� que plus de 80 milliards de dollars

passent par l'�conomie underground chaque ann�e.

De l'argent que le fisc ne verra jamais.

Regardez les maisons.

Les yachts.

Les voitures.

Les ventes de bijoux.

Vous verrez que Scarface n'est pas du tout un mythe.

Le temps o� Jesse James cambriolait une banque dans l'Oklahoma,

il montait � cheval et allait au Kansas

et y restait pendant huit ans.

Mais pas ici.

Quelqu'un gagnait gros, achetait une Rolex,

une Ferrari, construisait une grande maison.

J'avais une maison qui devait valoir

un demi-million de dollars � l'�poque.

La propri�t� �tait magnifique.

Je devais avoir 4 hectares.

Portail automatique.

Sur 2 hectares, y avait rien,

et sur les 2 autres, y avait la maison.

Une maison d'invit�s d'un c�t�, la r�sidence des domestiques.

On a mis une cascade.

J'ai trouv� un gars de la s�curit�,

il est venu et il a mis des cam�ras.

Des maisons d'oiseaux, des cam�ras

sur chaque centim�tre de la propri�t�.

Puis il a dit : "On va aller encore plus loin."

� chaque coin de la maison, j'avais des lance-lacrymog�nes.

Il y avait des trous d'o� on pouvait tirer.

On pouvait tirer sur les voitures,

de chaque coin de la maison.

J'avais une t�l�commande.

On appuyait sur un bouton et toute la poudre

�tait dans tout le jardin.

Je me souviens quand on a test� le premier,

�a a cr�� un nuage. On aurait dit Hiroshima.

Mes chiens et chats ont �t� malades une journ�e,

et �a a march�.

L'immobilier est un moyen

de plus en plus us� pour cacher l'argent.

Les blanchisseurs paient cash, ne n�gocient pas les prix.

J'ai commenc� � acheter des propri�t�s partout.

J'ai achet� une propri�t� � Lion Country Safari,

Wellington, Delray Beach.

Des dizaines de milliers de propri�t�s

achet�es par des dealers.

Quelques maisons.

Une soci�t� de bateaux.

Le terrain o� la boutique �tait.

On a achet� des appartements.

Beaucoup d'entrep�ts.

On a achet� 200 hectares de terrain � Tampa.

Beaucoup d'immobilier.

Si vous alliez acheter un million de dollars de terrain

dans un comt� paum� de Floride,

personne du fisc ne recevait un rapport

de la transaction.

On a achet� un immeuble de plus

pour pouvoir en faire une salle de radio.

Des dealers venaient acheter 8, 10, 15 maisons.

� un endroit � South Miami,

je poss�dais quasiment un quartier entier.

J'avais 24 millions de dollars en immobilier.

Non seulement des millions d'Am�ricains sont accros � la drogue,

mais beaucoup de banques sont accros � l'argent de la drogue.

Le trafic de coca�ne et l'argent qui en est issu,

ont failli an�antir toute moralit� dans cette communaut�.

Quand on a affaire

� des centaines de milliers de dollars,

c'est dur d'emp�cher le gouvernement de le remarquer.

Les profiteurs de la drogue doivent trouver un moyen

de changer leur argent sale,

en dollars propres.

C'est le blanchissage.

Il y a plusieurs estimations de la somme d'argent

blanchie par la Floride.

On pourrait dire qu'il y a sans doute

20 milliards de dollars dans des banques de Floride

comme argent de drogues ill�gales.

Avez-vous d�j� vu une ville avec autant de banques ?

Vous allez me dire qu'il y a tant d'industrie

et de commerces dans cette ville ?

Allons.

Des banques sont apparues du jour au lendemain,

sur une rue nomm�e Brickell Avenue.

Les trafiquants de la r�gion de Miami

tentent d'ouvrir leurs propres banques.

Il faut en g�n�ral un banquier coop�ratif

pr�t � accepter un pot-de-vin.

South East First National, la plus grosse de l'�tat.

Nombre d'employ�s sont soup�onn�s

d'avoir �t� soudoy�s pour aider des dealers.

En Floride du Sud c'�tait pas un probl�me,

car les banquiers ne manquaient pas.

Les pr�sidents de banque dans des salles des jours entiers pour compter le cash.

... six et oui, �a fait mille, c'est �a ?

Et en s'en mettant un peu dans la poche.

On a cr�� le march� de banques faisant payer 5 %

pour convertir le cash en d�p�ts.

�a n'est jamais arriv�

dans ce pays auparavant, et s�rement nulle part ailleurs.

Selon les plaintes d�pos�es par le ministre de la Justice,

le gang a d�pos� 70 millions de dollars

� la Landmark First National Bank.

L'employ�e de Landmark Bank Delores Aaron

est accus�e d'avoir aid� les dealers de drogue

� cacher l'argent dans des comptes sp�ciaux.

Deux autres employ�s

sont impliqu�s.

Sur les 70 millions de dollars soi-disant d�pos�s en banque,

seulement 6 000 $ ont �t� recouvr�s par le gouvernement.

Les agents disent que c'est une grosse affaire,

mais que ce n'est qu'une portion minime

des combines d'argent du trafic de drogue

qu'ils soup�onnent en Floride du Sud.

Miami est devenu le Wall Street du commerce de la coca�ne.

La Federal Reserve Bank de Miami

avait un exc�s de cash de 4,5 milliards de dollars,

et pas assez de place pour les entreposer.

Il fallait que ce soit distribu� � d'autres banques

� travers le pays.

Du cash est encore exp�di� chaque semaine.

Le surplus de cash pr�s de Miami constitue

la moiti� de tout le surplus de cash

de tout le pays.

M�me la loi a �t� compromise

par les profits incroyables.

Tout le monde avait un prix.

On ne peut avoir d'op�rations majeures comme �a

sans corruption de la police.

J'ai remarqu� ce lieutenant

qui bossait au North Bay Village.

Je l'ai abord� un jour :

"Je veux d�charger des bateaux

"derri�re le commissariat de North Bay Village.

"Vous croyez que �a posera probl�me ?"

Il �tait tr�s ouvert � l'id�e.

Il est m�me all� jusqu'� dire :

"On a deux voitures de patrouille,

"on met tout � l'arri�re des voitures de patrouille

"et on apporte �a o� vous voudrez."

Il a pris deux ou trois types du commissariat.

Ils ont mis des bandes de sc�ne de crime,

on amenait des camions jusqu'au quai,

et ils jetaient le tout dedans.

"� plus." Et ils nous ont dit au revoir.

Deux sergents et un caporal de North Bay Village,

l'agent de l'ann�e le sergent William Risk,

Sergent Fernando Ganden, et Caporal George Stephaloras,

inculp�s de complot de drogue.

Certains policiers avec leurs Porsche rouges

avaient un accident de voiture

et avaient de la coca�ne dans l'organisme.

T�t ce matin, un policier de Miami a �t� pris

dans une course � grande vitesse.

Quand on a essay� d'arr�ter le v�hicule,

la Porsche a acc�l�r� et a sem� les policiers.

La Porsche roulait � plus de 160 km/h.

Puis le conducteur est sorti de voiture et a dit

qu'il �tait aussi agent de police de la ville de Miami.

La police a trouv� 1 180 $ en billets de 20 $ sous son si�ge.

Le d�partement de la s�curit� interne

cherchera � savoir pourquoi

cet agent fuyait la police,

et ce qu'il faisait avec cet argent dans la voiture.

Et il y a de nombreux autres agents

de police qui ne se sont pas fait prendre.

Tout le syst�me de justice p�nale

�tait cribl� de corruption.

Il n'y a pas de plus grosse industrie � Miami

que celle de la drogue,

qui apporte avec elle les complots internationaux,

la violence, la corruption,

et ce qui semble �tre un effondrement des forces de l'ordre.

Quand on associe la corruption de la police

� la corruption des avocats et des juges,

il n'y a plus de loi.

Mon premier contact au monde de la drogue...

Apr�s quelques mois aux homicides,

j'ai r�alis� qu'une douzaine de mes coll�gues

du bureau des homicides

faisaient l'objet d'une enqu�te du FBI.

Le FBI dit avoir des preuves judiciaires

que les membres du service des homicides du comt� de Dade

sont les associ�s de dealers de drogue.

En arrivant aux homicides,

c'�tait la fin des flics de coca�ne.

C'�tait un groupe d'inspecteurs des homicides

qui avaient �t� impliqu�s avec un distributeur de narcotiques

nomm� Mario Escandar.

Sept inspecteurs des homicides du comt� de Dade ont �t�

assign�s � compara�tre devant un jury d'accusation...

Du bureau des homicides, c'�tait d�sastreux.

Tout � coup, tout un �chelon

de personnel chevronn� part en prison.

Les flics de coca�ne soul�vent nombre de questions

sur les forces de l'ordre du comt� de Dade.

Les gens mis en examen

�taient des enqu�teurs d'homicides chevronn�s.

Tout � coup,

on est devenus les inspecteurs grad�s du service,

et c'est ce qu'on appelle apprendre sur le tas.

J'ai rencontr� Al Singleton en arrivant aux homicides.

Singleton �crivait toujours

sur le reste des inspecteurs,

et il �tait dans une escouade.

Ils ont eu une escouade pendant une courte dur�e,

appel�e l'�quipe sp�cialis�e d'enqu�te d'homicides.

L'escouade "SHIT". Une �quipe d'enqu�te sp�cialis�e.

Elle devait travailler sur les affaires de drogue latines.

Le crime a chang�. Il y avait beaucoup de cadavres

de jeunes hispaniques, de jeunes Latinos...

Et ce qui m'a fait comprendre qu'on �tait vraiment

� une �poque diff�rente, c'�tait Dadeland.

Le premier coup de feu public dans les guerres de coca�ne.

Juillet 1979 au centre commercial

tr�s fr�quent� de Dadeland.

Il �tait midi

au centre commercial le plus fr�quent� du comt� de Dade.

� 14 h 30...

Un �norme camion arrive.

Personne n'y a pr�t� attention.

Des types en sortent. Ils vont � l'�picerie.

Et en un instant, une fusillade commence.

2 tu�s par balles � Dadeland

Plusieurs assassins colombiens ont tir� � la mitraillette

et d'autres armes dans l'�picerie,

tuant le dealer de narcotiques Herman Jimenez

et son garde du corps.

Deux employ�s ont aussi �t� bless�s.

L'examinateur m�dical est venu.

Je lui ai demand� combien de fois

on avait tir� sur la cible principale, et il a dit :

"J'ai arr�t� de compter. On dirait du gruy�re."

Les tueurs se sont enfuis,

tirant sur les voitures et les passants.

Ils ont tir� sur tout le parking du centre.

Ils ont dit : "Quelqu'un a une mitraillette

"et ils tirent."

On entendait les coups de feu comme des pistolets � bouchon.

Ils se sont enfuis en laissant ce camion.

Une deuxi�me sc�ne, qui �tait ma mission,

c'est devenu le "wagon de guerre".

Le wagon de guerre abandonn�

par les tueurs � mitraillettes.

Ce camion �tait un d�p�t d'armes ambulants.

La police a trouv� le van �quip� d'armes,

de gilets pare-balle et de munitions.

La police de la ville n'a pas de v�hicule

�quip� comme celui-ci.

Il �tait �crit sur le van : "Fournitures pour toute f�te r�ussie".

Selon les agents, le nom de la soci�t�

et le num�ro de t�l�phone sont fictifs.

Quand j'ai vu le wagon de guerre,

quand j'ai vu toutes les armes qu'il y avait dedans,

et toute la pr�paration,

je me suis dit que la partie avait chang�.

Les inspecteurs disent que la guerre a commenc� le 23 avril,

une fusillade a eu lieu entre les occupants de 2 voitures,

faisant la course au sud de Dade.

Deux voitures, des coups de feu,

puis des voitures de police s'en m�lent,

ils tirent sur la voiture de police. La voiture a un accident.

Ces gens, avant d'arriver il y a quelques semaines,

�taient � cheval dans les montagnes de Colombie

� se tirer dessus. Maintenant, ils �taient

dans des voitures de luxe � tirer sur le Turnpike.

L'Audi noire montr�e ici a appartenu � German Panesso.

Dans le coffre, la police a trouv� le corps d'Amy Suskin,

une autre grande figure d'une famille de drogue colombienne.

La police a dit que Suskin avait �t� tu�e en repr�sailles

pour le meurtre de la femme de m�nage de Panesso.

La police dit que la guerre fait encore rage.

Chaque jour de 1980, selon la police,

est devenu un jour normal dans la ville de Dade.

Le taux de meurtre augmente

plus vite que partout ailleurs dans le pays.

Le travail efficace d'un gang que la police

a nomm� les Cow-boys de la Coca�ne.

... comme ils les appellent, les Cow-boys de la Coca�ne...

Pour une raison ou une autre, la soci�t� am�ricaine

a toujours eu cette fascination pour le hors-la-loi insouciant,

arm�, et tout-puissant.

Les rues de Floride comme Chicago dans les ann�es 20

Les cow-boys de la coca�ne sont aussi romantiques que mortels.

La coca�ne a toujours �t� un commerce violent.

Les escroqueries deviennent un risque du m�tier, si on peut dire.

Si quelqu'un vole 22 kilos de marijuana,

c'est un deal de 10 000 $.

Mais quand quelqu'un ne paie pas 20 kilos de coca�ne

� 50 000 $ le kilo,

c'est un deal d'1 million de dollars.

Ils n'h�siteront pas � tirer sur les gens,

m�me s'ils ne font que soup�onner une arnaque.

Il y a eu tant de fusillades � Miami.

Il y a beaucoup de mitraillettes sur les autoroutes,

sur le Turnpike, sur l'US-1, les quartiers r�sidentiels.

En plein jour,

sur une autoroute du comt� de Dade, le Palmetto Expressway,

un dealer s'est fait tuer

par des assassins avec des mitraillettes.

�a ressemble � une sc�ne

qu'on voit au Vi�t-Nam.

Contrairement � d'autres groupes,

les Colombiens tuent des parents,

et tirent dans les lieux bond�s.

Les pauvres gens qui sont l�, des gosses,

n'importe qui pouvait se faire tuer.

Ils tuaient tout le monde en vue.

Les autorit�s sur la d�fensive

de Floride du Sud on dit que les assassins colombiens

se fichent qu'il y ait des victimes innocentes,

ils apportent � Miami un type de violence

sans pareille.

Pr�s du stade de Miami,

un gar�on de 3 ans a pris une balle et �t� paralys�

quand des assassins ont tu� son p�re.

Une fille de 14 ans a �t� assassin�e.

� midi, un dealer de coca�ne colombien

a �t� tu� dans une pizzeria tr�s fr�quent�e

apr�s que les tueurs ont command� � d�jeuner.

En trouvant un jeune Hispanique mort,

la police a automatiquement pr�sum�

que c'�tait li� � la coca�ne.

Parfois, on lisait dans le journal,

un article sur un type qu'on connaissait.

Qui s'�tait fait assassiner

ou arr�ter.

De plus en plus de trafiquants colombiens

apportent leur violence ici.

On a eu des enl�vements,

des meurtres � la mitraillette en plein jour.

C'�tait incroyable.

On entend les coups de feu,

mais ils le ratent, et en ont eu un.

Tout � coup,

j'ai entendu 10 ou 12 coups de feu.

Je promenais mes chiens.

Et j'ai entendu cette fusillade.

Les tirs m'ont r�veill�.

J'ai entendu les balles par-dessus ma t�te,

et je me suis jet�e par terre.

C'est le genre de truc qu'on voit � la t�l�.

On ne voit pas �a dans la vraie vie.

Quatre coups de feu en plein jour,

en pleine vue de plusieurs t�moins sous le choc.

Mais c'�tait la vraie vie. �a arrivait vraiment.

Au Doral, la police de la plage avait infiltr� un deal de drogue.

Cinq gars ont �t� tu�s, y compris leur informateur.

Ils ont tu� leur propre informateur par erreur.

Des coups de feu, des corps bless�s, des gens qui crient,

et les gens du Doral n'ont pas paniqu�.

Beaucoup pensaient qu'ils filmaient Deux Flics � Miami.

La police ne sait pas qui sont les Colombiens.

Ils avaient tous six identit�s.

Les criminels utilisent un nombre fou de fausses identit�s et noms.

Beaucoup de ces Colombiens disent �tre

de Porto Rico, mais ils ne savaient pas l'�peler.

Ils sont toujours l� avec une fausse carte d'identit�,

se faisant souvent passer pour des Portoricains.

Parfois les inspecteurs ne peuvent m�me pas identifier les victimes.

Traditionnellement, l'affaire d'homicide la plus dure

� r�soudre pour un inspecteur, c'est quand on cherche le coupable.

� Miami, on cherchait � savoir qui �tait la victime.

Tr�s dur de savoir qui a tu� quelqu'un

si vous savez pas qui a �t� tu�.

Si vous �tes un ill�gal

qui passe la fronti�re,

les empreintes digitales n'aident pas, il n'y a pas de dossiers.

La police a du mal � trouver

des t�moins et informateurs pour les aider.

J'ignore ce qui s'est pass�.

Ils ne savent peut-�tre pas parler anglais.

Mais ils savent dire : "Je veux un avocat."

Ou "Je ne sais pas."

Ce sont des crimes qui ont

des r�percussions internationales et que

les hommes de la police locale

ne sont pas form�s � g�rer aux �tats-Unis.

Quatre corps laiss�s dans le coffre d'une Chevrolet.

Une des victimes �tait informateur pour la DEA.

Toutes les victimes avaient �t� tortur�es.

On dit que Miami �tait au bord de l'anarchie,

ils avaient sans doute raison.

Je sais que j'y ai contribu�.

Beaucoup auraient �t� bien plus heureux,

si Arthur McDuffie �tait rest� une statistique de trafic.

C'�tait un assureur noir nomm� Arthur McDuffie.

Il est mort apr�s une altercation

avec la police de Dade.

Les agents impliqu�s

ont �t� inculp�s d'avoir cach� l'incident

et ont �t� d�clar�s...

Non coupables.

Disons que...

Ce qui est arriv� apr�s �a est rentr� dans l'histoire.

10 MAI 1980

Trois jours d'�meutes, 18 morts.

On est des �tres humains,

et on veut �tre trait�s en �tres humains.

Puis il y a eu la cargaison Mariel.

Le traumatisme de la cargaison Mariel

est l'un des influx d'immigrants les plus �normes

en une si courte dur�e

et en un seul lieu, de l'histoire am�ricaine.

Le premier bateau est arriv� le 21 avril 1980.

L'administration Carter a g�r� la crise avec confusion.

Le 5 mai, peu apr�s que le pr�sident Carter

a fait son discours "bras ouverts, c�ur ouvert",

71 Cubains-Am�ricains ont obtenu l'autorisation de la douane

pour que le cargo Red Diamond aille jusqu'� Mariel � Cuba.

L'administration Carter a dit que les Cubains �taient les bienvenus,

qu'on pourrait en g�rer 3 500.

Le r�sultat : ils sont venus, libres, nuit et jour.

Ils s'appellent les Marielitos.

� leur d�part de Cuba,

Castro les appelait "escoria", qui signifie "ordures".

Fidel Castro lui-m�me a d�clar� publiquement :

"J'ai tir� la chasse des toilettes de Cuba sur les �tats-Unis."

Il s'en vantait.

D'un coup, Castro a d�barrass� Cuba

de milliers d'ind�sirables.

Pour tous les r�fugi�s d�cents et bosseurs

qui sont venus ici pour recommencer leur vie,

il y avait aussi les criminels les plus impitoyables

qui aient jamais d�ferl� dans un pays.

Il y a parmi ces gens des meurtriers, des violeurs,

des satyres, des individus dangereux.

On l'a d'abord remarqu� � leurs chaussures.

Le genre donn� par les prisons cubaines.

Il y avait une prison sur l'�le de Pines

qui avait 2 000 prisonniers purs et durs.

Une semaine apr�s, il restait environ 20 prisonniers

dans cette prison. Et le reste ?

Ils se baladaient dans les rues de Miami.

Ce serait pas bien si on pouvait prendre

tous les condamn�s � mort,

tous les gens en prison,

et en centres psychiatriques pour les fous criminels,

et les envoyer tous dans un endroit sympa

o� ils seront accueillis par une communaut� qui se doute de rien ?

Castro nous a fait un sacr� coup.

Beaucoup de criminels sont venus

par la cargaison Mariel.

Je n'ai jamais vu les gens comme �a � Cuba.

Ils ne respectent rien.

Ils ne respectent pas la loi et l'ordre,

ils ne respectent pas la bont�.

C'�tait des ennemis publics n� 1 � Cuba.

Des criminels violents sous un r�gime communiste,

dans lequel il n'�tait pas facile d'�tre criminel,

quand ils sont venus ici, ils sont devenus de super criminels.

Ils ont �t� d�crits

par le Directeur du Bureau F�d�ral des Prisons

comme �tant les criminels les plus dangereux

qu'il ait jamais rencontr�s en 23 ans de carri�re.

On est confront�s � un grave probl�me.

Donc notre taux d'homicides a doubl�.

Je savais qu'on avait de gros ennuis.

Quand les r�fugi�s sont arriv�s par milliers,

le taux de criminalit� a mont� de 89 %.

Le crime a d�coll�, des femmes �taient enlev�es

dans la rue, viol�es et assassin�es.

En 1978, la ville a eu 15 viols d�clar�s.

Mais les sept premiers mois de cette ann�e,

le chiffre en �tait � 59.

90 % des personnes arr�t�es �taient des r�fugi�s.

Le meurtre reste la premi�re cause de d�c�s

parmi les r�fugi�s Mariel.

�a correspond � 48 % de nos homicides.

Les gens �taient tu�s dans des bars

juste pour voir qui �tait le plus macho.

Deux hommes se disputaient un boulot de r�paration de tondeuse

et dans la tradition classique du Far West et de Matt Dillon,

un homme a d�fi� l'autre � un duel.

Des voitures fon�aient dans les rues

cherchant l'h�pital, car ils avaient

deux ou trois bless�s � l'arri�re.

Mme Louise Thompson a perdu son fils Michael de 17 ans

car il a refus� de donner � un �tranger

la fin de sa cigarette.

En retour, il s'est fait tuer avec un magnum .357.

Ils voyaient une voiture qui leur plaisait,

et tuait la personne dedans pour prendre la voiture.

L'homme qui est rentr� dans plusieurs voitures de police

hier, blessant un agent avant de mourir,

a �t� identifi� aujourd'hui comme r�fugi� cubain r�cent

de la cargaison Mariel.

Beaucoup des Mariel des prisons cubaines

adoraient l'idole africaine Xango.

Ils pensaient que Xango les avait sauv�s des prisons de Castro.

Et d'autres pratiquent encore des rites pa�ens

appel�s Santeria avant de commettre leurs crimes.

Ils ach�tent des potions appel�es Botanicas,

qui, croient-ils, les prot�geront de la police

et les rendront invuln�rables aux balles.

La police n'�tait pas au courant pour Santeria.

Ils allaient � une maison pour un appel de routine,

et ils trouvaient un chaudron

avec des os de jambes humaines et des cr�nes humains dedans.

M�me les morts ne sont pas en s�curit� � Miami.

Notre communaut� lutte pour g�rer

l'afflux de plus de 100 000 r�fugi�s cubains.

On n'a pas les ressources pour ces r�fugi�s.

On n'a pas les budgets pour des services sociaux r�gionaux.

On n'a pas de ressources.

Il n'y avait personne au niveau f�d�ral

ou judiciaire, qui appr�ciait le fait

que le syst�me qu'on a dans ce pays

est con�u pour des �tres humains,

pas pour des gens qui ne font m�me pas partie de la race humaine.

Donc la cargaison Freedom se finit en controverse.

Il y a ceux qui disent

que �a a �t� un fardeau inutile pour notre pays

et que �a aurait d� �tre stopp� il y a longtemps.

Pourquoi une communaut� dans tout le pays devrait

payer une erreur de jugement du gouvernement f�d�ral ?

L'�tat de Floride n'a ni marine, ni arm�e de l'air,

pas de service d'immigration, pas de douanes, pas de radar,

pas de CIA, pas de minist�re des Affaires �trang�res.

L'�tat n'a aucun moyen d'emp�cher ces arriv�es

ni un moyen de les renvoyer l� d'o� ils viennent.

Jimmy Carter a six semaines de plus en tant que pr�sident.

Il a soutenu fortement les droits de l'homme.

Pour prot�ger les droits des habitants de Miami,

il a encore le temps d'arranger un exode de retour vers Cuba

pour ces Cubains ind�sirables.

Les �vacuer par avion jusqu'� notre base navale � Guantanamo,

ouvrir les portes, et laisser ces Cubains

retourner � leur exp�diteur.

Bonsoir. Que la bonne nouvelle soit la v�tre.

On a les homicides li�s aux narcotiques,

puis les homicides li�s � Mariel,

puis on a ces �meutes.

�a vient de cr�er l'orage parfait

pour un enqu�teur en homicides.

Le comt� de Dade est soudain devenu

la capitale nationale du meurtre.

Le comt� de Dade en Floride, a enregistr�

plus de 560 homicides en 1980.

En un rien de temps, on avait des cadavres par terre,

empil�s. C'�tait une honte.

C'est terrible. Sans doute ce qu'on a vu de pire.

On a lou� un camion r�frig�r�.

Ils avaient lou� ce camion r�frig�r�

de Burger King pour les cadavres.

Il avait d�j� 27 corps dedans arriv�s ce jour-l�.

Les gens de Floride du Sud ach�tent d�sormais des armes

et poss�dent plus d'armes que jamais auparavant.

On a eu une expansion �norme de salles de tir.

Pour une petite communaut�, on avait 60 ou 70 salles de tir.

Je n'allais jamais nulle part dans le comt� de Dade sans �tre arm�.

C'est certain.

J'avais toujours une arme.

Je dormais mal sans arme.

Deux ou trois juges du comt� de Dade ont suivi mon cours.

Un des juges voulait l'arme � feu sous son si�ge.

Les civils tuent autant

de criminels soup�onn�s que la police.

Des citoyens ont tu� 30 des 43 criminels tu�s dans l'acte criminel.

La tendance de la Floride du Sud s'appelle "l'homicide justifiable."

- Partir ou se battre, c'est �a ? - En gros, oui.

On r�pond � la violence par la violence.

De la m�re au foyer � l'homme d'affaires, au cow-boy de coca�ne,

et m�me le pompiste de la station-service,

on vit tous dans un camp arm�.

C'�tait dangereux d'�tre dans la rue.

M�me si on me payait, je sortirais pas seul le soir.

Le public est-il correctement prot�g� ?

C'est �vident. On ne peut contr�ler le crime.

Combien de crimes typiques

avez-vous �lucid�s cette ann�e ?

Pas plus de quatre.

On n'a encore pas r�ussi

� �lucider un meurtre colombien.

On est submerg�s, en sous-effectifs, sous-financ�s et trop peu arm�s.

Autant creuser du sable pour emp�cher la mar�e.

Le comt� de Dade y perd. Miami y perd.

Pour l'instant, il est certain qu'ils gagnent la guerre.

On perd la bataille.

Je veux dire, on se prend une racl�e.

Il y a eu un article dans Time Magazine,

"Paradis perdu", sur Miami.

Il parle des probl�mes qui tourmentent la Floride du Sud.

Le crime, la drogue, les r�fugi�s.

La couverture Paradis perdu semblait

d�finir Miami comme la ville la plus violente du pays. Et c'�tait le cas.

Miami s'est fait descendre par les m�dias, le tourisme a baiss�.

Tout le monde pensait que Miami �tait fini.

Le pot aux roses, �a a �t� le d�part par peur

des hommes d'affaires et des investisseurs.

Les affaires vont mal et tant qu'il est dit

qu'il y a � Miami

du crime, des r�fugi�s, �a ne va pas s'am�liorer.

Avec tout ce qui se passe au sud de Dade,

que fait la police ?

J'ai �crit le concept de CENTAC,

autour de d�cembre 1980.

CENTAC est l'Unit� centrale tactique.

CENTAC allie les efforts

d'un organisme coercitif pour la drogue,

le service homicide et les unit�s du bureau du crime organis�.

�a rassemblait l'argent et les ressources du gouvernement f�d�ral,

de la DEA et des douanes, avec le savoir-faire des autorit�s locales

et �tatiques.

Il y a une publication de la DEA

qui d�finit CENTAC comme "Les Incorruptibles."

"Les Incorruptibles" �taient un CENTAC de son temps.

Cette aura a donn� aux agents du CENTAC

le sentiment d'�tre une �lite au sein d'une �lite.

C'�tait le premier d�tachement sp�cial de police � Miami.

Raul Diaz �tait le lieutenant responsable de CENTAC.

Quand l'opportunit� pour CENTAC s'est pr�sent�e, j'ai demand� � Al.

Il �tait lieutenant � l'�poque et je bossais avec lui.

Ma relation avec Al �tait tr�s sp�ciale.

Un enqu�teur d'homicides hors-pair.

Un flic hors-pair.

Et il n'avait aucune id�e

de ce qui se passait dans les narcotiques.

Il est devenu mon mentor.

Raul �tait un enqu�teur innovant.

Disons �a.

Il sentait l'ambiance des rues.

Il savait ce qui se passait.

Sa force, c'�tait de conna�tre les gens et d'avoir � faire aux informateurs.

On leur parlait dans un langage qu'ils comprenaient.

"Vous venez ici, vous faites ces trucs,

"on va vous arr�ter, ou vous tuer,

"ou on va faire de votre vie un enfer,

"� moins que vous vouliez nous parler et coop�rer."

Tout est dans le ton.

Le ton verbal.

C'�tait parmi les gens les plus occup�s du comt� de Dade.

Al Singleton et l'�quipe CENTAC.

L'objectif de CENTAC

est d'�lucider des homicides li�s � la drogue impliquant des Latins.

Le but de CENTAC 26 �tait de se d�barrasser...

des gens qui participaient aux homicides,

et de ceux qui commanditaient les meurtres.

La plupart des responsables, on n'y acc�de jamais.

On a compil� une liste d'environ 20 personnes.

Et on a cibl� ces 20 personnes.

Ce lieu ne manquait pas de criminels latins.

Notre personne principale, c'�tait Amilcar Rodriguez.

C'�tait un suspect

dans environ 20 homicides. En trois jours, on avait notre premi�re cible.

La plus grosse prise, c'est Rafael Leon Rodriguez,

alias Amilcar.

Distributeur de coca�ne pour cinq familles colombiennes.

Amilcar est inculp� de double meurtre dans le comt� de Dade,

accus� d'avoir tent� de tuer la police � deux occasions.

L'arrestation d'Amilcar �tait bas�e

sur des infos d'informateur que Raul Diaz avait avant l'homicide.

On a appris qu'il �tait connu sous plusieurs noms.

On a commenc� � montrer sa photo aux gens dans la rue,

et on a eu 14 ou 15 faux noms.

Cet homme avait une MAC-10, une MAC-11,

un Smith & Wesson mod�le 59. Il avait 148 cartouches.

Les assassins colombiens aiment la mitraillette MAC-10.

La MAC-10 tire en rafales de 16 balles par seconde.

Ils portent tous des armes : pistolets automatiques, 14 cartouches.

Mes inspecteurs avaient 72 cartouches en tout pour eux 12.

Et on s'attend � ce que le policier fasse son travail

en portant un simple revolver ?

Il a �t� d�cid�, vu qu'on allait confronter ces gens,

qu'on avait le droit de porter des semi-automatiques.

La police du comt� de Dade veut plus de puissance de feu

Conneries. Allons plus loin.

Demandons des mitraillettes.

� CENTAC, quand on a �t� op�rationnels, on avait des mitraillettes.

Je suis n� � Cali en Colombie, le 5 juillet 1957.

Je suis arriv� aux �tats-Unis, le 5 juillet 1969.

On m'appelait voleur de voitures.

L'un des plus grands voleurs de voitures de Chicago et d'ailleurs.

Apr�s les ann�es 80, j'�tais connu comme assassin pour le cartel.

APPLICATEUR

Confess� son implication dans 29 meurtres dans les guerres de coca�ne

Soup�onn� dans 12 autres meurtres

Je suis all� � Chicago pour vivre avec mon p�re.

Il bossait pour General Motors.

Je suis all� � une �cole catholique o� j'ai appris l'anglais.

J'�tais m�canicien, avec mon p�re.

C'est l� que j'ai appris � voler les voitures.

J'ai commenc� avec un groupe de gars

� voler des voitures, les vendre en pi�ces d�tach�es.

Entre 200 $ et 500 $ la voiture.

On en volait cinq ou six par soir. On �tait trois.

On gagnait bien notre vie. Mieux que bosser avec mon p�re.

On �tait au restaurant pour le petit-d�jeuner,

et ces trois Colombiens sont entr�s.

L'un �tait Cruz Gonzalez, et il a demand� : "Qui �tait favorita ?"

On lui a demand� ce qu'il cherchait.

Il a dit : "Je cherche le type qui a vol� ma voiture."

Je lui ai dit : "Je suis celui que vous cherchez. Je suis Rivi."

Il a dit : "Tu m'as vol� ma voiture, je veux la r�cup�rer."

J'ai dit : "Pas � moins que vous me donniez 500 $,

"car elle m'appartient d�sormais." Il s'est mis � rire.

Il a dit : "Tu as du cran, tu sais ?"

J'ai dit : "Oui, on me l'a dit."

Il m'a demand� si je connaissais la Floride.

J'y �tais all� deux fois.

Il me demande si je connais Miami. J'y �tais all� avec mon p�re.

Il voulait que je conduise un camion pour lui jusqu'en Floride.

J'ai dit : "D'accord. On me paiera ?" Il a dit qu'il me paierait

5 000 $ pour conduire le camion. "Pas de probl�me."

Il m'a demand� si j'avais un permis et j'ai dit : "J'en ai environ six."

On a conduit le camion. On fumait de l'herbe.

Je me suis arr�t� � mi-chemin car j'�tais curieux

de savoir ce qu'il y avait dans les cartons.

On s'arr�te, j'ouvre un des cartons,

et il �tait plein d'armes d'occasion.

Carabines, revolvers, pistolets automatiques.

On a commenc� � conduire � la vitesse limit�e.

En arrivant � Miami, ils nous ont pay� et il a dit :

"J'ai des trucs � faire.

"Vous pourriez bosser pour moi,

"et gagner de l'argent � Miami.

"Si vous pouviez rester � Miami." J'ai demand� : "� faire quoi ?"

"� livrer de la drogue et r�clamer l'argent.

"De temps en temps, faudra bousculer quelqu'un."

On a d�cid� de rester deux ou trois semaines.

Quand il m'a dit de surveiller une de ses planques,

c'�tait la premi�re fois qu'on bossait avec des gens

dans le monde de la drogue. Mais apr�s, c'�tait des minous.

Apr�s on a appris les affaires, et comment utiliser des armes,

on a rencontr� d'autres gens, des riens du tout.

Des minets, des boy-scouts.

Cruz avait un p�re ancien militaire.

D�s que je l'ai rencontr�, il m'a plu.

Il m'a dit qu'il avait �t� dans l'arm�e tr�s longtemps

et qu'il �tait expert en d�molition.

Je lui ai pos� des questions sur les explosifs

et les armes automatiques.

J'en ai pris une � c�t�. C'�tait une MAC-10.

Je voulais apprendre � la d�monter, la nettoyer.

On allait aux Everglades, pour tirer nos mitraillettes.

J'ai appris. Je suis devenu bon.

Depuis le premier jour o� j'ai tenu une MAC-11 en main,

j'ai su que c'�tait mon arme de pr�dilection.

Il a dit : "Tu veux apprendre comment utiliser des explosifs ?"

J'ai dit oui. Il a dit : "T'as les nerfs solides ?"

J'ai dit : "Assez."

Il a dit : "On a de la dynamite venant du Texas dans quelques jours,

"je vais t'apprendre � faire des bombes."

Le lendemain, la dynamite est arriv�e, avec d�tonateurs.

Il a pris quatre b�tons de dynamite et d�tonateurs.

Il a fait sa d�monstration,

m'a montr� comment faire.

Deux heures plus tard : "Vous pouvez en construire une ?"

J'ai dit : "Je crois." Je l'ai fait.

J'ai dit : "Tout ce qu'il faut, c'est la brancher � la batterie

"et au minuteur."

Il a dit : "Tu peux le faire ?"

Mes enfants dormaient.

� c�t�, ma femme. Il a dit : "Essaie."

J'ai dit : "Quelle dur�e voulez-vous ?"

Il a dit : "Environ 30 secondes. Vas-y."

Je l'ai fait. Le temps s'est �coul�.

Il �tait assis devant moi.

Il s'est pass� 10 secondes, 15...

Il a dit : "Encore 10 secondes et �a va exploser."

J'ai dit : "Oui, vous voulez que j'arr�te ou vous voulez le faire ?"

Il a souri, et il l'a d�branch�e.

Il a dit : "Tu es dou�.

"Assure-toi que quand tu le fais,

"tu n'es pas drogu� ou bourr�, car tu feras sauter tes enfants."

Deux semaines apr�s, on �tait en bo�te � Miami.

1er mai 1981

Flaco est arriv�.

Il a dit : "Vous savez, il faut qu'on se tire d'ici,

"car il va y avoir une fusillade ici.

"Il faut sortir de l�. Ces gens � ta droite...

"Et six Colombiens riant et buvant de l'eau � incendies.

"Ils vont mitrailler toute la table."

J'ai dit : "D'accord, merci. Je vais chercher mes gars."

Je suis all� aux toilettes,

et je lui ai dit : "Tirons-nous.

"Il va y avoir une fusillade ici." Il a dit : "Donne-moi une minute."

Je suis sorti. Pendant ce temps,

Venegas s'�tait arr�t� � la m�me table, par accident,

et leur a dit de partir

car il y allait y avoir une fusillade.

Il a fait foirer le coup. C'�tait un accident.

J'ai appris qu'il connaissait un des mecs � la table,

alors il voulait prot�ger son copain,

lui a dit de partir pour �viter la fusillade.

J'�tais dehors. Venegas est sorti.

Derri�re Venegas, tout le monde suivait.

Ils se poussaient pour sortir.

Flaco est arriv� � moto. Il �tait en p�tard.

Il a dit : "Vous avez tout fait foirer.

"Je n'aurais jamais d� vous le dire."

J'ai dit : "Ouais, c'est nous, c'�tait un accident."

Il a dit : "Vous allez avoir des ennuis,

"avec ma patronne.

"Elle veut te rencontrer." J'ai dit : "Pas de probl�me."

On monte en voiture, on prend la l-95...

Et en route, je lui dis :

"Ces gens ne vont pas me tuer, hein ?"

Il a dit : "J'en sais rien, je te garantis rien."

On a foir� un truc.

Ils parlaient de tuer six personnes.

C'est pas des minets.

On est all�s � un Holiday Inn sur la l-95, � Miami.

Quatre gars sont descendus de voiture.

J'ai dit : "C'est eux ?"

Il a dit : "C'est eux, en partie.

"Y en a plus � ta gauche."

Et il y avait quatre autres mecs

de l'autre c�t�, descendant de voiture.

Je me suis approch� du plus vieux qui �tait l�.

Il a dit : "C'est vous, Rivi ?" J'ai dit : "Oui."

Il a dit : "Venez avec moi."

Je suis mont� � l'arri�re et il y avait une dame.

Elle m'a demand�... Elle a dit :

"C'est toi qui as foir� le coup d'hier soir ?"

J'ai dit : "En quelque sorte."

Elle m'a dit : "Je cherchais ces gens depuis des mois,

"et c'est la premi�re fois qu'on les voyait."

Et que j'avais bien foir�.

Elle a dit : "Je vais te dire.

"Trouve-les, et on sera quittes.

"Les deux fr�res m'int�ressent.

"Les quatre autres allaient �tre tu�s

"uniquement parce qu'ils �taient � table."

J'ai dit : "Vous alliez tuer quatre personnes pour en tuer deux ?"

Elle a dit : "C'est ma m�thode :

"je d�gage le terrain."

J'ai dit : "Ce serait pas plus simple de juste en tuer deux ?"

Elle a dit : "Non, �a aurait �t� plus facile de tuer les six.

"De mitrailler toute la table."

�a m'a surpris.

Elle parlait d'assassiner comme...

Donc je lui ai dit : "Donnez-moi une semaine.

"Je trouverai ces gens."

Quand on est revenus � l'h�tel,

j'ai dit ce qui s'�tait pass�, et Venegas �tait l�.

Je lui ai dit :

"On va avoir des ennuis avec cette femme.

"Si on les retrouve pas, on va devoir se tirer vite fait.

"Car ils vont venir nous chercher. Ils me l'ont fait comprendre."

Il a dit : "C'est un ami � moi, je le connais."

J'ai dit : "Tu le connais ?

"Tu peux l'appeler ?" Il a dit : "Ouais."

J'ai dit : "Si tu peux le joindre,

"on peut �viter le pire."

Il a dit : "Oui, on peut les joindre.

"L'un des deux, le plus vieux."

J'ai dit : "Il nous en faut un.

"Au diable l'autre."

J'ai dit : "Faisons-le. Allons � une cabine,

"sonnons-le et organisons un rendez-vous ce soir.

"On va l'enlever,

"Et on va le remettre � ces autres gens."

Il a appel�, le type a r�pondu.

Il a organis� une r�union au Ramada Inn, dans le parking.

Il lui a dit qu'on avait des armes et explosifs � vendre.

Le gars est venu.

� 20 h, il faisait d�j� nuit.

Il parlait, riait avec Venegas.

J'�tais derri�re un arbre. Venegas a ouvert le coffre,

je suis sorti de derri�re l'arbre pour le braquer :

"Je te cherchais."

Il dit : "Je te dois rien."

J'ai dit : "Non. Quelqu'un d'autre te cherche.

"Y a une dame qui te cherche.

"Elle s'appelle Griselda Blanco." Il a bl�mi.

"Tu vas la rencontrer dans deux heures."

Il s'est mis � trembler.

Une heure plus tard, ils sont arriv�s. Ils l'ont emmen�.

Le lendemain, je suis chez moi. Il est 16 h.

Elle d�barque chez moi. Ma femme faisait du poisson,

et elle d�barque comme si elle �tait chez elle.

Elle dit adorer le poisson, je dis � ma femme de lui en faire.

Elle mange et me dit comment ils l'ont tu�

et d�coup� en petits morceaux,

pendant qu'on d�nait.

J'ai dit : "De quoi vous parlez ? Vous l'avez tu� ?"

Elle a dit : "Oui, je l'ai tu�.

"Puis Tulio et Cubamba l'ont d�coup�

"et mis dans une petite bo�te,

"et emball� comme un cadeau avec un n�ud dessus,

"et on l'a laiss� pas loin, sur le Turnpike."

J'ai dit : "Dans mon quartier ?"

Elle a dit : "Oui, on allait au sud pour venir te voir.

"On s'est dit que c'�tait un bon endroit pour le d�poser.

"On l'a d�pos� sur le Turnpike."

J'ai dit : "Vous faites souvent �a ?"

Elle dit que oui, �a lui pla�t.

Elle aime d�couper les gens et les jeter comme �a.

CENTAC esp�re aussi d�m�ler

les organisations de drogue de Griselda Blanco,

une femme flamboyante surnomm�e par les journaux colombiens

La Madri�a ou Marraine.

On ignore quand elle �tait � Miami.

S�rement en 78. On ignorait o�, bien s�r,

car c'�tait une fugitive.

On savait qu'elle dealait en quantit�.

C'�tait la plus grosse � l'�poque.

C'�tait la Marraine du commerce de coca�ne.

Sanguinaire, spectaculaire, ne prenait pas de prisonniers.

Elle est soup�onn�e de 15 meurtres

et se tient d�sormais cach�e.

1979, 80, 81 et 82, c'�tait les ann�es

o� elle a tu� dans le comt� de Dade.

Dans la culture tr�s latino,

il n'est pas habituel

qu'une femme soit � la t�te de sa propre organisation.

Elle devait �tre oblig�e d'�tre vraiment coriace.

Elle est consid�r�e comme tr�s dangereuse.

Elle appuiera sur la g�chette elle-m�me s'il le faut.

La police dit que Griselda Blanco

a commenc� il y a des ann�es par des cambriolages,

puis elle a d�marr� dans le commerce de la drogue

et a beaucoup tu� pour monter les �chelons.

Le r�le de Griselda Blanco est devenu pro�minent,

dans ce qu'on appelait les guerres de coca�ne.

Le premier homicide dans lequel elle est impliqu�e,

c'�tait Dadeland, en juillet 1979.

La police pensait que la fusillade de Dadeland n'�tait que des repr�sailles

pour un autre incident, ici sur le Turnpike de Floride.

La fameuse fusillade d'autoroute

o� des gens �taient sur la route,

se tirant dessus. Ces deux tueries sont li�es.

Trois mois avant Dadeland,

deux voitures de trafiquants colombiens

ont fait la course en se tirant dessus.

Quand la police a enfin arr�t� une des deux voitures,

ils ont regard� dans le coffre et ont trouv� un corps,

menott� et �trangl� � mort.

La police pense que la victime, Jaime Susco,

a �t� tu� sur commande de German Jimenez,

l'homme mort � Dadeland.

Beaucoup de gens ont pay� le prix

car ils se sont mis Griselda Blanco � dos.

Il y avait une affaire li�e � elle.

La police soup�onne en novembre 1980

� l'heure de pointe du matin, pr�s de l'a�roport de Miami,

que les assassins de la Marraine ont tu� une femme

nomm�e Graciela Gomez.

Graciela Gomez s'�tait mise la Marraine � dos.

Pas une bonne id�e.

Griselda �tait jalouse d'elle, c'�tait une belle jeune femme.

Des informateurs ont dit que Gomez avait vol� de la coca�ne,

et avait eu une liaison avec l'amant de la Marraine...

C'�tait sans doute quelque chose...

Deux erreurs fatales.

Elle �tait dans une Corvette, allant vers le nord sur Red road.

� un feu rouge. Le tueur de Griselda, Cubamba,

et un certain Zapata, la suivaient.

Elle savait qu'ils la suivaient. Elle les a reconnus.

Gomez a d�marr� sa Corvette,

des coups de feu ont �t� tir�s d'une voiture qui passait.

Ils ont rat�.

Elle a pris peur et a saut� hors du v�hicule,

est all� � un v�hicule arr�t�

devant elle, pour demander de l'aide.

Un couple, mari et femme,

lui ont permis de monter � l'arri�re de leur voiture,

ne sachant pas ce qui se passait.

Sous le regard horrifi� du pauvre couple,

l'assassin est arriv� � leur fen�tre passager,

les a pouss�s

et a tir� dans le si�ge arri�re.

Coup de feu � travers la vitre, tuant Graciela

� l'arri�re de la voiture de ce couple.

Puis ils sont retourn�s � leur voiture.

Ils n'ont pas couru � leur voiture.

Des t�moins ont dit qu'ils avaient march� jusqu'� leur voiture.

Le couple est descendu de voiture

pour �viter d'�tre bless�.

Mais c'�tait trop dur �motionnellement.

La femme avait senti l'arme � l'arri�re de sa t�te.

Elle avait fr�l� la mort.

On ne s'y attend pas

� 7 h 30 du matin.

Je me souviens que la femme

n'a jamais pu s'en remettre.

Je crois qu'ils ont m�me quitt�

Miami � cause de �a.

�a montre le culot de ces assassins,

et des trafiquants � Miami.

Ils pensaient pouvoir tout faire en ville.

Et souvent, c'�tait le cas.

La recherche des agresseurs continue.

On esp�re que les empreintes et les rapports de t�moins

m�neront aux deux hommes.

Ils �taient effront�s : "Vous nous aurez pas !"

�a marche un peu comme au Far West.

C'est pour �a qu'on les appelle les Cow-boys de la Coca�ne.

Bob Kaye, le procureur du comt� de Dade pour les homicides,

avait sa propre d�finition d'un cow-boy de coca�ne.

"C'est un Colombien," a dit Kaye

"en g�n�ral un ill�gal en Floride du Sud

"pour de la contrebande ou pour une vengeance."

La police pense que tous ces gens

entrent et sortent de Miami r�guli�rement.

J'en ai repr�sent� pas mal.

Ils venaient � mon bureau,

arrivant avec une caravane de Mercedes Benz.

Des gens arm�s... On se demande...

C'�tait des inculp�s ambulants.

Il y avait de sacr�s personnages impliqu�s avec Griselda.

- Elle avait une arm�e avec elle. - Elle avait Paco.

- Paco Sepulveda. Diego Sepulveda. - Toto.

Carlos Venegas. Alonso Ayala.

- Hugo. - Guillermo Velazquez.

- Cubamba. - Manteco.

Diego Escobar. Oscar Mario.

Jaime Bravo.

Ils faisaient ce qu'on leur disait,

mais c'�tait surtout des tueurs et applicateurs.

En gros, la s�curit�.

Riverito... Il est devenu l'applicateur pr�f�r� de Griselda.

Elle avait des ennemis. Certains lui devaient de l'argent,

d'autres avaient kidnapp� ses enfants en Colombie,

certains l'avaient trahie, arnaqu�e.

Elle n'oubliait et ne pardonnait pas. Elle vous aurait.

T�t ou tard, elle vous avait toujours.

La liste �tait pr�cise...

des gens qu'elle voulait tuer. Tous les meurtres.

Vous savez, la liste est tr�s longue,

et elle avait un prix pour chaque personne.

Oscar Piedrahita travaillait pour Griselda.

Il �tait responsable de toute l'exportation pour elle.

Mais une fois, il a enlev�

un de ses enfants, Oswaldo, en Colombie.

Il a exig� 5 millions de dollars en �change de son fils.

Elle lui a donn� 1 million de dollars,

il a rel�ch� son fils.

Puis il a disparu. Quand j'ai commenc� � bosser pour elle,

elle a parl� du type parmi les cinq premiers.

Elle a dit : "Si tu le trouves un jour,

"je veux que tu le tues."

Chaque jour, je lisais le journal.

Et j'avais lu dans le Miami Herald

la rubrique n�crologique.

Il y avait un petit article

sur un gamin qui s'�tait noy� dans une piscine.

Ils faisaient une veill�e dans leur maison de Miami Lakes

et en bas de l'article, �a disait qu'Oscar Piedrahita

�tait le p�re et donnait l'adresse de la maison.

Je me suis dit : "C'est trop facile."

J'ai pris ma voiture, j'ai appel� Griselda

et dit : "Il faut qu'on parle."

Je lui ai montr� l'article.

�a pouvait �tre lui,

mais il fallait qu'on me le montre

pour �tre s�r que c'�tait bien lui.

Elle a dit : "Je connais quelqu'un qui le conna�t bien."

Vers 18 h, on y est all�s.

Elle �tait avec moi.

Dario conduisait, elle �tait c�t� passager

et moi, derri�re. On a trois voitures diff�rentes.

Chicho est dans l'une avec Manteco.

C'est lui qui va le d�signer.

Alors on passe devant,

et on voit tous ces gens devant la porte,

sur le gazon de devant.

On s'est arr�t�s plus loin,

et j'ai parl� � Manteco et Oscar et Chicho.

Ils m'ont demand� : "Comment on s'y prend ?"

J'ai dit : "C'est tr�s simple.

"Tout le monde pleure, a du chagrin,

"allez devant et demandez-le.

"Quand il sortira, tuez-le."

Ils reviennent se garer.

Ils arrivent devant la maison, Chicho le demande,

Il y avait une dame.

Elle a dit : "Attendez, je vais le chercher."

Il est sorti quelques minutes plus tard.

Il est all� dans l'all�e. � ce moment-l�,

la mitraillette de Chicho �tait � c�t� de la voiture.

Tout le monde criait...

Puis on a pris l'I-26, et on est rentr�s.

C'�tait en premi�re page du journal...

Quand des assassins ont tu� Oscar Piedrahita,

ils ont mis plus de balles dans sa porte de garage

que dans son corps.

C'�tait triste, qu'il doive mourir

� la veill�e de son fils.

Mais il a choisi �a en cherchant cette femme.

J'aurais pu l'avoir 2 ou 3 jours plus tard,

mais ce n'est pas ce qu'elle voulait.

C'�tait triste, mais les affaires sont les affaires.

Miguel Perez et Nestor Garcia �taient des dealers, des associ�s.

Le plus jeune gamin de Griselda, Oswaldo.

Il leur avan�ait de la drogue � 250 $ les 28 g, je crois.

Ils l'ont manipul�,

ils trouvaient qu'il �tait si jeune.

Ils n'avaient pas r�alis� qui �tait derri�re le gamin,

et ils l'ont emb�t�.

Ils lui ont dit qu'ils refusaient de payer,

et d'aller se faire foutre.

Il a d� se dire : "Je l'emmerde,

"il va pas me trouver."

Mais il a eu tort.

Oswaldo est all� voir sa m�re et lui a dit. J'�tais l�

quand il lui a racont� toute l'histoire.

Griselda m'a dit : "Trouve-le et tue-le."

J'ai pos� des questions � Oswaldo � ce sujet.

Dis-moi o� tu as rencontr� ce type.

Il a dit : "Il m'a dit qu'il bossait � une pharmacie."

"O� �a ?" Il a dit : "Quelque part � Kendall."

J'ai dit : "Je reviens dans quelques jours."

J'ai pris un annuaire.

J'ai cherch� toutes les pharmacies de Kendall.

Y en avait plein. Trop.

Je suis retourn� le voir.

J'ai dit : "Tu te rappelles autre chose sur la pharmacie ?"

Il a dit : "Oui, elle est pr�s d'un commissariat."

Je suis all� voir un ami � moi qui �tait d�tective priv�.

J'ai demand� : "Tu connais une pharmacie

"ou un commissariat pr�s d'un centre commercial ?"

Il a dit : "Il y en a une, sur l'US-1 et la 200e Rue."

J'ai dit : "Non, c'est trop loin."

Il a dit : "Il y en a une autre

"sur Kendall Drive, pr�s du Turnpike."

J'y suis all�. C'�tait la premi�re.

Sur la 107e � Kendall Drive,

j'ai vu que le commissariat �tait juste derri�re.

C'�tait une pharmacie cubaine.

Je pensais �tre sur la bonne voie, alors j'ai appel� le gamin.

J'ai dit : "Tu l'as retrouv� pr�s d'ici ?"

Il a dit : "Oui, je l'ai rencontr� au restaurant chinois ici."

J'ai dit : "C'est sa pharmacie ici."

Le lendemain, on a install� une surveillance...

Toute la journ�e avec le petit, qu'il nous le montre.

J'allais abandonner, pensant que c'�tait une erreur.

Je montais dans la voiture pour partir.

J'avais un fusil de sniper.

Je le d�montais. Puis il a dit :

"C'est lui." J'ai dit : "Qui ?"

Il a dit : "Cette BMW. c'est bien lui."

Il s'est arr�t� devant la pharmacie avec deux gars.

Il est entr�.

Je savais qu'il ressortirait.

Une demi-heure plus tard, il est ressorti.

Il a commenc� � marcher, vers nous.

C'�tait une vieille Chevy Impala.

Quand il a mis la main dans sa poche de short,

il a sorti une cl� et m'a tourn� le dos,

il devait �tre � cinq m�tres de moi,

o� j'�tais gar�.

Je l'ai mitraill� dans le dos.

J'ai commenc� par viser le bas du dos

et jusqu'� la t�te. Puis j'ai tir�,

de gauche � droite. Et il est tomb�.

Personne ne savait rien, j'avais un silencieux.

Mais Toto, cet idiot, sort un .45,

et tire sur le type, mais sans silencieux.

Y avait un commissariat juste derri�re.

Le commissariat �tait juste derri�re la pharmacie,

alors on a eu un peu chaud.

On est partis sur Kendall Drive, vers l'est.

On est descendus de voiture, on l'a couverte, on en a pris une autre.

Environ 5 minutes apr�s 15 h,

la victime, identifi�e comme �tant Nestor Garcia

allait monter dans un v�hicule gar�

dans le parking d'un centre commercial

sur Kendall Drive et la 117e Avenue.

Une salve de coups de feu a �t� tir�e sur la voiture.

J'ai commenc� � y repenser.

Je me repassais la sc�ne dans la t�te.

Un ami � moi est venu et a dit :

"C'est les affaires."

Il a dit : "Je sais ce que tu ressens,

"j'ai ressenti �a aussi

"ma premi�re fois, mais �a va dispara�tre.

"La deuxi�me fois, tu ressentiras pas �a."

Je l'ai regard� : "Tu es s�r ?"

Il a dit : "Crois-moi, j'en ai fait plus de 50."

�a m'est rest�. Ce ne sont que les affaires.

� partir de l�, c'�tait les affaires.

Nestor Garcia a �t� tu� � Kendall.

Deux mois plus tard, ils ont d�termin�

qui �tait son associ�. C'�tait Miguel.

Miguel Perez a appris que Nestor avait �t� tu�.

Il s'est cach�, car il savait que c'�tait son tour.

Le gamin voulait que je trouve l'autre,

et j'ai dit : "Tu dois m'aider un peu."

Il ignorait o� il vivait.

Je savais juste qu'il avait une boutique.

J'ai dit : "O� ?" Il a dit : "� l'Omni."

Miguel avait un magasin de chaussures � ce centre commercial,

au centre-ville de Miami.

Le centre commercial international Omni...

Les Latins ont fait du complexe luxueux de l'Omni

leur quartier g�n�ral officieux.

Je suis d'abord all� � l'Omni. Tous les jours.

J'avais une description de Miguel Perez.

Un truc a attir� mon attention � la boutique,

et j'y suis entr�.

Trois Cubains parlaient.

C'est ce qui a attir� mon attention.

L'espagnol.

Je suis all� � une cabine pour appeler le petit.

J'ai dit : "D�cris-moi ce Miguel encore une fois."

Il me l'a d�crit exactement.

J'ai dit : "Je crois l'avoir trouv�."

Il l'a situ�.

Miguel Perez est sorti de la boutique,

s'est dirig� vers l'ascenseur.

Voil�. On y va.

On est mont�s dans l'ascenseur. Lui aussi.

J'�tais juste derri�re lui.

Ils allaient le tuer dans l'ascenseur du centre commercial.

J'allais le tuer.

J'allais le poignarder avec un pic � glace.

Je pouvais pas faire de bruit.

M�me un silencieux fait du bruit en bas.

Quelqu'un d'autre est mont� dans l'ascenseur.

C'�tait un policier.

On a mont� deux �tages,

et il est entr� dans un restaurant.

Quand il est sorti, ses gardes �taient avec lui,

alors on l'a laiss� partir.

Il est all� au parking. Il est mont� c�t� passager.

Le garde du corps conduisait.

On l'a suivi.

Il a pris la I-95 et ensuite l'US-1.

On �tait juste derri�re lui.

On �tait trois. Trois voitures.

Enfin, on a pris l'US-1 et Le Jeune Road, 42e Avenue.

Le feu passe au vert.

Je pensais qu'on passerait au feu mais j'ai dit : "Attends.

"S'il est coinc� au feu, on le tuera l�."

Voici l'intersection de Le Jeune Road et l'US-1.

Le probl�me, c'est que, en traversant la rue,

� notre droite, il y avait une voiture de police.

On regardait, on n'avait pas de silencieux.

J'avais une MAC-11 et l'autre type avait une MAC-10.

On s'est dit qu'on devait le faire sans le silencieux.

Il avait les vitres teint�es,

alors on a tous descendu les vitres en m�me temps.

On a tir�.

Ils l'ont mitraill� � mort,

en pleine intersection.

Il est mort sur les lieux.

D�s qu'on a tir�, le feu est pass� au vert,

tout le monde regardait.

Comme si c'�tait pas notre affaire,

on a avanc� comme tout le monde.

� quelques rues, on a abandonn� la voiture,

saut� dans une autre voiture et on est rentr�s.

Un quartier r�sidentiel de Kendall ce soir

est devenu le lieu d'un horrible meurtre.

On a re�u un appel vers 17 h 45 au bureau des plaintes.

Un appel anonyme indiquant qu'il y avait eu

un homicide � cette adresse.

Ils appellent �a le Kendall Six.

Six personnes tu�es dans une maison de ville.

Les corps ont �t� trouv�s dans un trois pi�ces tout neuf,

une maison de ville ici � Kings Court,

un quartier r�sidentiel de luxe

sur Kendall Drive.

Quatre hommes, deux femmes.

La cible d'origine �tait Nicolado.

C'�tait le cousin d'un autre gars. Ils l'appelaient Chino.

Ils ont �t� tu�s chez eux, � Miami Lakes, par Rafa.

Il �tait en guerre,

il essayait de se taper sa cousine.

Alors ils l'ont mis sur la liste.

Il n'avait rien fait � Griselda, mais puisqu'elle et Rafa

�taient si proches, des associ�s en affaires,

elle en a fait son affaire.

Ce sont ses hommes qui l'ont fait.

Je suis convaincu que Griselda l'a commandit�.

J'ignore qui �tait pr�sent.

Quand ils sont entr�s chez eux,

un des gars qui vivaient l�,

avait fait une petite f�te la veille.

Il y avait cinq autres personnes dans la maison.

Il y avait une autre femme et trois hommes de plus.

Mais une fois qu'ils y �taient, on pouvait pas faire marche arri�re.

Dans toute affaire comme le Kendall Six,

avec un groupe,

en g�n�ral, il y a une victime cibl�e.

Et quatre, cinq, ou deux ou trois personnes

au mauvais endroit au mauvais moment.

Tout le monde a �t� tu�. Tous les six.

Les six personnes ont �t� tortur�es et tu�es,

y compris la femme de m�nage.

Ce meurtre montrait ce que la police craignait le plus.

En visant une cible,

les assassins �taient pr�ts

� tuer tous les autres pr�sents.

C'est beaucoup arriv� en Colombie.

D�sormais, �a arrivait � Miami.

Les journaux Medellin savaient qui �taient les victimes,

des jours avant que les autorit�s ne les identifient.

On sait qu'il y a six victimes.

Quatre hommes latins dans les 20 ou 30 ans,

et deux femmes latines d'une vingtaine d'ann�es.

La police n'a pas encore divulgu� comment les victimes ont �t� tu�es.

Les quatre hommes sont morts par balles,

et les deux femmes ont suffoqu�.

Elles ont �t� emball�es avec du scotch,

et elles ont suffoqu�.

Et un b�b� a �t� laiss� vivant.

Aucun mal n'a �t� fait au b�b�,

mais il a �t� retir� de la maison,

et non laiss� l� avec des cadavres.

Je crois me souvenir

que c'est la s�ur de Rivi qui s'est occup�e du b�b�.

Les inspecteurs ont peu d'indices sur le petit gar�on

que la police identifie comme Andres.

Pour l'instant, la priorit� est de trouver l'enfant.

�a a fait les gros titres.

Six morts et un b�b� disparu ?

C'�tait digne de la premi�re page.

On esp�re que s'il a �t� enlev�,

ils r�aliseront qu'� seulement 13 mois,

il ne peut les identifier, il ne peut parler...

Quelqu'un m'a contact� au sujet du probl�me.

Le b�b�.

J'ai dit � la personne :

"Si vous �tes arr�t�s avec ce b�b�,

"vous allez �tre accus�s au minimum

"d'enl�vement, sinon des six meurtres",

car le b�b� �tait leur seul indice.

Peut-�tre le d�poseront-ils en lieu s�r,

et qu'on pourra au moins

avoir le retour de l'enfant sain et sauf.

Le lendemain, il y avait un appel de Colombie

� la police de Miami,

leur disant o� trouver le b�b�.

Ils l'ont trouv� dans un centre commercial, sur un banc.

Un autre crime qui n'a jamais �t� r�solu.

La police � Miami n'a aucun suspect sur six ex�cutions

Je me pr�parais � aller � New York

pour y travailler.

Il y avait deux voitures dans l'all�e :

un break et une Corvette...

Une de mes Corvette.

Je chargeais mes bagages

dans le break pour aller � l'a�roport.

Mon fils est mont� dans le break,

a d�marr� et chang� de vitesse. Et la voiture,

le break, a roul�,

et ma fille �tait coinc�e entre les deux voitures.

Elle s'est fractur� le bassin, des c�tes, les jambes...

On s'est pr�cipit� � l'h�pital,

et j'ai appel� Griselda disant que je n'allais pas � New York

� cause de ce qui s'�tait pass�.

Elle a dit : "T'inqui�te pas."

"Oh oui", j'ai dit. "� l'h�pital,

"ils me demanderont mon assurance et tout."

Je n'avais pas tout l'argent que je voulais.

Alors je l'ai dit � Griselda. Elle a dit : "Ne t'inqui�te pas.

"Tu bosses pour moi.

"Quand on bosse pour moi, tout �a est compris."

Ce n'est pas juste l'argent,

mais son aide,

je ne l'oublierai jamais.

Je l'aimais bien.

J'allais � New York, et j'ai manqu� de prudence.

On avait deux mitraillettes, une Mac-10, une Mac-11,

plusieurs armes avec silencieux.

On a tout mis dans une valise.

J'ai fait �a.

On est arriv�s � l'a�roport,

et ils m'ont d�pos�.

La femme de Chicho est venue avec nous

et Chicho portait la valise,

mais elle �tait assez lourde.

�a se voyait.

Je suis all� au comptoir et j'ai parl� � la fille,

lui ai dit qu'on avait une r�servation

sur un vol pour La Guardia.

Elle a soulev� la valise. Elle �tait si lourde,

elle a dit : "Mon Dieu, qu'y a-t-il l�-dedans ?"

J'ai dit : "Des v�tements et des livres."

Elle a appel� quelqu'un pour la mettre sur le tapis.

Quand le gars l'a prise, je l'ai regard�

et je l'avais vu en arrivant.

C'�tait pas un employ� de l'a�roport. J'ai dit � Chucho :

"Il faut se s�parer. Le type est flic,

"la fille, agent f�d�ral, et je n'en vois pas d'autres."

J'�tais plant� l�.

Il �tait impossible de nous avoir tous.

Quelqu'un allait s'en sortir.

J'ai dit � Chucho : "Va � gauche,

"je reviens sur mes pas, et Tulio, va � droite."

Je prends le billet et je me retourne.

Quand je me retourne, comme � mon arriv�e,

elle est venue avec un autre gars.

Elle a dit qu'elle �tait d'ATF.

Elle a dit : "Vous devez venir avec moi."

J'ai dit : "Pour quoi, vous m'arr�tez ?"

Elle a dit : "Oui."

J'allais fuir, mais o� aller ?

Je n'avais pas mon arme.

J'ai dit : "D'accord, on y va."

Ils m'ont mis dans une pi�ce. J'ai dit : "Quel est le probl�me ?"

Elle a dit : "Vos bagages."

Il y avait une �norme table devant moi,

la valise �tait ouverte.

Chucho �tait l� aussi.

"C'est votre valise ?"

J'ai dit : "Non, ce n'est pas la mienne."

Les deux mitraillettes �taient sorties,

et les chargeurs �taient hors des mitraillettes,

mais les balles �taient encore dedans.

J'aurais pu les attraper.

Ils nous ont arr�t�s,

nous ont emmen�s � la prison du comt� de Brevard.

On avait une caution de 150 000 $ chacun.

Le lendemain, Luis Casuso est venu.

Il avait la r�putation de repr�senter des Colombiens.

Les trafiquants colombiens ont tant d'argent,

qu'ils peuvent facilement payer leur caution.

Le t�moignage entendu est

une tactique pour que le juge ne baisse pas la caution.

Cardona a �t� lib�r�e sous caution baiss�e � 1 million de dollars.

Elle et deux s�urs se sont enfuies en Colombie

et sont d�sormais de retour dans le commerce de la coca�ne.

Quand il est entr�, je savais qui c'�tait.

Il a dit qu'il �tait l� pour nous repr�senter tous les deux.

Avec les Colombiens, on est pay� en liquide.

Il y avait toujours du liquide, des billets de 100 $.

La somme d�pend de l'affaire.

Il y a ce mythe dans le comt� de Dade,

de gens entrant avec des sacs de billets.

1 million de dollars p�sent environ 9 kilos.

Une bo�te � chaussure, un Snickers...

On l'emballe comme un cadeau,

on le met sur le si�ge arri�re.

Vous l'ouvrez, comptez devant lui,

et c'est parti.

Ce qu'il doit faire avec cet argent, il le fait.

Il venait dans mon bureau

et mettait des armes sur mon bureau.

Il savait ce qui se passait.

Je suis son avocat, et il me parle de choses

que je ne veux pas entendre,

car s'il essaie de m'impressionner...

�a ne marche pas.

Parfois, je lui demandais : "As-tu vu Untel ?"

Et : "Tu le cherches ?"

J'ai dit : "Et comment que je le cherche."

"Non, je l'ai pas vu."

Je ne veux pas le savoir,

je ne veux pas entendre :

"On a tu� ce type l�, et ici,"

donc je l'interrompais.

Il disait : "Bon, je vais d�poser une motion

"pour une fin de non-recevoir,

"mais je dois d'abord vous sortir de l�."

On avait un garant.

Ils avaient achet� une maison, et ils mettaient

leur maison en caution,

mais seulement pour l'un de nous.

J'ai dit : "Non. On est arriv�s ensemble, on repart ensemble."

Le garant a dit : "On m'a ordonn� de vous sortir d'ici."

J'ai dit : "Chicho, je reviens te chercher.

"Je reviens dans quelques jours."

Je suis sorti et j'ai dit � Griselda :

"Je dois sortir Chucho de l�."

"Mais c'est qui ?" J'ai dit : "C'est mon meilleur ami."

"Alors, � toi de voir.

"Tu l'as amen�, sors-le de l�."

J'avais cet argent...

Je blanchissais l'argent.

Elle refusait de payer sa caution.

Elle voulait pas le sortir de l�,

car il ne faisait pas encore partie de l'�quipe.

Il s'est mis en p�tard.

Sa femme... Elle habitait chez nous,

la plupart du temps avec ma femme.

Et elle lan�ait des vannes,

des menaces que si on ne le sortait pas,

elle irait au FBI,

et moucharder sur tout le monde,

et qu'elle avait un livret sur tous les meurtres

que Griselda avait commandit�s, et de tous ceux que j'avais commis.

J'ai dit : "Tu sais quoi ? C'est tr�s d�licat,

"tais-toi et d�tends-toi, il va sortir.

"S'il sort pas, on le fera s'enfuir, mais relax."

Elle a dit : "Dis � ta patronne

"que si mon mari n'est pas sorti cette semaine, j'irai au FBI."

Je la suivais d�j�.

Partout o� elle allait, on la suivait.

Si elle s'approchait d'un commissariat, on l'aurait tu�e.

Je l'ai dit � Griselda.

Elle a dit : "Tu aurais d�

"la tuer sur le moment."

J'ai dit : "Oui, je n'ai pas le choix,

"je dois tuer la femme de mon meilleur ami."

Je lui ai dit que Griselda voulait lui parler. On est all�s � un h�tel.

On buvait au bar.

Je n'arrivais pas � la tuer.

J'ai demand� � Oscar, et un autre gars,

et ils ont dit : "Non.

"Je ferai pas �a."

On a repris la voiture pour rentrer.

En g�n�ral, je conduis, et j'ai lanc� les cl�s � Oscar,

en disant : "Conduis, je me mets derri�re."

En voyant �a, elle a demand� ce qui se passait.

"Tu vas te mettre derri�re moi

"pour pouvoir me tirer une balle par-derri�re ?"

J'ai dit : "Non, J'ai pas envie de conduire."

Elle a dit : "N'importe quoi, je te connais trop bien.

"Tu laisses personne conduire.

"Il se passe un truc." J'ai dit : "Il se passe rien."

Elle a dit : "Si tu dois tirer,

"que ce soit bien l� derri�re la t�te."

J'ai dit : "Si tu veux, je conduis."

Elle a dit : "Non, t'inqui�te, je suis pas inqui�te."

� une rue de la maison, elle a �t� tu�e.

Son corps a �t� jet� pr�s de chez nous.

La voiture �tait pleine de sang.

La balle est pass�e � travers son front

et � travers le pare-brise. C'�tait la pagaille.

J'ai couvert la voiture.

On avait toujours des b�ches pour les voitures.

Le lendemain matin, elle m'a appel�.

J'ai dit : "C'est fait."

"Bien." Chicho avait appel� � la maison.

J'avais dit � ma femme de dire qu'elle n'�tait pas l�.

Apr�s 17 h, il a rappel�, et j'ai r�pondu.

Il m'a demand� o� �tait sa femme.

J'ai dit : "Je sais pas, je l'ai pas vue."

Il a dit : "Tu es s�r que tu ignores o� elle est ?"

J'ai dit : "Non, je sais pas.

"Je l'ai vue hier soir, elle allait quelque part."

Puis il a dit : "Je l'ai vue � la t�l�."

J'ai dit : "Quoi ?" Il a dit : "Je l'ai vue � la t�l�."

Sur Coral Way et la 132e Avenue,

le corps d'une femme non identifi�e

a �t� trouv� pr�s de la route.

"Tu l'as tu�e !"

J'ai dit : "Je ne sais pas de quoi tu parles."

Il a dit : "Tu l'as tu�e, c'�tait toi."

Il a dit : "Je me vengerai."

Je n'ai jamais eu de nouvelles de lui apr�s �a.

Carlos Nossa, on l'appelait Manteco,

mantequilla, beurre, car il �tait tr�s blanc.

Il avait les yeux verts, avait l'air am�ricain.

On �tait comme des fr�res.

Griselda ne l'aimait pas trop.

Elle disait souvent qu'il �tait trop gourmand,

qu'elle ne lui faisait pas confiance.

C'est aussi pour �a qu'ils ne savaient jamais o� elle vivait.

J'�tais le seul � savoir o� elle vivait.

On m'a appel� cet apr�s-midi-l� chez elle.

Griselda a dit : "�tais-tu � l'Omni ?

"Es-tu tomb� sur quelqu'un ?"

J'ai dit : "Oui, je suis tomb� sur Cacheton."

Cacheton �tait un de ses clients.

"Et qu'a-t-il dit ?"

"Il avait un boulot important si je voulais,

"un double meurtre,

"qui valait beaucoup d'argent.

"Plus que ce que j'avais jamais gagn�."

Elle a dit : "Sais-tu s'il a parl� � quelqu'un d'autre ?"

J'ai dit : "Je crois. Je l'ai vu parlant � Manteco."

Elle a dit : "Devine quoi ?

"Le meurtre qu'il voulait que tu fasses, c'�tait moi et Dario.

"C'est ce qu'il veut."

Il devait devoir beaucoup d'argent � Griselda.

Elle a dit : "Tu dois t'occuper d'eux deux.

"Si tu ne peux pas, dis-moi,

"et j'enverrai mon �quipe le faire."

Manteco �tait mon meilleur ami.

Tuer mon meilleur ami.

� ce jour, je n'ai pas la preuve

que Manteco allait vraiment la faire tuer.

J'en doute fort,

car on �tait trop bons amis.

Avec elle, un doute lui suffisait.

C'�tait dur, surtout avec ma fille.

Ma belle-fille, Lisa, qui avait 9 ans,

elle �tait plus maline que la plupart des enfants.

Elle avait vu des armes,

elle voyait des gars venir � la maison, arm�s,

et elle a commenc� � poser des questions.

Ce n'�tait pas facile.

Beaucoup de l'argent que je gagnais,

je le donnais � ma belle-m�re.

J'avais un compte � Panama, et j'�conomisais pour mes enfants.

Mais je n'ai jamais pens� que j'irais en prison.

Je pensais que je serais tu�.

C'est ce que je pensais chaque soir en me couchant.

"Ce sera peut-�tre demain.

"Je serai dans une fusillade, ou je me m�fierai moins,

"et quelqu'un de plus malin que moi

"me mettra une balle dans la t�te,

"dans un restaurant..."

C'est presque arriv� plusieurs fois.

C'est pour �a que je vivais pleinement,

car c'�tait peut-�tre mon dernier jour.

Papo Mejia �tait un applicateur pour Griselda.

Apparemment, il l'avait arnaqu�e et �tait parti seul,

et c'est une des choses qu'elle n'oubliait et ne pardonnait pas.

Elle �tait d�sormais en guerre.

Il y a une dispute en ce moment

qui feraient honte aux Hatfield et aux McCoy.

Elle perdait beaucoup de gens,

alors elle m'a demand� si je pouvais trouver de l'aide.

Elle a dit : "Assure-toi

"qu'ils sachent dans quoi ils se lancent.

"Ne m'am�ne pas deux idiots comme Manteco et Chicho."

Je n'ai rien dit.

J'ai dit : "Oui, j'ai deux amis � Chicago,

"ce sont des Marielitos."

Ils ne rigolaient pas.

Elle a dit : "C'est ce qu'il me faut."

Ils avaient une r�putation

de gens tr�s dangereux.

L'un d'eux, Guillermo Foralis, ils l'appelaient Pepe.

Je lui ai dit : "Tu n'as qu'� venir jusqu'ici."

Il est venu, et j'ai dit : "Tu as d'autres amis ?"

Il a dit : "Oui, j'en ai un." Il m'a envoy� Miguel Perez.

"On �tait en prison ensemble � Cuba.

"On a fait beaucoup de trucs � Cuba."

J'ai dit : "Il serait capable de tuer quelqu'un ?"

Il a dit : "Oui, il l'a d�j� fait."

Miguelito ? Oui.

C'est une photo prise de lui

peu apr�s son arriv�e ici en 1980 par le Mariel.

C'�tait un voyou.

Un des types les plus effrayants

que j'aie jamais rencontr�s de ma carri�re.

Il �tait intimidant physiquement.

Plus grand que Rivi, plus fort physiquement que Rivi.

Le genre de gars qu'on regarde

en se disant

qu'il pourrait p�ter un plomb � n'importe quel moment,

et vous briser le cou.

Je pensais que ce serait plus sympa d'avoir deux gars de plus,

deux Marielitos et un Cubain...

"C'est ton �quipe et tu en es responsable."

Miguelito en gros bossait pour Rivi.

Une fois arriv� ici,

il s'est av�r� efficace et impitoyable,

et ils l'ont utilis� pour tout...

L'homicide Johnny Castor...

La victime a 3 ans,

semble �tre un gar�on latin avec blessures par balles.

Ils visaient son p�re,

mais ont rat�, et ont tu� l'enfant.

Tu�, car il �tait assis � c�t� de son p�re,

qui �tait colombien

et une cible des cow-boys de la coca�ne.

Miguelito �tait pr�sent.

Ainsi que pour les ex�cutions

d'un homme et une femme 6 mois plus tard.

Le double homicide Lorenzo,

o� les enfants ont �t� laiss�s sur les lieux

avec les cadavres des parents,

et Miguelito �tait bel et bien pr�sent pour �a.

Le fait qu'un b�b� soit laiss�

rampant sur le corps ensanglant� de sa m�re...

Je ne connais rien de plus ignoble.

Vraiment.

On pense que Miguel Perez �tait impliqu�

dans ces meurtres,

mais aussi dans un autre sur un terrain de foot � Miami Lakes.

O� le meurtre s'est abattu en 1980 COMT� DE DADE

Ces meurtres du terrain de foot ont eu lieu � un moins d'intervalle.

Le corps a �t� retrouv� ici � 15 m�tres.

Sa voiture �tait gar�e sur le parking.

Un sujet latin inconnu s'est approch�

et lui a tir� une balle � l'arri�re de la t�te.

C'�tait Edgar Restrepo.

C'�tait notre deuxi�me homicide du terrain de foot

en quelques mois.

On les appelait Pele 1 et Pele 2.

Je trouvais �a grossier,

mais c'�tait un autre meurtre de Griselda Blanco,

tout comme l'homicide du terrain de foot le mois pr�c�dant.

Les deux meurtres ont �t� commis

par Miguel Perez, Miguelito.

Ceux sur les lieux...

Un policier a dit :

"Les terrains de foot ne sont plus des lieux s�rs."

Mais je crois que tout Miami n'�tait plus un lieu s�r.

Un autre a �t� tu� � la douane � l'a�roport,

par un homme en moto.

Deux gars sont venus en scooter et l'ont tu�.

Bienvenue � Miami.

Un 3e a �t� assassin� dans un grand magasin bond�.

L'homicide Octavio Mejia,

connu sous le nom de Monomica.

Quand Mejia a quitt� le centre commercial,

ils lui ont tendu une embuscade. Ils ont tir� plusieurs fois.

Une autre victime soup�onn�e

de Griselda Blanco et Paco Sepulveda.

L'enl�vement Marta Gomez...

Ils lui ont tir� une balle � l'arri�re de la t�te.

Mais un peu trop bas, elle a surv�cu.

C'�tait un autre...

accrochage dans le conflit Griselda Blanco-Mejia.

La guerre reprenait,

et cette fois, c'�tait en Colombie.

En Colombie, tant de sang a �t� vers� dans des disputes

entre les familles de la drogue.

Une guerre qui a d�j� fait 100 morts,

certains des spectateurs innocents.

Il y a eu beaucoup de tueries l�-bas.

Medellin en Colombie, o� il n'est pas rare d'avoir

12 meurtres par jour.

C'est le foyer de bien des assassins et victimes,

qui finissent � Miami.

J'�tais en Colombie � chercher Papo.

Rafico a r�pondu au t�l�phone,

parl� � quelqu'un, puis il a dit :

"On sait o� il est."

J'ai dit : "Qui ?" Il a dit : "Papo.

"C'est � une heure d'ici."

On a pris nos armes, nos voitures...

On est all�s au Aldo Caf�.

Ils �taient dix, on �tait dix.

On en a tu� trois. �a a dur� une heure.

Sur le week-end de trois jours de No�l,

il y a eu 35 meurtres ici.

En banlieue, pendant un week-end de janvier,

les corps de 11 victimes ont �t� trouv�s dans des poubelles.

Je rentrais � Miami vers 14 h.

Ils voulaient me voir � Miami Lakes.

C'est tr�s important.

Alors je vais � Miami Lakes,

� la boutique de la femme de Max Mermelstein,

Cristina Fashions.

J'entre. Tout le groupe est l�.

Griselda, Dario...

Je leur demande ce qui se passe.

Elle dit que Papo Mejia est dans le prochain vol pour Miami,

mais � une heure.

"Pourrais-tu aller le chercher � l'a�roport ?"

J'ai dit : "Non, pas l'a�roport,

"c'est une mission suicide, je les �vite.

"Je le prendrai dehors."

Puis elle a dit :

"Non, je veux qu'il soit tu� dans l'a�roport."

J'ai dit non.

Elle m'a offert un demi-million de dollars.

Elle a mis la main sous une table,

et m'a tendu une ba�onnette, de 40 cm.

Je crois que c'est Max qui l'avait achet�e

dans une des boutiques de l'arm�e.

Elle �tait vieille, rouill�e.

Elle voulait qu'il soit poignard� � mort,

et parce que c'�tait un porc, surnomm� Le Porc,

ils voulaient le tuer comme un porc.

J'ai accept�.

J'ai dit : "Tr�s bien, mais je ne le ferai pas l�-bas."

Alors elle a dit :

"On a quelqu'un d'autre qui veut bien le faire."

J'ai dit : "Qui ?" Elle a dit : "Miguel Perez."

J'ai dit � Miguel : "Je veux venir avec toi,

"aller en voiture avec toi � l'a�roport.

"Je veux aller � l'a�roport avec toi.

"Une fois qu'on t'aura montr� la cible, � toi de jouer."

Le meurtre au couteau de Papo Mejia,

Papo �tant bien s�r le grand ennemi de Griselda Blanco.

Papo Mejia avait un pl�tre du genou � la cheville.

Il regardait partout.

Il cherchait ses ennemis, il nous cherchait.

En sortant de la douane,

un homme l'a tu� � coups de ba�onnette.

C'est dingue, et �a a donn� �a

car il s'est fait prendre.

On �tait dans la voiture, on rentrait,

et j'ai dit � Dario :

"Je le dis depuis le d�but."

Il a dit : "Tu crois que Miguel va parler ?"

J'ai dit : "Il parlera pas, mais il est dans la merde."

Je ne connais aucune autre organisation

li�e au nombre d'homicides

remontant � Griselda. Aucune.

O� le meurtre a frapp� en 1980

Le nombre de dossiers des guerres de la coca�ne �taient �norme.

Je n'avais jamais boss� si dur de ma vie.

C'est ce qui nous fait tenir. Le caf� cubain.

Les trafiquants de drogue ont plus de main-d'�uvre

et d'�quipement que la police.

Et constamment, on allait sur les lieux,

sur les affaires, en proc�s.

Ils savent qu'ils perdent la bataille,

car ils n'ont pas le personnel ou l'�quipement

pour avoir le dessus sur les trafiquants de drogue.

S'ils me demandaient de combien de gens j'ai besoin ?

Je ne pourrais m�me pas leur dire.

Il y a tant d'homicides et si peu de flics.

Beaucoup de flics en ont eu marre.

J'en ai assez.

Je suis l� depuis 10 ans, j'ai enterr� 8 flics.

C'est rien si quelqu'un vous tire une balle et vous tue.

Tout le monde est triste, puis vous enterre,

et la vie continue.

J'envisage de partir en d�cembre.

Je fais mes 10 ans et je m'en vais.

Et quand je quitterai la Floride du Sud,

je me ficherai de savoir si elle va d�river vers le sud.

Je m'en fiche d�sormais.

Il a dit : "Et merde, je me tire" et il est parti.

Deux fois plus de policiers que normal sont partis

de la police de Miami cette ann�e.

On cherchait d�sesp�r�ment � engager des flics

pour remplir ces postes.

Metro et la police de Miami

poussent pour remplir les postes

libres suite � un taux de d�missions record.

Metro a m�me engag� une soci�t� ext�rieure

pour aider � stimuler le recrutement de minorit�s.

Avant, on ne prenait que les meilleurs,

maintenant, on prend tout ce qui se pr�sente.

Beaucoup ont �t� engag�s pour devenir policiers,

alors que dans des circonstances ordinaires,

on ne les aurait pas engag�s.

En juillet 1985, une enqu�te de triple homicide

a commenc� quand trois corps ont �t� retrouv�s

pr�s du chantier naval Jones, sur la rivi�re de Miami.

Trois corps flottant dans la rivi�re de Miami,

dans ce qui semblait �tre un homicide presque de routine.

Deux nuits avant,

un bateau �tait d�charg�

de 200 kilos de coca�ne.

Six individus en uniforme ont fait une rafle du bateau,

et il y avait six d�chargeurs sur le bateau.

Ils ont tous saut� dans la rivi�re, o� se trouve cette Marina.

Trois ont surv�cu. Trois autres, non.

Trois se sont noy�s,

et ont fait surface deux jours plus tard.

On n'a pas mis longtemps � d�terminer

qu'ils �taient impliqu�s dans du trafic,

qu'ils �taient Latinos, c'est devenu une affaire CENTAC en une semaine.

En 1985,

les cambriolages �taient un crime courant

ainsi que les arnaques par des gens se faisant passer pour la police.

On a pr�sum� que c'�tait le cas.

Que des gens avaient achet� des uniformes...

Ils sont dealers.

On a eu un appel de l'inspecteur Louis Alberti

disant qu'il avait un agent en uniforme dans son service

qui avait des informations sur cette affaire.

Vers 23 h, on y est all�s

pour parler avec cet agent, Armando Estrada.

Il est devenu �vident

rapidement que les informations

donn�es par l'agent �taient erron�es,

et il �tait clair qu'il essayait de nous d�router.

On a tous deux su instinctivement

qu'il y avait une affaire de corruption polici�re,

plut�t que de gens se faisant passer pour la police.

Des all�gations de corruption sans pr�c�dent

au sein de la police de Miami.

On a v�cu la plus grosse crise de corruption polici�re

depuis l'�poque de Serpico � New York.

On d�testait.

La derni�re chose qu'on veut faire,

c'est enqu�ter sur d'autres flics.

Mais �a doit �tre fait, donc voil�.

Sept policiers ont �t� arr�t�s.

Certains accus�s d'avoir caus� les noyades dans la rivi�re,

d'avoir escroqu� des dealers, complot� pour tuer,

intimid� des t�moins sur leur soi-disant crime.

Quelques mois apr�s, le scandale a �clat�.

Rudy Arias est pass� de pr�venu � informateur,

avouant ses crimes

et donnant les noms de 60 autres flics

qui �taient pourris selon lui.

Deux nouvelles mises en examen sont attendues ce mois-ci

dans l'affaire des Flics de la rivi�re.

Et d'autres mises en examen sont attendues apr�s �a.

Les Flics de la rivi�re essaient d'ouvrir la porte

aux passages d'accords.

Rodolfo Arias se serait av�r�

�tre un excellent t�moin.

Il a donn� des informations sur des dizaines de flics.

18 anciens policiers inculp�s,

quatre devenant t�moins du gouvernement,

deux en cachette,

huit plaidant coupables avant ou durant leur proc�s,

un d�clar� coupable, et un autre qui va au proc�s.

Entre-temps, 20 anciens policiers de plus

font l'objet d'une enqu�te par Miami,

Metro Dade ou des agents du FBI, passibles de poursuites

au tribunal d'�tat ou f�d�ral.

Les inculpations �taient incroyables, choquantes.

L'affaire la plus choquante que j'aie vue.

Meurtres, destruction cr�ative des cadavres,

intimidation des t�moins, blanchissage d'argent,

extorsion, trafic de drogue,

des centaines de kilos de coca�ne...

Et c'�tait tous des policiers

accus�s d'avoir fait �a.

Il n'y avait plus ni loi ni ordre.

Il faut prendre la guerre contre la drogue au s�rieux.

Sinon, on a se retrouver avec le Vi�t-Nam ici,

o� on va gagner la guerre

ou alors on va abandonner.

Ils vont attendre que la fille d'un s�nateur

ou le neveu d'un d�put� se fasse enlever.

Car ils croiront que le politique a soutenu

une loi qui ne leur est pas b�n�fique.

Et l�, qu'est-ce qu'on fait ?

On a besoin d'une r�action brutale ici,

au fait que les gouvernements soient li�s au trafic de drogue,

il faut qu'ils soient sanctionn�s.

On devrait tous faire un effort pour les isoler

du monde civilis�.

Paula Hawkins... Elle faisait beaucoup de vagues

pendant les guerres de la coca�ne, quand Reagan �tait ici avec Bush...

Max a commenc�, � montrer le journal � Griselda,

au sujet de Paula Hawkins faisant des discours

sur le commerce de la drogue et ceci cela.

On �tait chez Max et Griselda a dit :

"Je veux tuer cette salope."

J'ai dit : "Qui �a ?"

Elle a dit : "Cette garce, Paula."

J'ai dit : "Paula Hawkins ? Elle est s�natrice."

Elle a dit : "Ouais, je veux que tu la tues."

J'ai dit : "Moi ? Non, je refuse."

Elle a dit : "Je te paierai bien." J'ai dit : "Je m'en fiche."

C'est trop risqu�.

Si elle est tu�e... On ne peut plus

se cacher, quand on a tu� un s�nateur.

Elle m'a demand� si c'�tait faisable. J'ai dit : "C'est faisable.

"C'est une personne. C'est faisable."

Elle devait faire un discours � la Nouvelle-Orl�ans.

Ce discours �tait trois semaines plus tard.

En Colombie, �a fait partie du quotidien,

mais aux �tats-Unis, on avait jamais parl�

de tuer un pr�sident ou un s�nateur... Ni un juge.

Juste des avocats. �a, on en parlait tous les jours.

Max insistait.

"Tu sais, Rivi devrait le faire.

"Rivi est l'homme id�al, c'est un bon tireur d'�lite,

"ceci, cela..." J'ai commenc� � dire � Griselda...

J'ai dit : "Si c'est fait,

"tes affaires vont tomber � l'eau.

"Il n'y a nulle part o� se cacher, nulle part au monde.

"Ils vont te pourchasser le restant de tes jours.

"Ils te cherchent maintenant, mais c'est rien compar�

"� ce qui se passerait.

"J'ai parl� � Griselda, � Dario."

Je les ai raisonn�s, j'ai dit : "Oubliez �a,

"ce sera mauvais pour les affaires."

Je crois que c'est un des plus graves probl�mes

auxquels on doit faire face de fa�on interne aux �tats-Unis.

Il va falloir cesser de traiter

ce probl�me national qui a lieu dans cette r�gion,

comme un probl�me local, et fournir les ressources

l'argent, les gens, et les agents ici pour y faire face.

Ils commen�aient � en avoir marre

du vice-pr�sident Bush � Miami, et tout �a.

Pour ceux qui viennent ici avec leurs armes automatiques

et leur Learjet et leurs bateaux pay�s en liquide,

c'est le prix � payer, car les profits sont si �normes,

on peut les retirer, les trouver, les cacher, les arr�ter.

La ville en avait assez, le gouvernement f�d�ral aussi.

Ils ont fait venir des d�tachements sp�ciaux,

ils ont fait venir la cavalerie.

Ils ont fait venir des policiers d'�tat,

pour patrouiller dans les rues de Miami.

J'esp�re et je prie pour que ces gens

soient condamn�s � la peine de mort,

pour servir d'exemple au reste de la culture de la drogue

en Floride, montrer qu'on ne le tol�rera plus.

Pas de piti�.

La Navy a pr�t� deux avions � radar.

L'Arm�e a pr�t� des h�licopt�res de combat.

La guerre est faite dans l'Atlantique.

Navires et avions, une combinaison de choc,

pour stopper le trafic de drogue.

L'Op�ration Hat Trick est le Jour J de notre guerre contre la drogue.

Des navires et avions militaires avec des agents narcotiques � bord

suivaient des contrebandiers soup�onn�s.

Cela devrait faire plaisir aux forces de l'ordre.

�a fait longtemps qu'ils essaient d'obtenir plus d'aide

de l'arm�e dans la guerre contre la drogue.

Tout contrebandier arrivant sur la c�te

des �tats-Unis, sera d�sormais

appr�hensif de ne pas pouvoir passer.

Les arrestations faites par le d�tachement ont mont� de 27 %.

Les saisies de drogues ont augment� de 50 %.

Il y avait trop de police, on en parlait trop � la t�l�.

Puisqu'elle avait des affaires en Californie aussi,

j'ai dit � Griselda qu'on devrait partir un petit moment.

Elle a dit : "Oui, bonne id�e, en plus,

"on ouvre un nouveau passage vers la Californie."

Maintenant qu'on sait, avec le recul,

qu'elle a quitt� la r�gion vers 1984,

on a vu le taux d'homicides beaucoup baisser � cette �poque.

Les efforts par le d�tachement antidrogue

font dire aux officiels ailleurs dans le pays

qu'ils ont plus de probl�mes de contrebande de drogue,

alors que la coca�ne passe par d'autres endroits,

loin de Miami.

Le r�seau colombien s'est �tendu � Los Angeles,

o� selon la police, les saisies de coca�ne

sont plus importantes que jamais.

Face au fait que toute l'organisation

a d�m�nag� en Californie, et que je suis un agent de Floride,

j'ai d� convaincre mes sup�rieurs que �a valait le coup

que j'enqu�te sur une affaire en Californie.

J'avais dit que si je l'attrapais un jour,

je l'embrasserais sur la joue.

Ce que Mickey a apport� n'�tait qu'une partie.

Je ne le disais jamais � Mickey si je faisais bosser quelqu'un

d'autre, car j'ai essay� d'autres gens aussi.

On bossait avec Barry Seal. Il �tait d'un autre groupe.

Barry avait �t� pilote de la TWA,

et pilote de guerre au Vi�t-Nam avant �a.

D'entre tous, Barry �tait

le meilleur pilote que j'avais vu de ma vie.

Il a gliss� dans le march� de cartel colombien

comme expert en livraison.

Il s'est impliqu� dans les armes,

l'argent, la drogue, par des vols

arrivant et repartant de Managua au Nicaragua,

o� il �tait prot�g� par le pr�sident du Nicaragua.

Barry Seal avait l'op�ration la plus incroyable que j'avais vue.

Je ne suis pas contrebandier de drogue.

J'ai dit : "Prouve-le."

Barry n'avait peur de rien.

1 000, 1 500 kilos de coke, c'�tait une blague pour lui,

c'�tait pas un probl�me.

Barry bossait de la Louisiane.

Il pouvait bosser au pied lev�.

Il s'en fichait. Il prenait son avion,

et il descendait. Il jetait 1 000 kilos dans l'avion,

et revenait en Louisiane.

Il atterrissait dans un a�roport normal. Il avait un entrep�t.

Ils avaient des rampes � l'arri�re qui s'ouvraient,

et on pouvait y avancer des v�hicules.

On pouvait mettre des tonnes dans ces v�hicules.

Barry s'est fait prendre sur un chargement et ne l'a dit � personne.

Il a pass� un accord,

en tant qu'informateur f�d�ral confidentiel.

Ils le laissaient partir et ils installeraient des cam�ras

dans son avion. Ils voulaient qu'il filme

un chargement, rapportant la coke ici,

et le film aussi.

Il a accept�.

L'Arm�e a fait venir les camions,

les sacs pleins de coca�ne.

Ils ont �t� charg�s dans l'avion

par des soldats cubains et sandinistes.

Il a pris de super photos.

Barry Seal a pu prendre des photos pendant la mission

d'un trafiquant de coca�ne international,

d'officiels gouvernementaux et de soldats sandinistes,

chargeant la coca�ne dans l'avion.

Des officiels haut plac�s du gouvernement du Nicaragua

sont impliqu�s dans le trafic de drogues.

� la t�l� nationale, le pr�sident Reagan

a montr� cette photo en disant : "Voici Pablo Escobar,

"chargeant de la coca�ne dans un avion."

Cette photo a �t� prise en secret sur un terrain d'aviation

en dehors de Managua, et montre Frederico Vaughan,

le bras droit de l'un des neuf commandantes,

qui dirigent le Nicaragua, chargeant un avion

de narcotiques ill�gaux destin�s aux �tats-Unis.

Les photos ont �t� faites par Barry Seal.

Il est ainsi devenu le t�moin cl� dans l'affaire de drogue

la plus importante de Floride du Sud.

Seal a aussi dit � une Commission du pr�sident sur le crime organis�

combien c'est facile de faire rentrer de la coca�ne.

Ma premi�re exp�rience a �t� avec la marijuana,

mais je me suis vite mis � la coca�ne, car c'�tait si facile � transporter,

et � cause des profits.

C'est l� qu'il y a eu de l'eau dans le gaz pour Escobar et Ochoa.

Pas des Colombiens.

Les Colombiens s'en contrefichaient.

Mais ce gouvernement qui donnait de l'argent � la Colombie,

a commenc� � mettre la pression sur eux.

Seal coop�re d�j� avec des agents antidrogue � Miami,

o� c'est un t�moin cl� dans l'une des enqu�tes

les plus importantes de l'histoire de la Floride du Sud.

En attendant, il y a toujours des questions sans r�ponses

dans l'enqu�te de B�ton-Rouge.

Il y avait un juge � B�ton-Rouge en Louisiane,

qui n'aimait pas le fait

qu'un juge f�d�ral � Miami soit l'arbitre final

du destin de M. Seal.

Un jury d'accusation � B�ton-Rouge

enqu�tent sur les activit�s de Seal depuis 15 mois.

Aujourd'hui, Seal a �t� mis en examen pour complot

pour poss�der et distribuer 209 kilos de coca�ne,

avec une valeur de rue d'environ 168 millions de dollars.

En �change de la coop�ration de Seal,

le d�partement de la Justice lui permettra de plaider coupable

des accusations d'aujourd'hui, et recevra

ce qui revient � une simple r�primande.

J'ai conclu exactement le genre d'accord

que je voulais conclure.

Quant � savoir s'ils sont satisfaits, il faudra leur demander.

Malgr� de nombreux arguments, ce juge en Louisiane

refusait d'annuler l'ordre de six mois de r�sidence surveill�e,

qui �tait un ordre qui ne signifiait rien,

en termes g�n�raux.

On disait que le juge savait

ou aurait d� savoir qu'en ordonnant

o� cet homme devait �tre

et � quelle heure il devait venir et partir,

il signait son arr�t de mort.

Et c'est ce qui s'est pass�.

La chose grisante dans la vie pour moi,

c'est d'�tre en danger de vie ou de mort.

C'est �a, qui est excitant.

Les Colombiens ont dit � Max, "Ce gars est un mouchard,

"il faut l'�liminer,

"car il parle et r�v�le tout sur nous."

Max est venu me voir en disant : "�coute,

"les Colombiens veulent payer 250 000 $

"pour faire tuer ce type.

"Je connais tes amis de New York. Que les Guin�ens..."

Ils les appellent les "spaghetti boys"...

"Que les spaghetti boys butent Barry Seal."

Je suis all� � New York, j'ai parl� � mon oncle.

Mon oncle a dit : "D'accord, tu auras deux gars demain.

"Emm�ne-les et montre-leur o� aller."

J'ai appel� Max, lui ai dit : "T'inqui�te pas.

"Tout est arrang�, Max."

On a pass� deux jours en Louisiane.

On leur a montr� o� vivait Barry Seal,

les hangars o� il bossait � l'a�roport...

On leur a tout montr�.

Tout le temps o� j'�tais l�-bas,

je n'ai pas vu Barry Seal une seule fois.

Une semaine plus tard, mes amis m'ont dit :

"D�sol�s, celui qui le butera va se faire prendre.

"Il a toujours un entourage d'agents du gouvernement.

"Impossible

"de buter ce type sans se faire prendre."

Max l'a dit � Rafa, et Rafa a p�t� un plomb.

"C'est fini pour vous.

"Vous travaillerez plus

"car vous pouvez m�me pas buter ce type."

"Je peux pas.

"J'ai personne d'autre, que pouvais-je faire,

"prendre des gars de la rue pour le buter ?

"Je ne peux rien faire."

Max a perdu les faveurs des Colombiens,

car il ne pouvait pas buter ce type.

Max a tent� de me faire porter le chapeau.

Pendant un temps, les Colombiens �taient en col�re contre moi.

� tel point qu'on ne bossait plus.

J'avais tr�s peur � ce moment-l�,

de me faire buter moi-m�me,,

car je ne pouvais pas faire ce qu'ils me demandaient.

Rafa est venu chez moi,

il est venu avec Fabito Ochoa.

Fabito �tait mon ami.

Je tra�nais avec lui, on courait ensemble.

Et Fabito a dit : "Eh bien, ma famille est en p�tard."

J'ai dit : "Pourquoi ?"

Il a dit : "Tu peux pas buter ce type pour nous ?

"Tu ne comprends pas les probl�mes qu'il va nous causer."

J'ai dit : "Fabito,

"celui qui le fera va se faire prendre.

"C'est impossible autrement.

"Si vous voulez le faire, trouvez des Indiens

"� envoyer l�-bas, et je te le dis d'avance,

"ils vont aller en prison."

Quand j'ai dit �a � Fabito, �a lui a suffi.

Il est rentr�,

et a arrang� les choses avec sa famille,

et ils ont d�cid�, en toute stupidit� comme toujours :

"On va s'en charger nous-m�mes."

Et c'est ce qu'ils ont fait.

Hier soir, la chance a tourn� pour Seal.

Il a �t� tu� par balles

devant un foyer de l'Arm�e du Salut � B�ton-Rouge,

o� on l'avait condamn� � passer la nuit

pendant 6 mois au sein de sa libert� conditionnelle.

Seal avait refus� d'entrer

dans le programme de protection des t�moins du gouvernement.

L'assassinat a �t� assign� � Kubaba

qui bien s�r a accept� de commettre le meurtre.

Quatre Indiens... Ils les ont mis dans un avion,

envoy�s en Louisiane,

et ils ont d� lui faire cent trous dans le corps,

devant le foyer, et ils se sont fait prendre.

Cinq Colombiens ont �t� pris

fuyant la sc�ne du meurtre de Barry Seal.

Ils �taient faciles � rep�rer � B�ton-Rouge.

Le FBI et la Drug Enforcement Agency ce soir

essaient de savoir qui a commandit� l'assassinat

d'un des informateurs cl�s du gouvernement

dans la guerre antidrogue.

Un juge f�d�ral

a involontairement facilit� l'ex�cution

d'un t�moin f�d�ral crucial.

Dans la mesure o� nous avons pu l'�tablir,

toutes les jurisprudences et l�galit�s ont �t� mises en �uvre

dans toute l'enqu�te concernant M. Seal

et son implication...

Il y a eu beaucoup de conjectures

MISE EN EXAMEN DIT QUE LE CARTEL A TU� L'HOMME.

� ce sujet, � cause de l'implication de M. Seal avec la CIA

et l'effort communiste du Nicaragua,

et ce qu'il savait et aurait pu savoir.

Cela a mis fin

� un chapitre important des poursuites du cartel.

La Drug Enforcement Administration pense

que Seal a �t� assassin� pour l'emp�cher de t�moigner

ici � Miami, contre un trafiquant

colombien de haut-niveau,

que les �tats-Unis tentent de faire extrader d'Espagne.

F�D�RAUX VEULENT L'EXTRADITION D'UN PILIER DE LA DROGUE.

Max ayant des ennuis...

C'�tait le d�but de la fin.

Max avait eu une mauvaise exp�rience avec DeLorean,

car c'�tait lui qui avait donn� � DeLorean

la coke avec laquelle DeLorean s'�tait fait prendre.

L'ann�e pass�e, le fabriquant auto John DeLorean

a �t� arr�t� pour trafic de drogue.

DeLorean avait dit qu'il voulait de l'argent

pour sauver sa soci�t� en difficult�.

Les revendeurs locaux disaient

que la DeLorean �tait devenue l'Edsel des ann�es 80,

et ne se vendrait qu'en pi�ce de collection.

Max savait qu'il avait un probl�me.

Il aurait d� la fumer, mais il ne l'a pas fait.

Il ne pensait pas que �a lui reviendrait.

Comment pouvait-il s'en sortir ? Il ne pouvait pas penser :

"J'ai donn� 400 kilos � ce type,

"ces gens tombent comme des mouches, et �a va pour moi.

"C'est moi qui leur ai donn�e. Il ne m'est rien arriv�."

DeLorean mis en examen, paye 10 millions de caution

Il devait forc�ment savoir qu'il aurait un probl�me.

Puis ils l'ont arr�t�.

C'est la derni�re fois qu'on a vu Max.

J'avais des millions de dollars

enterr�s dans des sacs poubelle dans mon gazon.

Ce soir-l�, j'�tais avec ma lampe de poche,

� d�terrer des sacs d'argent,

car j'avais peur qu'ils viennent.

Je vivais dans les Everglades.

J'ai saut� dans mon cano�, avec environ...

6 � 8 millions de dollars, jet� dans le bateau,

et j'ai pagay� jusqu'� l'autre c�t�,

et je les ai enterr�s aux Everglades,

pensant qu'ils viendraient chez moi.

Personne n'est venu. Il ne s'est rien pass�.

Personne ne pensait qu'il y aurait un probl�me.

Mickey et tout le monde disait :

"Je n'ai vu aucun probl�me

"avec le dernier avion qui a atterri.

"Tout semblait bien aller."

J'ai dit : "D'accord,

"alors continuons jusqu'� ce qu'on sache."

Jon disait qu'il n'y avait aucune raison de s'inqui�ter.

On pensait que Jon �tait si malin.

C'est la v�rit�.

20 septembre 1986

Je me souviens du 20 Septembre

car je n'arrivais pas � dormir.

Cette nuit-l�,

je travaillais avec Mickey et son �quipe.

Comme je ne pouvais pas dormir,

j'ai d�cid� d'aller dans une salle de radio

qu'on avait ici � Miami pour surveiller l'avion arrivant.

Notre voyage pr�c�dent serait le dernier.

On a d�cid� d'arr�ter � ce moment-l�,

car on avait fait assez d'argent.

Pourquoi toujours prendre plus de risques ?

T�t ou tard, ils vont gagner,

et �a a �t� le cas.

C'�tait un voyage normal.

La seule chose inhabituelle

qui aurait d� nous mettre la puce � l'oreille,

c'est que la radio �tait tr�s silencieuse.

Ils savent qu'on �coute tout.

� vrai dire, j'ai regard� autour de moi en arrivant,

car j'�tais encore parano pour Max,

et je n'ai rien vu.

Rien du tout.

Tout s'est pass� comme d'habitude.

L'avion a atterri, je me suis dit : "Encore un bon voyage.

"Je rentre chez moi. Je me sens bien."

Et d�s que l'avion a atterri,

et qu'on est entr�s dans la grange, ils sont arriv�s en h�licopt�res

et plein de gens ont bondi avec des armes partout.

C'�tait une saisie simultan�e, Tampa et Miami.

Ils sont entr�s, tout en noir,

portant des lunettes de vision nocturne et des masques.

Je me suis dit : "Quoi ? Je suis de retour au Vi�t-Nam ?

"C'est dingue."

Je suis sorti par-derri�re...

Je n'allais pas lancer une fusillade...

Apr�s une petite confrontation avec un des gars...

"� terre et tais-toi."

"D'accord."

Ils m'ont regard�, et je n'oublierai jamais :

"Roberts, qu'est-ce que tu fiches l� ?"

J'ai dit : "J'ai foir�."

Il a dit : "Tu as foir�.

"On serait venus chez toi plus tard.

"Mais l�, tu nous as facilit� la t�che."

J'ai dit : "J'arrivais pas � dormir."

Il a dit : "C'est dommage."

En arrivant en ville, j'ai entendu � la radio :

"Ils tirent. Il y a des coups de feu...

"C'est la guerre."

J'ai dit : "Que se passe-t-il ? �a me concerne ?"

"C'est ton avion, ta ferme.

"Il y a des coups de feu, ils tirent."

Ils couraient partout, tiraient des coups de feu.

"Ton ami nous tire dessus."

"Mon ami ?" "Mickey."

J'ai essay� de br�ler l'avion.

Mickey avait une fus�e �clairante. Autour de l'avion,

il y avait des r�servoirs d'essence,

utilis�s pour ravitailler l'avion avant qu'il ne reparte.

J'en ai renvers� un...

Mickey voulait s'enfuir, il a tir� la fus�e �clairante.

Je suis all� au marais.

J'ai regard� le spectacle toute la journ�e.

Ils ne le trouvaient pas.

Ils l'ont pourchass� dans les bois toute la nuit.

Max Mermelstein devient un t�moin

et veut parler,

entre autres choses, des meurtres � Miami.

On va d�briefer ce gars...

Et franchement, au d�but,

je ne croyais pas 75 % de ce qu'il disait.

C'�tait trop extravagant.

Je me suis pr�sent� et il a dit :

"On s'est d�j� rencontr�s." Moi : "De quoi vous parlez ?

"On se conna�t pas."

Il m'a rappel� qu'on �tait all�s dans une maison � Miami Lakes

des ann�es avant, cherchant � fouiller sa maison.

Il nous a dit d'aller voir ailleurs.

Le monde est petit.

Pouvez-vous dire votre nom complet pour le dossier ?

Max Mermelstein.

Max nous a donn�s.

Si je comprends bien, de 1981 � 1985,

vous travailliez � plein temps pour le cartel,

et avez import� des quantit�s �normes de coca�ne

aux �tats-Unis.

Combien de coca�ne avez-vous

import� durant cette p�riode ?

Durant cette p�riode,

entre 55 et 56 tonnes de coca�ne sont pass�es entre mes mains.

Entre 55 et 56 tonnes.

Je l'ai dit � Jon. Il ne m'a pas �cout�.

Je lui avais dit d�s le d�part que Max �tait faible,

qu'il moucharderait t�t ou tard,

� un moment donn�.

C'est pour �a que je voulais tant le tuer.

Mais ils ne m'ont pas laiss� faire.

Je travaille surtout sous les ordres des fr�res Ochoa.

Avez-vous d�j� rencontr� les fr�res Ochoa ?

Oui.

Et Escobar est l'autre nom que vous avez mentionn�.

Pablo Escobar, oui.

Pablo Escobar.

La premi�re information que vous avez donn�e au gouvernement,

c'est que les fr�res Ochoa et leur organisation

avaient un contrat par lequel ils payaient pour kidnapper

et/ou tuer Barry Seal.

Cela m'a �t� dit directement par Fabio Ochoa Junior

et Rafael Cardona, ainsi que Pablo Escobar, personnellement,

qu'il fallait l'enlever ou le tuer.

On ne m'a pas demand� de le faire. On m'a ordonn� de le faire.

Le gouvernement n'avait aucune id�e,

et s�rieux, sans Max Mermelstein...

je ne crois pas qu'ils nous auraient eus.

Il a rempli les blancs.

Ils ne savaient pas o� �tait la ferme.

Ils ne savaient rien de nos voyages. Ils ne savaient rien.

Max �tait comme un fr�re.

Je n'aurais jamais pens� qu'il ferait �a.

Ils sont venus le lendemain et ont fait sauter le portail,

ils ont saisi la maison.

On a pu saisir des biens d'une valeur

de 130 millions de dollars en Floride.

Et Max nous a accus�s, Mickey et moi.

Quand j'ai lu l'acte d'accusation, je me suis dit : "Bon Dieu."

J'ignorais qu'il bossait vraiment

avec le cartel.

J'ignorais que Rafael �tait dans le cartel,

j'ignorais tout �a.

Je ne dis pas que je ne savais rien.

Je dis juste que personne n'avait r�alis� l'ampleur

de l'implication de Jon.

C'est un trip, quand on gagne tant d'argent,

on devenait si puissants qu'on...

Rien ne pouvait arriver.

Chaque fois que je lui parlais, elle disait : "Non,

"tu avais tort, ce n'est pas un mouchard."

Je disais : "Il travaille pour la police.

"C'est pour �a que je t'approche pas. Tu vas aller

"en prison, mais je n'irai pas avec toi."

"Viens � Los Angeles." J'ai dit : "Non.

"Je suis bien ici."

On a rep�r� une petite maison qu'ils avaient lou�e.

On savait qu'elle �tait dans la r�sidence,

on a couvert le devant et l'arri�re, et on y est all�s.

Je suis mont�, je l'ai trouv�e assise sur le lit,

lisant la Bible.

Je me suis approch� d'elle.

J'avais mon arme en main.

�a lui a fait un choc.

On aurait jamais pens� qu'elle �tait

une folle criminelle violente.

J'ai dit : "Hola, Griselda."

Elle a dit : "No Griselda. Me llamo Betty."

J'ai dit : "Non."

Puis je lui ai fait un bisou sur la joue,

comme je l'avais promis aux agents

bien des mois avant.

Selon la police, elle serait responsable

de 200 meurtres.

Ils l'ont arr�t�e chez elle.

Quelques jours apr�s, ils ont arr�t� ses enfants.

Tout s'est effondr�, vous savez ?

Maintenant, c'�tait chacun pour soi.

Tout le monde �tait en prison, sauf moi.

Et ils me recherchaient.

Vers le 15 d�cembre, je faisais profil bas.

Mon fr�re a frapp� � la porte.

Il a dit : "La police est en bas."

J'ai dit : "La police ? Que veulent-ils ?"

Il a dit : "Ils sont en bas."

Je l'ai suivi en bas. Ils avaient quatre pick-up noirs.

Ils prenaient toutes mes voitures.

J'avais deux Corvette, une Porsche et une Supra.

Ils les mettaient sur leur remorqueuse.

J'ai cri� au gars :

"Vous faites quoi avec mes voitures ?"

Le gars s'est tourn�, il portait un blouson.

Au dos, �a disait : "Agent sp�cial, DEA."

J'ai dit : "J'ai rien dit. Vous inqui�tez pas.

"Elles sont pas � moi."

Je suis retourn� dans la maison.

J'avais un kilo et demi pour mon usage priv�.

Je l'ai jet� dans les toilettes.

J'ai mis le silencieux sur mon arme...

Et je l'ai jet� dans l'eau, car je vivais dans la baie.

J'ai remis l'arme. Un .45.

Ils avaient laiss� une voiture. Quand j'ai rencontr� ma femme,

elle avait une Mazda. Ils n'y ont pas touch�.

J'ai dit � mon fr�re ; "Allons nous faire arr�ter. Tant pis."

On a pris l'ascenseur. On est sortis, il faisait noir.

Y avait personne. On est mont�s en voiture.

Je commence � rouler. Je demande � mon fr�re si...

Il a dit : "Y a personne derri�re nous."

On arrive � l'a�roport. Un flic arrive.

Un petit, 1,70 m. Il crie mon nom.

"Jorge Ayala. Je vous arr�te."

J'ai fait semblant de pas l'entendre.

Je marchais, mais il avait peur.

Ils savaient qui j'�tais.

Il a pas attendu les renforts, il voulait jouer les h�ros.

Il crie encore.

"Toi, en veste rouge." Je me suis retourn�.

J'ai dit : "Vous me parlez ?"

Il a dit : "Oui, toi, tu es en �tat d'arrestation."

J'ai dit : "Pour quoi ?"

Il a dit : "On te le dira plus tard."

J'ai commenc� � rire.

J'ai dit : "Allez vous faire foutre."

J'ai couru, et le chien m'a rattrap�.

Ils nous ont mis en garde � vue � la prison du comt�.

Et depuis, je suis en prison.

Apr�s que Max a coop�r�, les pilotes ont coop�r�,

les gars au sol aussi.

Tout le monde t�moignait,

passait des accords pour r�duire sa peine.

J'�tais devenu le centre d'attention,

car c'�tait moi qui mettais la coke dans l'avion pour lui.

Ils allaient me condamner � 30 ans.

Pas la peine d'�tre un g�nie

pour deviner que c'�tait le moment

de se barrer de l�...

Je suis all� � une audience de caution, ils ont dit :

"Pas de caution, oubliez." Et voil�.

Une semaine plus tard,

Dick Gregory vient avec deux agents du FBI :

ce gars, Joe Walsh,

qui dirige l'affaire, et un autre agent.

Ils ont dit : "On veut vraiment Munday."

Il les avait humili�s en tirant la fus�e �clairante

et tout �a...

Ils pensaient qu'il voulait le tuer.

Alors j'ai dit : "Si vous me donnez une caution,

"je vous aider � avoir Mickey."

Je vais voir le fr�re de Mickey.

J'y suis all� sans leur dire que j'y allais.

Je suis sorti en douce, d�guis�,

et j'ai dit au fr�re de Mickey :

"�coute-moi, tu dois travailler avec moi,

"Je ne leur donnerai jamais Mickey,

"mais ils doivent croire pendant les deux prochains mois

"que je vais leur avoir Mickey,

"et tu dois m'aider � y arriver,

"car j'ai besoin de temps pour m'organiser,

"car je me tire d'ici.

"Et j'aiderai Mickey avec ce qu'il voudra."

Mickey avait besoin de papiers.

C'�tait un fugitif, et il savait que je pouvais lui avoir des papiers.

"Dans une semaine, je te donne tout,

"les documents qu'il te faut pour que Mickey vive

"sous une autre identit�."

Le fr�re de Mickey le dit � Mickey, qui dit : "Super."

"Il sait que tu le d�nonceras pas. C'est d'accord."

Il a fallu une semaine ou deux.

Il fallait que je m'organise.

Heureusement, ils avaient ma photo

de mon permis de conduire.

J'ai une dr�le de t�te, mais la photo est tr�s mauvaise.

J'ai tout organis�,

j'allais retrouver le fr�re de Mickey.

J'ai pass� un appel, le FBI �coutait.

"Quoi de neuf ?

"Je te retrouve demain au resto Denny's."

"D'accord pour Denny's." Donc je le retrouve.

Il sait qu'ils me suivent. On parle.

Et j'avais un micro,

ils enregistraient tout, et tout se passait bien.

Je reviens � eux. Et ce type :

"Bien, tu bosses avec nous."

Il a dit : "Eh bien, je vais te dire.

"Je te trouverai, o� que tu sois, si tu te barres."

"Pourquoi croyez-vous que je vais me barrer ?"

"Max nous a dit que tu racontais des bobards.

"Que tu ne vas pas coop�rer, que tu vas te barrer."

Je me dis : "Max voit enfin

"juste pour une fois."

Mais je ne vais pas leur dire.

J'ai fait durer avec les rendez-vous, ils me suivaient,

et le suivaient nulle part.

La derni�re fois qu'on allait le voir, j'ai dit :

"Il va amener son fr�re,

"et vous allez l'avoir."

Le plan que j'avais avec le fr�re de Mickey,

c'�tait de rencontrer un type qui ressemblait

� Mickey, et quand ils rencontraient ce type,

c'est l� que tout le monde allait s'approcher.

�a a march�. Ils ont converg� sur le fr�re de Mickey

et cet autre pauvre type, qui ne savait m�me pas

ce qui se passait.

Ils ont dit : "On te tient."

Je regardais. Et Joe Walsh : "Ce n'est pas Mickey Munday."

Ils sont devenus fous. Ils m'ont attrap�.

J'ai dit : "De quoi vous parlez ?

"J'ai fait tout ce que j'�tais cens� faire,

"et maintenant, comment je vais vous avoir Mickey ?"

C'�tait mon issue.

Que j'avais essay� de coop�rer, mais que c'�tait arriv�.

Ils m'ont dit : "On devrait t'enfermer."

J'ai dit : "Pourquoi ? Si j'allais me barrer,

"je l'aurais d�j� fait.

"Vous deviez m'aider, j'ai essay� de vous aider.

"Mon proc�s arrive � Tampa,

"Je serai l� pour le premier jour de mon proc�s."

J'ai dit : "Vous avez int�r�t de m'aider."

"D'accord."

Au premier jour de mon proc�s, j'�tais parti.

Je me suis barr� si vite, trois jours avant mon proc�s.

J'�tais en Colombie.

J'avais mon argent au Panama,

et de l'argent en Colombie, l'argent n'�tait pas un probl�me.

Ils ont envoy� un avion. Je suis mont� dedans.

Je suis all� en Colombie, et pendant une semaine, �a a �t�.

Je vivais dans une ferme, une des fermes de Rafa.

C'�tait super, j'avais des domestiques,

des femmes,

tout, � manger, un cuisinier.

Et tout � coup,

je me suis r�veill� un matin

et ils ont dit : "Vite, dans la voiture."

On est sortis, et j'ai entendu...

J'ai regard� autour de moi, partout, il y avait

des gars du gouvernement tirant sur la voiture.

Les gars de Rafael tiraient sur leurs voitures.

On est sortis de l�, et ils m'ont emmen� � une autre ferme.

�a a dur� pendant des semaines.

C'est quand le gouvernement am�ricain

a fait pression sur les Colombiens, en disant :

"On ne vous donne plus d'argent",

qu'ils ont essay�

de b�cler une tentative de mesures r�pressives.

Une autre approche de mise en �uvre de la loi

requiert une plus grande coop�ration

entre les autorit�s am�ricaines et colombiennes.

Il faut que le D�partement d'�tat soit actif

S�N. LAWTON CHILES D�MOCRATE FLORIDE

en informant tous les pays d'o� viennent les drogues,

et nous allons �valuer notre relation avec eux

en fonction de ce qu'ils font pour combattre la drogue.

La guerre a commenc� en Colombie,

et j'allais d'un endroit � un autre.

J'ai fini par dire � Mike : "Je peux pas,

"c'est dingue. J'aurais d� rester en prison."

Tous les jours, il y a des armes, des mitraillettes.

J'avais des amis au Mexique. Je suis all� au Mexique

et ils m'ont dit : "Tu deviens citoyen mexicain,

"et tu peux vivre ici, pas de probl�me."

J'ai v�cu l� un moment, c'�tait super.

Mais le gouvernement avait une id�e en t�te.

Le gars a commenc� par "Les 10 plus recherch�s d'Am�rique."

Ils ont mis une photo de moi,

et ils ont offert une r�compense pour ma t�te.

Je savais que c'�tait ma fin,

car ils offraient de l'argent,

et les Mexicains n'avaient rien.

Je savais que c'�tait une question de temps.

Ils m'ont mis dans une prison,

m'ont donn� un cuisinier, trois cellules,

des r�frig�rateurs, une salle de sport.

J'y suis rest� 11 mois � me battre avec le gouvernement,

et j'ai fini par perdre,

et le gouvernement m'a fait revenir.

J'ai pass� un accord, et ils m'ont condamn� � 15 ans,

et pour moi...

Je me suis dit que j'en purgerais cinq,

mais c'est un peu un r�ve.

Je me souviens du jour o� il �tait

assis � pleurer comme un b�b�,

car il devait quitter tout ce qu'il aimait.

Je ne faisais de reproches qu'� moi-m�me.

Quand c'est l'heure, c'est l'heure.

Alors que des marchands de drogue �taient jug�s,

d�clar�s coupables, emprisonn�s, une chose remarquable a eu lieu.

Les commerces qu'ils fr�quentaient et soutenaient

ont commenc� � fermer leurs portes.

Toutes les bo�tes de nuit ont ferm�,

les concessionnaires de voitures ont fait faillite.

Les bijouteries. Et cet effondrement

a cr�� une nouvelle opportunit�.

La Ville magique fait un come-back

L'�conomie de Miami avait tenu gr�ce � des sp�culateurs

qui avaient gagn� gros dans le commerce de la drogue.

Si vous vendiez des voitures, vos ventes �taient pass�es

de 20 millions l'ann�e � 60 millions l'ann�e pendant 10 ans,

et il vous restait

un demi-milliard de dollars qui tra�nait.

La coca�ne a apport� beaucoup d'argent � la ville.

92 multinationales ont d�m�nag�

leurs si�ges d'Am�rique du Sud

� des lieux comme Coral Gables.

Ce qui a attir� d'autres investissements latino-am�ricains ici,

c'�tait la s�curit� relative du syst�me banquier am�ricain,

et c'est le point le plus proche

des �tats-Unis et de l'Am�rique latine,

c'est donc devenu un centre financier pour cette raison.

Ils pr�f�rent la Floride du Sud comme lieu pour d�penser,

se d�tendre et faire affaires.

Miami essaie de devenir une ville internationale

et elle �largit sa base �conomique

en finances internationales.

Miami est en pleine explosion.

Beaucoup de cet argent �tait de l'argent de la coca�ne,

mais je ne sais pas si c'est li�,

ou si �a se suit.

�a a construit la moiti� de la ville.

�a a construit les immeubles, les gratte-ciel.

J'allais bosser un jour, et en arrivant sur l'autoroute 95,

j'ai remarqu� la belle vue du centre-ville de Miami.

Et on a compt�

22 grues � l'horizon,

qu'on pouvait voir. J'ai dit :

"Je me demande quelle proportion vient de l'argent de la drogue ?"

Le commerce de la drogue a sauv� Miami par certains c�t�s.

Si vous regardez la ville, beaucoup de cet immobilier

a �t� achet� et pay� avec l'argent de la drogue.

Le commerce de la drogue a fait remarquer Miami.

Il n'y a aucune analogie � Miami

dans les ann�es 70 et 80,

comme � Chicago dans les folles ann�es 20.

Le lieu a pris un certain cachet.

C'est aussi Casablanca

car il y avait tous ces complots internationaux.

C'est devenu un nouveau Casablanca, le genre de lieu

o� on peut fr�ler le danger,

mais sans �tre bless�.

Soudain Miami semblait exotique, glamour,

m�me un peu dangereux.

Il y avait tout.

Puis il y a eu la s�rie t�l� Deux Flics � Miami.

Les dirigeants de la ville �taient mortifi�s

apr�s la guerre colombienne et Mariel et tout �a.

Mais il allait y avoir une s�rie t�l�

qui pouvait parler de tout �a.

Le probl�me �tait les touristes, si en regardant la s�rie,

�a leur donnerait moins envie de venir

� Miami Beach en Floride du Sud.

Mais ce que la s�rie a fait,

c'est qu'elle a glorifi� Miami.

Pas de tons naturels. Tout �tait magenta,

et de belles couleurs vives,

et �a en faisait un lieu s�duisant � venir visiter,

et tout � coup, Miami est redevenu une destination.

"Deux Flics � Miami" fait planer la ville

On a vu une r�surgence du tourisme.

On a vu ce changement.

South Beach, par exemple, est en transformation.

Des agences de mannequinat s'installent � South Beach,

South Beach explose en tant que destination.

Dans l'un des h�tels baln�aires les plus c�l�bres d'Am�rique,

c'est soudain � nouveau le printemps.

Miami Beach est de retour.

Ses grandes plages de sable sont � nouveau un terrain de jeu.

Avant, ce n'�tait que pour les gens �g�s,

ce quartier �tait un sale quartier.

Maintenant, c'est sympa.

Et �trangement, au fils des ans,

�a a sans doute aid� le tourisme.

C'est un endroit �trange en ce sens.

Je crois qu'on aurait pu avoir une renaissance

sans que tant de gens ne meurent.

J'aurais pu vivre sans,

et beaucoup d'autres auraient pu vivre

sans la contribution �norme de l'argent

dans cette communaut�.

�a a caus� trop de d�g�ts.

J'adore encore Miami,

mais je l'aime plus pour ce qu'elle �tait

avant les guerres de la coca�ne.

Enfin, qu'a co�t� la ville ?

Combien doivent mourir pour une belle ligne de toits ?

�a n'en valait pas la peine, trop de gens sont morts.

CENTAC 26 a �t� une grande r�ussite

et c'est dans sa r�ussite

que l'unit� a trouv� sa fin.

Raul, il �tait de CENTAC 26 et quand il est parti,

c'�tait bouleversant.

J'ai quitt� CENTAC suite � non pas une,

mais plusieurs enqu�tes dont je faisais l'objet.

Impliqu� dans des all�gations d'irr�gularit�s

avec un informateur.

J'ai fait l'objet d'une enqu�te

par toutes les agences du comt� de Dade,

� cause d'all�gations faites contre moi

par des gens que j'avais mis en prison.

Il �tait le c�ur et l'�me de l'escouade,

c'est certain.

J'ai �t� innocent� de tous m�faits

dans toutes les enqu�tes.

On m'a dit qu'un des probl�mes,

c'est que j'avais jet� une ombre vers le haut.

J'ai perdu la foi en le service, je suis parti,

et je suis devenu d�tective priv�,

et Dieu merci, �a a bien march�,

et je me sens bien.

Quand Raul Diaz a d�missionn� de la police de Miami-Dade

il a �t� engag� comme d�tective

par l'�quipe de d�fense Flics de rivi�re de Miami

Je suis revenu, car je le devais. Je n'avais pas le choix.

Quand je suis sorti, je ne l'oublierai jamais.

Je suis all� au Surfcomber,

et le premier matin, je suis all� � la plage.

J'�tais allong� l�, et une fille sort de l'eau

et alors qu'elle marche hors de l'eau,

je vois qu'elle n'a pas de haut.

Rappelez-vous que j'avais �t� en prison

11 ans, et je voyais une fille

sans le haut, et j'ai flipp�.

J'ai eu peur, j'ai accouru � ma chambre

et j'ai refus� d'en sortir

pendant une journ�e.

Qu'�tait-il arriv� au monde ?

Tout avait chang�.

Jon Roberts a �t� lib�r� de prison en octobre 2000.

Il est revenu � Miami, car sa libert� conditionnelle l'exigeait.

Beaucoup de gens...

ne sont plus l�.

Les amis avec lesquels j'ai grandi,

ils sont tous morts. Ils se sont fait tuer.

Rafa Cardona Salazar a �t� tu� par balles

dans sa concession de voitures de Medellin.

Ce que j'ai perdu l�-dedans : presque neuf ans, bien s�r,

et je dois encore rendre des comptes.

Mickey Munday est rest� fugitif pendant six ans

avant d'�tre captur� par les U.S. Marshals en 1992.

Il a �t� lib�r� de prison en 1999.

Si j'ai des regrets ?

Bien s�r, on a nui � beaucoup de gens.

� beaucoup d'amis, � cause de ce qu'on faisait.

Ils ont perdu du temps, ont fait de la prison.

Ce que j'ai surtout perdu, c'est...

en dehors du temps pass� en fugitif,

j'ai rencontr� une jeune femme merveilleuse.

� cause de �a, je l'ai perdue.

Je n'avais jamais rencontr� quelqu'un comme elle.

Peut-�tre qu'un jour, j'aurai la chance

de trouver quelque chose, mais je l'ignore.

C'est ce qui m'aura le plus manqu�.

Mais l'autre fa�on de voir les choses,

c'est que je ne l'aurais pas rencontr�e sans ce probl�me.

Si je n'avais pas eu mon fils,

je chercherais peut-�tre des moyens

d'arnaquer encore le gouvernement.

Mais ils sont si avanc�s d�sormais,

je ne veux pas retourner en prison.

C'est tr�s diff�rent maintenant.

Marx Mermelstein a �t�

le t�moin le plus important contre le cartel Medellin.

Il est rest� dans le Programme de protection des t�moins

jusqu'� sa mort d'un cancer en 2008.

� l'�poque, c'�tait une aventure incroyable.

On a fait des choses qu'on n'aurait jamais imagin�

pouvoir faire.

On verra.

Je vais mettre un mois pour r�cup�rer tout �a,

mais �a n'en vaut pas la peine.

Jon Roberts est mort d'un cancer en 2011.

M. Perez, vous avez trois inculpations de meurtre au 1er degr�.

Pas de caution.

Beaucoup des criminels Mariel arr�t�s

durant les ann�es 1980

ont �t� condamn�s � 10, 15, 20 ans.

Ils commencent � sortir maintenant.

Avec la provocation ad�quate,

qui sait ce qu'il pourrait faire ?

J'ai un appel d'un monsieur

qui veut que je passe quelqu'un au polygraphe.

On se retrouve quelques jours apr�s et il dit :

"�tes-vous Nelson Andrew,

"ancien inspecteur des homicides ?"

Je dis oui, et il dit : "Vous vous souvenez pas de moi ?"

Je sais pas.

Il dit : "Je viens de sortir de prison,

"j'ai fait 15 ans � cause de vous."

Miquel Perez a �t� lib�r� de prison le 4 mars 2008.

Il est sorti.

Il est sorti.

�a fait peur.

Je suis all� � Miami, j'ai plaid� coupable de trois meurtres.

Une peine � perp�tuit� pour chaque affaire, purg�e simultan�ment.

Je suis l� depuis.

Rivi a accept� de t�moigner contre Griselda Blanca

pour �viter la peine de mort.

Quand il a d�cid� de tout raconter

sur tous ces homicides diff�rents,

qu'elle avait commandit�s...

Elle �tait finie.

Elle �tait notre John Gotti.

Et Rivi �tait notre Sammy "Le Taureau" Gravano.

Rivi n'a pas �t� t�moin,

� cause d'appels sexuels avec des secr�taires

du bureau du procureur de Miami-Dade.

L'affaire de Griselda a �t� transf�r�e � Orlando, en Floride.

Le bureau du procureur du comt� d'Orange

a accept� d'annuler les inculpations de meurtres en �change d'un accord.

Personne ne m�rite davantage

la peine de mort qu'elle,

elle devrait dans le couloir de la mort.

Mais cela me r�conforte un peu

qu'elle soit en prison au moins jusqu'� ma retraite.

Je ne sais pas combien de temps,

mais elle sera encore en prison

tant que je serai flic.

Le Sgt Al Singleton a pris sa retraite

de la police de Miami-Dade le 30 juin 2003.

Griselda Blanco a �t� lib�r�e de prison le 3 juin 2004.

Le 7 juin 2004, Griselda a �t� expuls�e en Colombie.

Griselda Blanco qui avait 69 ans,

m�re de quatre enfants, vue ici

sur une photo judiciaire, est morte hier.

Tu�e par balles par un assassin � moto

alors qu'elle sortait de chez le boucher

� Medellin en Colombie.

Elle a pu �tre responsable

de 200 ex�cutions � Miami, New York,

et � Irvine en Californie.

LE 4 SEPTEMBRE 2012,

GRISELDA BLANCO A �T� ASSASSIN�E � MEDELLIN EN COLOMBIE.

Elle avait tant d'ennemis,

c'est fou qu'elle ait surv�cu si longtemps.

Ce matin, le tueur des Cow-boys de la coca�ne

Jorge Ayala �tait de retour au tribunal

esp�rant faire r�duire sa peine de prison.

Le juge nous a refus�

une audience � ce sujet,

pour savoir si le bureau du procureur

est revenu sur son accord de libert� conditionnelle

pour Jorge apr�s 25 ans de prison.

Les engagements envers M. Ayala n'ont pas �t� tenus.

J'ignore si c'est la notori�t�,

les Cow-boys de la coca�ne, ou autre,

qu'ils font payer � Jorge, mais il a rempli les termes de l'accord.

Il a mis sa vie, et celle de sa famille, en danger

en tenant t�te aux cartels colombiens

et en t�moignant contre eux dans les ann�es 80 et 90.

Maintenant qu'ils en ont fini avec lui,

parce qu'il aurait pass� des appels

ou eu des conversations de nature sexuelle

avec des secr�taires du procureur.

Ils veulent le jeter aux loups,

et le laisser mourir en prison,

� cause d'appels

pass�s il y a 20 ans.

Tout le monde doit oublier �a.

Jorge m�rite que l'accord soit respect�.

Il ne m�rite pas de mourir en prison.

Il a expi� ce qu'il a fait de mal.

SERVICE DE M�DECIN L�GISTE

DR JOSEPH H. DAVIS CENTRE DE LA M�DECINE L�GALE

� LA M�MOIRE DU DR JOSEPH H. DAVIS 1924-2013

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