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Zulu
Bouge pas !
Voichita !
Allez, calme-toi.
Alina...
Alina, l�che-moi. Les gens nous regardent.
C'est toi qui as �crit �a ?
Non.
On dirait ton �criture.
C'est le P�re qui l'a mis l'ann�e derni�re.
Je ne leur ai encore rien dit. N'en parle pas avant moi.
Pourquoi tu n'as rien dit ?
Le P�re a �t� occup�, j'ai pas eu le temps.
Tiens.
Une bougie �lectrique.
Merci mais on n'a pas l'�lectricit� ici.
Je la garde quand m�me, c'est joli.
C'est tout ce que tu as ?
J'ai donn� tout le reste.
T'as des valises ?
J'ai ces grandes sacoches.
Tu veux t'allonger un peu ?
Non.
Alors, viens te laver la figure.
- Je t'aide ? - Non.
C'est ma t�che, ici.
- Laquelle ? - Puiser l'eau.
Tout est tr�s bien organis� ici.
Le matin, Papa nous dit ce qu'on doit faire,
et Maman nous aide si besoin.
Vous l'appelez "Papa", le pope ?
Quand il y a du monde on dit aussi "mon P�re".
�a a �t� fait par le peintre qui devait peindre l'�glise.
Mais bon, c'est plut�t un essai.
Il y a plus eu d'argent,
et il a d� s'arr�ter l�.
Dommage.
Soyez b�nies.
Que Dieu soit avec vous.
- Maman, voici Alina. - Bienvenue !
Soeur Elisabeta.
Soeur Pahomia.
- Soeur Antonia. - Soeur Iustina.
Tiens, prends ce seau et va voir le P�re, tu veux bien ?
Tu restes un peu ici ?
Vas-y donc, personne ne va la manger.
B�nissez-moi.
Tu peux colmater le po�le. Les bords sont fendus et il fume.
Oui.
Fais vite, monsieur Dima viens peut-�tre demain.
- Tu as compris ? - Oui.
Quoi ?
Papa, je voulais vous demander...
Je t'�coute.
� propos d'Alina qui revient d'Allemagne.
Mon amie de l'orphelinat.
Elle n'est pas arriv�e ?
Si, elle est avec Maman et les filles.
Mais...
Elle...
Comment dire...
C'est tr�s dur pour elle en Allemagne.
Elle est tourment�e ces derniers temps...
Elle est seule l�-bas, sans personne pour l'�pauler.
Elle est croyante ?
Elle va � l'�glise, oui, mais pas au point de...
Mais elle se confesse ?
Je ne crois pas.
Elle est partie depuis tant d'ann�es.
Comment veut-elle �tre en paix sans se confesser, sans communier ?
Ce qu'elle aimerait, c'est de ne plus �tre seule.
� l'orphelinat, on �tait toujours ensemble,
alors maintenant, c'est tr�s dur pour elle.
On peut �tre entour� par toute l'humanit�,
sans Dieu dans son coeur, on est seul.
Je le lui ai dit, Papa, mais...
elle veut que j'aille l�-bas,
sinon elle ne sait pas ce qui pourrait se passer...
Que tu y ailles ?
Jusqu'� ce qu'elle s'apaise et qu'elle n'ait plus ces pens�es-l�.
Je croyais que tu avais choisi ton chemin.
Bien s�r que oui, Papa. Je dis juste ce qu'elle aimerait faire...
Je rentrerai d�s qu'elle ira mieux...
Sur le chemin du Christ
�a ne se passe pas comme �a.
Il y a une continuit� dans notre vie monacale.
Tu ne peux pas aller et venir.
Tu vois ?
Oui, Papa.
Et l'homme qui part n'est pas le m�me que celui qui revient.
Tu comprends ?
Oui, Papa.
M. Valerica a trouv� un peintre pour l'�glise.
- Pour combien ? - 100 millions.
C'est beaucoup trop cher.
Je demande � M. Dima ?
- Demander quoi ? - Pour le peintre.
Laissez-le tranquille.
Il donne d�j� pour les travaux, alors pour le peintre...
Quelqu'un viendra demain pour le b�ton,
s'il ne fait pas froid.
S'il fait froid,
il dit qu'il faudra attendre le redoux pour le couler.
Il faut finir avant P�ques.
Certes, oui.
Plaise � Dieu qu'il fasse beau !
�a se r�chauffe d�j�.
Il faut aussi changer la bonbonne.
Changez-la demain en ville.
Il faut de l'argent, mon P�re.
Il n'en reste pas ?
Non. J'ai pris des serviettes et des cha�nes pour les chiens.
Il fallait acheter des cadenas.
J'en ai pris aussi.
Dites, on a �t� pay� pour le bortsch ?
Non.
Et maintenant ils voudraient aussi des oeufs.
On en donne combien � l'orphelinat ?
Autant qu'il y en a.
Alors on leur en apportera apr�s P�ques.
C'est pour P�ques qu'il leur en faut.
Mais ils sont pour les enfants !
Certes, mais...
Demande-lui...
Et pour la bonbonne ?
Qu'il nous fasse cr�dit, sinon on utilisera le fourneau.
On n'a plus beaucoup de bois.
On ira en couper dans la for�t.
Alina peut venir en ville avec nous, demain ?
Elle doit r�cup�rer des papiers.
Il reste de la place ?
On met tout dans le coffre.
- Tu dois refaire tes papiers ? - Non.
C'est pour le travail en Allemagne.
En Allemagne ?
Moi, je ne suis jamais sorti du pays
et je ne le regrette pas.
Au Saint S�pulcre, j'irais bien en visite,
mais en Occident...
Et pourquoi y aller ? L'Occident a perdu la vraie foi.
Il n'y a plus rien de sacr�.
Tout y est permis,
des mariages entre hommes, entre femmes,
de la drogue partout.
M�me l'�glise a perdu sa vocation.
Je suis tol�rant, mais il y a des limites.
L� o� vous �tiez il y avait une �glise ?
- Oui, mais pas des n�tres... - Pardon ?
Pas orthodoxe.
Pour un vrai croyant, entrer dans une autre �glise est d�j� un p�ch�.
Mais les gens ne pensent plus.
Les pauvres, ils partent n'importe o� pour gagner de l'argent.
Pendant ce temps, leurs enfants poussent comme l'ivraie,
pas �tonnant qu'il arrive des horreurs.
Bien s�r, si un enfant n'a personne pour l'amener � l'�glise,
pour l'aider � distinguer le bien du mal...
Donc tu n'avais pas o� te confesser.
Alors je t'entendrai en confession.
Il le faut car c'est bient�t le Car�me.
Je t'attends demain matin.
Quand on est lav� de ses p�ch�s, on est en paix.
C'est vrai.
Allons, prions.
Tu es br�lante.
Tu as d� prendre froid dans le train.
Tu me frictionnes ?
- J'ai pas d'alcool. - Moi, j'en ai.
Sur ton lit ce sera mieux.
- On dort pas ensemble ? - Non.
Pourquoi ?
C'est contre la r�gle.
Pourquoi ?
�a ne se fait pas.
C'est le Car�me, il faut faire tr�s attention.
Cette Antonia, pourquoi elle te regardait ?
- Comment �a ? - Tu sais bien...
Mais non. Tu as r�v�.
C'est une bonne amie ?
Je n'ai pas d'amie ici.
On s'entraide, c'est tout.
Pourquoi il veut me confesser ?
�a va te faire du bien, �a apaise.
Le Bon Dieu pardonne tes p�ch�s,
mais tu dois d'abord te confesser pour soulager ton �me.
Et il faut tout dire � la confession.
Toi, tu as tout dit ?
Pas les d�tails, tu dois juste dire quels p�ch�s tu as commis.
- Il a quel �ge, ce pr�tre ? - Papa ?
La trentaine, je crois.
Ne dis plus "Papa".
On dit que le P�re a vu un ange
et apr�s �a il est entr� dans les ordres.
Il l'a vu o� ?
Il travaillait dans une centrale �lectrique
et un ange lui est apparu.
� quoi il ressemblait ?
Je ne sais pas, le P�re ne parle pas de �a avec nous.
�a a �t� tr�s dur sans toi, Voichita...
Allez �a suffit, je suis fatigu�e.
Couvre-toi, tu vas prendre froid.
Je vais prier.
Vas-y, prie.
Attends.
- Papa ? - Oui ?
Je suis avec Alina.
Tout de suite.
Il vient tout de suite.
C'est interdit de se confesser en pantalon ?
Non, mais �a ne se fait pas, c'est tout.
Je dois lui baiser la main ?
Il va te dire ce que tu dois faire.
Il fait quoi l�-dedans ?
Il se pr�pare.
On dit qu'il y a une ic�ne miraculeuse dans le sanctuaire.
Ah bon ?
Et si tu pries devant l'ic�ne, elle exauce tes voeux ?
Tu dis tout, d'accord ?
�a s'est bien pass� ?
Qu'est-ce que tu as ?
Tu as de la fi�vre.
Va t'allonger un peu. Allez...
Vous venez ? On est en retard !
On arrive !
Repose-toi ici, j'y vais seule.
Et mon dipl�me ?
Je m'en occupe. Allez, vas-y.
- Alors, vous venez ? - J'arrive.
Va dire que la nourriture est l�.
- Salut, comment �a va ? - Bien.
Bonjour, ma M�re.
Sois b�nie ! Comment vas-tu, Cam�lia ?
�a va.
Allez, on prend tout �a.
Vous avez parl� avec le P�re ?
Je lui ai parl�, oui.
Le P�re te recevrait avec joie, mais on n'a pas de place.
Si soeur Pahomia part, on verra.
Je dois quitter l'orphelinat dans un mois.
Demande � la directrice un peu plus de temps.
Impossible, j'ai d�j� pass� l'�ge depuis un an.
Dans les nouvelles cellules, ce sera possible.
C'est pour quand ?
�a d�pend de l'argent qu'on aura.
Pour l'instant...
Est-ce que soeur Pahomia veut partir ?
Elle dit que non, mais son mari la presse de rentrer.
Elle finira par le faire.
Il la battait, non ?
Oui, mais c'est toujours son mari.
Si elle part, je pourrais venir ?
Je crois que oui. Il y a beaucoup � faire.
Je suis dure � la t�che, mais je n'ai pas un sou.
Qui te demanderait de l'argent ?
Vous venez de l'orphelinat, le P�re le sait bien.
Et Valentin ?
Il a plus de pl�tre, on le ram�ne demain.
Il y a un g�teau pour lui, tu lui donneras ?
Oui, ma M�re, bien s�r.
Maman, je vais chercher les papiers d'Alina.
Va en paix.
- Soyez b�nie ! - Que Dieu soit avec toi, Cam�lia !
Attention � la boue.
Alina est arriv�e ?
Oui.
Son fr�re est ici ?
Non. Il travaille dans une laverie de voitures.
Tu as pu demander � la directrice ?
Non. Son mari est � l'h�pital en ce moment.
Alors l'orphelinat te manque ?
Non.
Tu entres un peu ?
Non, j'ai � faire.
- Alors, salut ! - Salut !
O� comptez-vous aller ?
- En Allemagne. - Dans quel but ?
Je vais chez mon amie.
Pour combien de temps ?
Je ne sais pas encore.
Le dossier Neamtu est chez toi ?
Non.
Vous avez le droit de rester trois mois.
J'y reste pas autant.
- Vous avez des revenus ? - Pardon ?
De l'argent pour passer la fronti�re.
Je crois, oui.
C'est mon amie qui s'en occupe.
C'est la f�te de Luciana. Il faut la lui souhaiter.
Elle n'est pas Balance ?
On f�te son autre pr�nom, Valentina.
De quoi vivrez-vous en Allemagne ?
Je vais travailler.
Vous ferez quoi ?
Je ne sais pas encore.
Peut-�tre serveuse sur un bateau.
- Sur un bateau ? - Oui.
L�galement ?
Je crois, oui.
Donne-moi le dossier du photographe.
- De quelle Luciana tu parles ? - La comptable.
Ah, la comptable !
Je pensais � Madame Nistor.
Mais non pas Madame Nistor.
Tu sais que Madame Nistor divorce ?
Ah bon ?
Oui. Son mari s'en est trouv� une de 25 ans.
Elle lui aurait jet� un sort.
La pauvre dame cherche une sorci�re pour d�senvo�ter son mari.
Que Dieu nous en pr�serve !
Imagine que ta femme se trouve un jeunot et te plante l�.
S�rement pas ! Elle m'a mis au r�gime.
Ben, tu vois !
Son mari, il n'avait pas un anus artificiel ?
L� o� il y a de l'amour...
Vous connaissez un Allemand du nom de Pfaff ?
- Oui. - O� l'avez-vous connu ?
� l'orphelinat.
J'ai grandi � l'orphelinat Iulia Hasdeu n° 4.
Il faisait quoi l�-bas ?
De l'aide humanitaire.
Il vous a propos� un emploi ?
Non.
Il prenait des photos ?
Oui, il en prenait.
Quel genre de photos ?
Tous les genres.
Je vois. Vous voulez porter plainte ?
Non.
Vous voyez ?
Vous ne voulez rien dire et apr�s vous venez vous plaindre...
Putain d'ordinateur !
Jette-le !
Comment �a ? Il m'a co�t� un bras.
Quel est votre m�tier ?
Nonne, au Couvent de la Colline.
- Nonne ? - Oui.
- Alors pourquoi aller en Allemagne ? - Pour aider mon amie.
Je croyais qu'une nonne, �a ne faisait que prier.
Pas seulement.
Signez ici.
Ne vous fiez pas � n'importe qui.
Il y a toutes sortes de gens...
Comment �a va ?
Tu te sens mieux ?
Qu'est-ce que tu fais ?
Tes bagages.
Mais qu'est-ce qui t'a pris ?
Je n'aime pas qu'on touche � mes affaires.
Fais-les toi-m�me alors.
T'es pas habill�e, tu veux �tre encore plus malade ?
Tu as du coton ?
L�-haut.
Tu es all�e te confesser comme �a ?
C'est un grand p�ch�, tu sais.
Tu as mon dipl�me ?
On n'a pas voulu me le donner.
- Mais il me le faut. - J'y retourne lundi.
Nos billets sont pour lundi.
On va les changer.
Et ceux du car pour l'Allemagne ?
On doit �tre au travail d'ici jeudi.
Apr�s, le bateau sera parti.
Alina, j'ai parl� avec le P�re. Si je pars, c'est pour toujours.
- Comment �a ? - C'est ce qu'il a dit.
Et alors ?
Alors quoi, Alina ?
On avait dit qu'on resterait ensemble, quoi qu'il arrive.
Oui, mais pas pour aller sur un bateau.
Pour aller o�, alors ?
Alina, j'ai emprunt� une voie, je ne peux pas en sortir comme �a.
De quelle voie tu parles ?
Une voie pour ne plus jamais �tre seule.
Mais tu seras avec moi.
Avec toi, oui.
Alina, celui qui n'a pas Dieu dans son coeur sera toujours seul.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Je n'ai que toi et je ne veux personne d'autre.
Ce n'est pas bien, Alina.
Les gens vont et viennent. Seul Dieu est toujours avec toi.
Tu penses que je n'ai pas souffert quand tu es partie ?
�a a vraiment �t� tr�s dur.
Mais le Seigneur m'a aid�e et j'ai trouv� le r�confort ici,
Maman et Papa.
Tu as dit que ta famille, c'est moi. L�, j'ai besoin de ton aide.
Je deviens folle, seule l�-bas.
Moi, je t'ai aid�e � l'orphelinat.
Et moi, je ne t'ai pas aid�e ?
Voichita, tu m'aimes encore ?
Oui, mais pas comme avant.
Mais comment ?
Je ne sais pas.
Autrement.
Comment �a "autrement" ? Pourquoi ?
Parce que maintenant je suis diff�rente.
- J'ai quelqu'un d'autre dans le coeur. - Qui ?
Qui compte le plus dans ton coeur ?
Qu'est-ce qui t'est arriv� ?
Les gens changent, Alina.
Celui qui part n'est plus le m�me quand il revient.
Voichita, tu l'aimes, le P�re ?
- C'est quoi cette question ? - Tu couches avec ?
Dis, c'est �a ?
Comment il a pu te changer � ce point ?
Tu me fais piti�, Alina, tu te trompes.
Je ne sais pas comment t'aider.
C'est toi qu'il faut aider,
personne d'autre.
D�balle mes affaires, s'il te pla�t.
Allez, on rentre !
La servante de Dieu Elisabeta,
re�oit le Corps et le Sang de notre Sauveur J�sus-Christ...
Pour la r�mission de ses p�ch�s et la vie �ternelle.
Oui, Alina ?
Il y a quelque chose de dr�le ici ?
Tu veux communier ?
Non.
Je suis sale.
Pardon ?
Elle est indispos�e, mon P�re.
Ah bon. Alors attends dehors.
- Vous me jetez dehors ? - Alina !
Quoi ?
Dieu est � tous, pas seulement � vous !
Alina, si tu es perturb�e, sors pour te calmer,
je viens te parler tout de suite.
Va fermer la porte.
Qu'est-ce qu'elle a ?
Elle est troubl�e, Papa,
mais �a va lui passer.
Ma soeur, elle a vraiment tout confess�, ou pas ?
Je ne sais pas, Papa.
Ma M�re,
allez donc la voir,
et d�m�lez-moi un peu tout �a. C'est un effet de la confession.
Papa, elle veut se jeter dans le puits !
Elle s'est tap� la t�te et puis elle s'est pench�e.
Alina,
�loigne-toi du puits.
Dieu, prot�ge-nous ! Qu'est-ce qu'elle a ?
- Alina... - Laisse-moi !
Alina, �loigne-toi du puits.
Parlons un peu. Tu as d� oublier d'avouer une chose.
C'est �a ?
Parle-nous !
Tu vas voir, �a t'apaisera de parler.
Que Dieu nous prot�ge !
Allez, c'est fini, calme-toi.
- Laisse-moi partir ! - Alina, arr�te !
Retenez-la !
Alina, calme-toi, on y va.
Arr�te, arr�te.
Calme-toi, calme-toi !
Mon Dieu ! Qu'est-ce qui lui a pris ?
Je ne sais pas, Papa.
On l'am�ne dans la cellule !
Tu t'es calm�e ?
Donnez-lui des chaussons.
�a va, ma M�re ?
Mes lunettes ?
Tu crois qu'elle cache un grand p�ch� inavou� ?
Alina, tu as parl� d'onanisme ?
Oh ! Mon Dieu !
Je vais te tuer, sale hypocrite !
Donne-moi la corde de la cloche, vite !
Il faut l'emmener � l'h�pital !
Cours chez M. Valerica ! Appelle une ambulance !
All� ?
Il nous faut vite une ambulance ! Quelqu'un va tr�s mal ici.
Elle �touffe et elle est tr�s agit�e.
25 ans.
Ringhis, Alina.
Smighelski, Voichita. La fille malade s'appelle Ringhis.
Smi-ghel-ski.
Oui, c'est �a.
Au Couvent de la Colline.
Oui, c'est �a l'adresse !
On n'a pas de quoi l'amener, c'est un couvent ici.
Pardon ?
Attache-la bien aux jambes !
Elle dit qu'il faut prier. Ils n'ont aucune voiture.
Antonia, tu peux la convaincre ?
All� ?
J'ai �t� infirmi�re. Cette fille doit aller � l'h�pital.
J'ai pas de quoi lui faire une piq�re !
Elle a des spasmes, comme de l'�pilepsie.
Oui, elle saigne, elle s'est cogn� le visage.
Mon Dieu, mon P�re, qu'est-ce qu'il y a ?
Il faut l'emmener � l'h�pital !
Ils n'ont pas d'ambulance !
Mon P�re, on l'emm�ne. On attend pas l'ambulance.
Allons-y ! Aidez-moi � la soulever !
Allez, on va � l'h�pital.
Sois sage, Alina !
Calme-toi.
Gina !
Demande au docteur de descendre.
Sandra, appelle le docteur.
- Bonsoir. - Dites-moi.
Une patiente agit�e, la Psychiatrie l'a refus�e.
- O� est-elle ? - Dans la voiture.
- Amenez-la. - Elle est violente, il para�t.
Prends le brancard.
Viens.
- Bonsoir. - Que s'est-il pass� ?
On am�ne une fille tr�s agit�e qui a failli mourir.
- Elle est o� ? - On l'am�ne maintenant.
Calme-toi, doucement.
- Mon Dieu, qui l'a attach�e ? - Le P�re.
Elle voulait se jeter dans le puits.
Et pourquoi ce b�illon ?
Elle mordait, elle crachait.
Elle a quel �ge ?
24. Elle aura 25 ans en mars.
Pauvre d'elle...
Attention docteur, elle nous a toutes frapp�es.
Qu'est-ce qu'elle a ?
On ne sait pas, �a lui a pris d'un coup.
Elle avait des visions, elle pleurait, elle riait...
Fais-lui une place dans la salle,
et dis � Sandra de pr�parer du Haloperidol et du Diazepam.
Mon Dieu, prot�ge-nous !
Calme-toi, Alina !
Allez, c'est fini.
Sois sage !
Mon Dieu, la force qu'elle a !
On peut d�faire la corde ?
On attend un peu qu'elle se calme.
Elle s'est jet�e du balcon,
parce qu'elle n'a pas eu ses r�gles. Elle a 15 ans...
Que le Seigneur lui vienne en aide.
- Gina, tu as mon t�l�phone ? - Je l'ai mis � charger.
Rejoins-moi pour faire sa fiche.
Oui, docteur.
Venez remplir sa fiche d'admission.
Vas-y, toi.
Vous ne voyez pas ce qu'elle a ?
Vous auriez d� prier et repousser le malin.
� l'orphelinat, on vous emmenait � l'�glise ?
Une fois on est all�es en excursion
au monast�re Pasarea,
mais sinon, on pouvait y aller seules le dimanche.
Elle y allait aussi ?
Oui, mais pas tr�s souvent.
Qui sait pour quels p�ch�s cach�s elle paie maintenant.
Sache qu'elle est plus pure que beaucoup de bigotes.
Les gar�ons vous for�aient, non ?
Mais pas Alina.
Elle les battait. Elle se laissait pas faire.
Elle a m�me appris le karat�.
Elle te battait aussi ?
Moi, elle me d�fendait.
En �change de quoi ?
Comment �a ?
On �tait des amies, c'est tout.
�a ne tourne pas rond chez elle.
Moi, j'ai eu une voisine qui, en se r�veillant une nuit,
a trouv� son mari assis tout raide, en train de la regarder.
Il avait le regard tout chang�
et il parlait avec une autre voix.
Elle lui a demand� : qu'est-ce que tu as ?
Et le lendemain, il ne se souvenait de rien.
Il construisait un immeuble sur un ancien cimeti�re.
- Dieu m'en garde ! - Oui !
En Allemagne elle faisait quoi ?
Elle a travaill� comme femme de m�nage,
dans un bar aussi.
L�-bas, on a pu l'attirer dans une secte.
Quel genre de bar ?
Je ne sais pas.
Un bar quelconque. Elle �tait serveuse.
Elle ne t'a pas trouv� de travail ?
Quoi, tu veux que je parte ?
J'ai une cousine qui voudrait entrer au couvent.
� Bucarest on lui a demand� de l'argent, elle n'en a pas.
Demande � soeur Pahomia.
Demander quoi ?
Vous vous remettez en m�nage ?
Mais qui t'a dit �a ?
Il pense que je vais rentrer,
mais je ne veux pas d'autre enfant.
Si Dieu a voulu prendre mon fils, je n'y peux rien.
Ici, au moins, je suis proche de lui.
La pauvre.
- Que Dieu soit avec vous. - Que Dieu soit avec vous.
De la part de Mme Dima.
Arcadia,
mets la table avec Iustina et Lavrentia.
Si besoin, empruntez des chaises � M. Valerica.
O� sont les nouvelles serviettes ?
Dans la salle de bains.
Antonia, enveloppe les brioches.
Et pr�pare des serviettes propres.
Oui.
Apr�s le panikhide, je peux aller voir Alina � l'h�pital ?
Elisabeta...
Prends ce cadenas pour le chien, il a cass� sa cha�ne.
Allez, vas-y !
Ne ram�ne plus de chiens ici, il y en a trop.
Oui.
Prends �a et pr�pare-les.
Quant � l'h�pital, le P�re d�cidera � son retour.
Mais ils sont vivants.
Le poisson, c'est meilleur quand �a fr�tille !
Passez devant, vous �tes charg�e.
Madame la directrice ! Comme je suis contente !
Voichita, comment vas-tu ?
�a va.
Tu as demand� le dipl�me d'Alina ?
Oui. Elle est � l'h�pital.
Qu'est-ce qu'elle a ?
On ne sait pas. Je vais aller la voir.
Je te d�pose en voiture ?
Si la M�re me le permet, oui.
- Comment va son fr�re ? - Il travaille maintenant.
Tu sais qu'Irina a eu un b�b� ?
Un gar�on ou une fille ?
Gar�on.
Tous mes voeux ! Il s'appelle comment ?
George, �a se dit ici comme l�-bas.
Elle est � Brisbane et elle attend que j'aille l'aider.
Vous partez quand ?
Je devais partir mais comme mon mari a des ennuis, je reste ici.
Qu'est-ce qu'il a ?
Il est tr�s malade, le pauvre.
� l'h�pital, on m'a dit qu'ils ne peuvent plus rien.
Ne perdez pas la foi, madame, Dieu est grand et fait des miracles.
Mon mari a un cancer de la gorge avec des m�tastases.
Ma belle-soeur aussi avait un cancer, du sein.
Le P�re a r�cit� et pri� pour elle, et maintenant elle est saine et sauve.
Qui sait ce qu'elle avait.
Le P�re a un grand don.
Il peut vous aider.
Le P�re arrive bient�t. Il a �t� retard� � l'�v�ch�
et vous prie de l'excuser.
�a ne fait rien. Qu'il prenne son temps.
Depuis qu'il a renonc� � son salaire,
il n'est pas bien vu et ils n'arr�tent pas de l'asticoter.
Pourquoi l'�v�que ne consacre pas l'�glise ?
C'est vraiment � cause des peintures ?
C'est ainsi. Allons de l'avant,
selon la volont� de Dieu.
Asseyez-vous donc, en attendant.
Laissez, je passerai un autre jour.
Comme vous voulez.
Est-ce que je peux aller en ville ?
Elle me d�pose en voiture.
Vas-y. Que Dieu soit avec vous.
Que Dieu soit avec vous.
Ionut !
Comment tu vas ?
�a va.
Mets un tablier. Tu veux tomber malade ?
Pas grave.
Dis, tu as de l'argent ?
Non.
Ta soeur est � l'h�pital. Il faut lui acheter � manger.
Va demander de l'argent.
Il ne m'en donnera pas.
Tu veux venir la voir ?
Oui.
Tu peux partir maintenant ?
Je pense.
Va demander la permission.
Vois s'il te donnerait un peu d'argent.
�coute, dis au chef que je reviens.
Appelle l'infirmi�re. Elle s'est r�veill�e.
C'est gr�ce � tes pri�res.
Comment tu te sens ?
Tu veux un peu d'eau ?
Non.
Tu as mal quelque part ?
Non.
Ne me laisse plus jamais seule.
Je ne te laisse plus.
Qu'est-ce que vous lui avez dit ?
Je ne sais pas.
Alors, ma belle ? Tu nous fais des frayeurs ?
Comment tu t'appelles ?
Alina.
Laisse-la parler.
- Alina. - Comment ?
Alina.
Alina comment ?
Ringhis.
Et d'o� viens-tu, Alina ?
De Razboieni, canton delasi.
Voil� pourquoi tu es une guerri�re ?
- Tu as faim ? - Non.
- Soif ? - Non.
Tu as mal quelque part ?
Non.
Et que fais-tu au couvent ?
- Je suis venue l'emmener. - Plus fort !
- Elle est venue pour me voir. - Oui ?
On a grandi dans le m�me orphelinat.
Tu habites o� maintenant ?
Dans une famille d'accueil...
Laisse-la r�pondre.
Je suis domicili�e chez une famille de Sintesti.
Mais ces derniers temps j'�tais en Allemagne.
En Allemagne ?
Tu faisais quoi, en Allemagne ?
Je travaillais.
Tr�s bien.
- Et tu as eu le mal du pays. - Non.
J'ai eu le mal d'elle.
Donc tu retournes en Allemagne.
On va partir travailler sur un bateau.
Sur un bateau ? Formidable.
Mais dis-moi,
pourquoi as-tu frapp� les infirmi�res ?
Ou tu ne t'en souviens plus ?
Ouste, chacune dans son lit.
Je dois parler avec elle.
Dis-moi, Alina,
est-ce que �a t'arrive d'entendre des voix ?
Ou bien, d'avoir l'impression que quelqu'un te suit ?
Quelquefois, oui...
il m'a sembl� entendre une voix.
Quand �a ?
Il y a longtemps.
Et tu l'entends encore ?
Maintenant, non.
Et que te disait cette voix ?
Elle me disait quoi faire.
Donc tu l'entendais aussi avant de venir au couvent.
Elle entendait son p�re parler.
Mais il est o�, ton p�re ?
Il est mort quand elle avait 6 ans. Il s'est pendu.
Vous pouvez me d�tacher ?
Oui, encore un peu de patience.
Je dois aller aux toilettes.
Marcela,
enlevez-lui les sangles.
Non, docteur ! Vous savez la force qu'elle a ?
D�tache-la imm�diatement !
Donne-lui du Haloperidol et lib�re-la.
Docteur, on ne pourrait pas arr�ter les m�dicaments
et voir comment elle r�agit ?
�a alors ! Tu veux m'apprendre mon m�tier !
Tu es sage, oui ?
Vas-y, mange.
Merci.
Monsieur Valerica m'a dit qu'il va l'embaucher
et peut-�tre m�me l'h�berger.
Fais son lit dans l'une des nouvelles cellules.
Et demain on verra.
Oui, Maman.
Merci.
Allons-y. Le P�re nous attend.
Qu'a dit le m�decin ?
Il dit qu'elle va gu�rir,
mais il lui faut du calme et du repos.
Et il a dit ce qu'elle a ?
Il a demand� que vous ou Maman alliez lui parler.
Ma M�re, vous irez le voir.
Oui, mon P�re.
Il a dit que seul Dieu sait d'o� viennent ces maladies-l�.
Il dit aussi qu'il vous conna�t.
Du temps o� vous �tiez sportif.
C'est possible.
Papa, quand elle quittera l'h�pital,
elle pourra venir ici ?
La pauvre n'a nulle part o� aller.
Mais comment pourrait-on s'occuper de personnes en plus ?
Moi, je m'en occuperai si vous lui permettez de rester.
Et elle dormira o� ?
Avec moi.
Et les m�dicaments ? La nourriture ?
Elle a un peu d'argent,
qu'elle a laiss� � sa famille d'accueil.
Ici ce n'est ni un h�tel, ni un asile.
C'est un lieu pour ceux qui ont J�sus dans le coeur.
Pour ceux qui y ont quelqu'un d'autre,
mieux vaut ne pas venir semer le trouble.
Tu comprends ?
Oui, mais si on l'accueille
elle va peut-�tre trouver le Seigneur et s'apaiser.
Et sinon ?
Je voudrais bien l'aider,
mais je ne veux aucun d�sordre ici.
On nous a � l'oeil.
Papa, elle n'a que moi pour prendre soin d'elle.
Jusqu'� ce qu'elle aille mieux, mon P�re.
D'accord, mais tu r�ponds d'elle.
S'il y a du grabuge, vous partez ensemble.
- Que �a soit clair. - Oui, Papa.
Allez, file.
Quelle heure est-il ?
Onze heures.
Quel jour ?
Lundi.
Je t'ai ramen� des oranges.
Maman Elena te souhaite de retrouver la sant�.
Je l'ai appel�e avec ton portable.
- Comment va mon fr�re ? - Bien.
Le P�re l'a accueilli chez nous. Il va l'envoyer au monast�re.
- On m'a appel�e d'Allemagne ? - Non, personne.
- Tu as parl� au m�decin ? - Oui.
Il me garde encore longtemps ?
Maman est all�e le voir, elle l'attend.
Il a dit que j'ai quoi ?
Il a dit que tu dois te reposer.
On me donne des cachets.
Il te faut aussi du calme, pour ne pas rechuter.
Ici, ce n'est pas calme du tout.
Alina, j'ai parl� au P�re.
Il t'accueille au couvent et je vais te soigner.
Il faut �tre sage, sinon on nous mettra dehors.
On pourra dormir ensemble ?
Si tu es sage.
Mais avant tout,
pour gu�rir, tu dois recevoir le Seigneur dans ton coeur.
Comment le recevoir ?
Eh bien, Il ne te force pas.
Si tu Le re�ois, c'est bien, sinon Il te laisse en paix
jusqu'au jour o� tu ressentiras le besoin de Lui.
Je dois faire quoi ?
Tu dois prier,
conna�tre les p�ch�s pour pouvoir t'en pr�server.
Et alors tu m'aimeras de nouveau ?
Je t'aime, Alina,
mais le plus important, c'est que Dieu t'aime.
Et alors tu vas voir comment tu te sentiras bien.
Mais je veux surtout que tu m'aimes.
Je t'aime, moi aussi,
mais mon amour ne vaut pas celui de Dieu.
Je reviens.
Ma M�re, vous l'emmenez ?
Est-ce qu'elle va bien, docteur ?
Pas vraiment, mais elle n'ira pas mieux ici.
Mais qu'est-ce qu'elle a ?
Difficile � dire.
Mais ce qui m'inqui�te, mis � part sa maladie,
c'est une infection pulmonaire. Due � quoi ?
Et son comportement ?
Elle nous a tous effray�s.
Elle est sous traitement,
donc elle est... redevenue stable.
Mais il lui faut beaucoup de repos
et il faut la surveiller.
C'est grave ce qu'elle a ?
Grave...
Ces maudites maladies ne tuent pas, mais ne vous laissent pas vivre.
Ce ne serait pas mieux si elle restait ici ?
Ma M�re, je la garderais bien,
mais l'h�pital est en travaux,
il y a beaucoup de monde.
Avec sa maladie,
� deux par lit, on lui ferait plus de mal que de bien.
Croyez-moi, elle se reposera mieux au couvent.
Je pense qu'elle sera plus au calme l�-bas.
Ce que j'en sais...
Elle suivra le m�me traitement ici ou l�-bas.
Oui, je comprends.
Et le P�re ? Il l'accueille ?
S'il le faut, il l'accueille.
Je pense que c'est bien mieux pour elle.
Ici, les gens sont malades, agit�s, ils meurent parfois,
et il faut lui �viter le stress.
C'est vous qui d�cidez.
On va faire comme �a alors.
Je prescris...
deux m�dicaments � prendre d�s maintenant.
L'un est plus cher que l'autre, � vous de vous d�brouiller.
Zyprexa,
et Levomepromazin.
La pharmacie se trouve boulevard Stefan cel Mare.
Quel est votre nom ?
- De l'�tat civil ? - Oui, pour la fiche de sortie.
Arvinte,
Domnica.
Signez ici. Vous acceptez de la reprendre.
Le Zyprexa,
vous lui en donnez un comprim� par jour,
et le Levomepromazin, trois.
Et faites-lui lire les Saintes �critures. Cela aide.
Je commence l'alphabet : A
Stop.
C
Castor.
Orchid�e.
D�cor.
Or... Ornithorynque. Je t'ai eue !
C'est quoi un ornithoric ?
Ornithorynque ! Tu entends �a : "ornithoric".
Soyez b�nis !
Soyez b�nis !
Tu es d�j� de retour ?
Fais chauffer de l'eau, tu veux bien ?
Le docteur a dit qu'elle sera mieux ici.
Tr�s bien.
Assieds-toi pendant que je pr�pare le bain.
Le P�re n'a pas eu le temps de b�nir ta cellule.
O� est le P�re ?
Dans l'�glise.
Tu m'attends ici, d'accord ?
Elle a demand� � se confesser ?
Oui. Elle a dit qu'elle veut s'apaiser.
Alors je vais devoir lui donner une p�nitence.
Je lui ai dit, Papa.
Je pense qu'elle est trop affaiblie.
Oui, Papa, mais... �a pourrait l'aider.
Que dit le m�decin ?
Il vous envoie ce diptyque.
Pour sa famille.
Attends un peu.
Tiens, lisez-lui le guide de confession.
Oui.
Expliquez-le-lui.
Donnez-lui un papier pour y noter chaque p�ch�.
Apr�s, vous viendrez � la confession.
Merci.
Je b�nirai votre cellule pour en chasser le mal.
Merci, Papa.
Avec cette liste de p�ch�s,
on peut d�couvrir les p�ch�s commis sans le savoir,
ou sans se rendre compte que nous p�chions.
Il y en a combien ?
464.
Aide-toi d'une feuille.
� la confession, il arrive d'oublier certains p�ch�s.
Le diable s'empare de ta t�te, comme dirait le P�re Cleopa.
- Je commence ? - Oui, vas-y.
Le plus simple, c'est de noter au fur et � mesure
les p�ch�s que vous avez commis.
Avant de venir ici, tu te confessais parfois ?
Non.
Si tu ne peux pas tout dire, mieux vaut ne pas te confesser.
Si tu ne dis pas tout,
les p�ch�s que tu auras avou�s compteront pour double p�nitence !
Elle va y arriver.
Vas-y, lis !
Donc :
J'ai d�sesp�r� de recevoir la mis�ricorde de Dieu.
Si tu as dout� de l'existence et de l'aide de Dieu.
Si tu ne comprends pas, n'aie pas honte de demander !
C'est honteux de p�cher, pas de se repentir.
Je peux ?
Jamais Dieu ne me pardonnera
car j'ai trop p�ch� et j'irai en enfer.
�cris plut�t les num�ros.
Comme �a : 2.
Laisse-la donc faire.
Bon. Tu dis le num�ro de chaque p�ch�, d'accord ?
D'accord.
3. Je crois que Dieu d�cidera de mon salut.
Et si tu n'as pas pens� au salut, c'est aussi un p�ch�.
4.
J'ai dit que Dieu ne m'aide pas, Dieu m'a oubli�.
5. Tant de malheurs arrivent et Dieu ne prend aucune mesure.
Et pourquoi il n'en prend pas ?
Donc tu y as pens�. Note-le !
Ne t'arr�te pas !
Tu lis, moi, je note l�-dessus,
et apr�s on efface. Tu as une gomme ?
6.
Dieu, le paradis, l'enfer, les anges, les d�mons, n'existent pas
parce que je ne les ai pas vus.
7. J'ai dout� de certains r�cits
de miracles racont�s dans les Saintes �critures.
8.
J'ai jet� et pi�tin� les Livres Saints.
9. Je ne supporte pas qu'on parle de Dieu.
Dans mon �garement, j'ai rejet� les paroles de Dieu.
10. J'ai blasph�m� Dieu, la Vierge, les Saints Sacrements, etc.
11. J'ai pr�sum� de Sa mis�ricorde, croyant que mes p�ch�s
seraient pardonn�s parce que Dieu est bon.
12. J'ai pens� au suicide, j'ai cautionn� le suicide d'autrui.
13. J'ai fum�, je me suis drogu�. Tabac et drogue
sont une forme de suicide.
14. J'ai blasph�m� des objets du culte,
l'ic�ne, le cierge, Dieu, le Christ, l'encens, etc.
15. Je suis tr�s susceptible, je me f�che vite.
16. J'ai ha� et j'ai cri� sur autrui,
j'ai d�sir� me disputer avec autrui.
17. Je me suis veng� sur autrui au lieu de pardonner.
18. J'ai insult� mon prochain.
19. Je ne peux supporter ceux qui me font du tort.
20. J'ai blasph�m�, j'ai jur� sur les choses saintes.
21. Dans ma col�re, j'ai frapp� et crach� sur autrui.
22.
Tu veux bien chanter pour moi ?
Dors doucement, mon b�b�
Un ange vers toi s'est envol�
Pour te veiller dans le ciel
Les abeilles t'am�nent leur miel
Le feu s'�teint maintenant
Fais de beaux r�ves, mon enfant
Le sommeil va t'envelopper
Dors doucement, mon b�b�
Doucement
- Il t'a donn� l'absolution ? - Oui.
- Et la p�nitence ? - 1.000 prosternations et le je�ne.
Tiens.
Tu fais 33 prosternations et tu marques un trait,
voil� du papier et un crayon.
Tu fais �a jusqu'au bout.
Si tu fatigues, tu fais une pause, d'accord ?
- Oui. - Bien.
O� est le P�re ?
Dans la cellule.
Mon P�re, soeur Antonia s'est �vanouie.
Apporte de l'eau !
- Que s'est-il pass� ? - Soeur Antonia s'est �vanouie.
Mon P�re, Antonia fendait du bois
et dans cette b�che elle a vu une croix noire.
Celle-l�.
Et les poules ne pondent plus !
Calme-toi.
Retournez � vos affaires,
et arr�tez avec vos b�tises et vos signes.
On fait quoi de cette b�che ?
On la met au feu, quoi d'autre ?
- Il est quelle heure ? - Deux heures.
- Il neige ? - Quelques flocons.
Tu veux que je reste ?
Comme tu veux.
� partir de l�.
Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi m'as-Tu abandonn� ?
Je g�mis, et le salut reste loin de moi !
Mon Dieu, le jour je crie et Tu ne r�ponds pas ;
la nuit, je n'ai point de repos.
Pourtant Tu es saint, Tu si�ges parmi les hymnes d'Isra�l.
En Toi se confiaient nos p�res.
Ils criaient � Toi, et ils �taient sauv�s,
ils se confiaient en Toi,
et ils n'�taient point confus.
Mais moi...
Alina ?
Qu'est-ce que tu as ?
Pourquoi tu ne dors pas ?
Tu fais quoi ici ?
Je r�cite les Saintes �critures.
En pleine nuit ?
Oui, c'est la r�gle.
Vous lisez toutes les deux ?
Alina...
Laisse-moi.
Je croyais que tu dormais.
Ne pars plus jamais comme �a.
Bon.
Retourne te coucher.
- Tu ne viens pas ? - Je dois prier.
Je n'y vais pas seule.
Alina, je suis tout pr�s.
Non.
- Tu veux prier avec nous ? - Oui.
Bon d'accord, reste.
Mets �a sur toi.
Ma soeur, il faut colmater le po�le, il fume toujours.
Oui, ma soeur.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Le malin est en elle ! Le P�re doit le savoir !
Elle a dit quoi ?
Des horreurs, avec une autre voix !
Je vais la voir. Surtout, ne dis rien au P�re !
Mon Dieu !
Le P�re veut te voir avec Alina.
- O� est le P�re ? - Chez lui.
Entrez donc !
Asseyez-vous.
Alina, comment dire,
pour entrer en religion,
il faut se lib�rer de toute tentation.
Pour ouvrir son esprit � Dieu et vivre dans la saintet�,
on renonce � tous les biens mat�riels
car on dit que l'argent est l'oeil du diable.
Et aussi, on renonce � aimer quiconque plus que Dieu.
Et pourquoi ?
Pour ne plus avoir � l'esprit aucune des tentations du monde.
Le malin est tr�s rus�.
Il sait comment t'embobiner pour t'�loigner du Seigneur.
Tu crois assouvir tes d�sirs, mais c'est lui que tu contentes.
Si tu d�cides d'emprunter notre voie,
on t'accueille de tout coeur.
Auparavant, il faudra te d�faire de tout le superflu.
Quant � l'argent et aux objets usuels, tu peux les apporter.
Nous sommes comme une famille, ici.
Chacun contribue comme il le peut.
Mais je pense que tu n'es pas encore pr�te � franchir ce pas.
Alors prends le temps de r�fl�chir,
en toute qui�tude,
et quand tu auras pris une d�cision
tu viendras m'en parler.
Qu'ai-je fait de mal, mon P�re ?
L� n'est pas la question.
Le couvent est fait pour suivre la voie de Dieu.
Or, toi, ce n'est pas Dieu que tu veux suivre, �a cr�e du trouble.
Tu comprends ?
M. Valerica vous attend.
Allez vous pr�parer pour partir.
Attends-moi dehors.
Mais tu viens avec moi, oui ?
Tu peux aller avec elle.
Papa, mais o� peut-elle aller ?
Dans sa famille d'accueil ?
Mais elle n'habite plus chez eux depuis longtemps.
Je ne sais pas, allez les voir.
Papa, avec l'aide de Dieu elle peut se corriger, ici.
Ma soeur, on ne peut forcer personne � recevoir Dieu,
tu comprends ?
- Oui, Papa, mais... - Ma soeur, je t'avais avertie.
Laisse-la choisir et on fera selon la volont� de Dieu.
Allez, vas-y.
Avec votre b�n�diction.
- Servez-vous. - Non, merci.
C'est pr�par� pour le car�me !
Merci.
Et vous ?
- Merci bien. - Je vous en prie.
- Tu te sers, oui ? - Oui, merci.
Je vais en prendre aussi.
C'est tr�s bon.
� l'h�pital, ils ont dit quoi ?
Qu'il lui faut du calme et du repos.
Et pour se remettre on a pens� qu'elle serait bien ici.
Ensuite, on verra.
J'avais dit qu'elle travaillait trop en Allemagne,
mais est-ce qu'elle m'a �cout�e ?
Et l�-bas, parmi des �trangers,
qui sait comment on l'a influenc�e ?
Et voil�.
C'est dur avec les orphelins,
mais on s'est dit qu'on devait aider ces malheureux.
Alina n'avait jamais eu sa propre chambre, vous savez ?
Ici, elle prenait une douche par jour jusqu'� ce que mon mari lui dise :
"Ralentis le rythme, l'eau n'est pas gratuite !"
Mais elle est travailleuse, rien � dire.
Tenez, c'est de la part d'Alina.
C'est �lectrique.
Merci, il ne fallait pas.
O� est sa chambre ?
L�, elle donne sur le hall.
J'y vais une minute.
Vas-y.
Par l�, tout droit.
Tu trouveras.
C'est ta chambre ?
Oui, c'est ici.
C'est beau.
Oui, on a m�me notre salle de bains.
Alina, je vais devoir y aller. M. Valerica est press�.
Tu repars avec eux ?
Mais oui, Alina.
Et moi ?
C'est mieux si tu restes un peu ici
pour r�fl�chir, te calmer.
Et toi, tu n'as pas besoin de r�fl�chir ?
Je vais venir te voir, Alina.
Si Papa le permet, je peux revenir d�s samedi.
Et je reste dimanche aussi.
On y pense et on en reparle.
Mais l�, je dois partir.
Tu seras sage ?
Allez, je vais vite revenir, d'accord ?
Je ne te dis pas au revoir. On se revoit tr�s vite.
Allez, sois sage.
On ne voulait pas qu'elle parte en Allemagne.
Mais on a respect� sa d�cision.
Son fr�re a pris sa place,
mais il est lunatique, on peut pas compter sur lui.
Le P�re va l'envoyer au monast�re.
Ah bon ? Il ne viendra plus travailler ici, alors.
Maman, on y va ?
- Vous ne restez pas manger ? - Non merci, il se fait tard.
� votre aise.
C'est peut-�tre mieux que tu restes ?
Que je reste ici ?
Allez, papa Nusu va rentrer de la p�che.
Restez donc manger.
Merci, mais le P�re nous attend.
Allons-y alors.
Maman, qui occupe mon placard ?
La fille qui aide aux corv�es.
Il y a une autre fille � ma place ?
Pour le travail, ma fille.
Elle a pris ma chambre ?
Tu voulais rester en Allemagne !
Et mes affaires ?
Dans la cuisine d'�t�.
Et mes v�tements ?
Je les ai rang�s dans des sacs bien ferm�s.
Ils prenaient la poussi�re.
Prends-les quand tu veux.
Sortez-les, je donne tout aux oeuvres.
Comment �a ?
Il le faut, pour entrer au couvent, car l'argent est l'oeil du diable.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Alina, ne te pr�cipite pas.
Quand tu iras un peu mieux,
le P�re t'a dit qu'il t'attendait.
Non, je suis d�cid�e.
Donnez-moi aussi mon argent, �a servira � consacrer l'�glise.
Mon Dieu, Alina !
Alina, c'est mieux si tu restes un peu ici.
Mais si elle a fait son choix, Maman !
D�p�chons-nous, la nuit va tomber !
Pour l'argent, attends papa Nusu.
La cuisine est ouverte ?
La clef est l�, � sa place.
Attends, je viens t'aider.
Alina, qu'est-ce qui te prend ?
Maman Elena, j'ai tellement p�ch�
que le P�re a d� me donner 1.000 prosternations � faire.
Mon Dieu, quels p�ch�s aurais-tu commis ?
Donne tout ce qui est color�.
- Et ce qui est noir ? - On peut le garder, maman ?
Alina, le P�re t'a dit quelque chose.
Quoi ? Il a bien dit que si je donne tout, je peux venir ?
Des pantalons... Donne-les tous !
Mais ce n'est pas seulement �a.
L'argent, c'est pour b�nir l'�glise, et voil� !
Allez, donne �a aussi. Ou vendez-la.
- Tu n'en veux pas ? - Non. �a vient de Pfaff.
Tu te souviens de lui ?
Voil� papa Nusu ! Allez, va lui faire la surprise.
Mon Dieu, qu'est-ce qu'elle a ?
On n'en sait rien, madame.
Elle est all�e se confesser et elle a re�u la communion.
Madame, voyez avec votre mari,
essayez de la persuader de rester ici.
Il n'y a plus de place pour elle ici.
Allez papa Nusu, on est press�s.
Alina t'a dit ?
- Quoi ? - Qu'elle veut entrer au couvent ?
Oui.
Et elle veut l'argent.
Mes �conomies. Le reste, on l'oublie.
Tu m'as demand� de te les garder et l�, tu en fais don ?
Et ce terrain que tu voulais acheter ?
Je n'en ai plus besoin.
Et la maison pour toi et ton fr�re ?
Non, maman Elena.
Il vaut mieux le donner � l'�glise pour faire le bien.
Pardon ma M�re, mais ce n'est pas possible.
Madame, on ne lui a rien demand�. C'est sa d�cision.
Et ton fr�re dans tout �a ?
On ne peut aimer personne plus que Dieu si on veut �tre aim� de Lui.
Donnez �a � un enfant.
Alina, tu t'entends ?
Dans une famille, chacun doit contribuer, non ?
Je payais un loyer ici, non ?
Presque rien.
C'est dommage de perdre ta place en Allemagne.
Je l'ai d�j� perdue.
Tu n'es pas faite pour le couvent.
Tu t'emportes vite.
Et tu aimes l'eau chaude.
Allez, donnez-nous l'argent. Il est d�j� tard.
Va lui chercher l'argent.
Emmenez-la, ma M�re.
Puisqu'elle le veut.
Je l'emm�ne. Mais c'est le P�re qui d�cidera.
Vite, papa Nusu !
Voil� 500 euros.
Que 500 ?
Il y a 800 sur le livret,
2.000 qu'on a pr�t�s � l'oncle Sandu,
et 500 qu'on t'a envoy�s � l'h�pital.
- Pour les m�dicaments, Alina. - Quels m�dicaments ?
� l'h�pital, il a fallu payer les m�dicaments,
les docteurs, les trajets, tout �a.
Attendez.
Vous leur avez donn� mon argent ?
� ton fr�re.
Il est venu avec ce monsieur demander de l'argent pour toi.
500 euros ?
Il en voulait plus. Je lui en ai donn� que 500.
Je ne sais pas les d�tails, mais tout a �t� d�pens� pour elle.
Prenez-le, ma M�re.
Voici des pommes.
Et une photo en souvenir de nous.
Bonjour.
- C'est elle ? - Oui.
- Tu aimes ma chambre ? - Pardon ?
Ne te fais pas avoir par eux.
Allez, salut !
Mon P�re,
ils sont rentr�s.
- Bonsoir, mon P�re. - Bonsoir.
- Bonsoir, mon P�re ! - Que Dieu soit avec vous.
Que Dieu soit avec vous.
Je vous avais confi� une mission.
Mon P�re, il n'y a pas eu moyen.
Elle a d�cid� de tout donner pour revenir.
Dieu a son id�e avec elle et Il vous met � l'�preuve.
Tu ne viens pas dormir ?
Non.
Voichita, viens, on part d'ici.
Pour aller o� ?
Peu importe, mais on part d'ici.
� quoi bon �tre revenue si c'est ce � quoi tu penses ?
Est-ce que tu veux rester toute ta vie dans ce trou ?
C'est ma maison maintenant.
De quoi as-tu peur ? Tu as peur de vivre ?
�coute, un jour le P�re nous a racont� une fable :
certains arpentent le monde entier pour trouver un sens � leur vie,
alors que d'autres trouvent Dieu sur le pas de leur porte.
L�che-moi avec ton Dieu.
Dieu par-ci, Dieu par-l�, on croirait entendre le P�re.
Alina, si tu veux rester ici,
tu dois renoncer � la col�re,
sinon Dieu ne se r�v�lera pas.
Arr�te avec ces conneries ! Tu peux pas parler normalement ?
Comment �a, normalement ?
En jurant et en disant des b�tises ?
- Qu'as-tu dit � Antonia ? - Rien du tout.
Alina...
�a te ferait grand bien de trouver la foi.
Mais j'ai la foi, Voichita.
Chaque jour l�-bas, je priais Dieu pour qu'il te ram�ne � moi.
Il ne le veut pas, va savoir pourquoi.
Dieu pourvoit chacun selon ses besoins.
Mais j'ai besoin de toi.
Allons dormir.
Alina, ce soir je voudrais rester seule et prier.
Alors vas-y, laisse-moi.
Je vais prier ton Seigneur pour qu'Il t'�claire.
Moi aussi.
Il est � l'�tranger ?
Je comprends.
Veuillez lui transmettre que j'aimerais le voir � son retour.
Quand il aura le temps.
Merci.
Que Dieu soit avec vous.
Qu'a dit l'�v�que, mon P�re ?
Il ne consacrera pas l'�glise, si elle n'est pas peinte.
Mon P�re, les gens ne viennent pas ici pour voir des peintures.
Je sais, mais la cons�cration se fait trop attendre.
Mon P�re, ne f�chez pas Dieu.
Vous savez bien qu'il vient plus de monde ici qu'au village.
C'est vrai.
Mais je veux que l'�glise soit pleine. Et elle le sera.
Quand les gens verront ce que la foi peut accomplir,
l'�v�que dira les gr�ces.
- Avec l'aide de Dieu. - Que Dieu soit avec vous.
Vous d�nez avec nous ?
Merci, mais j'ai � faire.
Bon app�tit ! Que Dieu soit avec vous.
Que Dieu soit avec vous, alors.
O� est Alina ?
Elle prie, mon P�re.
Mais c'est l'heure du repas.
Elle a d�cid� de je�ner au pain sec et � l'eau.
Elle prie depuis hier soir.
Mais qui le lui a permis ?
Dis-lui qu'on je�ne selon la r�gle, pas autrement.
Mon P�re ! Elle est dans le sanctuaire !
Et elle n'est plus elle-m�me !
Alina, qu'as-tu fait ? Tu es entr�e dans le sanctuaire ?
- C'est un tr�s grand p�ch� ! - Pourquoi ?
Comment �a, pourquoi ?
Tu ne te rends pas compte ?
J'ai pri� Dieu d'exaucer un voeu.
Comment �a, en violant le sanctuaire ?
Elle est l�, l'ic�ne qui exauce tous les voeux ?
- Qui t'a dit �a ? - Moi, mon P�re.
Elle a dit que vous avez une ic�ne miraculeuse.
Alina, celui qui croit n'a besoin d'aucune ic�ne !
Mais moi, j'en ai grand besoin.
Tu ne peux entrer dans le sanctuaire sous aucun pr�texte !
Mais elle y est, cette ic�ne ?
Bien s�r. Mais il t'est d�fendu d'entrer dans le sanctuaire.
Va expier dans le nouveau b�timent !
- Vous me la montrez, mon P�re ? - Quoi ?
Montrez-moi l'ic�ne.
Va faire p�nitence !
Et tu ne sortiras pas avant d'avoir fini !
Il n'y a rien ?
Tu m'as entendu ? Sors d'ici !
C'est interdit, tu ne comprends pas ?
Il n'y a rien dans le sanctuaire, n'est-ce pas ?
Pourquoi tu leur mens ?
Pourquoi tu la retiens ? Elle te pla�t ?
- Personne ne me retient. - Ta gueule !
Vous ne m'aurez pas ! Et mon argent ? Dis !
Tu en fais quoi ? Dis-le !
Tu crois que je suis aussi b�te que ces corneilles ?
Vas-y, montre-moi si tu as quelque chose � montrer.
C'est quoi �a, Papa ?
Tu veux m'avoir avec �a ?
Que Dieu soit avec vous.
Soeur Iustina, accompagne madame, nous devons finir.
Veuillez attendre dehors, madame, nous allons commencer !
Mon P�re, d'autres gens arrivent.
Fais-les patienter � la cuisine.
Pourquoi ? Laisse entrer les gens ! Venez !
�te tes mains de l� !
Tu veux me baiser comme ces gouines ?
Tu ne dis rien ? Dis !
Sors de cette �glise.
Dehors !
Faites entrer les gens.
Elle nous a cri� dessus et jet�es dehors.
Elle ne veut pas aller dans le nouveau b�timent.
Elle dit que le P�re doit aller la voir tout de suite.
C'est impossible, c'est la messe.
Et elle nous a injuri�es !
Ma M�re, la voil� !
Ferme la porte, qu'on ne la voie pas.
Elle se dirige vers l'�glise.
Va chercher soeur Hristina pour la calmer.
Mon P�re, elle a sonn� la cloche et demande � vous parler !
Sors, ma soeur.
Papa, ne l'enfermez pas !
Pr�parez-vous � partir, �a ne peut plus durer.
Rentrez dans l'�glise !
Maman, o� est-ce qu'on va aller ?
On n'a nulle part o� aller !
Oui, mais cette fille ne peut plus rester ici.
Alors quoi ? On la jette � la rue ?
Ma soeur,
parle avec le P�re, pour qu'il lui dise une messe.
Le P�re tient � toi, il t'aidera.
Quelle messe ?
Les pri�res de St Basile.
Peut-�tre qu'il chassera le malin.
Le P�re la garderait bien ici si elle se corrigeait,
mais maintenant, c'est impossible.
Apr�s ces messes, elle serait gu�rie ?
Si Dieu le veut.
Mais si le P�re s'y risque, je crois qu'il r�ussira.
Il en est capable.
Prie-le donc.
Mon P�re,
elle a besoin de nos soins, sinon elle est perdue.
Tu sais ce que tu me demandes ?
Papa, je prie pour que Dieu lui vienne en aide.
Moi, je ne sais plus quoi faire.
Vous ne pouvez plus rester ici.
Mais Papa, hors d'ici, ma vie n'a aucun sens.
On ne peut pas l'emmener ailleurs ?
Mais o�, Papa ?
Dans cette famille, l�...
Non, il y a d�j� une autre fille � sa place.
Et chez des parents proches ?
Sa m�re est en vie,
mais elle l'a abandonn�e et n'a rien voulu savoir depuis.
L'h�pital a refus� de la garder.
Et � l'orphelinat ?
Une fois partis, les enfants ne peuvent plus y retourner.
On ne peut pas la jeter � la rue.
Bien s�r que non.
Mais on ne peut pas continuer ainsi.
Les gens viennent ici pour trouver Dieu
et nous, on a le malin dans l'�glise !
Mon P�re,
faites-lui la gr�ce d'une messe pour la d�livrer du malin.
Je ne peux le faire seul, on doit �tre plusieurs pr�tres.
Je sais, mon P�re.
Piti� Papa, ne nous chassez pas,
nous n'avons pas d'autre toit, nous avons besoin de secours.
C'est une d�cision importante qui doit �tre prise par sa famille.
Et si elle n'a pas de famille...
- Il y a son fr�re. - Mon P�re...
Appelle-le donc.
Ionut !
Viens, le P�re veut te voir.
Bonsoir, mon P�re.
Que Dieu soit avec toi.
Ionut, �coute bien, car il s'agit de ta soeur.
Elle est tr�s troubl�e et on ne peut plus la garder ici.
Elle perturbe tout le monde.
Alors, soit on la laisse � l'h�pital,
soit on lui lit des pri�res pour chasser le malin.
Comme elle n'a pas toute sa t�te,
c'est � toi de prendre cette d�cision.
Ionut,
tu comprends ce que le P�re te demande ?
Tu dois d�cider ce qu'il faut faire pour ta soeur.
Mon P�re, il ne comprend pas.
Laissez-le parler !
Ionut,
tu veux qu'on r�cite des pri�res � Alina pour chasser le malin ?
Laisse le P�re les lui lire, �a la calmera peut-�tre.
Prions cette nuit pour que Dieu nous porte conseil
et demain nous d�ciderons.
Oui, mon P�re. Que Dieu soit avec vous.
Que Dieu soit avec vous.
Tous tes commandements ne sont que fid�lit�.
Ils me pers�cutent sans cause, secours-moi !
Ils ont failli me terrasser
mais moi, je n'abandonne pas tes d�crets.
Ma soeur, viens vite, elle casse tout dans la cellule.
Mon Dieu !
Appelle le P�re.
Soeur Antonia s'en charge.
Elle a cass� la fen�tre et a mis le feu !
Alina !
Apporte les autres clefs !
Donne-moi de l'eau !
Ma M�re, � partir d'aujourd'hui on je�ne tous.
Il faut prier pour vaincre le malin.
Amenez-la vite dans l'�glise.
- Et si elle veut pas ? - Ligotez-la !
- Elle s'est calm�e ? - On l'am�ne � la messe ?
Maman, on l'am�ne ligot�e comme �a ?
Tu vas �tre sage ?
Sinon, on ne peut pas te lib�rer.
Le P�re a d�cid�, avec Ionut,
qu'il priera pour que tu sois d�livr�e du malin et que tu t'apaises.
Tu vas gentiment � la messe si on te d�tache ?
Sinon, il faudra t'attacher de nouveau.
Aidez-moi � la d�tacher !
Donne-lui un peu d'eau, il y en a sur la table.
Levez-la. Doucement.
Attention, la corde est coupante.
Tu t'es calm�e ?
Mon Dieu, Alina !
On ne f�che plus le Bon Dieu ?
Je vais te tuer !
- Quelqu'un arrive ? - Non.
Qu'est-ce que tu fais ?
Maman me l'a demand�. Va chercher une bassine.
Tiens.
- Tu as des clous ? - Oui. Enfonce-les bien.
Recourbe-les.
- C'est fini ? - Oui.
Amenez-la, les gens arrivent pour la messe. Vite.
Mon Dieu...
Allez, tiens-la !
- Attention, doucement. - Calme-toi. Mon Dieu !
Asseyez-la.
Posez-la, allez.
Doucement...
- Elle ne reste pas en place ! - Il le faut, pour la messe !
Mettez-la ici.
Allez.
Attache-la avec �a.
Dans l'autre sens.
C'est trop court !
Tiens, prends �a !
Attache-lui les jambes avec �a.
Donnez-m'en aussi.
- Je l'attache comment ? - Dans le dos.
Mais comment ?
Am�ne une autre planche. Comme �a !
Allez, plus vite.
�a. C'est bien ?
- Oui, �a va. - Allons-y !
Par en dessous.
Tiens-la.
- Il faut un marteau. - Donne-le !
- On ne peut pas clouer, l�. - Levez-la plus haut !
Posez-la, doucement.
Attache, attache.
Ma M�re, �a ne tient pas !
- Essaie avec une corde. - Non, la corde �a coupe !
Et les cha�nes, elles sont o� ?
- Dans la niche du chien. - Va vite les chercher !
Apporte aussi les cadenas.
Allez, plus vite !
Donne.
Attachez-les aux articulations, qu'elle ne se coupe pas.
Mon Dieu !
Fini ?
Vous vous sentez mal, ma M�re ?
�a va. Attends qu'on finisse ici.
Calme-toi, c'est pour toi qu'on se donne du mal !
Allez Alina, le P�re va prier et �a va t'apaiser.
Maman, les gens arrivent !
Mon Dieu !
Seigneur !
Oh, Dieu !
Ouvre la fen�tre, qu'elle entende la messe.
Allez vite dehors pour tout ranger !
- Une couverture ! - Pas la peine. Il fait chaud ici.
Allez vous allonger un peu !
Reste tranquillement ici.
On revient vite pour la pri�re.
Sois sage et �coute la messe, tu veux bien ?
Regarde, elle se calme.
Seigneur, fais-lui mis�ricorde.
Allons-y !
Que cette huile soit puissance r�demptrice de toute action ennemie,
sceau immacul�, joie du coeur, r�jouissance �ternelle.
Soutenez-la sous les bras.
Il t'appartient de nous sauver
maintenant et pour les si�cles des si�cles. Amen.
La pauvre... comme le malin la travaille.
� mon signal, �tez le b�illon.
Seigneur, tu nous as donn� ta croix comme arme contre le diable,
afin qu'il la craigne et tremble, impuissant � regarder son pouvoir.
P�re Saint, m�decin des �mes et des corps,
qui as envoy� ton Fils unique, notre Seigneur J�sus-Christ,
pour nous racheter de la mort, soigne ta servante...
Lib�rez-lui la bouche.
Laisse-moi partir !
Oui ?
Elle s'est fait pipi dessus, je crois.
C'est rien, on va la laver.
Combien de temps elle va rester attach�e ?
On la d�tachera quand elle sera plus tranquille.
Elle va se trouver mal !
Ne t'inqui�te pas, �a va aller.
Elle n'a rien mang� depuis hier.
Pour l'instant, on ne doit rien lui donner
parce que toute nourriture renforce le malin.
Or, il faut l'affaiblir pour le vaincre.
C'est encore long avant qu'elle gu�risse ?
Dieu seul le sait.
Chez les uns �a va vite et chez d'autres, lentement.
Je n'en peux plus de la voir attach�e.
Nous ne lui faisons aucun mal.
Nous affaiblissons l'ennemi qui la tenaille.
Il crie et il grogne pour nous impressionner.
Arr�te de te lamenter.
Tu nous �tes la force de faire ce qu'il faut.
C'est pour toi qu'on fait �a, et pour elle.
Pas pour nous !
Va vite faire chauffer de l'eau.
Mon Dieu, Alina.
La pauvre.
Elle sent qu'on lui fait du bien.
Bien s�r qu'elle le sent.
Quand elle est lucide, elle s'en rend compte.
C'est le malin qui l'�gare
et ce n'est pas de sa faute.
On va te changer et tu seras propre.
Tu ne peux pas aller rencontrer Dieu dans cet �tat.
Alina, tu dois lutter, toi aussi.
Le P�re va prier, mais tu dois lutter pour te racheter.
C'est �a !
Tu as �t� sage jusqu'� maintenant et l�...
Tu veux qu'on se f�che ? C'est fini, Alina.
Ma soeur, va prier dans l'�glise !
Ma soeur ! Vas-y tout de suite !
Alina, �a suffit !
Ne soyez pas intimid�es, le malin hurle par sa bouche.
Le malin, il va o� quand il quitte quelqu'un ?
�a, nul ne le sait. Il va l� o� il trouve une faille,
et il y fait son nid.
Priez donc, mon P�re, qu'on en finisse !
Calme-toi, Alina.
Dieu des Dieux et Seigneur des Seigneurs.
Fais que cette messe donn�e en ton Nom redoutable
serve � effrayer celui qui est le p�re du mensonge.
Je t'adjure, source du mal et du blasph�me.
Prince de la r�bellion et artisan du mal.
�loigne-toi de la servante de Dieu, Alina !
M�fie-toi.
Enfuis-toi, D�mon impur, cr�ature des t�n�bres...
La malheureuse paie certainement pour un p�ch�.
La pauvre. J'ai tellement piti� d'elle.
Mais o� est Alina ?
Dans la sacristie, le temps de nettoyer ici.
Mais il fait froid l�-bas ?
Moins qu'ici, on lui a fait du feu.
Attends un peu.
Quoi ?
Sache que Maman et le P�re ont des soup�ons.
Quels soup�ons ?
Ils te voient dans le doute et ils ont peur pour toi.
Peur de quoi ?
Je ne sais pas, mais r�fl�chis bien.
Ma soeur, attends.
�coute, la M�re et moi avons d�cid�
que tu n'assisteras plus aux messes de p�nitence.
Mais pourquoi, mon P�re ?
Parce que tu n'es pas pr�te pour cette �preuve.
Le malin est tr�s remont�
et il provoque ceux qu'il sent plus faibles.
Va au portail et pr�viens-nous quand des gens arrivent.
Vas-y.
- Que Dieu soit avec vous. - Que Dieu soit avec vous, ma soeur.
Il y a un terrain � vendre par ici, il est o� ?
Derri�re la colline.
Merci. Au revoir !
Laissez-moi !
Laissez-moi !
Pars, Alina !
Ma soeur !
Ma soeur !
- Elle s'est r�veill�e ! - Quoi ?
Alina va bien !
- Mon Dieu ! - Comment �a ?
Elle est calme et nous reconna�t. Elle te demande !
Apporte un peu d'eau.
Va chez le P�re. Moi, j'appelle la M�re !
Mais o� est Alina ?
Dans l'�glise !
Elle ne veut pas d'eau.
- Elle a parl� ? - Elle est en paix.
Gr�ce � Dieu.
Tu vas bien, Alina ?
On y va ?
Elle voulait voir Voichita. Elle va bien.
- �a va aller. - Elle va bien.
Dieu soit lou�.
- Oh Seigneur ! - Allongez-la, c'est mieux.
Elle s'est �vanouie.
- Elle respire mal ! - D�grafez son col !
�coute son coeur !
Appelons l'ambulance !
- Qui lui a parl� ce matin ? - Soeur Pahomia.
Alina avait soif et voulait voir Voichita.
Va chercher l'ic�ne.
Donne-moi de l'eau.
Dieu, prot�ge-nous !
Tiens !
Elle respire, mon P�re.
- Elle a du diab�te ? - Non, mon P�re.
Elle doit faire une chute de calcium.
Cours appeler l'ambulance chez M. Valerica !
Lavez-la, elle ne peut pas rester comme �a.
Doucement.
�a va aller, tu verras.
- Bonjour. - Bonjour.
- O� est-elle ? - Dans l'�glise.
- Qu'est-il arriv� ? - Elle s'est �vanouie.
�cartez-vous, s'il vous pla�t !
Elle est si jeune. C'est arriv� quand ?
Ce matin.
Et �a, c'est quoi ?
Elle �tait agit�e et s'est bless�e.
Et � sa bouche ?
Elle ne buvait plus d'eau.
Elle je�nait au pain sec.
Qui lui a parl� en dernier ?
Soeur Pahomia lui a parl� ce matin.
Elle avait soif et je lui ai donn� du th�.
Silence, s'il vous pla�t.
Elle n'a m�me pas 3 de tension.
Vous lui donnez rien ?
Peut-�tre du calcium ?
Oui, dans l'ambulance.
�a va faire un scandale.
Allez madame, faites quelque chose !
Faire quoi maintenant ?
Je vous en prie, emmenez-la � l'h�pital.
- Oui ! - Emmenez-la vite !
Rapproche la voiture.
Aidez-moi � la soulever.
Attention � la t�te ! Doucement !
Pr�pare l'adr�naline !
Permettez-moi.
On peut avoir ses papiers ?
Laissez passer !
Poussez-vous !
En bas, aux urgences.
Attention � la porte.
Attendez l�.
- Re�u ? - Adr�naline.
- Combien ? - Cinq ampoules.
Pourquoi autant ?
Des signes vitaux faibles.
Tu vois pas qu'elle est morte ?
Dieu du ciel !
J'ai pens� que vous pourriez l'aider.
Comment ? En la ressuscitant ?
Elle est si jeune. Je me suis dit...
Tu t'es dit quoi ?
Maintenant, c'est � l'h�pital de rendre des comptes.
- J'ai dit que c'�tait risqu�. - Attends dehors.
Tu as vu sa m�choire ? Essaie donc de l'ouvrir.
Elle est morte depuis...
Elle a parl� aux nonnes ce matin.
Ah bon ? Venez ici !
Qu'avez-vous fait � cette fille ?
- Rien ! - Et pourquoi elle est morte ?
Que Dieu nous en pr�serve !
Elle vivait en partant du couvent.
Tu vois ce que t'as fait ?
J'ai voulu lui donner toutes ses chances !
Elle parlait ce matin !
Comment aurait-elle parl� ?
Alors pourquoi vous lui avez fait autant de piq�res ?
Maintenant c'est toi qui l'as tu�e.
C'est quoi �a, sur ses bras ?
Elle faisait des crises, parfois.
Et l'h�pital ?
On l'a amen�e !
Le Dr Solovastru a conseill� de la soigner au couvent.
C'est r�ussi !
Vous croyez qu'on lui a voulu du mal ?
On meurt pas de sa belle mort � son �ge ! Et ces marques ?
- Elle a �t� attach�e. - Attach�e ?
Elle se faisait du mal, elle a voulu s'immoler !
Et vous l'avez ligot�e ?
� l'h�pital, ils ont fait pareil !
Elle �tait tr�s violente !
Et vous avez �t� tr�s douces !
C'est la prison qui vous attend.
Vous �tes de vraies criminelles !
Seigneur, on voulait que son bien.
Mais bien s�r ! �a se voit d'ailleurs !
Je vais le dire � la police, � la presse aussi.
Dieu nous garde de tomber entre vos mains.
Entre les v�tres non plus, pardonnez-moi !
Sortez, et vite !
Remplis le rapport d'examen.
�cris :
J'ai trouv� la patiente d�c�d�e,
rigidit� install�e,
avec l�sions dues � des liens.
- Tu as �crit ? - Oui.
L�vres br�l�es,
maxillaire impossible � mobiliser.
Ne priez pas pour moi, vous entendez ?
Je pr�f�re encore br�ler en enfer !
Je signe ?
Magda ? Non, �a va pas.
Matei va bien.
Il est programm� � 16 h 15.
Je te bipe quand j'arrive.
N'apportez rien, la maison est pleine de jouets.
Je t'appelle pour un cas de mort violente.
Elle vient du couvent.
Donne-moi ses papiers.
Ringhis, Alina.
Domicili�e � Sintesti, d�partement Buzau.
25 ans. L'heure du d�c�s n'est pas r�cente.
Deux religieuses l'ont amen�e. Je les garde ?
Bien. Oui, d'accord. Salut.
Que Dieu ait son �me.
Que Dieu ait son �me.
Ionut !
Viens, ils veulent voir tout le monde.
Tout le monde est l� ?
Oui.
Donc, vous avez tenu les messes dans la sacristie.
Non, dans l'�glise.
Montrez-moi pr�cis�ment.
Donc elle �tait l�, et je lisais.
Vous lisiez quoi ?
Les p�nitences de St Basile et d'autres pri�res.
Et elle les �coutait tranquillement ?
Les soeurs �taient avec elle.
- Vous lui teniez les bras ? - Non.
Elle �tait allong�e sur des planches.
Comment ? Montre-moi.
Mon Dieu...
Comme �a, mais sur un brancard.
Quel brancard ?
On la transportait sur un brancard.
Montrez-moi ce brancard.
Allez le chercher.
Donc, elle �coutait les messes l�-dessus. Vous la teniez ?
Elle �tait attach�e.
Vous l'avez attach�e, mon P�re ?
Elle se d�battait. On craignait qu'elle se blesse.
Mais qu'avait-elle ?
On ne sait pas, elle �tait perturb�e.
- Elle entendait des voix. - Elle blasph�mait.
Et la force qu'elle avait. Incroyable !
Elle avait fait du karat� � l'orphelinat.
Comment tu sais �a ?
On se connaissait depuis le CP.
Elle est venue lui rendre visite, et les ennuis ont commenc�.
Oui, c'est bien �a.
Vous l'avez attach�e l�-dessus ?
Oui.
C'est une preuve. Ne l'ab�mez pas !
Oui.
Avec quoi vous l'avez attach�e ?
Avec des serviettes et des cha�nes par-dessus.
Vous l'avez encha�n�e � la croix ?
Mais quelle croix, enfin ?
Pardon, mais on dirait une croix.
La Croix, c'est sacr�, pas...
Elle se faisait du mal, on a d� l'attacher.
Elle a voulu se jeter dans le puits. Elle nous a hurl� dessus.
On l'a b�illonn�e pour qu'elle crie plus.
Juste pendant les pri�res.
Et apr�s, vous l'ameniez o� ?
Derri�re, l� o� je vous ai montr�.
- Et elle y restait volontairement ? - Non, on l'attachait.
Pendant combien de temps ?
On a commenc� � prier jeudi, c'est �a ?
Oui.
- Vous lui donniez de l'eau ? - De l'eau b�nite.
� manger ?
Hier matin, mais elle n'a pas voulu manger.
Elle sent fort cette croix !
On la lavait, mais elle est rest�e si longtemps allong�e...
Mon P�re...
vous �tes dans de sales draps.
Privation de libert� suivie de mort, �a va chercher dans les 20 ans.
Seigneur, mais pourquoi ?
Nous ne voulions que son bien.
Mais on n'a pas le droit d'attacher les gens.
Elle se faisait du mal, il le fallait bien.
� l'h�pital, ils ont fait pareil !
Ici, on n'est pas � l'h�pital.
Nous aussi, on prend soin des gens.
J'ai pas dit que c'�tait pr�m�dit�,
mais si on fait une erreur, il faut l'assumer.
Quand on fait une erreur, oui.
Mais enfin mon P�re, cette fille est morte.
Les pri�res ne tuent pas les gens.
Alors pourquoi est-elle morte ?
C'est � vous d'enqu�ter, mais vous avez d�j� votre id�e.
Enqu�ter sur quoi ? Vous l'avez encha�n�e.
Quand vous donnez de force un rem�de � un enfant, c'est quoi ?
Un enfant, c'est diff�rent.
Elle �tait comme une enfant.
Ce n'�tait pas votre enfant.
Elle n'avait personne d'autre.
Plus de famille, personne ?
Un fr�re. Je lui ai parl�, mais il est dans son monde.
Mais elle �tait peut-�tre malade, vous comprenez ?
Bien s�r !
Alors, vous auriez d� l'emmener � l'h�pital !
On l'a fait, mais ils l'ont renvoy�e !
Et vous pensiez mieux faire ?
La maladie est l'affaire des docteurs.
C'est la cause que j'ai voulu gu�rir.
Les maladies ne viennent pas toutes du corps.
Hier matin, elle �tait enfin en paix.
Oui !
Vous ne savez pas comment elle �tait avant.
Mon P�re, je vous le demande,
quelqu'un est-il coupable de sa mort ?
�a, Dieu seul le sait, Lui seul est innocent.
Ici-bas, chacun fait des erreurs.
Moi aussi, je suis coupable.
J'ai �t� pr�somptueux et j'ai d�m�rit�.
Oh, Seigneur !
On ne r�sout rien en bavardant. Allons-y.
Vous raconterez tout �a au procureur.
� vous de le convaincre.
Pour ma part, j'en ai fini.
Allons-y alors.
Il faut que des t�moins viennent avec nous.
Donnez � M. Valerica la nourriture pour l'orphelinat.
Oui, ma M�re.
Parmi les soeurs, qui d'autre �tait t�moin ?
Bon alors, celles qui l'ont attach�e.
- �a suffit, non ? - Oui, on avisera plus tard.
- Il faut emporter quelque chose ? - Non.
Je peux venir, moi aussi ?
Si vous voulez.
Il faut vos cartes d'identit�.
Ma soeur, cours les chercher.
N'ayez pas peur.
Dieu sait qu'on n'a jamais voulu de mal � personne, mon P�re.
Toi, tu as peur.
Peur, non, mon P�re.
Si Dieu est avec toi, tu n'as rien � craindre.
- On y va ? - Oui.
La fum�e vous d�range ?
Non, fumez donc.
Il faut attendre le retour du procureur.
D�s que je sors, t'as la clope au bec !
Je pensais avoir du temps.
Le procureur a d� partir en urgence sur un crime.
Un gar�on a poignard� sa m�re, la photo est sur le Net.
- Mon Dieu ! Quand �a ? - Ce matin.
Son cousin a appel� le poste il y a une heure.
On n'entend que des malheurs.
All� ?
� vos ordres.
Oui, je suis gar� en bas.
Il faudrait que je la lave, elle est sale.
Bien, c'est ce que je vais faire. � vos ordres.
Cet hiver n'en finit plus, mon Capitaine.
Il finira bient�t, va.
Mais l'asphalte sera foutu.
C'est la vie.
Oui, mais quand m�me...
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